Une ombre chacun

Couverture du livre « Une ombre chacun » de Carole Llewellyn aux éditions Belfond

3

3 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Belfond
  • EAN : 9782714476104
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Rescapée d'un enlèvement quand elle était enfant, Clara, 30 ans, mène désormais à Paris une vie confortable avec son mari, Charles. Pourtant, lorsqu'il lui demande un enfant, elle décide de partir sans laisser de trace.
Homme d'affaires occupé, Charles loue les services de Seven Smith, un... Voir plus

Rescapée d'un enlèvement quand elle était enfant, Clara, 30 ans, mène désormais à Paris une vie confortable avec son mari, Charles. Pourtant, lorsqu'il lui demande un enfant, elle décide de partir sans laisser de trace.
Homme d'affaires occupé, Charles loue les services de Seven Smith, un ancien Marine, afin de retrouver son épouse. Pour le soldat américain, que la fin de la guerre a laissé sans but, la quête de cette femme disparue est une occasion inespérée d'exister à nouveau.
À travers l'Europe, Clara et Seven vont partir à la recherche de vérités sur eux-mêmes qui altéreront pour toujours le sens de leurs vies.

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Les derniers avis

  • 0.15

    Claire et Seven ne se connaissent pas et vivent chacun dans des pays différents mais ils ont un point en commun : ils ont tous les deux été marqués par un traumatisme (un rapt pour l’une et la guerre pour le second) qui affecte leur vie actuelle.

    Claire n’arrive plus à faire face et a décidé de prendre la fuite. Seven est engagé par son mari et part à sa recherche.

    J’ai beaucoup aimé la construction de ce récit, proche du thriller, qui m’a happée tout au long de ma lecture. L’intrigue est parfaitement maîtrisée et la plume est agréable à lire.

    Mon seul bémol concerne les personnages auxquels j’ai eu des difficultés à m’attacher mais cela ne m’a pas empêchée de passer un bon moment car l’auteure a su maintenir le suspens tout au long du récit.

    Un captivant voyage à travers l’Europe avec deux personnages rongés par leurs passés. Un premier roman prometteur avec cette lecture qui est une belle découverte.

  • 0.1

    Je remercie tout d’abord NetGalley et les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman, choisi après lecture de la 4ème de couv’!

    « Normal! » me direz-vous, c’est un premier roman donc il n’y a que le résumé pour titiller l’éventuel lecteur!

    J’avais hâte de découvrir les blessures de Seven et de Claire et en quoi ce voyage européen pouvait influer sur leur avenir. Et j’avais déjà Charles dans le nez: quel homme amoureux ne lâcherait pas son boulot pour partir lui-même à la recherche de sa femme?

    Malheureusement, aucun des personnages m’a charmé!

    Le Charles, gros bourge imbu de son importance, de sa particule et de son argent, drague tout ce qui bouge, sextote à tout va pour pimenter sa pseudo-fidélité.

    Seven attache une grande importance à la branlette et peu à son couple. D’ailleurs la fidélité n’est pas son crédo. C’est un militaire nostalgique de ses faits d’armes et des coups tirés, et pas seulement avec son M16. Mais quel intérêt de savoir le nombre de fois où il se branle du lever jusqu’au coucher!?! Franchement!
    Ses souvenirs de combats sont certes terribles, comme tout vétéran de guerre, mais manquent totalement d’émotions.

    Et la Clara passe son temps à geindre sur son existence de bourgeoise oisive, à expérimenter différents philtres sur des photos dont elle inonde son Instagram et Facebook, à envisager ses nombreuses morts mais sans pour autant joindre le geste à sa pensée.
    Elle instille un climat malsain à imaginer l’effet de son décès sur ses proches et elle semble même regretter que « son » pédophile kidnappeur lui ait pas infligé dans son enfance davantage de dommages! Dommages d’ailleurs hypothétiques car nébuleux tout au long du récit!
    Sa volonté de ne laisser aucune trace de sa fuite est assez loufoque alors qu’elle n’est quand même pas une dangereuse psychopathe à capturer mais seulement une gamine immature qui n’a trouvé que cette solution pour larguer les amarres d’une vie confortable mais insatisfaisante. La longue dérive poussive de cette capricieuse fugue est lassante et n’inspire aucune empathie.

    Le style est lourd, redondant et insipide, ampoulé, se voulant poétique mais qui sonne cruellement creux.

    Je suis restée perplexe devant des répétitions mal venues sur les attentats de Charlie Hebdo, le terrorisme islamiste et les crises financières aux States ou en Grèce. Sûrement pour donner une note actuelle au récit mais qui sont essaimés au hasard du récit, sans réel intérêt pour l’intrigue.
    Et que la mort d’un chien arrivé certainement à un âge canin honorable, les morts d’Iraq ou d’Afghanistan et la sécheresse éventuelle de l’utérus de Clara soient des deuils posés sur un même niveau dans un même chapitre… hum… cela ne m’interpelle pas positivement. Du tout!
    De plus, la pub pour ce grand magasin parisien, 7ème arrondissement, dont le nom est répété au moins une vingtaine de fois m’a agacée. Mazette, le lecteur a compris que le couple Charles/Clara ne fraye pas avec le milieu ouvrier et qu’il paye sa lotte, 100 euros le kilo!

    Pour conclure, si vous ne l’avez pas compris, je suis totalement passée à côté de cette histoire!
    J’ai même failli laisser tomber vers la fin du premier tiers du bouquin alors que j’abandonne rarement une lecture! Du coup, je l’ai lu rapidement. Non pas parce que j’étais captivée mais parce que je voulais en finir au plus vite!
    J’aurais bien voulu maîtriser la lecture systémique dont parle Clara d’ailleurs!

