Vernon Subutex t.2

Couverture du livre « Vernon Subutex t.2 » de Virginie Despentes aux éditions Lgf
  • Date de parution :
  • Editeur : Lgf
  • EAN : 9782253087670
  • Série : (non disponible)
  • Support : Poche
Résumé:

On retrouve Vernon, toujours SDF, et mal en point. L'ancien disquaire est déconnecté du monde réel, sans ambition ni projets. Il apprend à vivre dans la rue, au côté de Charles, un poivrot collant. Les anciens amis de Vernon continue de le traquer comme il possède l'interview inédite du rockeur... Voir plus

On retrouve Vernon, toujours SDF, et mal en point. L'ancien disquaire est déconnecté du monde réel, sans ambition ni projets. Il apprend à vivre dans la rue, au côté de Charles, un poivrot collant. Les anciens amis de Vernon continue de le traquer comme il possède l'interview inédite du rockeur Alex Bleach, enregistrée peu avant sa mort.
Une formidable suite après un premier tome salué par une presse unanime et plusieurs fois primé.

« Un livre de combat porté tout à la fois par une capacité d'indignation inentamée et une empathie époustouflante - et tout sauf aimable. » Nathalie Crom, Télérama.

« Virginie Despentes dévoile sans complaisance notre temps en nous offrant un antidote possible. Un véritable écrivain - libre, unique, corrosive. » Nelly Kaprièlian, Les Inrockuptibles.

« On peut faire tourner Vernon Subutex entre ses doigts comme une pierre précieuse changeant de couleur à la lumière du jour. » Marie-Laure Delorme, Le Journal du dimanche.

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  • C'est avec grand plaisir que j'ai retrouvé Vernon mais surtout ses amis dans ce second opus. Vernon s'est habitué à sa nouvelle vie et nous fait porté un autre regard sur les SDF. Ses amis sont de plus en plus présents, peut être même un peu lourds dans sa vie et occupent aussi beaucoup de place...
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    C'est avec grand plaisir que j'ai retrouvé Vernon mais surtout ses amis dans ce second opus. Vernon s'est habitué à sa nouvelle vie et nous fait porté un autre regard sur les SDF. Ses amis sont de plus en plus présents, peut être même un peu lourds dans sa vie et occupent aussi beaucoup de place dans le déroulement de l'histoire.`

    Le ton est toujours vif, précis, incisif parfois, les sujets abordés sont d'actualité et le regard que porte Virginie Despentes nous interroge et peut même parfois en modifier notre vision.

    J'ai bien aimé la récapitulation en début de volume pour replacer les personnages. Bien utile.

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  • La suite des aventures de Vernon Subutex, toujours avec la même écriture dynamique, avec l’acidité, la crudité et le cynisme du premier tome. A la fin du premier volume, Vernon avait touché le fond et était devenu SDF, après avoir squatté chez l’un ou l’autre. Dans ce deuxième tome, Vernon...
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    La suite des aventures de Vernon Subutex, toujours avec la même écriture dynamique, avec l’acidité, la crudité et le cynisme du premier tome. A la fin du premier volume, Vernon avait touché le fond et était devenu SDF, après avoir squatté chez l’un ou l’autre. Dans ce deuxième tome, Vernon s’acclimate à la rue, tout doucement, jusqu’à s’y trouver bien, comme s’il s’y trouvait lui-même. Tous ceux qui lui courraient après pour mettre la main sur les mémoires de son ami Alex Bleach l’ont trouvé, et assez vite se forme autour de lui une petite communauté disparate, qui vient à son contact fumer des joints et écouter de la musique, jusqu’à se couper presque de la société et devenir une sorte de petite secte cool. Peut-être une tout petit moins réussi que le tome 1, ce deuxième volet encore une fois de nouveaux personnages. Ca commence à faire beaucoup et c’est sans doute pour cela que, au début du livre on trouve un récapitulatif des personnages, pour ne pas trop s’embrouiller confondre Charles, Laurent, Xavier, Loïc, Aicha, Samir, Céleste et tous les autres. Pas évident, dans cette immense fresque où certains personnages sont absents du récit pendant un long moment avant de revenir sans crier gare, de garder bien en tête qui est qui, qui a couché avec qui, qui kiffe qui et qui déteste qui ! Ce qui fonctionne toujours aussi bien, c’est les longs monologues de certains personnages, certaines histoires incroyable (comme celle de Charles, qui gagne au loto sans rien dire à personne et qui garde son style de vie modeste, parce qu’il est tétanisé par tout cet argent dont il a rêvé toute sa vie), et la complexité des caractères. Tous excessifs, tous détestables mais touts finalement attachants, même ce faf de Loïc sur qui je n’aurais pas parié un euro à la fin du tome 1. Ce qui fonctionne peut-être moins bien, c’est le côté « gourou malgré lui » que développe Vernon et que je ne suis pas sure d’avoir bien compris, bien cerné. La fin du deuxième tome, qui nous emmène vers autre chose, une sorte de road trip si j’ai bien compris, s’annonce encore différente du reste. Il ya dans le deuxième tome de « Vernon Subutex » un passage qui laisse un peu perplexe, c’est la scène de la vengeance d’Aïcha, pour ne pas trop en dire. Cette vengeance, inspirée (et même presque plagiée) sur la vengeance de Lisbeth Salander dans « Millenium » me laisse un peu dubitative. Si Virginie Despentes s’était inspirée de Stieg Larsson, elle aurait du y glisser une petite référence, surtout que cela ne la dérange pas d’habitude de glisser des noms propres dans son roman. Cela dit, ce deuxième tome, un peu plus difficile à lire que le premier, pose les bases d’un dernier tome qui va s’aventurer dans des sentiers inconnus, pour notre plus grand plaisir j’es

