Avant que les ombres s'effacent

Couverture du livre « Avant que les ombres s'effacent » de Louis-Philippe Dalembert aux éditions Sabine Wespieser

4.68

25 notes

  • Nombre de page : 294
  • Collection : Litterature etrangere
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

En guise de prologue à cette fresque conduisant son protagoniste de Lódz, en Pologne, à Portau-Prince, l'auteur rappelle le vote par l'État haïtien, en 1939, d'un décret-loi de naturalisation in absentia, qui a autorisé ses consulats à délivrer passeports et sauf-conduits à des centaines de... Lire la suite

En guise de prologue à cette fresque conduisant son protagoniste de Lódz, en Pologne, à Portau-Prince, l'auteur rappelle le vote par l'État haïtien, en 1939, d'un décret-loi de naturalisation in absentia, qui a autorisé ses consulats à délivrer passeports et sauf-conduits à des centaines de Juifs, leur permettant ainsi d'échapper au nazisme.
Avant d'arriver à Port-au-Prince - à la faveur de ce décret - au début de l'automne 1939, le docteur Ruben Schwarzberg, né en 1913 dans une famille juive polonaise, a traversé bien des épreuves. Devenu un médecin réputé et le patriarche de trois générations d'Haïtiens, il a peu à peu tiré un trait sur son passé. Mais, quand Haïti est frappé par le séisme de janvier 2010 et que la petite-fille de sa défunte tante Ruth - partie s'installer en Palestine avant la deuxième guerre mondiale - accourt parmi les médecins et les secouristes du monde entier, il accepte de revenir pour elle sur son histoire familiale.
Pendant toute une nuit, installé sous la véranda de sa maison dans les hauteurs de la capitale, le vieil homme déroule pour la jeune femme le récit des péripéties qui l'ont amené à Port-au-Prince. Au son lointain des tambours du vaudou, il raconte sa naissance en Pologne, son enfance et ses années d'études à Berlin, où son père Néhémiah avait déménagé son atelier de fourreur, la nuit de pogrom du 9 novembre 1938, au cours de laquelle lui et son père furent sauvés par l'ambassadeur d'Haïti. Son internement à Buchenwald ; sa libération grâce à un ancien professeur de médecine ; son embarquement sur le Saint Louis, un navire affrété pour transporter vers Cuba un millier de demandeurs d'asile et finalement refoulé vers l'Europe ; son arrivée, par hasard, dans le Paris de la fin des années 1930, où il est accueilli par la communauté haïtienne et, finalement, son départ vers sa nouvelle vie, muni d'un passeport haïtien : le docteur Schwarzberg les relate sans pathos, avec le calme, la distance et le sens de la dérision qui lui permirent sans doute, dans la catastrophe, de saisir les mains tendues. Fascinant périple, le roman de Louis-Philippe Dalembert rend également un hommage tendre et plein d'humour à sa terre natale, où nombre de victimes de l'histoire trouvèrent une seconde patrie.

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Les derniers avis

  • 0.2

    Janvier 2010. Haïti est frappée par un tremblement de terre. Venue aider les secours, Deborah, la petite-nièce du docteur Ruben Schwarzberg, débarque sur l’île. C’est l’occasion pour le vieux Ruben de raconter sa vie, une incroyable épopée qui révèle un fait historique méconnu du grand public : le rôle d’Haïti dans l’accueil des réfugiés juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Né en Pologne en 1913, Ruben passe son enfance à Berlin où il découvre l’horreur de la nuit de Cristal du 9 novembre 1938. Cet épisode signe la volonté d’exil de toute la famille. Certains vont en Amérique, d’autres en Palestine. Ruben lui se retrouve interné à Buchenwald. Libéré quelques semaines plus tard, il tente de rejoindre Cuba au bord du Saint Louis. Refoulé, il atterrit à Paris où il rencontre la poétesse haïtienne Ida Faubert qui lui permet d’accéder grâce à un passeport l’île d’Haïti où il finit par faire sa vie.

    J’ai aimé découvrir cette vie d’exil où l’horreur côtoie l’humanité, le solitude les rencontres et l’espoir les désillusions. Je suis en général assez fan des petites histoires dans la grande Histoire même si, pour ce roman, Louis-Philippe Dalembert a réuni plusieurs histoires vraies différentes pour forger le destin de Ruben. Certains moments sont savoureux comme ceux sur son statut de célibataire à marier, permettant de donner une respiration à un récit parfois un peu trop sombre. Petit bémol cependant : je regrette que la partie sur Haïti soit un peu trop vite expédiée par rapport aux autres épisodes de la vie de Ruben. J’aurais aimé en savoir davantage sur cette communauté juive sur l’île. Je suis donc restée un peu sur ma faim.

