Chanson douce

Couverture du livre « Chanson douce » de Leila Slimani aux éditions Gallimard

4.106060606

66 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782070196678
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 226
  • Collection : Blanche
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et... Lire la suite

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

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Les derniers avis

  • 0.25

    « Une chanson douce que me chantait ma maman… »

    C’est de manière poétique et presque en chantonnant que Leïla Slimani titre son dernier roman Chanson douce qui lui vaut d’être le Prix Goncourt 2016.

    Une famille parisienne classique avec deux enfants en bas âge, une mère déprimée qui décide de reprendre le travail et une nourrice parfaite qui débarque dans leur vie… Tout semble parfaitement rangé et ordonné jusqu’à la dépendance maladive de Louise (la nourrice) envers cette nouvelle famille qu’elle adopte, qu’elle choie et qu’elle tient entre ses bras.

    À travers ce roman, édité dans la célèbre collection blanche de Gallimard, l’histoire et l’écriture de Slimani dérange et envoûte à la fois. Elle débute le roman par la fin, indiquant de suite ce qui va arriver à son lecteur. Une démarche risquée qui peut rebuter ou donner envie au point de dévorer le livre pour comprendre comment cela s’est produit. Ainsi, après la lecture du premier chapitre, nous sommes en droit de nous demander « Pourquoi ? » et les pages défilent afin de répondre.

    S’enchaîne donc une écriture brillante, agréable et moderne. Leïla Slimani surprend son lecteur par un ton à la fois doux et tranché et nous tient avec un suspense subtile jusqu’aux dernières lignes. Emportée dans le quotidien de Paul, Myriam, les enfants et Louise, on découvre un travail surprenant sur la psychologie des personnages mais aussi sur les émotions et sentiments de chacun révélant diversités sociales et culturelles dominées essentiellement par le pouvoir et l’argent.

    Une histoire renversante avec une dernière question : Après la lecture de Chanson douce, allez vous engager une nourrice ?

    « Paul et Myriam sont séduits par Louise, par ses traits lisses, son sourire franc, ses lèvres qui ne tremblent pas. Elle semble imperturbable. Elle a le regard d'une femme qui peut tout entendre et tout pardonner. Son visage est comme une mer paisible, dont personne ne pourrait soupçonner les abysses. »

  • 0.25

    Dévorer un roman. C'est ce qui ressort de ces pages, de cette histoire, de ce drame. La mise en évidence du problème des parents : à qui et pourquoi faire confiance quand on ne connait pas la vie privée des nounous.
    L'écriture de Leïla Slimani est tellement fluide qu'elle nous entraine facilement !
    Prévoir du temps pour ne pas se sentir frustrer à vouloir connaitre la suite .....

  • 0.2

    Un mélange d'émotions pour ce roman.
    Au fil des pages, deux sentiments se sont succédés: la compassion et la colère.
    Pour les parents d'abord qui ont confié leurs enfants à cette nounou un peu bizarre quand même... Pour reprendre une vie professionnelle, importante, presque "obligatoire"....
    Et pour cette nounou dont le vécu n'est pas "idyllique" et sa vie triste et vide.
    Dès le début, le drame est là !
    Le style et l'écriture sont parfait !
    J'ai beaucoup aimé !

  • 0.2

    Voilà un livre qui m’a interpellée, moi en tant que maman ayant fait garder mes enfants lorsque j’ai du reprendre le travail et surtout moi en tant qu’assistante maternelle qui accueille des petits de moins de trois ans tous les jours depuis plus de dix ans maintenant. C’est une histoire qui m’a fait réfléchir à la condition de la nounou de 2016, à celle des parents qui travaillent et ont des enfants à placer. Leïla Slimani nous conte la vie de Louise, une super nounou recrutée par un couple avec deux jeunes enfants. Très rapidement Louise prend une place qui dépasse celle de la simple nounou à l’intérieur de la famille, elle prend en charge tout le côté intendance dans la maison, le ménage, les courses, les repas, le repassage, le rangement tout devient clean à l'excès et en plus les enfants ne tardent pas à lui vouer une affection sans faille. Nous allons être alors les témoins impuissants de l’évolution délétère de la relation employeur/employée. C’est effarant jusqu’où cela va nous entraîner dans la dépendance vicieuse de l’une et des autres, nous allons arriver jusqu’au point de non retour. D’ailleurs dès le chapitre Un on sait déjà les conséquences de ce disfonctionnement, un peu comme dans les thrillers où on commence par la scène de crime dès les premières minutes. L’auteure nous emporte dans le quotidien des personnages par petites touches, insensiblement et pourtant, elle nous dévoile leur faiblesse, leur vulnérabilité et se glisse auprès de chacun jusqu’au sommet où tout explose. De nombreuses familles se reconnaitront dans ce portrait au vitriol de notre société, des couples avec enfants en bas âges, des rapports entre employeur/employée à la maison. L’écriture est un vrai plaisir à lire c’est simple, précis et un rien poétique (voir ma seconde citation), j’adore. Tout le récit n’est qu’une lente montée en puissance comme un volcan prêt à exploser, il ne nous sera épargné aucune tension, malaise, suspense et autre stress. Les personnages sont à fleur de peau, on sent que tout peu basculer d’un instant à l’autre vers un dénouement dramatique.

