Autopsie d'un père

Couverture du livre « Autopsie d'un père » de Pascale Kramer aux éditions Flammarion

3.6

10 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Flammarion
  • EAN : 9782081348196
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 176
  • Collection : Litterature francaise flammarion
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

"C'était fou qu'on ait pu laisser les haines en arriver là." Ania, qui n'a pas vu son père Gabriel depuis quatre ans, décide de lui rendre visite avec son fils. L'entrevue tourne court. Quelques jours plus tard, elle apprend par Clara, sa dernière femme, que son père s'est suicidé.
Ania... Lire la suite

"C'était fou qu'on ait pu laisser les haines en arriver là." Ania, qui n'a pas vu son père Gabriel depuis quatre ans, décide de lui rendre visite avec son fils. L'entrevue tourne court. Quelques jours plus tard, elle apprend par Clara, sa dernière femme, que son père s'est suicidé.
Ania retourne dans la maison familiale pour l'enterrement. L'ambiance au sein du village est délétère, chacun prenant parti pour ou contre Gabriel, qui a provoqué un scandale public en défendant deux jeunes du coin qui ont massacré un Comorien. Qu'est donc devenu ce père qui est allé jusqu'à tremper dans une affaire aussi sordide ? Ce journaliste reconnu par ses pairs capable de rétrécir ses vues au point d'être renvoyé de la radio nationale et de devenir un paria ?
Pascale Kramer poursuit son exploration de l'être humain et de ses ambivalences en s'attaquant pour la première fois à un sujet de société, une France sous tension, au bord de l'explosion politique. Elle met admirablement en scène tous les personnages qui gravitent autour du mort et nous laisse avec cette question résonnante d'actualité : quand et pourquoi s'opère le basculement ?

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  • 0.2

    UNE BONNE LECTURE

    Dans la mesure où j’ai lu ce roman en à peine une journée, je pense pouvoir dire qu’il ne m’a pas déplu. Pourtant je ne dirai pas qu’il m’a transcendé mais j’ai bien apprécié ma lecture, notamment par une magnifique plume que nous propose l’auteur. Elle nous permet de ressentir aisément ce que vit Ania, le personnage principal, qui se retrouve face à la mort inexpliquée de son père, qu’elle n’avait pas vu depuis plusieurs années.

    UNE HISTOIRE FAMILIALE PLUS QUE POLITIQUE SELON MOI

    Davantage qu’une question de politique selon moi, j’ai particulièrement remarqué que l’auteur s’attachait à nous dépeindre la vie plutôt difficile d’Ania. Elle se retrouve non seulement face à un père qu’elle n’a plus connu et qu’elle ne connaîtra par conséquent plus sauf au travers de sa belle-mère lors des préparatifs de l’enterrement ; mais elle mène à côté de cela une vie familiale compliquée avec son fils auquel elle est fortement attachée et dont elle s’efforce de préserver l’innocence de l’enfance. Pascale Kramer nous montre des personnages différents, qui ne s’accordent pas forcément du fait de leurs caractères, de leur vécu mais aussi de leur point de vue face à ce que Gabriel – le père d’Ania – a pu vivre. Je suis restée partagée sur ce que pouvaient penser chacun des personnages face à cette crise politique, tout en ne sachant au final pas réellement le fond de cette sombre histoire. En effet, contrairement à ce que le résumé annonçait, je n’ai pas vraiment perçu cette dimension politique, ni même la véritable raison du suicide. J’ai davantage ressenti ce roman au travers de la vie d’Ania, de ce qu’elle a pu vivre étant enfant, mais aussi de ce qu’elle vit au moment où elle ‘communique’ à nouveau avec son passé, son ancienne vie, avant le scandale. L’auteur navigue très bien entre ces différents moments d’existence, entre ces différentes temporalités, permettant de dresser un tableau complet du vécu de cette jeune femme.

    C’était un roman très agréable à lire, bien que je n’ai pas totalement réussi à cerner le message que l’auteur à voulu faire passer en matière de scandale politique.

    https://lectriceassidueendevenir.wordpress.com/2016/04/19/autopsie-dun-pere-de-pascale-kramer/

  • 0.1

    Une lecture dérangeante, avec une protagoniste relativement terne, Ania, et un sujet de fond actuel, et dont on peine cependant à savoir ce que l'auteur veut en faire.
    Autopsie d'un père est un roman qui m'a laissée perplexe, intéressant, mais dont l'aboutissement laisse un sentiment amer.

