Défaite des maîtres et possesseurs

Couverture du livre « Défaite des maîtres et possesseurs » de Vincent Message aux éditions Points

4.696969696

33 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Points
  • EAN : 9782757864678
  • Série : (non disponible)
  • Support : Poche
  • Nombre de page : 238
  • Collection : Points
  • Genre : Science fiction / Fantastique format poche
Résumé:

C'est notre monde, à quelques détails près. Et celui-ci notamment : les hommes ne sont plus maîtres et possesseurs de la nature. De nouveaux venus leur font connaître le sort qu'ils réservaient auparavant aux animaux. Malo et Iris mènent ensemble une vie frappée d'interdit par ces... Lire la suite

C'est notre monde, à quelques détails près. Et celui-ci notamment : les hommes ne sont plus maîtres et possesseurs de la nature. De nouveaux venus leur font connaître le sort qu'ils réservaient auparavant aux animaux. Malo et Iris mènent ensemble une vie frappée d'interdit par ces barrières qui séparent les espèces. Alors qu'elle est blessée, en attente d'une opération, il n'a devant lui que quelques jours pour tenter de la sauver.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Fort et dérangeant, un éclairage nouveau sur l'élevage intensif et la cruauté d'une espèce sur les autres.
    Merci M.Message de nous réveiller avec votre roman.

  • 0.25

    J'ai eu la chance de me voir offrir ce livre par lecteurs.com et je dois avouer qu'il a été une claque pour moi aussi! je l'ai lu en 2 jours (et je pense que si je l'avais commencé un samedi je l'aurais lu en un après-midi!). J'ai été captivée par l'histoire, le style d'écriture de l'auteur et les personnages. Le texte n'a pas beaucoup de dialogues directs, ce qui aurait pu me déranger au départ, mais au final je pense même que les dialogues directs auraient coupé le texte et le rythme donné à l'histoire.
    Forcément, à la lecture de ce roman, on ne peut que faire un parallèle avec ce que l'espèce humaine afflige aux autres espèces sur Terre, et on a beau se répéter "ce n'est qu'un roman", on ne peut s'empêcher de réfléchir à notre monde actuel mais pas seulement sur le lien avec les animaux, mais aussi avec l'agriculture, l'élevage, la politique, notre société en somme. C'est un roman qui fait réfléchir et cela faisait longtemps que je n'avais pas eu entre mes mains un roman qui me fasse autant réfléchir et au final changer aussi, il y aura forcément un avant et un après, je le vois déjà dans ma manière de consommer, inconsciemment je fais attention à ce que je mange et d'où ça vient (je faisais attention avant mais là ça me pousse à me poser des questions sur notre société et aussi notre mode de fonctionnement, à voir sur la durée ce que ça donnera :)).
    En résumé, je conseille vivement ce livre qui m'a permis de réfléchir sur ma façon d'être et d'agir et sur le monde qui nous entoure, je pense cependant qu'il faut être ouvert lors de la lecture de ce livre et le commencer quand on est prêt à enclencher une réflexion :)

  • 0.25

    Je remercie Dominique de m'avoir permis de découvrir cet ouvrage qui a remporté le prix Orange l'année dernière et pour cause .
    On est dans la Fiction mais bien évidement mais "pas que " ! Au début ,l’écriture nous installe dans un contexte ou tout n'est pas défini mais au fur et à mesure qu'on avance dans la lecture ,le scénario se joue devant nous et on découvre une société hiérarchisée à l’extrême (mais de ce fait ,une société peut elle être autre chose ? ) où se distinguent 3 catégories d'hommes: ceux qui gouvernent;ceux qui servent de compagnie et ceux qui sont élevés pour être mangés . Le ton est posé alors . Et le cercle vicieux se brise quand une catégorie rencontre une autre alors que cela ne devrait pas se faire . La chaîne est brisée ,la révolution lente se fait ....avec ses victoires et ses pertes ..
    J'ai clairement eu l'impression que nous étions dans une analyse juste de l’évolution humaine et de ses dysfonctionnements . Une belle claque comme on les aime (attention ,je ne pretends pas aimer les claques ,je parle des lectures qui chamboulent !! ) Un magnifique Orwell ...well well des temps actuels !!

