La riposte de Yanick Lahens aux Explorateurs

mercredi 17 décembre 2014

La riposte de Yanick Lahens aux Explorateurs

Les Explorateurs de la rentrée d’automne 2014 ont plébiscité Yanick Lahens et son Bain de lune (Sabine Wespieser éditeur). Le jury du Prix Femina les a rejoints en novembre. L’équipe de lecteurs.com est ravie de finir l’année en vous proposant la riposte de l’auteur aux questions des explorateurs les plus curieux. Sélection.
 

 

 

 

 

 

-Qu’est-ce qui, selon vous, fait que Haïti est capable de produire autant d’écrivains de talents ?
- Haïti produit tant d’écrivains parce que nous sommes les descendants d’une lignée d’écrivains et d’intellectuels qui écrivent en langue française depuis la fin du 18e siècle. Et cela les gens ne s’en rendent pas compte. Même si c’est un paradoxe dans un pays dont la majorité des habitants ne parlent que créole. La langue française, en dépit des débats que soulèvent son enseignement, sa place et son voisinage avec d’autres langues aujourd’hui, demeure un patrimoine incontestable.
 
- Quelle est la part de votre vécu dans votre dernier livre, Bain de lune ?
Il n’y a aucune part de vécu hormis les observations sur place, l’écoute des gens, la lecture de documents qui m’ont permis de mieux comprendre et de restituer ce qui demeure un ressenti personnel.
 
-Au-delà de l'histoire de l'Histoire traversée, ce livre nous fait découvrir Haïti de façon plus intime que ce que nous connaissons, notamment à travers les médias. Quelle image voulez-vous qu'il renvoie à la fois hors de Haïti mais aussi vers Haïti et les Haïtiens eux-mêmes?
Tout ce que j’essaie de montrer dans mes œuvres en général et dans ce roman en particulier c’est que dans cette île se décline une humanité avec ses grandeurs et ses faiblesses, ses ombres et sa lumière comme partout ailleurs. Et curieusement en parlant des paysans haitiens, j’ai évoqué l’universel. Beaucoup de lecteurs et de lectrices ont retrouvé les paysans de bien des régions de France il ya quelques décennies, d’autres y ont vu les villages de Garcia Marquez en Amérique latine et d’autres ceux des fermiers nord-américains des années 20 ou 30. Beaucoup d’haitiens privilégiés des villes découvrent d’ailleurs avec étonnement leurs propres concitoyens. Tant de clichés ont été fabriqué à dessein autour de la non-humanité d’Haiti que c’était un pari risqué de ma part.
 
- Quelqu'un vous demanderait de lui recommander un/des livre(s) ou écrivain(s) de votre pays, que répondriez-vous ?
Difficile de n’évoquer qu’un livre : Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain, L’espace d’un cillement de Jacques Stephen AlexisAmour, Colère et Folie de Marie Chauvet, Minerai noir de Depestre, Manhattan Blues de Jean-Claude Charles, L’Odeur du café de Dany Laferrière
 

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