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  • Vernon Subutex, l'ex-disquaire, vit désormais dans la rue. Et il s'y fait ! Libre de toute contrainte, débarrassé de l'angoisse de trouver un toit, il s'est crée un nouveau groupe d'amis, des exclus comme lui, et une nouvelle façon de vivre. Vernon a vieilli, Vernon a des absences, mais Vernon a...
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    Vernon Subutex, l'ex-disquaire, vit désormais dans la rue. Et il s'y fait ! Libre de toute contrainte, débarrassé de l'angoisse de trouver un toit, il s'est crée un nouveau groupe d'amis, des exclus comme lui, et une nouvelle façon de vivre. Vernon a vieilli, Vernon a des absences, mais Vernon a acquis la sagesse de celui qui ne possède rien et n'a plus peur de tout perdre. Installé près des Buttes-Chaumont, il se fond dans son nouvel environnement sans savoir que ses anciens amis sont à sa recherche. Pour retrouver les fameux enregistrements d'Alex Bleach, mais aussi pour lui venir en aide, coupables qu'ils sont de l'avoir abandonné à la rue.

    Où l'on retrouve un Vernon Subutex bien installé dans sa vie de SDF, bien loin des beaux appartements parisiens qu'il a fréquentés dans un passé encore récent. Pourtant le lien n'est pas rompu avec son ancienne vie. Ses amis vont le chercher, le retrouver, essayer de le sauver. Mais Vernon ne veut plus vivre entre quatre murs, il a pris goût à la liberté que procure la vie dans la rue. Alors ils se retrouvent tous aux Buttes-Chaumont, autour d'un Vernon qui fait figure de gourou, rassemblant autour de lui une bande hétéroclite dont chaque membre a ses propres raisons de l'entourer. La dernière confession de Bleach a enfin été révélée et donne des envies de vengeance à certains...
    Sombre par ce qu'il révèle de notre société, ce deuxième opus est aussi illuminé par l'amitié et la solidarité qui s'en dégagent. Moins sex, drug and rock'n'roll, ce tome est plus politique. Virginie Despentes en profite pour régler quelques comptes, dénoncer quelques dérives et plaider la cause de ceux que la société rejette. Avant l'heure, elle aborde le combat pour l'égalité des droits de la communauté LGBT et, avec un sens extraordinaire de l'anticipation, évoque le harcèlement sexuel, c'est #metoo avant Weinstein, mais les rôles sont interchangeables et un autre producteur sûr de son bon droit est en tête d'affiche.
    En cela, le roman est passionnant même s'il est un cran en-dessous du premier. Le phénomène qui se crée autour de Vernon manque de crédibilité. L'ambiance hippie, les amitiés qui se croisent, les amours qui naissent et Vernon, amorphe et silencieux, qui communique en jouant les DJ ou en serrant dans ses bras les âmes en peine finissent par devenir un brin pathétiques. Mais la curiosité l'emporte sur le léger ennui provoqué. Le livre se lit bien, vite, Despentes est critique, acide, fulgurante comme on l'aime et on a hâte de retrouver Vernon et sa bande dans le tome final.