  • 0.25

    S'il ne doit rester qu'un seul livre ayant mérité son prix littéraire cette saison, c'est bien ce roman.
    D'abord, parce qu'au-delà du propos il se tient par sa seule qualité littéraire. Vincent Message nous offre une plume fluide, précise, juste, sans effets de manche mais sans facilité. Une belle langue qui s'interroge sur la langue, et qui vaudrait le détour rien pour ça.
    Et ensuite parce que le propos, oui, est réussi. Là encore sans tomber dans la facilité, Message nous propose une fable dont la thématique futuriste totalement secondaire n'est qu'un prétexte à une réflexion dérangeante, mais sans doute nécessaire. Douloureuse et salutaire. Froidement et pourtant avec une infinie délicatesse, il interroge plus qu'il ne s'interroge sur la légitimité d'une domination quelle qu'elle soit, sur la validité morale des échelles de valeurs qui nous paraissent pourtant si évidente, sur la difficulté, avant même qu'elle soit politique, légale ou sociale, mais ne serait-ce que morale ou intellectuelle à questionner l'ordre établi et la culture inculquée, sur la responsabilité individuelle aussi, face à l'horreur institutionnelle, son acceptation passive, son espèce d'autonomie nourrie de fatalisme, de paresse, d'aveuglement volontaire et d'absurdité bureaucratique déconnectée de la réalité... Très, trop familière, cette société "extraterrestre" nous gifle en plein visage, avant de nous faire baisser les yeux, sans pourtant tomber dans l'argumentaire moralisateur à outrance ou le parti pris.
    C'est un de ces livres, trop rares, intelligents en ce qu'ils ne veulent rien imposer, sinon de réfléchir par nous-même, vraiment, en profondeur.
    Indispensable.

  • 0.25

    Fable apocalyptique, visionnaire et politiquement pessimiste, Défaite des maîtres et des possesseurs est une sombre allégorie sur la domination destructrice d'un espèce à la démoniaque supériorité. Une fable emplie de réflexion sur une époque sans satiété.

    Par des rapprochements souvent hasardeux, toujours rétrospectif, certains thèmes paraissent circuler d'un livre à l'autre et illustrer un moment littéraire. La question de notre rapport aux espèces animales peut alors paraître une question hantant une partie de la littérature française contemporaine. Dans Règne animal illustrait, avec sa verve pleine de fascination fécale, l'inhumaine immondice des conséquences de nos vies carnivores. Sa plume acerbe évitait pourtant la leçon de morale à laquelle, par une prose peut-être un rien trop argumentative, Vincent Message n'échappe pas tout à fait.

    Sans doute aussi parce que, au fond, il est pratiquement impossible de n'être pas d'accord avec sa dénonciation. Avouons cependant que l'argument de son récit lève très vite une réticence d'un lecteur, comme moi, rétif à la science-fiction. Sa projection dans l'avenir reste une allégorie, une manière d'ouvrir les possibles à l'image de ce que fait Burnside dans Scintillation. Projection dans un avenir proche, hautement probable et, malgré l'invasion de la terre par ceux qui se nomment eux-mêmes, par ironique antiphrase, "démons" assez proche pour être dangereusement familier. Une conscience écologique dont les écrivains se doivent de prendre conscience. Mais, à mon sens, surtout comme un point de départ, une occasion pour parler d'autre chose, pour portraiturer nos pauvres ressorts psychologiques.

    Certes, la description d'une humanité réduite aux exactes conditions actuellement réservées à l'espèce animale est parfaitement glaçantes. Certes, les débats sur le peu de pitié qu'inspire une humanité elle-même peu consciente de sa domination destructrice paraissent une nécessaire piqûre de rappel. Heureusement, Défaite des maîtres et des possesseurs ne se contentent pas de ce consensus et Message ne se drape d'aucune encombrante mauvaise conscience.

    Je me suis dit, on peut creuser le trou de sa défaite avec un rire vainqueur.

    Le plus intéressant, selon moi, dans ce court roman ne sont pas tant les débats et la prise de conscience du narrateur sur la tristesse entropique de ce monde voulu toujours en expansion, mais bien la façon dont il caractérise ces envahisseurs.

