Danser au bord de l'abîme

Couverture du livre « Danser au bord de l'abîme » de Gregoire Delacourt aux éditions Lattes

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6 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Lattes
  • EAN : 9782709659567
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 364
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Emma, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, croise le regard d'un homme dans une brasserie.
Aussitôt, elle sait.

Après On ne voyait que le bonheur, Grégoire Delacourt explore dans ce roman virtuose la puissance du désir et la fragilité de nos existences.

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  • 0.25

    A quarante ans, Emmanuelle semble tout avoir pour être heureuse. Un mari, trois beaux enfants. Mais un jour, dans cette brasserie où tout commence, le destin met Alexandre sur la route d’Emma. Un geste, un seul, de la part de cet inconnu, et un désir ardent naît en elle, pour ne plus jamais s’éteindre. Le premier jour du reste de sa vie. (Re)vivre, fuir un quotidien routinier, et s’épanouir, ressentir au plus vif, en tant que femme. Ne plus seulement vivre comme une épouse et une mère. Être, dans le regard d’un homme. De cet homme… Un coup de foudre, auquel le destin réservera toujours d’autres surprises, bonnes ou mauvaises, joyeuses ou tristes…

    Si l’on s’en tient au résumé, aux quelques lignes qui figurent en quatrième de couverture, on pourrait s’attendre à une banale histoire d’adultère, d’amour impossible entre un homme et une femme mariés. Sauf que non, pas du tout. C’est bien plus profond que cela. J’ai moi-même été cueillie par la tournure qu’a pris l’histoire. Je ne m’y attendais pas, et mon intérêt pour ce roman s’en est trouvé renforcé. De ce fait, j’étais curieuse de savoir quelle serait la suite…

    Je tiens par ailleurs à souligner d’emblée cette faculté qu’a eu l’auteur de dépeindre son personnage principal jusque dans les sphères les plus intimes du désir féminin, au point d’en faire l’essence même de son histoire. Époustouflée de constater que cela est fait avec autant de justesse, par un homme (!) muni de sa plume, sans tomber dans le cliché ni en exagérer le trait.

    En écho au désir brûlant d’Emma, de son besoin d’être pleinement femme, l’histoire que nous livre Grégoire Delacourt nous rappelle aussi qu’il suffit d’un rien pour que l’existence bascule. Destins fragiles. Que le plus souvent, la liberté a un prix. Que parfois, rien ne se passe comme on l’aurait souhaité. C’est la vie, dans ce qu’elle de plus beau mais aussi de plus dur et de plus violent, qui aura toujours le dernier mot…

    Les références littéraires et artistiques sont nombreuses, et viennent nourrir le cœur même de l’histoire, pour lui donner un sens encore plus intense… La trame de l’intrigue s’appuie plus particulièrement sur l’une des célèbres nouvelles d’Alphonse Daudet, La chèvre de Monsieur Seguin. Blanquette, cette petite chèvre éprise de liberté, malgré le confort offert par son maître, et qui se fait dévorer par le loup, à la fin. Le destin de cette petite chèvre est rappelé tout au long du roman, en reflet à cette femme, Emma, qui au nom du désir, et du désir seul, reprend sa liberté. Mais pour qui, pour elle aussi, rien ne se passera comme attendu, loin du bonheur et de la quiétude espérés.

    J’avais eu un véritable coup de cœur pour le roman précédent de cet auteur, Les quatre saisons de l’été. J’espérais vraiment retrouver ce qui m’avait plu dans celui-ci. Et ça a été le cas, et même plus encore. Une nouvelle fois, j’ai été bouleversée par la plume de Grégoire Delacourt. Touchée par cette atmosphère particulière qui émane de ses mots, par cette sensibilité, par la façon qu’il a de mettre en scène des personnages comme vous et moi dans ce qu’ils sont et dans ce qu’ils ont de plus profond, de plus secret….

    Encore un coup de cœur, donc. Le premier de cette année 2017, pour ne rien vous cacher !

