Envie de lire autre chose ? De tester du jamais lu ?

PASCALE QUIVIGER le 08/10/2015 à 22h55

Bonsoir à tous, chers amis lecteurs Envie de lire autre chose ? De tester du jamais lu ? En tant que « dévoreuse » de romans, j'ai tout essayé. Polars, littérature sentimentale, biographies, épopées historiques, fantasy etc... Je dois devenir difficile car depuis quelque temps, je ne suis plus surprise (par peut-être mes trop nombreuses lectures). Du coup, je me suis lancée un défi. Celui d’écrire un petit roman humoristique sur les relations hommes femmes, le tout rédigé sans verbes ! Pari tenu apres de nombreuses nuits blanches. Je vous invite a en lire un extrait et a me laisser vos commentaires qui seront les bienvenus. Bonne lecture chers amis lecteurs. « INCARNATIONS DU MÂLE » Les relations hommes-femmes ? Un thème certes récurrent, mais ô combien passionnant avec une déclinaison infinie d’exemples… Encore célibataire à plus de quarante ans ? Et pourquoi pas ? Une vie de contraintes et de compromis, non merci, très peu pour moi. Le même homme pendant toute une vie, matin, midi et soir, comme ma tablette de médicaments ? Tout simplement inconcevable. Et pourtant, pas d’hommes, donc pas d’amour, pas de famille. Sacré dilemme. Toutefois, les couches-culottes de mes enfants et celles plus tardives de mon homme à l’âge de l’adénome de la prostate, pas vraiment mon activité favorite… Retour en arrière avec de merveilleux souvenirs de rencontres inespérées, de jeux interdits, de désirs inavouables sous le regard un peu trop persistant d’un jeune brun ténébreux. L’adolescence, période bénie d’insouciance avec son lot de découvertes et de premiers émois. Et maintenant ? Le célibat au terme de trop nombreuses expériences, parfois cocasses, souvent tristes, mais toujours constructives comme celles-ci : Le « Mâle poli » Heureusement, opération sauvetage sur internet. Inscription gratuite pour les filles sur hommeparfait.com, alors plus d’hésitation. Après plusieurs jours de recherche et de chats infructueux avec des hommes mariés, des psychopathes ou encore des homos plus ou moins refoulés (ah non, merci bien), enfin le profil sympathique de Sébastien, âgé de trente-cinq ans, avec une description alléchante : cadre supérieur dans le secteur bancaire, jamais marié, sans enfants. Bref, un portrait en accord parfait avec mes attentes. Rancard donc pour le samedi soir suivant dans un restaurant réputé pour un premier tête-à-tête autour d’un succulent repas. Premier choc, son physique. Un visage rougeaud, un cou de taureau et un sérieux embonpoint. Pas vraiment ressemblant avec sa photo de profil. Pas de panique. Et la beauté intérieure alors ? Impasse donc sur ses kilos et ses yeux globuleux. Présentations un peu timides et, au terme d’une approche souvent compassée, un vrai moment de plaisir gustatif et intellectuel. En face de moi, un homme de goût, cultivé, passionné d’histoire et d’archéologie. Un vrai puits de science. Et sous mon œil inquisiteur de femelle, une chemise Armani, un costume coupé sur mesure, une chaîne en or scintillant de mille feux sur son poitrail velu et une montre Rolex à son poignet. Réminiscence de son profil. Cadre bancaire avec sûrement un excellent salaire. Ni une ni deux, une envolée onirique vers de plus hautes sphères dans un monde raffiné parmi les notables de la ville ; des cadeaux somptueux et un statut prestigieux. Regain d’intérêt pour cet homme si éloigné physiquement de mes prétentions. Du moins jusqu’à l’addition. D’abord, la calculatrice et ensuite les comptes dans le détail. Certainement le banquier tapi en lui. Enfin, après dix minutes de statistiques compliquées, résultat des scores. La moitié pour lui et l’autre pour ma carte bleue. Pardon ? Non, mais quel culot ! Et optimiste par-dessus le marché. Demain soir, chez lui ? Juste une question alors : combien pour la location du matelas ? Et la participation aux frais du repas ? Possibilité de remboursement des frais d’essence sur présentation de facture ? Verre de vin en pleine figure et sortie du restaurant, la tête haute et ma Visa intacte sous l’œil amusé des autres convives. De retour à la maison, désabonnement immédiat de ma candidature avec de sérieux doutes quant à l’efficacité des sites de rencontres en ligne, ces supermarchés virtuels de l’amour, gratuits pour les filles, certes, mais sans aucune garantie de qualité ! Plus de mauvaises surprises jusqu’au… prochain ! Le « Mâle à bar » Changement radical avec Edwin, toujours sous la recommandation sérieuse de mon agent matrimonial. Premier contact euphorisant avec un enthousiaste de la vie et de ses plaisirs. Bars, discothèques et sorties nocturnes en tout genre. Un nouveau souffle de vie trépidante et un amour de plus en plus intense pour cet épicurien toujours à plein régime. Sexe, alcool et Rock and roll ! Une vie pleine de « punch ». Retrouvailles quotidiennes à la brasserie « Chez Razade » tous les soirs à dix-huit heures tapantes pour l’apéro en compagnie de ses potes débiles, véritables « tontons noceurs » à l’humour désespérément franchouillard, menés par le pire de tous, Alonso Bistro, jeune Hidalgo fier de ses origines de la maison Bourbon et imbibé de sangria. Parties de baby-foot agrémentées de bières, brèves de comptoir arrosées de gin-tonic, commentaires du dernier match PSG-OM nappés de whisky, histoires coquines gratinées et l’éternel dernier verre pour la route ! Pas franchement classe, mais très… enivrant ! Une ambiance grisante et sans « demi »-mesure avec toutes sortes de prétextes pour une tournée générale, tels que l’obtention du « Bac hardi » de la fille de l’un ou encore l’inauguration de la nouvelle émission télé de Jean-Pierre « Pernod » ! Et un Edwin de plus en plus amoureux de mes formes « canon » à partir du dixième verre… Tangages nauséeux dans les « bars à quai », incendies de gorge à l’eau-de-vie dans les « bars au mètre », chasses à la gnôle dans les « bars bouzes », descentes infernales dans les « bars à mine » ! Bref, un aller simple pour un voyage comme « nul bar ailleurs », mais de plus en plus dangereux dans les nébuleuses de l’alcool avec une course effrénée sur le circuit « Paul Ricard », des nuits de biture au whisky à gogo, des « alertes au Malibu » sur la plage de plus en plus fréquentes et l’inévitable naufrage au bout de cette « route du rhum » ! Et soudain, constat déplorable devant mon miroir d’une poivrote « au bout du goulot » avec une drôle de « coupe rosée », dix kilos supplémentaires et des poches disgracieuses sous les yeux. Une transformation spectaculaire de ma gueule d’amour en gueule de bois, une dégaine à la Justine Bridou avec son litron et son saucisson et ce, en seulement quelques mois. Déclic et arrêt immédiat de la bibine et… d’Edwin pour un retour progressif aux bienfaits de l’eau ferrugineuse ! Après une désintoxication totale de l’alcool, des poivrots et des agences matrimoniales, me voici à nouveau de retour sur le marché des célibataires en quête de l’âme sœur.