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  • Moins choquant ou suis je moins surprise ?
    une bonne suite

    Moins choquant ou suis je moins surprise ?
    une bonne suite

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  • J'ai mis un peu plus de temps pour lire ce second tome.
    L'histoire reste agréable à lire mais devient par certains aspects répétitive.
    L'effet de surprise du premier tome est passé. Il reste l'enthousiasme des "convergences" ...

    J'ai mis un peu plus de temps pour lire ce second tome.
    L'histoire reste agréable à lire mais devient par certains aspects répétitive.
    L'effet de surprise du premier tome est passé. Il reste l'enthousiasme des "convergences" ...

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  • En attendant le troisième opus de l’histoire de Vernon Subutex, Virginie Despentes repart sur les traces de l’ancien disquaire devenu SDF. Si Vernon nous fait penser au pseudo utilisé par Boris Vian (Vernon Sullivan), Subutex n’est autre que le nom commercial d’une substance utilisée pour...
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    En attendant le troisième opus de l’histoire de Vernon Subutex, Virginie Despentes repart sur les traces de l’ancien disquaire devenu SDF. Si Vernon nous fait penser au pseudo utilisé par Boris Vian (Vernon Sullivan), Subutex n’est autre que le nom commercial d’une substance utilisée pour soigner la dépendance à l’héroïne. Dans le contexte de cette histoire, ce nom choisi par l’auteure ne manque pas de piquant…

    « Il n’est habité que par la sensation de vide absolu… Il part en vrille… » Vernon ne va pas bien du tout mais, sur la butte Bergeyre, face au Sacré-Cœur, il se fait des amis comme un chef de chantier ou Charles, et Jeanine qui lui donne à manger. Tout près de là, dans le parc des Buttes-Chaumont, ce même Charles n’apprécie pas les sportifs qui « saccagent l’ambiance » alors que Laurent et Émilie cherchent Vernon comme Xavier, Patrice, Pamela, Lydia… Virginie Despentes a eu la bonne idée d’ajouter un index des personnages en début de volume. C’est bien utile pour se les remettre en mémoire.
    Toujours avec le même style très percutant et forcément branché, l’auteure poursuit son tableau de notre société de ce début de XXIe siècle. Les sportifs en ont déjà pris pour leur grade mais personne n’est épargné : « Personne n’aime les vieux, pas même leurs propres enfants. » Charles ayant gagné au Loto et se contentant de vivre un peu mieux sans rien dire à Véro, sa compagne : « La Véro, c’est de la vieille godasse, il l’enfile et il est bien dedans. Il n’y a pas de hasard, vingt ans d’affilée avec la même greluche, si moche et si chiante soit-elle, c’est qu’on lui trouve quelque chose. »
    Entrent donc en scène tous les anciens amis de Vernon. C’est l’occasion de parler politique avec Patrice, le dernier à avoir hébergé l’ex-disquaire : « Mélenchon est meilleur que Marine, sur tous les plans. Son seul problème, c’est qu’il n’est pas raciste. » Un peu plus loin : « Les bonshommes, ils doivent supporter tout ce qu’on leur impose sans jamais la ramener avec leur sensibilité… La masculinité, c’est « bande et raque » sans alternative. » Cela n’empêche pas, plus loin, une réflexion de Gaëlle : « Si les mecs avaient leurs règles, l’industrie aurait inventé depuis longtemps une façon de se protéger hig-tech…. »
    Intervient La Hyène qui suit la bande à Subutex sur les réseaux sociaux et aime beaucoup Anaïs. Enfin, nous pouvons découvrir la fameuse confession d’Alex Bleach, le rocker mort d’overdose, sur ces cassettes qui inquiètent tant le producteur Dopalet : « J’ai eu du succès. Et j’ai appris que j’étais noir... » Puis la drogue s’impose : « Je n’écrivais plus de chanson. Ça n’était pas un problème : les anciennes devenaient des pubs et des sonneries pour portable. On gagne très bien sa vie comme ça. »
    Peu à peu, la lumière se fait sur la descente vers la mort de Vodka Satana, star du X. Sélim se débat avec sa fille, Aïcha : « la prière, le voile et les sourates brandies à tout bout de champ… mais ça lui avait, tout de même, particulièrement déchiré le cœur de la voir se tourner vers une religion qu’il connaissait, et dont il avait passé sa vie à s’affranchir. »