    Ma chronique complète est ici : http://viederomanthe.blogspot.fr/2016/05/autopsie-dun-pere-pascale-kramer.html

  • 0.1

    Autopsie d'un père est un récit âpre, difficile, il raconte les relations compliquées entre Ania et son père Gabriel. Gabriel est un grand journaliste, un intellectuel, il a élevé seul sa fille mais il s’est rapidement désintéressée d’elle et l’a confié aux gardiens de sa maison de campagne puis en pension. Il a été déçue par sa fille qui n’est pas aussi intelligente qu’il le voudrait qui s’est marié à un Serbe et lui a un donné un petit fils sourd.

    Ania n’a plus de relation avec lui, elle vit dans une banlieue parisienne et a un petit job d’assistante maternelle, elle a divorcé et s’occupe seul de son fils. Elle a tiré un trait sur son père.

    Mais la mort de celui-ci va l’obliger à se replonger dans ses souvenirs, à essayer de le comprendre notamment pourquoi il a défendu des jeunes du village qui avaient lâchement tué un émigré sans défense. Cette prise de position l’a mis au banc de l’intelligentsia parisienne et il a été lynché médiatiquement seule sa compagne Clara ne l’a pas lâché.

    Dans ce roman, on navigue en eaux troubles, dans ce racisme latent en banlieue avec la réaction d’Ania vis-à-vis d’une famille africaine, au village avec ce fait divers. Le personnage de Gabriel est peu sympathique, il se sent supérieur, il méprise les petits gens.

    Le handicap, la solitude est aussi décrite dans la vie d’Ania, sa vie dans cette banlieue brutale, grise. Son sentiment d’être rejettée est très présent. La violence est analysée à travers les réactions du village lors de la mort de Gabriel. On est aussi parfois mal à l’aise avec les réactions de rejet, le détachement d’Ania vis-à-vis de la mort de son père, des autres.

    Le style est froid, clinique, peu de dialogues surtout de longues phrases de descriptions qui décrivent ce monde à la dérive. Un monde de préjugés, des apparences comme les gardiens qui reprochent à la jeune fille de ne pas avoir été là.Un monde d’incompréhension, le père n’a jamais compris sa fille et inversement. Une réflexion psychologique.

    Mais, je suis restée un peu sur ma faim, j’avais envie d’aller plus en profondeur dans les personnages, j’ai eu un sentiment d’inachevé.
    La suite sur http://eirenamg.canalblog.com/archives/2016/05/05/33766236.html

  • 0.15

    Je ne suis pas parvenue à pénétrer jusqu'au coeur de ce roman. Je n'ai pas réussi à le trouver alors que je le sentais battre parfois tout près.

    Journaliste célèbre, Gabriel se suicide à la suite du scandale qu'il a provoqué en prenant publiquement la défense de deux jeunes blancs assassins d'un Comorien sans-papiers. Sa fille Ania, qui élève seule son fils atteint de surdité, s'était éloignée de cet homme qui ne savait que lui montrer au mieux son indifférence, au pire une condescendance teintée de mépris.
    C'est le point de vue de cette jeune femme silencieuse, repliée sur elle-même et sur son fils, qui garde douloureusement les fêlures de son enfance, qui prédomine le plus souvent, laissant les motivations des autres personnages dans une ombre souvent gênante pour la compréhension de la globalité de l'intrigue. Récit et dialogues fusionnent dans une narration "blanche", atone,qui en devient oppressante.
    Des rapports père/fille - mère/fils qui semblent au départ être le sujet essentiel, aux rapports sociaux qui restent en filigrane, en passant par la relation à la notoriété, le roman semble courir plusieurs lièvres à la fois et je n'ai pas réussi à discerner un fil qui me permette de les relier de manière convaincante.
    C'est un roman que je n'ai en définitive pas vraiment compris.

  • 0.25

    L'art de la nuance, du malaise, des frottements entre les êtres, ce n'est pas seulement un père que Pascale Kramer autopsie dans ce très beau roman, mais tout un pan des rapports sociaux tels qu'ils débordent et s'imposent au sein même de la famille. Elle dit comment on peut se sentir soudain "déclassé" face à un parent, à des proches, en porte-à-faux, pas à la hauteur, inadéquat.
    Les personnages de Pascale Kramer interprètent chacun un air différent. Il y a de la discordance dans l'air. Et néanmoins, son récit se développe avec une harmonie subtile, comme dans une composition contemporaine, où les fausses notes se répondent avec art.
    Et puis, je suis toujours très touchée par la façon dont elle décrit les enfants. Là encore, une magnifique attention à qui est faible, divague, tâtonne, s'élance et qui émeut profondément.

