Une fille de passage

Couverture du livre « Une fille de passage » de Cecile Balavoine aux éditions Mercure De France
Résumé:

Puis il s'était penché. Je m'étais approchée pour lui offrir ma joue. Mais il s'était penché encore. Et soudain, dans le choc des visages, j'avais senti l'humidité de sa bouche s'échouer au coin de mes lèvres. Je n'avais eu que le temps d'esquisser un mouvement de recul. Il avait refermé la... Voir plus

Puis il s'était penché. Je m'étais approchée pour lui offrir ma joue. Mais il s'était penché encore. Et soudain, dans le choc des visages, j'avais senti l'humidité de sa bouche s'échouer au coin de mes lèvres. Je n'avais eu que le temps d'esquisser un mouvement de recul. Il avait refermé la portière, me faisant un signe de la main en me souriant tandis que la voiture démarrait et que je m'effondrais sur le dossier, essuyant mon visage avec dégoût sur la manche de ma veste en jean, le coeur battant, en retenant mes larmes.

New York, septembre 1997. La jeune Cécile est étudiante. L'un de ses professeurs est un écrivain célèbre : Serge Doubrovsky, pape de l'autofiction. Entre elle et lui s'installe une relation très forte. Les années passant, la jeune femme et l'écrivain se voient, à Paris ou à New York, ils dînent ensemble, apprennent à se connaître toujours plus intimement, échangent sur la littérature et sur la vie. Bientôt, ils n'ont plus de secret l'un pour l'autre, une confiance absolue les lie. Pygmalion ou père de substitution, Doubrovsky n'est pour Cécile ni l'un ni l'autre. Du moins se plaît-elle à le croire et à le lui faire croire.

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Avis (3)

  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2020/04/une-fille-de-passage-de-cecile-balavoine.html

    " On se vouvoie, on se louvoie."

    New-York, septembre 1997. Cécile, la narratrice, une jeune femme de 25 ans partie à New-York pour poursuivre ses études de lettres, fait la connaissance d'un de ses...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2020/04/une-fille-de-passage-de-cecile-balavoine.html

    " On se vouvoie, on se louvoie."

    New-York, septembre 1997. Cécile, la narratrice, une jeune femme de 25 ans partie à New-York pour poursuivre ses études de lettres, fait la connaissance d'un de ses professeurs, le célèbre Serge Doubrovsky, inventeur, vers la fin des années 70, du concept de l'autofiction pour désigner le fait d'écrire sur soi. Elle rentre dans l'intimité de son professeur-écrivain lorsqu’il lui propose de loger avec deux de ses amis étudiants dans son appartement new-yorkais pendant l'année qu'il va passer à Paris. Le bureau de Doubrovsky devient sa chambre avec vue sur les Twin Towers.

    Pendant toute cette année un échange de lettres va la relier à cet homme pour qui elle éprouve des sentiments mélangés, ils entretiennent une relation très forte entre fascination, complicité et connivence intellectuelle. Mais cet homme a trois fois son âge, il a l'âge de son grand-père "45 ans nous écartèlent". Elle éprouve aussi compassion et curiosité envers cet homme dont la vie a été jalonnée de tragédies et de drames et qui pense lui-même beaucoup à sa propre mort, elle veut "éloigner de sa présence son malheur, apaiser de sa jeunesse sa vieillesse".

    Lorsque Serge décide de raconter leur histoire dans son prochain roman qui sera très certainement le dernier, Cécile est à la fois fière et inquiète de devenir un personnage de son roman, elle va vivre l'expérience curieuse de lire ce que quelqu'un a écrit sur soi. Pendant une vingtaine d'années, Cécile et Serge vont se rencontrer régulièrement à Paris ou à New York, échanger sur leur vie, sur la littérature et Serge va continuer à pousser Cécile à écrire.

    " Je comprenais maintenant que s'il n'avait été ni un amant, ni vraiment un ami, ni un grand-père ni tout à fait un confident, que s'il n'existait pas de mot pour qualifier ce lien qui nous avait unis et qui continuerait probablement de nous unir, Serge était devenu un repère de ma vie."

    Cécile Balavoine lève ici le voile sur une relation privilégiée et secrète qu'elle a entretenue pendant de nombreuses années avec Serge Doubrovsky. Le titre qu’elle a choisi pour son roman fait écho à celui de Doubrovsky "Un homme de passage" dans lequel il évoquait une jeune fille avec qui il aurait aimé avoir une relation amoureuse mais qui s'était refusée à lui en lui faisant comprendre qu'il avait l'âge d'être son grand-père. La relation entre Cécile et Serge est faite d'amitié amoureuse, d'admiration-fascination de l'élève pour son maître écrivain et du rappel de l'image de son grand-père...
    J'ai commencé ce roman avec une certaine appréhension car je craignais de ne pas l'aimer autant que l'inoubliable Maestro, et c'est vrai qu'au début j'ai été un peu déçue de ne pas retrouver la sensualité qui émanait du premier roman de Cécile Balavoine, jusqu'à ce que je comprenne qu'elle était en train de nous raconter une autre forme d'amour d'une infinie beauté, l'histoire d'une douce intimité qui se tisse au fil du temps. J'ai lu ce roman d'une traite sans pouvoir le lâcher. Il est doux, délicat, élégant et extrêmement pudique...Un magnifique roman qui fait du bien...

