L'AUTOMNE ET SES MILLE FEUX

Jean-michel Palacios le 24/09/2014 à 13h12

Bonjour à tous, Je vous propose une nouvelle discussion. Elle est inspirée par l'air du temps presque "été indien", le chanteur Tété "à la faveur de l'Automne", le nom d'une jolie rivière qui passe en contrebas d'Haramont et de la Forêt de Retz au-delà du Château des Fossés et de Villers-Cotterêts, chers au jeune Alexandre Dumas ainsi qu'au Général Dumas. Ce pourrait être les poèmes de Lamartine "Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure ! Feuillages jaunissants sur les gazons épars ! Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature Convient à la douleur et plaît à mes regards !" Ce pourrait être "Les légendes d'automne" incluses dans un nouvelle "Legends of the fall" de Jim Harrison adaptées au cinéma avec une distribution magnifique et mettant en avant les passions et la violence des relations familiales. Et que dire des nombreux prix littéraires qui arrivent à point nommé, donc au moment où les "feuilles" tombent : "Prix Goncourt, Médicis, Fémina, Reneaudot, Interalliés ou de l'Académie Française... Mais cette saison vous évoquera certainement bien des lectures et bien des souvenirs. A vous lire donc et espérant que ce sujet vous intéresse. Amitiés JM

  • Vous souhaitez réagir ? Identifiez-vous ou rejoignez la communauté de lecteurs.com
  • nathalie delhaye le 29/10/2014 à 17h32

    Merci Jean-Michel, j'ai beaucoup ri à l'évocation de Dany Boon, c'est vrai que le K-Way est indispensable dans nos contrées !

  • Jean-michel Palacios le 28/10/2014 à 11h48

    Bonjour Nathalie et merci de cette jolie évocation.

    Il ne manque que le son et les odeurs et l'on se laisserait volontiers emporter dans votre récit.

    Je ne peux m'empêcher de visualiser dans vos lignes :
    Dany Boon et son K-way rouge,
    les nuages qui s'étirent et les arbres qui se couchent au gré des "vents mauvais", les ruelles qui se remplissent et les passants qui s'évitent tout en sautant d'une flaque à l'autre,
    les plages du Nord à perte de vue et les promeneurs en attente d'une éclaircie,
    les pêcheurs de rivières sous la toile tendue qui devisent, une cigarette au coin des lèvres,
    les oiseaux noirs qui surfent dans les airs et se font plus rares à l'abri dans les haies ou sous les toits...
    Il est tout un monde différent quand il pleut en Automne et seule la forêt et les bois rient encore de leurs mille feux changeants.

    Amitiés
    JM

  • Jean-michel Palacios le 28/10/2014 à 11h37

    Merci Philippe,

    Pour ces précisions géographiques.
    Je comprends mieux l'évocation plus ancienne de planche de surf car je crois qu'il y a un spot réputé dans cette région.

    Le footing a été très agréable et la conversation nourrie tout au long du parcours. C'est une façon de faire connaissance au delà des séances de club qui sont plus rigides.

    Certains ont fait les 10 kms de "Reims à toutes jambes" et nous voici à nous préparer pour les 10 kms des "foulées cotteréziennes" qui auront lieu en ville le 2 novembre (jour de mon anniversaire par ailleurs).

    Ici l'automne est bien présent et le brouillard donne une ambiance duveteuse particulière sur fond de ciel blafard qui limite les distances et recroqueville les gens qui se protégent du froid et de l'humidité.

    Hallowen se rapproche. Et la semaine prochaine sera de vacances. A moi donc les sous-bois avant que l'Hiver ne vienne.

    Amitiés
    JM

  • nathalie delhaye le 28/10/2014 à 11h02

    Je me permets de vous partager un petit texte de ma composition, sur l'automne.

    Il pleut...
    Il pleut, sans discontinuer, depuis ce matin... Ciel triste, ciel très bas, aucune lueur, ce ciel bas du nord qui a rendu si triste Henri Matisse, quand il regardait par la fenêtre le paysage, au point, peut-être, de l'inciter, tout au long de sa vie, à trouver la lumière, les couleurs, la chaleur...

