Vera Kaplan

Couverture du livre « Vera Kaplan » de Laurent Sagalovitsch aux éditions Buchet Chastel
Résumé:

Quelques années après la mort de sa mère, un homme reçoit à Tel Aviv une lettre d'Allemagne adressée à la défunte. L'expéditeur, un notaire de Wiesbaden, se réjouit d'avoir retrouvé la fille de sa cliente, Vera Kaplan, qui vient de mettre fin à ses jours.
Il lui fait parvenir son testament,... Voir plus

Quelques années après la mort de sa mère, un homme reçoit à Tel Aviv une lettre d'Allemagne adressée à la défunte. L'expéditeur, un notaire de Wiesbaden, se réjouit d'avoir retrouvé la fille de sa cliente, Vera Kaplan, qui vient de mettre fin à ses jours.
Il lui fait parvenir son testament, celui d'une femme seule rongée par ses démons et épuisée de vivre. Et joint également un document terrifiant : le récit des années de guerre de cette jeune Juive berlinoise qui, pour sauver ses parents, puis simplement pour rester en vie, en est venue à commettre l'impensable : dénoncer ses frères, par centaines.
Dans ce récit inspiré du destin de Stella Goldschlag, Laurent Sagalovitsch s'empare sans complaisance du destin d'une réprouvée pour en faire le portrait d'une victime devenue monstre, chez qui la pulsion de vie s'est montrée plus forte que la conscience.

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  • Un homme, après le décès de sa mère dont il ne savait rien, découvre l’identité de sa grand-mère. Par le biais d’un exécutant testamentaire, il apprend son suicide et hérite d’une lettre d’adieu, d’un vieux journal intime et de quelques milliers de shekels.

    Prendre à revers l’histoire, voilà...
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    Un homme, après le décès de sa mère dont il ne savait rien, découvre l’identité de sa grand-mère. Par le biais d’un exécutant testamentaire, il apprend son suicide et hérite d’une lettre d’adieu, d’un vieux journal intime et de quelques milliers de shekels.

    Prendre à revers l’histoire, voilà l’idée du livre « Vera Kaplan » de Laurent Sagalovitsch. Inspiré de l’histoire (vraie) de Stella Goldschalg, il raconte l’enfance brisée de cette jeune fille ayant eue le malheur de naître Juive à Berlin… pour devenir la « Cannibale Juive » au cœur de la guerre.

    « Dès le départ, elle n’avait aucune chance pour que son histoire se termine bien. »

    Pensant retarder la déportation de sa famille, Vera Kaplan collaborera avec la Gestapo en dénonçant un nombre effroyable de Juifs et ce, même après le départ de ses parents vers les camps de concentration.
    Sa lettre d’adieu révèle une femme sûre d’elle et de son choix, impavide. La chanson qui tourne en boucle dans sa tête depuis 50 ans parle de Juifs résignés à leur sort, baissant les bras face à la folie du Führer.

    « Avait-on accompli tous ces efforts, tous ces sacrifices, enduré mille et une épreuves pour en arriver là, à cette culture du renoncement, à cette apathie suicidaire ? »

    Le journal intime, lui, qu’elle a tenu pratiquement au jour le jour durant la guerre, est beaucoup plus « humain ». On y découvre une jeune fille terrorisée par son choix, par le monstre qu’elle va devenir. Elle est mangée par la honte, la douleur de ces actes, souhaite qu’une bombe tombe sur sa chambre.

    « Elle a voulu vivre. Vivre malgré tout. Vivre dans l’ombre de la mort de ses amis. Vivre en trahissant la confiance de ceux dont le seul crime était de lui ressembler. »

    Malgré tout, son état d’esprit évolue avec le temps et de victime, elle passe à bourreau. Si vous aviez ne serait-ce qu’une once d’empathie pour ce personnage, le voilà disparu. Elle piège sans remord ces camarades de classes, ces anciens amants. Elle accepte.

    Nous sommes en plein cœur de la folie humaine, d’un esprit brisé, d’une conscience anéantie.

    Évidemment, le sujet de ce livre est dur. Évidement, porter un jugement sur cette histoire, sur le choix de Vera ou même sur celui de Stella Goldschlag est difficile.

    « Les destins extraordinaires sont le fait d’époques extraordinaires. »

    On termine ce roman un peu tourmenté, mettre les pieds dans cette période de l’histoire n’est jamais plaisant. La découverte de cette histoire vraie qui plane au-dessus du récit est une bonne chose et je remercie l’auteur d’avoir mis en lumière cette face méconnue de la guerre.

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  • Inspiré d'une histoire vraie, on découvre le destin de Vera, jeune fille allemande juive, pendant la seconde guerre mondiale,qui va collaborer,qui va "vendre les siens" pour se sauver elle,mais surtout ses parents.
    On découvre l'histoire de Vera à travers son petit fils.

    Un roman...
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    Inspiré d'une histoire vraie, on découvre le destin de Vera, jeune fille allemande juive, pendant la seconde guerre mondiale,qui va collaborer,qui va "vendre les siens" pour se sauver elle,mais surtout ses parents.
    On découvre l'histoire de Vera à travers son petit fils.