    Pendant que s’organise la vengeance contre Dopalet, le groupe se consolide grâce au Rosa Bonheur, un bar très accueillant où Vernon enchante grâce à ses talents de DJ et il n’a pas son pareil pour faire danser…

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  • Dans le premier tome, l’auteure nous présentait une galerie d’individus hétéroclites que l’on rencontrait au fur et à mesure sur le chemin de la décrépitude de Vernon. Dans le deuxième, elle fait avancer le mystère de la vidéo et les protagonistes deviennent un peu plus acteurs. Sans vraiment le...
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    Dans le premier tome, l’auteure nous présentait une galerie d’individus hétéroclites que l’on rencontrait au fur et à mesure sur le chemin de la décrépitude de Vernon. Dans le deuxième, elle fait avancer le mystère de la vidéo et les protagonistes deviennent un peu plus acteurs. Sans vraiment le vouloir et sans réelles raisons, une communauté se crée autour de Vernon dans le parc des Buttes-Chaumont. Chacun a sa vie personnelle et chacun apporte sa pierre à l’édifice de cette collectivité, où tout semble si mélancolique.

    Ce qui faisait la grande qualité du volume 1, est encore présent dans la suite. La plume de Virginie Despentes fait une nouvelle fois merveille. Elle est toujours aussi incisive, toujours sans aucun filtre. Elle donne l’impression de lire dans l’esprit de ses personnages pour en tirer des réflexions du quotidien et qui nous concernent tous. Là où elle s’appliquait dans le premier livre à nous décrire la diversité de la société, elle oriente cette fois son récit sur un plan un peu plus politique. On sent qu’elle veut faire passer un message. En accentuant le trait de certains intervenants et en n’ayant jamais peur de choquer, elle laisse des traces et fait réfléchir le lecteur sur sa condition… et surtout sur la condition des autres.

    Je ne me suis jamais ennuyé tant le texte regorge de réflexions intéressantes mais à un certain moment, j’ai trouvé que l’histoire tournait un peu en rond et que l’intrigue ne progressait plus vers la fin. Je suis ravi d’avoir continué cette fresque sociale et je mets beaucoup d’espoir dans le prochain roman qui va clôturer la trilogie. J’ai seulement une petite crainte que tout soit déjà dit. Mais je fais confiance à Virginie Despentes pour mettre de nouveau son écriture mordante au service de son imagination et bien sûr de ses idées, afin de me séduire comme elle a su le faire jusqu’à présent.

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  • Vernon Subutex 1 de Virginie Despentes, c'est une véritable cartographie sociologique de notre société contemporaine que l'auteure nous livrait, une vraie comédie humaine digne de Balzac.

    Le deuxième opus allait-il me décevoir ?

    Et bien non, il est encore plus plaisant à lire. Un vrai...
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    Vernon Subutex 1 de Virginie Despentes, c'est une véritable cartographie sociologique de notre société contemporaine que l'auteure nous livrait, une vraie comédie humaine digne de Balzac.

    Le deuxième opus allait-il me décevoir ?

    Et bien non, il est encore plus plaisant à lire. Un vrai régal ! Je me suis délectée de chaque page.

    Nettement moins noir que le tome 1, le second volume est l'occasion de tirer le portrait psychologique de chacun des personnages rencontré précédemment.

    Vernon Subutex, ancien disquaire en galère est désormais SDF. Il squatte le quartier des Buttes-Chaumont et ignore toujours qu'il est pisté pour les enregistrements vidéo qu'il possède de son vieux pote chanteur mort d’une overdose, Alex Bleach. Très vite ces enregistrements seront découverts. Un revirement va alors s'opérer... Et si nous pensions pouvoir ranger cette saga dans la catégorie polar, très vite il va falloir changer d'étiquette ! Celle de roman psycho-sociologique lui siérait mieux.
    Virginie Despentes nous fait prendre un virage inattendu et va dédier un chapitre à chaque personnage qui gravite autour de Vernon Subutex. Elle nous aidera à comprendre comment peu à peu ils ont laissé filer leurs rêves.