    J'entends la pluie tomber, parfois légère, souvent drue, elle clapote sur la table du salon de jardin... Pourtant, il est difficile de se résoudre à la ranger, baignés que nous étions par les rayons du soleil jusqu'à septembre bien avancé...

    L'automne est arrivé, avec son lot de surprises, pour l'instant, la pluie, demain le vent, et après...
    Sortir les imperméables, les parapluies, les bottes, changer les essuie-glaces, inverser les étagères des garde-robes, retrouver, petit à petit, ce teint d'endive, sentir, le matin, à l'ouverture des volets, son coeur se serrer et sa gorge se nouer en voyant les flaques d'eau et le ciel couvert...

    Même les façades revêtent leurs habits de pluie, leurs teintes sont plus foncées, on dirait qu'un voile est venu les recouvrir, imprégner chaque brique. Les crépis prennent une couleur grise au fil des jours, les tuiles se lavent encore et encore, pour perdre, à terme, de leur éclat... Certains chéneaux débordent déjà, sans doute oubliés au printemps et saturés des feuilles de l'automne dernier.

    Pourtant...
    Pourtant, j'aime l'automne, avec les arbres aux couleurs changeantes, les promenades en forêt où l'on entend crisser les feuilles sous les pieds, les enfants qui shootent dans leurs amas tout au long des allées, la fraîcheur de l'air, le chocolat chaud et la soupe au potiron, les dernières ducasses et les premiers marchés de Noël...

    Mais pour l'instant, je n'entends que la pluie, censée m'endormir par son clapotis...

  • Philippe Taulet le 28/10/2014 à 09h52

    Bonjour, et merci pour ce beau poème.
    J'habite et je travaille à Biarritz et l'été s'est installé tardivement cette année. Maintenant c'est à croire qu'il ne veut plus partir. J'espère Jean-Michel que ton footing a été agréable. Le mien aussi dimanche bien que très matinal. Mais ensuite nous sommes allés regarder les poissons...
    A bientôt, Amitié,Philippe

  • Jean-michel Palacios le 27/10/2014 à 23h01

    Un hommage au grand homme et écrivain dans un poème à l'Automne.
    Amitiés
    Jm

    Voici que la saison décline,
    L’ombre grandit, l’azur décroît,
    Le vent fraîchit sur la colline,
    L’oiseau frissonne, l’herbe a froid.

    Août contre septembre lutte ;
    L’océan n’a plus d’alcyon ;
    Chaque jour perd une minute,
    Chaque aurore pleure un rayon.

    La mouche, comme prise au piège,
    Est immobile à mon plafond ;
    Et comme un blanc flocon de neige,
    Petit à petit, l’été fond.

    Victor Hugo

  • Olivier Pirou le 26/10/2014 à 16h24

    Bonjour Jean-Michel, bonjour à tous, à mon tour quelques mots blottis au cœur de la Chartreuse, sous un ciel magnifique. Les dégradés de verts explosent en une gamme chamarrée, sous une Grande Sûre altière. Bientôt la palette sera complète. Quelques limousines paissent grassement à l'ombre des noyers qui ont déjà rendu leur récolte. Les notes de Mistral gagnant sur le piano familial qui couvrent à peine l'excitation des enfants qui se disputent les clefs de l'énigme de Cluedo avec leur mamie. Bientôt les gaufres et le chocolat chaud. Je me suis endormi sur la journée d'Ivan Dessinovitch. Une journée qui fait du bien, paisible pause dans l'œil d'un cyclone qui n'en finit pas le reste de la semaine. Et je compte bien l'étirer jusqu'à ce soir, cette pause.
    Amitiés
    Olivier

  • Jean-michel Palacios le 25/10/2014 à 22h13

    Merci Philippe du compliment et de nous apporter ces embruns. Cela fait du bien.
    Rappelle-moi sous quels cieux tu résides.
    Peut-être la Réunion, en tout cas certainement dans l'hémisphère sud.

    Toujours grand plaisir à te lire.

