Printemps des Poètes 2015 - L'insurrection poétique

nathalie delhaye le 08/03/2015 à 16h14

Je viens vous parler du Printemps des Poètes, qui, chaque année, organise divers événements autour de la Poésie. Bien qu'elle soit un art boudé, craint ou inconnu, la Poésie mérite de vivre. Je vous propose de partager les poèmes retenus cette année. "Credo" - Sans frontières fixes - Jean-Pierre Simeon Je crois en ceux qui marchent à pas nus face à la nuit Je crois en ceux qui doutent et face à leur doute marchent Je crois en la beauté oui parce qu’elle me vient des autres Je crois au soleil au poisson à la feuille qui tremble et puis meurt en elle je crois encore après sa mort je crois en celui qui n’a pas de patrie que dans le chant des hommes et je crois qu’on aime la vie comme on lutte à bras le corps

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  • Philippe Taulet le 11/03/2015 à 11h22

    Bonjour, et merci pour cette chronique. La poésie est en effet souvent mise de côté. Je ne résiste pas à ces quelques lignes de Christian Bobin:
    "La poésie est parole aimante,
    parole émerveillante,
    parole enveloppée sur elle-même,
    pétales d'une voix tout autour d'un silence."

  • Sofi C le 10/03/2015 à 16h04

    Que Vive la poésie!... Je ne résiste pas.
    Le début du long poème "la prose du transsibérien" de Blaise Cendrars qui n'a jamais pris ce train.

    "En ce temps-là j’étais en mon adolescence
    J’avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance
    J’étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance
    J’étais à Moscou, dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares
    Et je n’avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours
    Car mon adolescence était si ardente et si folle
    Que mon cœur, tour à tour, brûlait comme le temple
    d’Éphèse ou comme la Place Rouge de Moscou
    Quand le soleil se couche.
    Et mes yeux éclairaient des voies anciennes.
    Et j’étais déjà si mauvais poète
    Que je ne savais pas aller jusqu’au bout.

    Le Kremlin était comme un immense gâteau tartare
    Croustillé d’or,
    Avec les grandes amandes des cathédrales toutes blanches
    Et l’or mielleux des cloches…

    Un vieux moine me lisait la légende de Novgorode
    J’avais soif
    Et je déchiffrais des caractères cunéiformes
    Puis, tout à coup, les pigeons du Saint-Esprit s’envolaient sur la place
    Et mes mains s’envolaient aussi, avec des bruissements d’albatros
    Et ceci, c’était les dernières réminiscences du dernier jour
    Du tout dernier voyage
    Et de la mer. "

  • nathalie delhaye le 09/03/2015 à 20h54

    Merci Michèle et Réjane, un autre alors :

    "Il n’est pas temps" de Michel Thion.

    "Il n’est pas temps d’abandonner l’avenir au passé, de s’arrêter au bord du chemin.
    Il n’est pas temps de mordre les pianos ni d’installer des aquariums au creux des falaises.
    Regarder en riant de l’autre côté des miroirs comme des enfants joueurs, il le faut, car il est venu ce temps-là. Il est venu en silence.
    Ramper, c’est fini. Nous l’avons assez fait. Trop.
    Il n’est plus temps de se bander les yeux pour ne pas voir l’obscurité.
    Elle est là.
    C’est le temps sombre.
    Alors nous disons qu’il est temps de lumière.
    Reconnaître la mort tapie dans les anfractuosités de la vie, lui dire qu’il n’est pas temps de lui ouvrir la porte, qu’elle aille visiter le pays des éléphants siffleurs.
    Il n’est pas temps de se dandiner dans les flaques de la résignation.
    C’est bon pour les pulvérisateurs de tristesse. Ceux qui se croient.
    Il n’est plus temps de misère solitude.
    Il est temps de s’envoler ensemble.
    De s’asseoir en riant dans un fauteuil de nuages.
    Il est temps de boire l’eau fraîche qui coule de la conversation des égaux.
    De pleuvoir sur l’été d’une pluie douce et chaude.
    De faire bien commun de tout ce qui a dignité.

    Joyeusement, faisons-le."

  • Réjane MARTEAU le 09/03/2015 à 14h18

    Superbe, c'est vrai qu'on devrait lire davantage de poésie.

  • Michèle FINANCE le 09/03/2015 à 10h38

    Magnifique !