    Il n'est donc plus question de sexe, de drogue, de musique, mais de portrait psychologique, d'engagement politique, le tout écrit avec finesse et humanité. Les chapitres s'enchaînent, s'imbriquent. Le rythme est soutenu et la verve qui caractérise tant l'auteure est au rendez-vous.


    Extraits choisis :

    La Véro, c'est de la vielle godasse, il l'enfile et il est bien dedans. Il n'y a pas de hasard, vingt ans d'affilée avec la même greluche, si moche et chiante soit-elle, c'est qu'on lui trouve quelque chose. Il ne lui avait toujours rien dit. Il avait décidé de garder ça pour lui. Il craignait que la nouvelle de sa bonne fortune se répande comme une traînée de poudre et que des hordes de femelles surgissent de derrière les fourrés, prétendant qu'il était le père de leurs enfants et réclamant des tests ADN pour profiter de son argent.
    Petit à petit il s'était habitué à la situation et avait compris ce qu'il allait faire avec cet argent : rien. (p. 41)

    .../...

    - T'es tellement un gros con, qu'est-ce que tu crois ? Parce qu'un oncle a dû te refiler dix mille euros en clamsant on va tous s'accrocher à toi comme des morbacs ? Pauvre crevard, tu me fais de la peine... Vas-y crache ta Valda, de combien tu as hérité ?
    - Et qu'est-ce que ça changerait, ma pauvre si je te disais que j'avais hérité ? Tu saurais quoi en faire, de l'argent ? Tu vas pas aller t'acheter des fringues - t'es bâtie comme un tonneau dans lequel on aurait mis des coups de pied, qu'est-ce que tu voudrais ? Aller chez le coiffeur ? Il ne te reste pas quatre cheveux sur le caillou. Te faire épiler la moustache ? Si ce n'est que ça, bouge pas, je te prête un rasoir. Qu'est-ce que tu crois ? Tu te paierais une liposuccion ? Vas-y, va te faire liposucer, connasse, et laisse moi boire ma bière en paix ! (p. 44)
    .../...
    La Véro avait haussé les épaules, résignée à ce que ses rêves ne servent à rien mais contente de les bichonner, et avait répondu, sans hésiter : "Si j'avais de l'argent, mon coco, moi j'irais voir New York. New York, Los Angeles, le Grand Canyon et Chicago." Elle disait ça sur un ton qu'il ne lui connaissait pas, un ton sans acrimonie ni ressentiment, un ton de jeune fille en vérité, et il aurait pu se foutre de sa gueule de baisser la garde si facilement mais il s'est laissé faire, il s'était laisser toucher. Elle avait ça en stock, la vieille salope. Elle ne se doutait pas qu'il pouvait lui payer le voyage, c'était sorti comme ça, ni pour faire la maligne, ni pour l'entourlouper. Elle avait mis ça de côté, quelque chose qui lui faisait envie, un truc à caresser. Vingt ans qu'il se la cognait de bar en bar à la tenir quand elle trébuchait, à l'écouter vomir chez lui, et jamais elle ne lui avait parlé de ça. Et la voilà qui souriait, de toutes ses dents pourries - elle a encore tous ses chicots mais vu la couleur et l'état, ça aurait été plus hygiénique qu'ils tombent. Il l'avait rabrouée, par habitude. Mais elle l'avait épaté. (p. 45)

    .../...