  • 0.2

    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/01/danser-au-bord-de-labime-de-gregoire.html

    Emma et Olivier, la quarantaine, sont mariés et ont 3 enfants, ils donnent l'apparence d'une famille heureuse mais Emma souffre de la routine installée dans son couple "aimer est épuisant, et avec Olivier je n'étais pas épuisée.". Sa vie va basculer lorsqu'elle va flasher sur un homme dans une brasserie, un homme d'un "genre qui fait tout quitter à une femme." Elle est emportée par un irrésistible désir, terriblement troublée par la bouche de cet homme. "Je ne voulais pas d'un amant. Je voulais un vertige."

    C'est donc l'histoire d'un homme marié qui rencontre une femme mariée, l'histoire de deux êtres qui vont accomplir un acte fou complètement déraisonnable et voir leurs vies basculer car ils quittent tout sur un coup de tête, époux, épouse, enfants et travail pour vivre ensemble.

    Comme dans ses précédents romans, Grégoire Delacourt joue sur le moment inattendu où tout bascule créant un effet de surprise dans son récit. Il est complètement impossible d'en dire plus sur ce roman et je choisis de rester dans le flou , comme l'éditeur dans sa quatrième de couverture, pour ne pas spolier.

    Ce roman est constitué de trois parties, les deuxième et troisième parties étant introduites par un évènement inattendu.

    Ce qui caractérise ce roman pour moi est son caractère inégal, j'ai trouvé la première partie assez intéressante même si le sujet du désir manque d'originalité tellement il a été traité en littérature. Par contre j'ai été très déçue par la deuxième partie que j'ai trouvée assez insipide. Heureusement la troisième partie a sauvé le roman, elle est sublime et justifie à elle seule d'aller au bout de ce roman. Sur un sujet particulièrement grave, Grégoire Delacourt, avec quelques envolées lyriques, décrit des moments de pure grâce. C'est un roman grave mais chargé d'optimisme et de résilience.

    " Il y a beaucoup plus important que la vie après la mort. La vie avant la mort. Cette minuscule trajectoire miraculeuse.".
    "Les mots qu'on ne dit pas sont ceux qui font le plus de mal."

    Par ailleurs il est à souligner comme Grégoire Delacourt parvient à merveille à se mettre dans la peau d'une femme dans ce roman dont le thème central reste celui du désir.

    En fin d'ouvrage ses remerciements à ses enfants sont particulièrement émouvants et éclairants.