    Malgré ce bémol, je me suis laissée porter par les propos de l’auteur. Il y a incontestablement un ton vif et une belle langue, ponctuée d’expressions et de personnages hauts en couleur.

  • 0.25

    Ah ! Voilà qui commence bien, très bien même, d'abord parce que c'est les vacances et qu'il était temps, grand temps, et puis parce que je viens d'achever un roman, un vrai coup de coeur : Avant que les ombres s'effacent de Louis-Philippe Dalembert.
    C'est l'histoire du docteur Ruben Schwarzberg dont on suit l'incroyable parcours, de sa naissance, en 1913, à Lödz en Pologne, sa jeunesse et ses études à Berlin jusqu'à la terrible nuit de Cristal du 9 au 10 novembre 1938, sa découverte du Paris de 1930 et sa vieillesse à Port-au-Prince où il est devenu un médecin réputé. Cet homme originaire d'une famille juive polonaise sera victime du nazisme : avec sa famille, il devra fuir, prendre la route encore et encore afin de trouver un refuge, une terre d'accueil, une seconde patrie.
    Nous le suivons à travers ses pérégrinations et si nous ne savions que tout ce qui est raconté a bien existé, nous trouverions tout cela très très romanesque ! En effet, l'on découvre des épisodes incroyables de l'Histoire, notamment, j'en cite un, celui du Saint-Louis, transatlantique allemand sur lequel embarquèrent à Hambourg le 13 mars 1939 plus de neuf cents juifs allemands possédant un visa et à qui Cuba, les États-Unis et le Canada refusèrent l'hospitalité. Obligé de faire demi-tour et donc de repartir vers l'Allemagne au risque de livrer les passagers aux nazis, le commandant Gustav Schroeder, après avoir immobilisé le bateau près des côtes anglaises, menaça d'y mettre le feu afin que soient enfin accueillis les passagers. Cela heurta l'opinion publique et plusieurs pays européens (Pays-Bas, Belgique, GB et France) acceptèrent de recueillir les familles qui se trouvaient depuis 44 jours à bord ! Quand je vous dis que l'Histoire a toujours beaucoup d'imagination !
    Donc, disais-je, en écoutant le récit de Ruben Schwarzberg, on découvre aussi (pour ma part, je ne le savais pas!) que l'état haïtien, après avoir voté en 1939 un décret-loi autorisant ses consulats à délivrer des passeports à tous les juifs qui le demanderaient afin qu'ils puissent trouver en Haïti une terre d'accueil, déclare la guerre à l'Allemagne du IIIe Reich, à l'Italie et au Japon le 12 décembre 1941. « Premier pays de l'Histoire contemporaine à avoir aboli les armes à la main l'esclavage sur son sol, le tout jeune état avait décidé lors, pour en finir une bonne fois avec la notion ridicule de race, que les êtres humains étaient tous des nègres, foutre ! Article gravé à la baïonnette au numéro 14 de la Constitution. »
    Le docteur Ruben Schwarzberg a 95 ans et, au lendemain du séisme qui a meurtri Haïti en 2010, il se trouve avec sa petite-nièce Deborah qui est venue d'Israël porter secours aux Haïtiens. Assis sur la terrasse, il lui raconte son histoire qu'il n'a jamais racontée à personne, même pas à ses enfants. Il lui dit ce qu'il a vécu tout au long de ce XXe siècle, avant qu'il ne soit trop tard, « avant que les ombres s'effacent ».
    Ce roman est à la fois l'histoire d'une saga familiale sur quatre générations et le récit d'un destin, celui d'un homme meurtri par l'Histoire et qui échappa au pire grâce à des rencontres extraordinaires. Les portraits hauts en couleur des membres de sa famille ou des personnages dont il fait la connaissance sont absolument fabuleux. Par ailleurs, l'humour et l'autodérision omniprésents dans le texte ouvrent la voie au sourire, au rire même parfois et offrent toujours une lueur d'espoir, une lumière de réconfort même quand ce sont des événements terribles qui sont narrés. « Tendre », « généreux », « plein d'humanité, de vie, d'amour » sont les mots qui me viennent à l'esprit pour parler de ce roman dont la langue très sensuelle et poétique est un pur bonheur.
    Je vous recommande très chaudement ce roman magnifique qui donne une bien belle leçon de vie !