    Une des belles réussite de Défaite des maîtres et des possesseurs est de se refuser à la description de cette espèce invasive et des changements apportés par son conflit, au fond salvateur, avec l'humanité. Excellente idée, unScintillation peu rhétorique peut-être, de montrer que cette invasion, cette réduction à l'esclavage, fut une façon de sauver une humanité courant à sa perte. Nous le savons tous : la croissance exponentielle vendue par nos économistes a la fatalité d'une catastrophe. Tous, nous nous aveuglons sur cette fin certaine. Exactement comme nous préférons ne pas voir comment sont produits les viandes dévorées avec un appétit apocalyptique.

    Vincent Message est assez malin pour faire de ces envahisseurs autre chose qu'une crainte pathétique de l'immigration et du métissage. Ces grands voyageurs en escale momentanée sur la terre ont développé, sans doute au contact de l'océan ou de l'éther stellaire, une démoniaque capacité d'hybridation et de mimétisme.

    Dans une forme de sagesse qui nous fait, surtout actuellement, défaut, ils n'éprouvent aucun besoin de se doter eux-mêmes d'une identité. Alors, par une de ses moqueries d'abord hautaine puis dans laquelle on se laisse prendre, ils se baptisent démons. Du nom d'une croyance démonétisée à partir de l'instant où les hommes ont perdu leur impérialiste conscience d'un devoir de domination sur la Nature. Avec une radicale absence d'espoir, avec peut-être même cette déréliction censée être dans la mystique la suprême présence divine, l'impuissante résistance humaine s'organise sous le signe de l'Ange. Un joli symbole.

    C'est quand on sort de l'utile, c'est quand on entre dans le gratuit et dans l'apparemment absurde que la culture commence.

    Vincent Message truffe son texte d'aphorismes de ce types. Notamment une belle réflexion sur cet état d'angoisse crée par un chômage pourtant conséquence logique de la folle rationalité économique. Si la trame narrative de ce roman m'a moins convaincu, le lien fort entre le narrateur et Isis, son animal humain de compagnie m'a moins convaincue, c'est toujours par ce genre de réflexion que l'intérêt du lecteur est titillé. Pour clôre sur un seul exemple, la seule transmission possible est celle d'une angoisse temporelle, d'une crainte de la mort :

    Mais moi qui pour ma part suis ballotté sans cesse dans le mouvement du temps, guettant les premiers signes de ce qui vient à l'horizon, je pensais qu'elle avait le droit à cette belle inquiétude, je voulais quelqu'un qui puisse aussi partager cela, qui essaye de prévoir, se trompe, se remémore, regrette.

    L'occasion de souligner que si la fable fonctionne c'est aussi par la transparence de sa langue d'un belle simplicité. La seule à même de rendre la sagesse inquiète et déchirée du narrateur.

    https://viduite.wordpress.com/2017/04/09/defaite-des-maitres-et-des-possesseurs-vincent-message

  • 0.25

    Surprenant, c'est le mot pour décrire "Defaite des maîtres et possesseurs". Je ne m'attendais pas à cette intrigue, à cette écriture à la fois (et paradoxalement) si engagée et en apparence si détachée.

    Le combat de Malo pour sauver Iris va le mener vers une introspection, vers une analyse plus poussée du monde qui l'entoure, et cela nous transporte tout au long du récit. C'est difficile de tenir en haleine sans dialogue, cependant l'auteur à une écriture si souple que nos yeux glissent de page en page. Le vocabulaire est riche, la construction des phrases adaptée pour le rythme donné au récit.
    A travers son personnage, Vincent Message transmet un message fort et une critique subtilement acerbe de notre dominance sur les êtres que nous considérons, à tort, intellectuellement inférieurs. Il ne s'agit pas, ici, que du sort des animaux. Son plaidoyer va bien au-delà ! Il tente de réveiller les consciences, tout en restant lucide sur la difficulté d'ouvrir les yeux lorsque l'on est conditionné depuis des années, il dénonce aussi l'intolérance de l'Homme et le capitalisme qui l'entoure.

    Merci à lecteurs.com de m'avoir fait dévouvrir cet auteur, qui nous fait un peu plus réfléchir sur notre condition humaine !

