Prix Nobel de littérature

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Auteur(s) tagué(s) : Kazuo Ishiguro

  • Kazuo Ishiguro Prix Nobel de littérature 2017, quelle merveilleuse nouvelle!
    J'apprécie tout particulièrement cet auteur dont j'ai lu plusieurs romans.
    Qu'en pensez-vous?
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  • Moi aussi je reste marquée par ses livres et surtout par "Never let me go" (Auprès de moi toujours)
    Très beau livre avec une écriture simple et fluide pour une histoire mystérieuse...
    Le titre original en Anglais est : Never let me go. Ce titre convient mieux d'après moi et n'aurait pas dû être changé.
    Une école, un internat plutôt, étrange et perdu au fond d'une allée, parmi les prairies et les bois anglais, où seules de très rares voitures passent. Des codes et des habitudes bien particulières. Des élèves qui semblent coupés du monde, à qui l'on fait croire qu'ils sont "différents" et qui se réunissent ou participent malgré eux à des événements étranges : "L'échange", "les Ventes", "La Galerie", "Le complot pour l'exclusion de Miss Géraldine" etc. Quelle est cette dame mystérieuse qui vient régulièrement acheter des peintures ou des oeuvres d'élèves dont elle a peur, et pourquoi repart-elle si vite sans un mot et les larmes aux yeux ?
    Roman sur l'enfance et ses cicatrices, l'appartenance à un groupe, l'école, la perte de l'innocence, et comment les adultes conditionnent les enfants. Un livre étrange, où Ishiguro se met à la place d'une petite Kath, qui est la narratrice de cette terrible histoire.
    Au fur et à mesure de la lecture, un malaise s'installe, le secret concernant l'avenir de ses enfants se dévoile avec douceur, mais n'en masque pas l'horreur. Il ne sont que de la chair fraîche destinée et programmée à donner des organes "les dons" à leur "possible" c'est à dire à la personne pour laquelle ils ont été clonés ! Pourtant, jamais le mot de "clonage" est écrit dans le livre.
    Leur éducation a fait que ces enfants semblent résignés, froids, distants. Pourtant l'angoisse, la peur, la violence, le sexe, le questionnement, la colère (dans les yeux de Tommy), la jalousie entre les trois protagonistes, et même les sentiments sont là, distillés mais répétés par Ishiguro. Ils ont subis un tel conditionnement, et ont tellement peur de l'exclusion, qu'ils ne parviennent ni à s'échapper ni à montrer franchement leurs sentiments. Le lecteur sait que Kath et Tommy pourraient formés un vrai couple, que les sentiments et la complicité sont là, mais, les malentendus, la peur, la domination et l'emprise de Ruth, vont l'empêcher. Lorsqu'enfin ils se rapprochent, c'est trop tard...
    Durant les chapitres 1 et 2, le lecteur a encore l'espoir d'une porte de sortie pour les héros, et imaginent qu'ils vont refuser leur sort. Mais cet espoir s'effondre dès le début du chapitre 3 et tout devient glacial, noir, "thérapeutique" et définitif.
    Dès le moment où Kath devient une "accompagnante" et parcourt les hôpitaux (autrement dit les véritables usines à organes) pour suivre les donneurs jusqu'à leur "terminaison", la lecture devient oppressante, gênante, et, pour ma part, j'ai eu hâte d'en finir. Ruth et Tommy vont donner des organes, mais le lecteur ne sait pas quels sont-ils. Aucun organe, aucune partie du corps des donneurs ne sont nommés précisément, la douleur reste évoquée en surface tellement les jeunes gens ont acceptés leur sort ! Une seule fois, à la fin de la troisième partie, Ishiguro évoque un "rein" mais ne parle pas de don à ce moment-là. Comme on est loin du titre français "Auprès de moi toujours" ! Pas de romance ni de lumière ici, pas de chaleur humaine ni de confort, les promesses d'amour ne sont pas tenues et le destin agite sa patte noire jusqu'à l'abattre violemment sur nos trois jeunes héros.
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