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  • Quand il séjourne à paris, Serge Doubrovsky professeur et écrivain célèbre sous-loue son vaste appartement de New-York à des étudiants. Cécile va donc y aménager en compagnie de Liv et Adrian. Elle vient de fêter ses vingt-cinq ans, lui bientôt en aurait soixante-dix. C'est le début d'une...
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    Quand il séjourne à paris, Serge Doubrovsky professeur et écrivain célèbre sous-loue son vaste appartement de New-York à des étudiants. Cécile va donc y aménager en compagnie de Liv et Adrian. Elle vient de fêter ses vingt-cinq ans, lui bientôt en aurait soixante-dix. C'est le début d'une relation ambiguë.

    Cécile Balavoine nous raconte donc avec une belle écriture remplie de tendresse, d'émotion cette relation douce comme une caresse. Elle nous décrit son admiration pour l'enseignant et pour l'écrivain, comment ne pas être flattée quand un tel homme s'intéresse à vous, comment ne pas être fière quand il vous invite à boire un verre.

    Ces mots nous parlent de cette ambivalence. Un homme qui porte le germe de la mort en lui, cette mort qui le guette, et qui l'a déjà guetté, autrefois, quand il avait une étoile jaune au revers de sa veste. Un homme qui se plaît dans un enfermement quasi maladif et pourtant elle est attirée par lui, elle ressent une profonde admiration presque un envoûtement, elle se sent bien à ses côtés.
    Si un jour un baiser a atterri au coin de ses lèvres, si elle s'est assise sur ses genoux, elle ne s'est jamais déshabillée, elle n'a été qu'une des innombrables des femmes qui ont jalonné sa route, elle reste persuadée d'avoir comptée pour lui.

    Une écriture élégante toute en retenue, toute en délicatesse pour cette belle histoire d'amour, car c'est bien d'amour dont il s'agit.

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  • "Maestro", son premier roman, fut plus qu’un coup de foudre, une histoire d’amour au long cours et qui dure toujours. Alors, forcément, j’attendais le deuxième avec un mélange d’impatience et de crainte. C’est toujours comme ça, un deuxième. Mais la crainte a disparu dès les premiers mots et...
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    "Maestro", son premier roman, fut plus qu’un coup de foudre, une histoire d’amour au long cours et qui dure toujours. Alors, forcément, j’attendais le deuxième avec un mélange d’impatience et de crainte. C’est toujours comme ça, un deuxième. Mais la crainte a disparu dès les premiers mots et l’impatience a fait place au bonheur. Cécile Balavoine vient de signer un nouvel ouvrage absolument magnifique : "Une fille de passage".

    Cécile est étudiante à New-York à la fin des années quatre-vingt-dix. Elle suit les cours de Serge Doubrovsky, écrivain célèbre, pape de l’autofiction, et devient une intime du professeur. Comment trouver les mots justes, les mots forts pour dire mon ressenti ? Comment restituer la gorge serrée, le sourire, l’espoir, la crainte, la joie ? L’auteure a ce talent particulier de parler d’amour. Car il est bien question d’amour à nouveau dans ce récit, un amour aussi profond que particulier, un amour qui se construit au fil des jours, mais un amour chaste, une sorte d’amitié amoureuse, entre cette jeune étudiante et cet homme déjà âgé qui pourrait être son grand-père. Au fil des jours, ils se racontent, se confient, se découvrent, se rapprochent. L’émotion fut là, toujours latente, en tapinois, prête à me cueillir à chaque instant.

    Lire un roman de cette auteure, c’est s’emmitoufler dans un tissage de mots doux sans être sirupeux, chauds sans être étouffants, raffinés mais sans ostentation. Son écriture est, en effet, d’une grande finesse, simple, précise et magnifiquement ciselée. L’utilisation de l’imparfait apporte une petite touche désuète "C’était la première fois qu’il m’invitait. J’avais sonné, les bras chargés de soleils. Sa voix s’était aussitôt fait entendre. Il me priait d’entrer". Le rappel de son précédent roman sert de passerelle entre Cécile et son professeur "Je m’étais mise à lui parler de ma vie de musicienne manquée, de mon année à l’université de Salzbourg, de mon besoin de connaître l’allemand comme pour me rapprocher de la musique qui m’échappait…" Les personnages sont tous attachants, dotés de personnalités riches, vibrantes, voire incandescentes.

    Et, à l'heure où un geste tendre peut se révéler déplacé, où les relations entre un homme et une femme peuvent être entachées de suspicion, le roman de Cécile Balavoine est un véritable baume. Empli d’humanité, de tendresse, de respect, de confiance en l'autre, il nous dit qu'en amour tout est possible, en dépit de l’âge, de la position sociale, en dépit de tout…"une forme indéfinie d’amour."

    "Chair Serge" aurait été tellement fier de son élève.

    https://memo-emoi.fr

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