    Lire au lit : http://lireaulit.blogspot.fr/

  • 0.2

    Que sait-on du passé d’Haïti ? Que ce pays a été l’un des premières républiques indépendantes des Caraïbes, qu’elle a vaincu l’armée napoléonienne par le génie de Toussaint-Louverture .Le roman de Louis-Philippe Dalembert, auteur haïtien, nous apprend également que cette île constitua un refuge pour les Juifs persécutés ; l’Etat haïtien vota en 1939 un décret-loi autorisant ses consulats à délivrer passeports et sauf-conduits à tous ceux qui seraient susceptibles d’en faire la demande.

    Dans ce roman, qui ne se départ jamais d’une touche d'autodérision et d’un humour constituant un contrepoids au caractère tragique du récit, Louis-Philippe Dalembert imagine la vie d’un Juif ashkénaze, le docteur ruban Schwarzberg, originaire de Lodz en Pologne qui s’établit ensuite à Berlin sur les bords de la Spree. Sa famille mène une vie de citoyens intégrés, jusqu'à la catastrophe du nazisme, qui commence dès 1933 son œuvre d'exclusion et de répression féroce. L’un de ses épisodes les plus cruels est bien sûr la nuit de Cristal du 9 novembre 1938 .Il échappe aux SA grâce à l’aide d’un diplomate haïtien qui le conduit à la légation pour le mettre à l’abri. C’est son premier contact avec Haïti. Avant qu’il ne s’établisse définitivement sur cette île, Le docteur Schwarzberg rencontre à paris Ida Faubert, haïtienne de Paris qui l'introduit dans cette communauté et lui fait découvrir le Bal Nègre, établissement bien connu des noctambules, de toutes origines raciales .En fait, Ruben Schwarzberg a déjà fait connaissance avec la culture haïtienne : avant qu’il ne débarque sur l'île, il a découvert De l’égalité des races humaines d’Anténor Firmin, La Vocation de l’élite, de Jean-Price-Mars, et Le Choc d’Ida Faubert. Ce roman est axé également sur des retours entre le passé et le présent .Ruben Schwarzberg raconte en 2010, à l’occasion du séisme survenu cette année-là, sa propre vie à sa petite-cousine Deborah venue d’Israël en tant que médecin.
    Ce récit souligne l'ouverture des peuples issus de l’archipel des Caraïbes, met en exergue le rôle du vaudou dont l’auteur souligne le caractère d’une religion véritable. Roman rafraîchissant et optimiste, ce qui ne manquera pas de combler les lecteurs.

  • 0.25

    Le titre est tiré du »Cantique des cantiques » et est repris judicieusement dans le roman.
    Ce roman auréolé déjà du Prix des Libraires et du Prix Orange est effectivement un beau succès pour les Edts S.Wespieser qui ont un don pour trouver de beaux textes.
    Ruben, juif polonais né en 1913 va traverser avec sa famille l'ouragan qui bouscule sa vie durant toute la période hitlérienne.
    De la Pologne à Haïti , où il terminera sa vie , très âgé, Ruben verra sa famille se disséminer aux E.U ,un membre en Palestine aussi ; quant à lui , après s'être installés à Berlin et avoir vécu la Nuit de Cristal, puis après avoir été déporté à Buchenwald , il part pour le nouveau monde , embarque sur le St Louis, qui ne pourra accoster et fera demi tour. Suit une période faste à Paris qui permet au jeune homme l'initiation à la vie d'un célibataire , et ce particulièrement avec un jeune oncle.
    Son métier de médecin et quelques aides miraculeuses l'enverront définitivement vers Haïti, qui , dès 1939 et ce par un décret, donne le droit d'asile à tous les juifs persécutés.
    Une longue période de travail et de découverte des mœurs haïtiennes, du vaudou entre autres vont faire de Ruben un vrai natif-natal.
    C'est en 2014, après le terrible tremblement de terre , que le Docteur Ruben Schwarzberg raconte l'histoire de sa vie à Deborah , une jeune femme médecin de sa parentèle , venue au secours des Haïtiens dans le malheur.
    L'écriture de L.P Dalembert pleine de verve et de truculence fait penser parfois à A.Mabanckou, , mais dans la première partie particulièrement des jeux de mots scabreux et des facilités de langage ne me semblaient pas utiles, à moins de se rappeler que les écrivains caribéens ont besoin parfois de faire « craquer les coutures » .
    Bref, un beau roman , instructif aussi, du moins pour moi qui ignorait le défi lancé par cette petite île au III ième Reich, ainsi que l'épisode du St Louis.