    Un roman particulier, à contre courant(surtout dans la vision de Vera) sombre et à la fois lumineux car on n'est pas ici dans le bien pensant, la victimisation ou le martyr.

    un bon livre!

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  • Vera Kaplan est une femme dotée d'un grand caractère, qui malheureusement se rend compte qu'elle fait du mal et ne supportera pas sa façon d'agir.
    On est pris dans le tourment des divers sentiments (compassion, compréhension, dégoût, haine...) que nous inspire la narratrice.
    Et c'est là que...
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    Vera Kaplan est une femme dotée d'un grand caractère, qui malheureusement se rend compte qu'elle fait du mal et ne supportera pas sa façon d'agir.
    On est pris dans le tourment des divers sentiments (compassion, compréhension, dégoût, haine...) que nous inspire la narratrice.
    Et c'est là que l'on se dit quel comportement aurions-nous adopté si nous avions été à sa place ?

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  • L’histoire de Vera Kaplan, c’est celle véridique de Stella Goldsclag, une jeune juive berlinoise qui, pour sauver ses parents de la mort, collabore avec les nazis en dénonçant d’autres juifs.
    Pour raconter cette histoire, l’auteur imagine un journal intime et une lettre que Vera, à la veille...
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    L’histoire de Vera Kaplan, c’est celle véridique de Stella Goldsclag, une jeune juive berlinoise qui, pour sauver ses parents de la mort, collabore avec les nazis en dénonçant d’autres juifs.
    Pour raconter cette histoire, l’auteur imagine un journal intime et une lettre que Vera, à la veille de son suicide, à 72 ans, envoie à sa fille en Israël.
    Or, sa fille, qui lui fut retirée enfant et qu’elle n’a jamais revue, est aujourd’hui décédée. C’est le petit fils qui reçoit donc toutes ces informations qui vont bouleverser la vision qu’il a de sa famille dont il ne savait rien.
    Elle est très ambivalente, Vera, fascinante aussi. Sa pulsion de vie qui aurait pu être un atout en temps de paix devient vite monstrueuse en temps de guerre.
    On la comprend sans l’excuser.
    Comment se comporte l’être humain en situation désespérée ? Comment aurions-nous fait ? C’est toute la question que pose ce livre.
    Laurent Sagalovitsch a bien su mettre en scène la vie de Vera, en utilisant cette lettre et ce journal intime. Seule semble romancée l’intervention du petit fils.
    Un extrait qui résume bien sa vie :
    « Née à Berlin en 1922.
    Dès le départ elle n’avait aucune chance pour que son histoire finisse bien »

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  • Vera Kaplan est une belle jeune femme, blonde aux yeux bleus, de 18 ans, juive, éclatante de vie, qui vit à Berlin dans les années 30. Mais la guerre et ses contraintes, ses horreurs, vont l’amener à trahir et dénoncer les siens pour tenter de sauver ses parents de la déportation, et se sauver...
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    Vera Kaplan est une belle jeune femme, blonde aux yeux bleus, de 18 ans, juive, éclatante de vie, qui vit à Berlin dans les années 30. Mais la guerre et ses contraintes, ses horreurs, vont l’amener à trahir et dénoncer les siens pour tenter de sauver ses parents de la déportation, et se sauver elle, tout simplement.
    Un livre court, dense, une écriture intéressante, le lecteur passe du journal de Vera Kaplan à la vie et aux réaction de son petit-fils aujourd’hui, lui qui vient de découvrir l’existence de cette grand-mère certes monstrueuse, mais n’est-elle pas à sa façon une victime tellement humaine d’une époque terrible.

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  • Vivre, vivre à tout prix, quoi qu’il en coûte. Ce fut le leitmotiv de Vera Kaplan pendant ces années interminables et effroyables de la Seconde Guerre mondiale. D’abord pour sauver ses parents, puis pour se sauver elle-même, mais à quel prix… Ce court roman est d’une âpreté et d’une force...
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    Vivre, vivre à tout prix, quoi qu’il en coûte. Ce fut le leitmotiv de Vera Kaplan pendant ces années interminables et effroyables de la Seconde Guerre mondiale. D’abord pour sauver ses parents, puis pour se sauver elle-même, mais à quel prix… Ce court roman est d’une âpreté et d’une force incroyables. Ces 160 pages suffisent pour nous faire apercevoir les mécanismes qui ont conduit cette femme à de tels choix.

    On découvre d’abord le cahier qu’elle a écrit juste avant de mourir, des années après la guerre et son emprisonnement, puis le cahier qu’elle a tenu pendant la guerre et en particulier à ce moment où tout a basculé, où elle est passée de victime à bourreau. J’ai trouvé ses écrits actuels plus violents, plus radicaux. C’est une femme au destin exceptionnel, cruel et monstrueux. Le lecteur est bousculé, heurté pour donner un roman terrible et poignant à la fois. Ce roman nous propose une nouvelle immersion au sein de l’Histoire en nous parlant de survie et de conscience sans complaisance.