  • 0.25

    J’ai découvert ce livre par hasard : c’est un « coup de coeur » de mon libraire (la librairie Gallimard du boulevard Raspail) qui le signalait. Merci à eux, car c’est une très belle découverte que j’ai ainsi faite !
    Autour d’un thème central, l’incompréhension entre un père et sa fille, Pascale Kramer entremêle avec subtilité les portraits et les relations de ses différents personnages.
    Presque de manière indirecte (il y a très peu de dialogues), par petites touches délicates et précises, chacun est décrit dans toute sa complexité et, quels qu’ils soient, ils ont tous droit à la même attention et à la même empathie.
    Gabriel, le père, brillant intellectuel, égoïste, qui se suicide suite à des prises de position condamnables, Ania, sa fille, longtemps humiliée puis ignorée, Clara la compagne de Gabriel, l’enfant sourd et si émouvant d’Ania, les gardiens- ambigus - de la résidence secondaire du père, la directrice de l’école locale…Pascale Kramer ne porte jamais de jugement mais essaye toujours de les comprendre et de nous les faire comprendre. Elle les décrits avec pudeur et retenue et leur donne finalement une force et une présence étonnantes qui les rend extrêmement attachants.
    La même manière - subtile et « discrète » - de traiter son sujet se retrouve dans les problèmes politiques qui constituent la toile de fond de ce roman et qui conduiront à la spectaculaire montée en puissance de la violence finale.
    Ce roman apparemment simple, qui se refuse à tout « effet », analyse avec virtuosité et sans avoir l’air d’y toucher le monde actuel, ses tensions, ses malaises, ses tentations. En posant les vrais problèmes, psychologiques, sociaux ou politiques, en se refusant à juger mais en nous invitant à réfléchir et à nous questionner, il nous donne une belle leçon d’écoute et de tolérance.
    Un roman qu’on lit d’une traite mais auquel on repense longtemps après l’avoir refermé.

  • 0.25

    Quand on lit Pascale Kramer, on voit, on sent, on vit. "Autopsie d'un père" prouve son extraordinaire talent pour dire l'insaisissable, le mouvant, d'une l'histoire dure, complexe, entre une fille et son père, sur fond de problème de société pour ne pas dire d'humanité. Pascale Kramer dissèque les sentiments sans complaisance, sans sentimentalité, mais sans froideur non plus. Et c'est cette manière qui m'a enthousiasmée : toutes ces observations concrètes à la fois si totalement surprenantes et si évidemment justes, qui nous permettent d'être dans l'état de ses personnages. C'est très difficile, ça : nous faire ressentir un état. Il n'y a rien là d'intellectuel, rien de descriptif, rien d'explicatif. Comment fait-elle? Il me semble qu'on pourrait qualifier cette écriture de tactile.
    Comme souvent dans son oeuvre, il y a là aussi un enfant. Pascale Kramer parle des enfants comme personne, et il fallait son extrême délicatesse pour décrire le petit Théo, qui est sourd, sans le décrire. C'est d'une beauté poignante et réconfortante.
    Toute la fin du roman est d'une construction magistrale. Une menace monte qui est enfouie sans jamais être expliquée. J'ai essayé de reconstituer comment on la ressent... Pratiquement invisible! Très fort. Et juste ce qu'il faut, pas de débord.
    Très forte aussi l'imbrication du passé et du présent des différents personnages, toute en subtilité.
    Ce roman est court et on est étonné à la fin qu'autant d'histoires et de complexité tiennent dedans.
    Pascale Kramer est un très grand écrivain !