  • 0.25

    Quel livre !
    Surprenant au début, un peu angoissant et, au fil de la lecture, déstabilisant. En effet, on apprend que des extra-terrestres comme nous les nommerions, nous les hommes, ont peu à peu pris possession de notre Terre et mis les humains sous leur coupe.
    Au chapitre 6, le narrateur nous dit : "Il y a, pour résumer, trois catégories d'hommes : ceux qui travaillent pour nous ; ceux qui s'efforcent de nous tenir compagnie ; ceux que nous mangeons."
    Ainsi, on se rend compte que le traitement infligé aux hommes est le même que celui que nous infligeons aux animaux et ceci à quel titre ?
    C'est vraiment un beau sujet que traite Vincent Message, et la fin du roman nous invite à une vraie leçon de philosophie que chacun d'entre nous devrait méditer.
    Ce livre a été récompensé par le Prix Orange 2016, prix amplement mérité ! Je suis même étonnée qu'il n'ait pas été dans la liste des goncourables... Serait-il trop dérangeant ?

  • 0.25

    Livre remarquable, qui a bien mérité son prix.

    L'on n'en sort pas indemne, car il questionne, avec justesse et violence notre sentiment de justice, notre conscience, notre humanité. Certaines descriptions sont à peine soutenables et cependant si salutaires.

    Intelligent, sensible, honnête: ce livre est ma révélation littéraire de l'année.

  • 0.2

    Visualisons, un court instant, notre monde, notre terre, et nous constatons que l’Homme (avec un grand H), se place au sommet d’une pyramide d’êtres vivants, pense dominer toute cette création et se demande pourquoi il est seul dans l’univers.
    Imaginons maintenant, que justement nous ne soyons pas seuls, qu’une autre forme de vie supérieure vienne s’installer sur notre planète et prenne notre place au sommet, nous évinçant de notre premier rang de dominant et faisant de nous des animaux dominés.

    Voilà le point de départ de ce terrible roman, qui sur ce simple postulat nous déroule toute la cruauté que l’on peut faire subir ou que l’on peut subir, selon le camp dans lequel on se trouve.

    Là ou Vincent Message fait mal, c’est que son personnage principal fait partie de cette race venue d’ailleurs, mais terriblement semblable aux hommes. Dès lors, on suit le parcours de Malo Clayes (le héros) et l’on constate avec horreur le traitement réservé aux humains. En fait, ce traitement est exactement celui que nous faisons subir aux animaux, sans être en contradiction avec notre conscience. Mais dès lors que le roman nous plonge à nous, humain, dans cet enfer, cela devient un cauchemar.

    Le point fort de ce livre est de ne pas traiter le sujet comme un roman de science-fiction, mais plutôt comme une anticipation, une alternative à ce qui pourrait advenir de la terre. Dès lors, le roman se lit comme un récit traditionnel, avec son histoire, sa construction, son intrigue.

    Passé les premiers chapitres qui vont permettre de mettre en place cet avenir probable, on oublie qu’il s’agit là d’anticipation et on se laisse porter par le récit d’un amour étrange entre cet être venu d’ailleurs et une femme humaine. Il est impossible de qualifier le personnage principal d’extra-terrestre tant les similitudes avec ce qui fait notre humanité sont nombreuses. Ce qui rend la lecture d’autant plus troublante.

    Ecrit avec une force, un détachement, une froideur angoissante, ce livre provoque le malaise et nous asphyxie. Lecture éprouvante mais écriture brillante, le Prix Orange du livre 2016 est plus que mérité

    Je remercie lecteurs.com et les éditions du Seuil !

  • 0.25

    Commençons par le style : je dois dire que j’ai été agréablement surprise par le rythme : des phrases très longues, puis des arrêts brusques ; un vocabulaire recherché. Il faut se laisser porter par la petite musique de l’auteur.

    Le propos ensuite : c’est dur, très dur. Placer l’homme au niveau à la fois des animaux de compagnie et des bêtes d’abattoirs démontre finalement la polyvalence de notre espèce.

    Le roman d’anticipation n’est généralement pas ma tasse de thé (mais alors, vraiment pas). Le récit m’a plusieurs fois mis mal à l’aise, mais il a le mérite de faire réfléchir sur le traitement des animaux d’abattoirs.

    L’image que je retiendrai :

    Celle des batteries dans lesquelles sont élevés les hommes jusqu’à l’âge de 14-15 ans, avant de partir être découpé.

    http://alexmotamots.fr/?p=2223

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