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  • Laurent Sagalovitch m'avait habitué à l'humour juif, avec les fils, névrosés et éternels Tanguy mais aussi es mères juives possessives et envahissante. Rien de tout cela ici.
    C'est une histoire grave, noire et profonde basé sur des faits réels. L'histoire d'une jeune femme juive pleine de vie...
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    Laurent Sagalovitch m'avait habitué à l'humour juif, avec les fils, névrosés et éternels Tanguy mais aussi es mères juives possessives et envahissante. Rien de tout cela ici.
    C'est une histoire grave, noire et profonde basé sur des faits réels. L'histoire d'une jeune femme juive pleine de vie qui, pendant la seconde guerre mondiale, a trahi ses semblables pour sauver sa peau et celle de ses parents.
    Il y a d'abord un narrateur, un homme recevant un courrier lui annonçant la mort de sa grand-mère dont il ignore tout car sa mère,morte quelques années auparavant, n'a jamais rien révélé de son enfance et de sa famille . Dans ce courrier, une longue lettre d'adieu avant que Vera Kaplan, la grand-mère donc ne se suicide. Et puis, un journal, celui qu'elle a tenu durant la période de la guerre.
    Un court roman, poignant, fort pour dresser le portrait d'une jeune femme contrainte de faire des choix difficiles, dans une situation hors norme. L'auteur ne juge pas, il tente une exploration de sa personnalité, une description des sentiments qui jaillissent.
    J'aime aussi le portrait de la mère, personnage absent, qui ressort en arrière plan, il n'est qu'imaginé, déduit de ce qu'en dise la grand-mère et le fils mais avec les deux autres forment un trio accompli.
    J'ai lu cette histoire d'une traite parfois mal à l'aise, parfois révulsée mais toujours embarquée dans un récit qui m'a happé.
    Un livre qui reste un moment en tête assurément.

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  • Explorateurs de la rentrée littéraire 2016 - RDV de la page 100

    Laurent Sagalovitsch interroge sur la trahison, à travers l'histoire de Vera Kaplan, une juive qui dénonçât d'autres juifs pour sauver sa vie et celle de ses parents.
    Elle expose simplement les faits qui l'ont conduite à une...
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    Explorateurs de la rentrée littéraire 2016 - RDV de la page 100

    Laurent Sagalovitsch interroge sur la trahison, à travers l'histoire de Vera Kaplan, une juive qui dénonçât d'autres juifs pour sauver sa vie et celle de ses parents.
    Elle expose simplement les faits qui l'ont conduite à une telle décision. Elle ne cherche pas le pardon. Des faits qu'elle n' a même pas défendus lors de son procès. Qui d'ailleurs peut juger un tel comportement?
    Si le journal de Vera peut par moments déranger, il pose également la question du prix la trahison.
    A la page 100, nous ne savons toujours pas si Vera réussira à sauver ses parents et survivra elle-même.
    Nous savons en revanche que cette décision a eut des conséquences lourdes sur sa descendance : elle a dû abandonner sa fille. Cette dernière a ensuite eut un fils qui souffrira toute sa vie du silence dans lequel s'était emmurée sa mère pour garder ce secret.
    Quid de la transmission du poids du secret, comment se construire sans connaître son passé? Autant de questions abordées en quelques pages dans un style sobre mais nécessaire pour faire passer un message aussi sensible.

    Explorateurs de la rentrée littéraire 2016 - Chronique

    Laurent Sagalovitsch interroge sur la trahison, à travers le journal de Vera Kaplan, une juive qui dénonçât d'autres juifs pour sauver sa vie et celle de ses parents.
    Qui peut juger de la trahison? Vera a été condamnée lors de son procès, sans chercher ni à se défendre ni à se faire pardonner. Sa fille, puis son petit-fils refuseront de la juger, parti-pris que je prendrai finalement, après avoir longuement hésité et été souvent dérangée par les propos de Vera.
    Car force est de constater qu'elle est animée par une pulsion de vie plus forte que tout, un besoin de résistance qui transpire tout au long du livre. Cette soif de vivre a été nécessaire dans sa décision de devenir chasseuse de juifs. Elle est également perceptible dans la relation qu'elle entretient avec Karl, un autre chasseur de juifs, et lui permet de passer outre le dégoût que lui inspire parfois sa mission.
    Mais quel est le prix de la trahison? Les parents de Vera Kaplan seront finalement envoyés en camp de concentration. Vera sera condamnée, devra abandonner sa fille, et finira par se suicider. Le secret attaché à cette trahison accompagnera également les générations suivantes : la fille de Vera se murera dans le silence, et son fils tentera toute sa vie de vivre une vie normale, tourmenté par la recherche du passé.
    Enfin, jusqu'où peut-on aller pour vivre? Vera Kaplan a-t-elle le droit de condamner ces juifs qui selon elles acceptent avec soumission de se laisser envoyer dans les camps de concentration?
    La grande qualité du livre réside dans la capacité de Laurent Sagalovitsch, à travers un style sobre, à aborder des questions déroutantes tout en parvenant à ne jamais juger. Il n'apporte pas de réponses : à chaque lecteur de fournir les siennes tant les points de vue peuvent être personnels
    Une lecture qui interpelle, et dont on ne sort pas indemne.

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