    Je suis donc déçue par cette découverte. Ni le parcours sans grande émotion de Seven et de Clara, ni le style de l’auteur, n’auront réussi à me captiver…

  • 0.2

    Je viens de terminer le premier roman de Carole Llewellyn, et j'ai beaucoup de choses à dire sur ce livre que j'ai aimé lire jusqu'au bout, notamment grâce à sa construction sur deux tableaux !
    Ah ce résumé ! Je trouve qu'il en dévoile un peu trop, car tout ça se met en place dans les premiers chapitres du livre, après une belle entrée en matière avec un superbe prologue... que j'ai dû relire après quelques pages pour bien comprendre ce qui était en jeu. Et c'est bien ça qui m'a plu (vous comprendrez) ! Tout n'est qu'une question de point de vue. La mort n'a-t-elle pas plusieurs visages ?

    "Identifiez les jours sans. Ce sont ces jours-là où une erreur machinale vous coûtera la vie."

    À chaque chapitre, on alterne entre la vie de Clara et celle de Seven. Une construction qui m'a beaucoup plu ! Une construction que j'ai retrouvé quelques fois lors de mes dernières lectures et, comme à chaque fois, je ne sais pas pour vous mais en ce qui me concerne, je m'attache davantage à l'un des deux récits. Même si les deux, ensemble, nous font avancer dans l'histoire, je suis toujours tentée d'en sauter un sur deux (ce que je ne fais jamais au final), ou de le lire plus vite pour arriver à la suite de l'intrigue laissée en suspens à la fin du chapitre précédent (ce qui m'arrive parfois).

    "Nous sommes tous voués à oublier ce qui ne dure pas."

    Avec Une ombre chacun, ça n'a pas loupé ! J'ai beaucoup aimé suivre Clara... et beaucoup moins Seven. Sûrement parce que je n'ai eu aucun feeling pour ce personnage, franchement détestable, et dont le monde tourne autour de souvenirs de guerre (très bien documenté au passage !), de propos racistes et machistes. Un gars qui a clairement été changé par son chemin de vie, comme Clara, comme nous tous. Il a vu, vécu et participé à l'horreur. Comment la vie, le monde pourraient-ils rester les mêmes après ça ?

    "Il fallait toujours connaître la sortie la plus proche."

    Une grande partie de Seven est manifestement restée dans les collines d'Afghanistan, tout comme Clara s'est perdue le jour où elle a été emmenée dans cette camionnette. Le terrorisme est en filigrane tout au long du livre, ce qui m'a un peu gêné parce que je n'avais pas envie de me plonger dans ce sujet, bien qu'il ait été écrit après les attentats de Paris et corresponde tout à fait à l'état d'esprit qui y régnait. Avec le point de vue des européens, et des américains sur cette France post-attentat.

    "Il réalisa que même en Grèce, ils connaissaient Game of Thrones. Il se demanda si au milieu des assassinats de Daesh les Iraquiens téléchargeaient illégalement les épisodes le lundi matin au réveil, attendant avec ferveur et anxiété de savoir quel personnage majeur serait assassiné, dépecé, pendu. Peut-être la proximité de la même violence rendait à leurs yeux la série indécente. Qui s'amusait de ce déchaînement blotti dans un canapé confortable quand il suffisait d'un vol pour Damas pour en voir le visage véritable ?"

    Et puis, les hommes sont, disons-le clairement, des connards dans tout le livre. De l'américain obsédé au mari infidèle, en passant par le gynéco dégueulasse, ils flirtent, matent, "bandent", "se branlent", prennent et jètent, ils imposent leurs idées limitées et leurs décisions aux femmes... sans trop de réaction en face. Tout le livre j'ai eu envie que les femmes se rebellent.

    "Il parlait d'elle avec distance, comme d'une possession qu'il aurait ajoutée à son impressionnant portfolio, son appartement rue de Babylone, sa maison familiale à Portofino, son bateau amarré au port de Perros-Guirec."

    Un livre qui interroge aussi malgré tout sur les convenances, le qu'en dira-t-on, et ces familles huppées, soit disant civilisées et distinguées, véritables clichés ambulants, enviés, mais à la vie creuse, au coeur sec et aux propos d'une violence inhumaine.

    "[...] une maladie imaginaire, avait dit son beau-père, une maladie de riches, avait-il dit. Clara avait fait une dépression. Juvénile, en plus, comme si c'était un terme scientifique. À cause d'une caravane pourrie. "C'était une camionnette." C'est pareil. Sa dépression juvénile, c'était une crise d'ado, et basta. Le jour où ma fille fait une dépression juvénile, avait-il dit, je lui mets une bonne paire de claques et on verra bien si elle a encore envie d'être dépressive."

    Et puis, petite parenthèse coup de coeur pour le chapitre 13 que j'ai adoré, tant sur le fond que sur la forme. Un chapitre que j'aurai appris par coeur et joué sur scène si je faisais encore mes études de théâtre ! (Je vous laisse le découvrir)

    "La police française était nulle à chier.
    Son père n'était pas Liam Neeson.
    Personne ne la retrouverait."

    J'ai aimé l'écriture, le style, la construction du récit. Les nombreuses références à Game of Thrones, Virginia Woolf et l'omniprésence d'Instagram aussi m'ont bien plues. Un livre qui mérite le détour et une auteure que je suivrais avec certitude, et ça tombe bien, j'ai vu sur son compte Instagram qu'elle était déjà en écriture de son deuxième roman ! À suivre...

    Retrouvez ma chronique sur mon blog : http://formally-informal.com/2017/04/21/une-ombre-chacun-de-carole-llewellyn-ou-comment-des-evenements-de-la-vie-peuvent-nous-changer-et-nous-perdre/

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