  • 0.1

    Le drame est posé dès les premiers mots : "Le bébé est mort."...On en frissonne d'avance !

    Pourtant, au-delà du fait divers, de la pulsion mortifère d'une nounou, c'est une étude sociétale et psychologique que déroule l'auteur dans ce roman qui prend parfois des allures de polar.

    Dans une narration impeccable, on assiste impuissant à ce qui se trame dans cet appartement bobo, on relie les points entre eux, les indices qui prévenaient de la catastrophe, la main-mise de Louise sur cette famille où le couple s'étiole doucement...

    Et pourtant...Je serai moins dithyrambe que d'autres lecteurs, je me suis un peu ennuyée, j'ai trouvé quelques longueurs à ce roman, comme si la (trop) fine analyse des personnages enroulait l'intrigue dans des circonvolutions inutiles.
    Je n'ai ressenti aucune compassion pour Myriam ou Paul, ni même pour leurs malheureux enfants, pas plus que je n'ai apprécié la lente dérive et la souffrance de Louise qui la conduisent au geste fatal.
    Dommage !

  • 0.25

    A la fin de ses études de droit et peu après avoir obtenu le barreau, Myriam accouche d’une fille. Elle et son mari Paul ont fait le choix de ne pas confier leur fille à une nounou ou à une crèche. Elle l’élève donc jusqu’à la naissance de leur second enfant. Quelques mois après la naissance de leur fils, Myriam ressent le besoin de travailler, elle étouffe dans ce rôle unique de mère au foyer. Elle qui était une étudiante brillante n’a aucune difficulté à trouver un emploi dans un cabinet d’avocat parisien. La seule difficulté de Myriam et Paul est de trouver la nourrice qui s’occupera de leurs deux enfants. Louise s’impose comme une évidence au sein de leur foyer.

    La savoir-faire de Louise et son dévouement permettent à Myriam de concilier famille et carrière professionnelle. Louise est parfaite : non seulement elle s’occupe des enfants, mais elle fait les courses, le ménage, le dîner. Elle prend petit à petit de plus en plus de place et Paul et Myriam ne peuvent se passer d’elle.

    Résumée de la sorte, cette intrigue semblerait bien banale mais elle ne l’est en aucune manière. Dès la première phrase de son roman, Leïla Slimani ouvre son roman de la façon la plus tragique qu’il soit : la mort des enfants de Myriam et Paul, assassinés par Louise. Chanson douce est construit à la manière d’une tragédie grecque, dont on connaîtrait l’issue fatale dès les premières phrases et qui nous ferait remonter jusqu’aux sources de l’horreur tout au long du roman. Par ce choix littéraire, Leïla Slimani installe le lecteur dans une tension immédiate et permanente, qui le contraint à engloutir le roman d’une traite – ou presque.

    Myriam et Paul représentent un couple somme toute banal puisqu’ils sont tous les deux des trentenaires parisiens ayant réussi une belle carrière, financièrement à l’aise et familialement heureux. Ils cherchent à ce que leurs enfants soient épanouis, tout en essayant de concilier au mieux leur propre épanouissement. La grande réussite de ce roman poignant est de traiter de thèmes très intéressants et modernes comme la conciliation d’une vie professionnelle et familiale, la relation ambigue entre nourrice et parents, sans jamais ennuyer le lecteur alors même que la narration du quotidien d’un foyer pourrait l’être.