  • 0.25

    Captivant comme un roman d’intrigue, un roman historique, un roman d’amour aussi avec une belle déclaration à cette île Haïti et à son peuple, l’auteur nous fait voyager et apprendre à ses côtés avec son personnage Ruben. Un message plein d’humanité, à lire d’urgence et que vous ne regretterez pas.
    La suite sur http://eirenamg.canalblog.com/archives/2017/06/08/35364815.html

  • 0.2

    Ce livre nous fait voyager avec la famille Schwartzberg, et plus particulièrement avec Ruben, qui deviendra médecin, de la Pologne jusqu'en Haïti, en passant par l'Allemagne et Paris. Retrouvant malgré eux le destin implacable du peuple Juif qui toujours, et encore, doit marcher, les membres de cette famille finiront par être éparpillés de part le monde.
    Ils fuiront la montée de l'antisémitisme, puis le nazisme. Ruben restera peu disert sur son passé, notamment sur le passage à Buchenwald, préférant garder en mémoire les rencontres, et les étincelles d'humanité allumées ici et là.
    Après des "détours", il se retrouvera dans l'effervescence festive de Paris, goûtant la musique et le rhum haïtiens, avant d'aller les apprécier sur place, dans ce pays qui deviendra sa patrie. On découvre dans ce roman cette particularité de l'Etat haïtien, qui a accueilli tous les Juifs qui en faisaient la demande dès 1939.
    Le docteur Schwartzberg s'établira donc définitivement dans la bien nommée Montagne Noire !
    La belle et agréable écriture de l'auteur nous embarque irrésistiblement de la rigueur teutonne à la nonchalance carribéenne, de l'horreur nazie aux exubérances des clubs parisiens,des traditions juives aux rites vaudous.
    Il instille dans ses pages de la sensualité, convoque des personnages hauts en couleurs mais aussi marqués d'un sens profond des racines familiales et des liens d'amitié. Un ensemble d'ingrédients qui en font un roman qu'on ne lâche pas !

  • 0.15

    Dans Haiti ..il y a "hait" et pourtant il s'agit là de tout autre chose !
    on découvre le côté historique d'une île qui nous séduit par son courage face au pot de fer .....c'est un beau récit sur la famille et l'amour , sur le secours porté aux juifs par cette i^le pour faire barrage à la barbarie
    Le style est pudique sensible profond et nous engage à poursuivre des le début à la découverte de cette partie de l'Histoire .
    On en ressort gonflé d'espoir !

  • 0.25

    J'ai beaucoup apprécié la lecture de ce roman, très documenté, magnifiquement écrit, qui conte un fait historique peu connu par le commun des mortels : l'accueil, visionnaire, par l’État haïtien des juifs pourchassés d'Europe dès 1939. Mêlant l'Histoire de cette période trouble de l'Europe avec celle de la famille du docteur Ruben Schwarzberg, Louis-Phillipe Dalembert réussit à la fois à nous faire pénétrer dans l'intimité et l'errance d'une famille juive polonaise installée en Allemagne, attachante et soudée, et à dresser le portrait d'une Haïti, généreuse, valeureuse et vivante.
    Un très beau récit qui qui résonne tout particulièrement aujourd'hui dans une Europe confrontée à la crise des migrants.

  • 0.25

    Une lecture addictive d'un roman brillant !
    Une écriture maîtrisée et fluide au service de l'histoire. Des personnages attachants, une véritable découverte d'un pan de l'histoire que j'ignorais. Louis-Philippe Dalembert réussi un tour de force incroyable : ne jamais tomber dans le pathos et réussir à nous faire sourire. La musique est omniprésente, elle nous entraîne et souligne le parcours du jeune Dr Schwarzberg.
    A lire de toute urgence !

  • 0

    Je suis en train d'en terminer la lecture et j'apprécie l'intensité de cette superbe histoire écrite avec tant de poésie.

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