    Car cette journée en Picardie était aujourd'hui un véritable temps d'Automne sous la pluie fine ce qui m'a valu de m'enfermer dans une salle de cinéma pour me régaler de "Samba" avec Omar Sy.

    Demain matin, après avoir réglé ma montre à l'heure d'hiver, direction le parc du Château de François 1° à Villers-cotterêts avec je l'espère un peu de soleil pour apprécier les senteurs matinales pour un footing de 1H15 entre amis.

    Amitiés
    JM

  • Philippe Taulet le 25/10/2014 à 17h37

    Bonjour à toutes et à tous, et encore une fois merci à toi Jean-Michel pour ce nouveau sujet de discussion.
    Pourtant aujourd'hui quand je regarde par ma fenêtre j'ai un peu de mal à accepter ce que m'affirme pourtant mon calendrier: à savoir que nous sommes le 25 octobre! Rien à voir avec la chanson de Cabrel. Ici beau temps, chaleur, mer bleu et bermuda de rigueur et lorsque je vais faire mon footing en forêt les couleurs de l'automne ne sont pas encore vraiment arrivées. Loin s'en faut. La faute à quoi? Un été en retard? Le réchauffement climatique qui nous avait pourtant bien oubliés en juillet? Je n'en sais rien mais les champignons ne sont pour l'heure présents que dans les discussions, et je me dis qu'à ce rythme au moins nous ferons des économies de chauffage, ce qui est toujours bon à prendre. Et comme la mer est belle et encore bien chaude, autant aller s'y perdre un peu demain, en attendant les mauvais jours qui finiront par arriver... en Juin?
    Amitiés, Philippe

  • nathalie delhaye le 24/10/2014 à 20h47

    Superbe chanson que celle-ci, j'aime tout de Cabrel mais celle-ci particulièrement, vous avez fait un excellent choix !
    Merci de la partager avec nous
    Nathalie

  • Jean-michel Palacios le 23/10/2014 à 12h09

    Encore pour quelques jours...
    Amitiés
    JM

    Octobre (Francis CABREL)

    Le vent fera craquer les branches
    La brume viendra dans sa robe blanche
    Y aura des feuilles partout
    Couchées sur les cailloux
    Octobre tiendra sa revanche

    Le soleil sortira à peine
    Nos corps se cacheront sous des bouts de laine
    Perdue dans tes foulards
    Tu croiseras le soir
    Octobre endormi aux fontaines

    Il y aura certainement,
    Sur les tables en fer blanc
    Quelques vases vides et qui traînent
    Et des nuages pris aux antennes

    Je t'offrirai des fleurs
    Et des nappes en couleurs
    Pour ne pas qu'Octobre nous prenne

    On ira tout en haut des collines
    Regarder tout ce qu'Octobre illumine
    Mes mains sur tes cheveux
    Des écharpes pour deux
    Devant le monde qui s'incline

    Certainement appuyés sur des bancs
    Il y aura quelques hommes qui se souviennent
    Et des nuages pris sur les antennes
    Je t'offrirai des fleurs
    Et des nappes en couleurs
    Pour ne pas qu'Octobre nous prenne

    Et sans doute on verra apparaître
    Quelques dessins sur la buée des fenêtres
    Vous, vous jouerez dehors
    Comme les enfants du nord
    Octobre restera peut-être.
    Vous, vous jouerez dehors
    Comme les enfants du nord
    Octobre restera peut-être.

  • Jean-michel Palacios le 17/10/2014 à 04h37

    L'automne en forêt
    (Jean-Michel Palacios)

    C'est aussi ma saison préférée,
    Mélancolique et multi colorée à souhait,
    Elle est propice à des longues randonnées,

    Sonores, odorantes et parfois mouillées,
    Champignons, marronniers et châtaigniers,
    Daims, faons biches et cerfs, marcassins ou sangliers,

    Feuilles et branches au souffle de la brise emportées,
    Au sol en tapis instable et épais
    Je marcherai vers toi si tu m'attendais

    Car, paisible, au cœur de la forêt,
    C'est vivre l'intime et l'intérioriser,
    Exposer son être tout entier

    A l'appel irrésistible de la forêt !!!