  • 0.15

    L'air de ne pas y toucher, d'une écriture souvent fiévreuse et avec le chic de s'attarder sur des détails (elle n'a pas son pareil pour arrêter sa plume sur un aspect vestimentaire, une attitude, un objet propre à distiller le malaise et à susciter une incompréhension), Pascale Kramer s'empare d'un fait divers : le suicide d'un intellectuel de gauche jadis controversé pour avoir osé se positionner en faveur de deux jeunes assassins blancs d'un Noir sans-papiers. Un père dans l'intimité duquel on pénètre grâce à sa fille Ania, elle-même maman d'un jeune fils atteint de surdité, Théo. Une "figure" locale dont la part d'ombre se révèle en même temps que le personnage s'efface dans la mort et ses rituels. L'"affaire" ainsi ressuscitée délie les langues, attise les rancœurs...
    Malgré une belle écriture, qui confère au scandale en question, pourtant à peine évoqué, une présence en filigrane oppressante, je n'ai pas été franchement emballé par ce roman et ne suis pas parvenu, à regret, à véritablement entrer dedans. Peut-être parce que j'ai trouvé que les personnages, pourtant non dénués de fêlures, ne suscitaient guère d'aversion ou d'empathie de la part du lecteur.

  • 0.15

    Il a soutenu publiquement les deux auteurs du meurtre d’un comorien sans-papier. Gabriel, intellectuel de gauche, journaliste sur une radio nationale, a été radié des effectifs. Ce fait divers qui a déchaîné les médias et suscité pas mal de réactions populaires, n’est pas responsable de l’éloignement de sa fille Ania, c’est elle qui lui avait demandé quelques années avant de poursuivre ses études en pension. Ainsi, elle ne subirait plus ses moqueries, son indifférence.

    Après être restée quatre années sans le voir, elle décide de retourner aux Epinettes, accompagnée de Théo son fils handicapé.
    Aucun signe d’amour ni même une attention de la part de ce père et grand-père fermé sur lui-même. Dans les jours suivants, elle apprend par Clara la dernière épouse de Gabriel, qu’il s’est suicidé.

    L’histoire se concentre alors autour des événements qui vont suivre, notamment du retour d’Ania au village où les rancunes sont toujours vives, pour l’enterrement.
    Au-delà des liens directs de l’absence ou de la non-expression des sentiments, des non-dits, avec le destin familial, le thème des haines domine dans ce roman.
    Il est écrit dans le contexte d’un pays déchiré par la violence, la haine, où les problèmes identitaires sont sources d’un mal être qui s’ancre chaque jour un peu plus, généreusement relayé, récupéré, exploité par des personnes en mal de pouvoir, et « des Gabriel » qui abandonnent leurs idéaux et ne céderont jamais une once de leur pré carré à quiconque incarne la pauvreté ou la différence.
    Ce roman agite bien sûr de graves sujets d’actualité, et interroge sur la facilité qu’ont certains intellectuels, si l’on se réfère à ce journaliste, à naviguer entre des horizons si éloignés pour finalement s'y confondre…

    J’ai particulièrement apprécié le style de Pascale Kramer, dans lequel résonnent la gravité, la tristesse, les parcours ratés. La description des comportements des personnages et du déroulement des faits permettent de s’imprégner de l’histoire et de partager les émotions.

  • 0.2

    Gabriel, caricature de l’intellectuel de gauche, a le malheur de prendre la défense de deux jeunes de son village qui ont assassiné un immigré clandestin comorien. Et la machine s’emballe. Peu importe les raisons qui poussent Gabriel à adopter cette position contre-nature si l’on se réfère à son parcours intellectuel, ses anciens compagnons de route le rejettent. Il perd toute perspective d'avenir dans une grande radio et n’a finalement plus d’activité professionnelle.
    Voilà pour le fond du livre.
    L’histoire familiale qui s’articule autour de Gabriel n’a, selon ma perception, qu’un seul objectif : essayer de faire détester Gabriel, symbole de ces intellectuels honnis par la gauche (Zemmour, Finkielkraut, Ménard, etc.). Il n’entretient plus de relations avec sa fille, qu’il a largement malmenée psychologiquement durant son enfance. Il ne s’intéresse pas plus à son petit-fils handicapé. Il s’est remarié après le décès de sa première femme, sans en informer sa famille. A l’inverse, Clara, sa fille, est un savant mélange de valeurs prétendument positives. Ouverte, généreuse, travaillant en banlieue, marié à un immigré peut-être musulman (la question reste ouverte dans le récit).
    Comme souvent, on n’explique les tensions actuelles dans la société française que par la fermeture d’esprit des personnes supposées être des sympathisants d’extrême-droite. Le racisme n’existe que chez eux. Le reste de la société n’est que concorde et volonté de vivre-ensemble. Caricature à laquelle je n’adhère pas mais qui n’a pas empêché une lecture plaisante.

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