  • 0.2

    L’auteur de La Liste de mes envies et des Quatre Saisons de l’été nous revient avec un roman qui devrait élargir encore davantage le cercle de ses lecteurs, car si sa plume est toujours aussi élégante, elle va cette fois chercher plus profondément les tourments de l’âme. À l’anecdote vient désormais s’ajouter la gravité, aux bonheurs de l’amour viennent désormais se mêler la douleur de l’absence et du deuil.
    La première – bonne – surprise est d’avoir choisi le point de vue d’une femme comme narratrice. Une femme dont la confession est sans concessions : « Je transcris ici l’enchaînement des faits tel qu’il s’est déroulé. Je ne commenterai pas l’irrépressibilité de mon désir – elle est sans doute à chercher du côté du sacré.
    Je veux juste essayer de démonter la mécanique du désastre. De comprendre pourquoi, plus tard, j’ai incisé à jamais le cœur de ceux que j’aimais. »
    Emmanuelle et Olivier ont plutôt bien réussi. Le couple a trois enfants, le mari une bonne situation, Emma arrondit ses fins de mois dans un magasin de vêtements. Un petit bonheur tranquille qui cache toutefois une frustration, une usure, un mal-être : « Je me vidais de moi-même. Je m’essoufflais à ne pas m’envoler. Je pâlissais, et Olivier parfois s’inquiétait – il parlait alors de quelques jours ailleurs, l’Espagne, l’Italie, les lacs, comme si leur profondeur allait engloutir ma mélancolie. Mais nous ne partions pas, parce qu’il y avait les enfants, parce qu’il y avait la concession, et parce que j’avais fini par mettre toutes mes frustrations dans ma poche, un mouchoir par-dessus, comme me l’avait enseigné ma mère. »
    Une mère qui prenait aussi la peine de lui lire une histoire chaque soir et qui lui a ainsi donné le goût des histoires et des héroïnes. En suivant les aventures de La chèvre de monsieur Seguin – qui servira de fil rouge tout au long du livre – de Claudine mise en scène par Colette, de la Lily Bart d’Edith Wharton ou des personnages imaginés par Louise de Vilmorin, elle va se construire un imaginaire propice à accepter le regard que lui jette un jour un homme dans la brasserie André.
    Sans échanger un mot, elle va tomber amoureuse, fondre de désir. Simplement parce qu’«Il y a des hommes qui vous trouvent jolie et d’autres qui vous rendent jolie». Peu importe le séisme que cette rencontre peut provoquer, peu importe les conséquences du dialogue qui finit par s’installer :
    «– Je m’appelle Alexandre et je pense à vous depuis trois semaines.
    – Je tiens une boutique de vêtements pour enfants. Mais plus pour très longtemps.
    – Je suis journaliste à La Voix du Nord. Les pages «culture».
    Sauf que le beau scénario d’Emma et d’Alexandre va s’effondrer avant même d’avoir pu se concrétiser. Pas par peur, pas à cause de la pression – très forte – des enfants pour empêcher la rupture, pas à cause des conjoints respectifs. À cause d’un fait divers banal.
    « Une jeune fille est installée à deux tables de la mienne. Soudain, une autre arrive. Pâle. C’est son amie. Elle s’excuse d’être en retard. Ils ont bloqué la Grand-Place, dit-elle. Un type. En V'Lille. Qui s'est fait renverser par un bus. Je crois qu’il est mort. »
    Le roman va alors basculer. De la tentative d’évasion à la réclusion. Emma n’a pas le courage de rentrer chez elle et d’oublier ce drame. Elle erre quelques temps avant de finir dans un mobile home du camping Pomme de pin à Cucq.
    « Je sais maintenant que le deuil est un amour qui n’a plus d’endroit où se loger. » dira-t-elle pour résumer cette période sombre que de nouvelles connaissances vont tenter d’adoucir. Mais Emma reste lucide : « J’avais abandonné mon mari, mes trois enfants, pour les lèvres d’un homme et pour mille espérances. J’avais erré de longs mois dans ma tentation, j’avais surnagé dans son absence. Et je m’étais perdue dans ce vide. »
    L’apaisement viendra avec la troisième partie. Aussi paradoxalement que cela peut sembler, l’apaisement viendra avec une nouvelle épreuve, le cancer dont est victime Olivier. « Viennent alors les tests, les IRM, les PET scan, les décisions, les antalgiques puissants, le dextropropoxyphène, l’oxycodone, les indécisions, l’hydropmorphone. Vient cette période cotonneuse d’avant les séismes, ce temps suspendu où plus rien n’a de valeur (…) Vient enfin le séisme. L’instant où tout bascule. Où plus rien n’a d’importance. » On peut alors tout se dire, laisser tomber les masques. Cette danse au bord de l’abîme est bouleversante. Elle vous fera comprendre que «la vie est la courte distance entre deux vides» et que chacun doit être libre de choisir comment parcourir cette courte distance.
    http://urlz.fr/4CrD