    Mélenchon est meilleur que Marine, sur tous les plans. Son seul problème, pour plaire, c'est qu'il n'est pas raciste. Les gars se sont tellement fait nettoyer la tête, depuis dix ans, que le seul truc qui les obsède, c'est pouvoir dégueuler leur haine du bougnoule. On leur a confisqué toute la dignité que des siècles de lutte leur avait conférée, il n'y a pas un moment dans la journée où ils ne se sentent pas traités comme des poulets qu'on plume, et la seule putain de combine qu'on leur a vendue pour se sentir moins nuls, c'est de brailler qu'ils sont blancs et qu'à ce titre ils devraient avoir le droit de mater du basané. Et de la même façon que les gamins de banlieue crament les voitures en bas de chez eux et n'attaquent jamais le XVIè, le Français précaire tape sur son voisin de transport en commun. Il reste docile même dans ses agacements : à la télé, la veille, on lui a fait savoir qu'il y avait plus dégradé que lui, plus endetté, plus misérable : le Noir qui pue, le musulman qui tue, le Rom qui vole. Tandis que ce qui constituait la véritable culture de ce peuple français, les acquis sociaux, l’Éducation nationale, les grandes théories politiques, a été démantelé, consciemment - le tour de force de cette dictature du nanti aura été sa manipulation des consciences. L’alliance banques-religions et multinationales a gagné cette bataille. Ils ont obtenu du citoyen sans patrimoine qu'il renonce à tous ses droits, en échange d'avoir accès à la nostalgie de son impérialisme. Là encore, camarade, tu te fais avoir : si tu crois que le trésor des colonies était pour tout le monde, déjà à l'époque on ne t'octroyait que le droit de te sentir blanc, c'est-à-dire un peu mieux traité que ton collègue qui ne l'était pas. Du mineur au mouton qui pousse son caddie, on n'aura pas vécu longtemps sous le règne du citoyen instruit. (p. 68 & 69).


    J'arrête là, sinon je vais finir par recopier le livre...

    Quelles tirades ! Quel talent ! Et chaque page est du même acabit.

    Vous l'aurez compris, je suis totalement sous le charme des Vernon Subutex de Virginie Despentes. Un conseil, si ce n'est pas encore fait, lisez-les, sinon, vous risqueriez de passer à côté d'un chef-d’œuvre.

    Et s'il vous plaît les Éditions Grasset, envoyez le tome 3, je suis prête.

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  • Pour Vernon Subutex, franchement, ça poquait du derche. Le tome 1 du roman éponyme était un tourbillon de brun et notre ami était balayé de mal en pis entre les événements de chaque chapitre, pendant qu'au passage je prenais une série de claques. Des bonnes claques bien senties chaque fois que...
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    Pour Vernon Subutex, franchement, ça poquait du derche. Le tome 1 du roman éponyme était un tourbillon de brun et notre ami était balayé de mal en pis entre les événements de chaque chapitre, pendant qu'au passage je prenais une série de claques. Des bonnes claques bien senties chaque fois que Virginie Despèntes s'attardait sur un personnage. Je n'ai pas encore réussi à m'expliquer le phénomène, sinon que les mots sont choisis avec beaucoup de justesse.

    Je ne suis pas non plus encore parvenue à m'expliquer pourquoi ces claques m'apportaient autant de satisfaction.

    Toujours est-il que copain Subutex est à la rue, pas bien loin de là où on l'a laissé, et qu'il ne s'en sort pas trop mal. La communauté des bras cassés et autres asociaux qui s'était constituée dans le précédent volume retrouve sa piste, le soutien s'organise.
    Subutex est magique. Il créé une harmonie là où on n'en soupçonnerait pas l'ombre. Encore une fois, l'humanité nue, sale et belle ressort de chaque personnage, même les énervants, même les insupportables.

    Moi j'avais presque l'impression d'y être, aux Buttes-Chaumont.

    Je me suis vraiment interrogée sur l'auteur. Comment parvenait-elle à exprimer si justement des histoires de vie aussi spécifiques, des émotions, des réflexions aussi sensibles ? Prenez le quotidien des personnes à la rue par exemple. C'est loin d'être un sujet de prédilection, et sauf pour des personnes concernées, SDF, anciens SDF, familles, travailleurs sociaux... ils sont peu nombreux à écrire avec authenticité sur le sujet.

    Du coup j'ai fait comme tout le monde, je suis allée sur Wiki. J'ai mieux compris. Sans parler d'autobiographie, il n'est pas exagéré de suggérer que le roman se base sur une expérience, notamment du milieu auquel appartiennent mes personnages préférés.

    Aujourd'hui je ne peux que remercier l'ami rencontré en voyage de m'avoir agité le livre sous le nez. J'ai découvert une série captivante et une auteur qui l'est tout autant.

    Pour cela, je ne lui en veux presque pas de me faire aimer ces fanatiques, pour lesquels j'ai le seuil minimum de tolérance.

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  • J'ai largement préféré ce tome au premier, il m'a semblé plus fin , plus abouti .

    J'ai largement préféré ce tome au premier, il m'a semblé plus fin , plus abouti .

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