    Voici un roman brillant, qui mérite sa place parmi les listes des prix littéraires pour lesquels il a été sélectionné !

  • 0.15

    Légèrement déçu.

    J'ai tout de même beaucoup aimé l'histoire, glaçante.

    Leila Slimani critique finement notre société et notre façon de vivre. Elle interroge la place de la femme au XXIème siècle, écartelée entre son travail et sa vie de famille. Écrasée par la pression sociale.

    On est pris dans cet engrenage infernal où le personnage de Louise s'immisce de plus en plus dans cette famille et fini par en être comme le soleil, indispensable.

    Une foi qu'on ouvre ce livre, difficile de le lâcher, même si la fin est donnée dès la première ligne, on veut comprendre comment on a pu en arriver à cette extrémité.

    J'en attendait cependant un peu plus, notamment au niveau de l’écriture par exemple que je n'ai pas trouvé transcendante.

  • 0.2

    Projeté tout de suite face à l’abominable scène du crime, je me préparais à une lecture difficile.

    Un couple uni Paul et Myriam. Pour Paul, c’était parfait une maman au foyer. Myriam, « Pendant des mois, elle a fait semblant de supporter la situation. Elle n’a pas su dire à quel point elle se sentait mourir de n’avoir rien d’autre à raconter que les pitreries des enfants… », Elle ne pouvait plus supporter de les écouter se plaindre de leur travail, de ne pas voir assez leurs enfants. » Enfin le grand jeu des recrutements de nounous passé, ayant écarté deux femmes issues de l’immigration, c’est Louise, petite femme frêle, veuve, mère d’une fille Stéphanie « déjà grande », qui est retenue. Très vite, elle se révèle être la nounou parfaite, étend son rôle aux tâches ménagères, de l’entretien jusqu’à la cuisine. Elle devient finalement la cinquième personne du foyer.
    Cependant derrière les apparences de la femme parfaite, une autre personnalité est enfouie et c’est elle qui s’exprime dans certaines situations quand le seuil de l’endurance déclenche la soupape du trop-plein.

    J’ai lu ce roman en une journée parce que la plume de Leila Slimani n’appelle pas de pauses. Elle décrit chaque moment, chaque geste des uns et des autres avec le même rythme, vif, ne laissant aucune chance aux moments plus doux de l’histoire de durer. Ainsi, rien ne semble surfait, le lecteur est dans le fait divers et poursuit avec curiosité.
    Contrairement à ce qu’annonce la quatrième de couverture, je n’ai pas attendu de suspens, mais j’ai lu le déroulement des faits comme l’explication de la scène de crime. En effet, le personnage mystérieux de Louise distille des informations tout au cours de l’histoire. Par ailleurs, le comportement de ce jeune couple ressemble à la majorité des couples d’aujourd’hui, obligés de faire des concessions pour associer au mieux vie privée et vie professionnelle. Tout semble réel.

    Leila Slimani décrit avec brio notre société, dans laquelle se cultivent égoïsmes, indifférences, où se creusent sans cesse les différences, qui exige un minimum de stabilité psychologique pour faire sa place.

    C’est une lecture éprouvante, mais contrairement à ma crainte, la violence est présente mais décrite d’une manière suggestive. Le personnage de Louise est déstabilisant. On n’accepte pas ce crime, mais l’écriture précise et aiguisée de l’auteur nous aide à comprendre la trajectoire d’un enfermement dont l’apothéose devient folie.

    La communication et le prix attribué à Leila Slimani mettent la barre haut. Sa participation à « la Grande Librairie » a participé à mon envie de découvrir « Chanson douce », j’ai beaucoup apprécié le discours très ouvert de l’auteur. Ce sont peut-être toutes ces raisons qui font que je recommande ce roman, mais je pense que les quelques pages du livre restées blanches auraient supporté une fin moins brève.

  • 0.1

    Une plongée dans les faux semblants et le vide de la vie ordinaire avec un drame en point d'entrée et en conclusion.
    Un couple ,2 enfants,une nounou parfaite, trop parfaite? dont on ne sait pas grand chose mais qu'on va laisser prendre une place considérable mais ambiguë, de la famille sans en être, se voir tous les jours sans se connaitre...

    230 pages qui se lisent vite, je ne me suis pas ennuyée mais je suis restée sur ma faim.

    Ici pas de glauque,ni de "pathos", on suit juste une famille et sa nounou dans un fait divers.

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