  • 0.25

    Quel bonheur que ce nouvel opus de mon écrivain-chouchou Grégoire Delacourt ! Ceux qui me connaissent (et maintenant les autres) savent combien cet auteur compte pour moi, certains de ses livres m’ayant accompagnée lors d’ abîmes personnels..
    Ici, nous faisons la connaissance d’Emma, quadragénaire comme tant d’autres, un peu perdue dans un mariage qui ne la fait plus danser, un travail qui l’occupe, et des enfants qui n’ont plus vraiment besoin d’elle. Elle « fait avec » ou plutôt sans, jusqu’au jour, où , dans une brasserie, son regard va croiser celui d’Alexandre… Il est marié lui aussi… Et lui aussi va se laisser emporter par son regard à Elle…
    Elle, Emma, a besoin de ce vertige qui prend au creux du ventre. Elle veut la foudre, elle veut le désir, elle veut l’infini.
    « Les mères nous apprennent la patience, cette cousine polie du renoncement, parce qu’elles savent qu’entre le désir et l’amour, il y a les mensonges et les capitulations. Le désir ne tient pas toute une vie, m’avait-elle dit.
    L’amour non plus, avais-je répondu. Moi, je crois au premier regard… Je crois à la première impression. Je crois au langage de la chair. Au langage des yeux. Au vertige. A la foudre ».
    Ils vont alors prendre une décision qui va bouleverser et faire basculer leurs existences, et celles de leurs proches.
    Ce qui pourrait n’être alors qu’une banale histoire d’adultère devient, sous la plume magistrale de Grégoire Delacourt, une danse sensuelle et tragique, au bord d’un abîme béant, tout en failles, en cicatrices, en appétits, en tendresse, en lumières.
    Mais ce roman n’est pas que cela, loin s’en faut.
    Ce roman, c’est aussi, la vie, le désir et sa puissance de tsunami, l’amour, la mort, la liberté (cette chère Blanquette !), le rapport à soi et aux autres, le désamour d’une mère, les liens au-delà de l’au-delà, les interstices sombres ou clairs entre présent et passé, le pardon et la résilience… C’est aussi l’urgence de Vivre, vivre et aimer… Vivre et virevolter …
    Page après page, et en parallèle avec la métaphore de la Chèvre de Monsieur Seguin et à ce cher Gringoire ( encore une histoire qui m’a profondément marquée), le récit prend une intensité saisissante, fracassante, bouleversante. De fulgurance en fulgurance, il emporte le lecteur du début à la fin, dans un tourbillon d’émotions épidermiques, celles-là même qui vous font comprendre l’importance de l’Existence.
    « J’affirme qu’elle est brève, cette gesticulation sur la Terre, d’une brièveté assassine, et qu’elle ne mérite pas d’être encore tronquée par les mésamours, les colères ou les frayeurs. C’est justement parce qu’on n’a pas le temps qu’on doit aimer, désespérément ».
    Il faut se laisser porter par l’écriture si délicate et si sensible de Grégoire Delacourt, qui, une fois, encore, sait se glisser avec brio dans la peau d’une femme.
    Il faut frissonner, sourire, trembler, pleurer, rire, espérer, à chaque page que l’on tourne, tout comme on tourne, dans le fond, jour après jour, des pages de nos vies.
    Il faut se laisser porter par Madame Butterfly, Orphée et le Trouvère.
    Il faut se laisser griser par les vins à la robe capiteuse, se laisser envelopper par la magie des mots, des phrases lâchées çà et là…
    Je n’en dirai pas plus, car ce roman, il faut le lire, absolument…
    Un immense remerciement donc à Grégoire et aux Editions JC Lattès, je sors de cette lecture, comme de toutes celles de cet auteur cher à mon cœur, profondément bouleversée. Un roman magistral, un incontournable de la rentrée littéraire de janvier 2017.
    « Ceux qui nous aiment nous quittent, mais d’autres arrivent ».

  • 0.2

    Comme à l’opéra ou dans un ballet, on passe par toutes les émotions avec ce livre. La passion ardente avec cette rencontre inattendue entre Emma et Alexandre, la tristesse, les regrets, la nostalgie mais aussi l’amitié, la joie. Avec une narration éclatée, on suit l’évolution d’Emma qui devient femme, s’apprivoise et apprend à s’aimer, à faire fi du regard des autres. Ses répercussions pour sa famille, le manque, le désir et l’ironie de la vie : tout est présent dans le livre.

    Une narratrice à la fois forte et fragile, tout en contradiction et qui aime la vie, qui apprend à vivre avec ses regrets et à se connaitre.

    On retrouve des références à la musique, l’opéra, la danse qui touchent, la mort, la maladie sont aussi au cœur du récit. La difficulté d’aimer aussi. Comme dans un opéra en 3 actes, une tragédie douce et délicate l’auteur nous mène par le bout du nez. Avec en fil rouge l’histoire de la chèvre de Mr Seguin.

    Les descriptions poétiques ou banales, la manière de se glisser dans la peau de cette femme sont virtuoses Sa galerie de personnages pittoresques comme Daudet, l’ironie mais aussi l’humour jamais loin donne une touche d’espoir comme dans la vie. Un portrait de femme moderne, de ses tourments, coups du sort et des secondes chances.

    Une belle ode à la vie et à l’amour sans mièvrerie qui nous fait voyager du Nord au Sud et danser avec la narratrice et ses ombres.

    Un beau pas de deux qu’on quitte le cœur serré mais rempli, avec une envie furieuse de boire un bon verre de vin et de vivre dans l’instant. Alors installez vous et écoutez la voix d’Emma forte et fragile et son histoire et vous aimerez ce parcours avec elle.

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