    Amitiés
    JM

  • Jean-michel Palacios le 13/10/2014 à 11h36

    Voici Guillaume Apollinaire

    Automne

    Dans le brouillard s’en vont un paysan cagneux
    Et son boeuf lentement dans le brouillard d’automne
    Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux

    Et s’en allant là-bas le paysan chantonne
    Une chanson d’amour et d’infidélité
    Qui parle d’une bague et d’un coeur que l’on brise

    Oh! l’automne l’automne a fait mourir l’été
    Dans le brouillard s’en vont deux silhouettes grises

    Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

  • Jean-michel Palacios le 10/10/2014 à 00h14

    Merci beaucoup Nathalie de vos évocations qui vous ressemblent

    C'est tout cela et bien d'autres choses encore.

    L'odeur des champignons dans les sous-bois, marrons et châtaignes,
    Le bruit des cors des chasses à cour, l'aboiement des chiens et le claquement des fusils atténués par l'épaisseur de la forêt.
    Ce pourrait être encore cette humidité du soir au bord des rivières ou des plans d'eau et ce vol de canards dans le ciel au soleil couchant, et tous ces bruits d'une vie très active dans les roseaux.
    C'est l'observation pour qui a la patience de biches, daims ou chevreuils qui attendent la nuit pour reprendre la route et chercher leur refuge dans les taillis.
    C'est ces vols d'étourneaux dans le ciel comme un immense nuage de sauterelles ou criquets et qui semble animé d'une âme vagabonde aux milles tressaillements qui peuvent tant nous émouvoir.
    C'est la mer du Nord qui sur des kilomètres se déversent en rides inlassables et vous emportent dans des rêves merveilleux et vous bercent à jamais.

    Je vous remets le plaid sur les épaules et vous souhaite une bonne nuit.
    Amitiés
    JM

  • Nath Bertrand le 09/10/2014 à 18h34

    Bonsoir
    L'automne n'est pas que mélancolie... Certes, l'été s'en va....Mais reviendra...L'automne ce sont ces si jolies couleurs, c'est ce bruit que font les feuilles des arbres sous nos pieds... C'est le plaisir de retrouver le plaid, la tasse de thé fumant, et un bon livre, puisque la rentrée littéraire nous apporte son lot de cadeaux...
    BonneS lectureS à toutes et tous
    Nathalie

  • Jean-michel Palacios le 30/09/2014 à 11h27

    Merci Nina et grosses bises.

    La mélancolie est un passage doux-amer, un bonbon acidulé, une randonnée dans les sentiments et les émotions en Terre de Nostalgie au milieu des êtres qui nous manquent, des envies qui nous hantent et de beaux rêves inachevés qu'il faudra atteindre un jour pour être enfin heureux.

    JM

  • Nina Capuchon le 28/09/2014 à 12h50

    Bonjour JM et Christelle,

    L'automne de Lamartine est un de ces poèmes que j'ai appris par cœur, je l'aime beaucoup. Cette explosion de couleurs est le dernier sursaut de la nature avant le grand sommeil. J'aime les saisons intermédiaires, le printemps audacieux mais c'est l'automne qui a ma préférence car il convient bien (comme à Alphonse) à ma nature mélancolique.
    Bon dimanche à tous les deux.
    Bises, Nina

  • Jean-michel Palacios le 24/09/2014 à 16h53

    Merci Christelle
    Il faut bien dire que cette saison pourtant très lumineuse et colorée nous emmène bien souvent vers des sentiments tristes et une certaine morosité qui se traduit aussi par les mouvements sociaux propres à cette époque...
    Bises
    JM

  • Christelle Garnier le 24/09/2014 à 16h49

    Bonjour Jean Michel,
    Pour ma part je pense "Chanson d'automne" de Paul Verlaine, ou "Les feuilles mortes" texte de Jacques Prévert chanté par Yves Montand, ou "Mes joies d'automne" extrait des "Mémoires d'outre-tombe" de Chateaubriand.
    Que des textes tristes pour une saison pourtant pleine de couleur, bien que trop souvent noyée sous l'eau.
    Bises.
    Christelle