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Une douce lueur de malveillance

Couverture du livre « Une douce lueur de malveillance » de Dan Chaon aux éditions Albin Michel
Résumé:

« Nous n’arrêtons pas de nous raconter des histoires sur nous-mêmes. Mais nous ne pouvons maîtriser ces histoires. Les événements de notre vie ont une signification parce que nous choisissons de leur en donner une. »

Tel pourrait être le mantra de Dustin Tillman, psychologue dans la banlieue... Voir plus

« Nous n’arrêtons pas de nous raconter des histoires sur nous-mêmes. Mais nous ne pouvons maîtriser ces histoires. Les événements de notre vie ont une signification parce que nous choisissons de leur en donner une. »

Tel pourrait être le mantra de Dustin Tillman, psychologue dans la banlieue de Cleveland. Ce quadragénaire, marié et père de deux adolescents, mène une vie somme toute banale lorsqu’il apprend que son frère adoptif, Rusty, vient d’être libéré de prison. C’est sur son témoignage que, trente ans plus tôt, celui-ci a été condamné à perpétuité pour le meurtre de leurs parents et de deux proches. Maintenant que des tests ADN innocentent son frère, Dustin s’attend au pire.
Au même moment, l’un de ses patients, un policier en congé longue maladie, lui fait part de son obsession pour une étrange affaire : la disparition de plusieurs étudiants des environs retrouvés noyés, y voyant la marque d’un serial killer. Pour échapper à sa vie personnelle, Dustin se laisse peu à peu entraîner dans une enquête périlleuse, au risque de franchir les limites que lui impose son rôle de thérapeute.
Plongée dans les ténèbres, celles d’un homme submergé par ses propres contradictions et les failles de sa mémoire, Une douce lueur de malveillance est un livre virtuose et vénéneux. Une écriture glaçante, une inventivité littéraire qui bouscule les structures du roman contemporain : rarement un écrivain aura su explorer le mystère de l’identité avec un réalisme aussi obsédant.

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Articles (4)

Avis (12)

  • Quelle oeuvre étrange ! Il m'a fallut un moment afin de savoir si je l'avais apprécié ou non. le roman en lui-même est tellement spécial que l'on se pose réellement cette question, à la fin. C'est un mélange de thriller, de polars, de littérature contemporaine et de roman noir. Ce qu'on appelle...
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    Quelle oeuvre étrange ! Il m'a fallut un moment afin de savoir si je l'avais apprécié ou non. le roman en lui-même est tellement spécial que l'on se pose réellement cette question, à la fin. C'est un mélange de thriller, de polars, de littérature contemporaine et de roman noir. Ce qu'on appelle un « fourre-tout ». Mais ce « fourre-tout » là, fonctionne plutôt bien après réflexion. Évidemment, ceux qui ne sont pas adeptes des romans noirs, je ne peux que vous conseiller de passer votre chemin. Parce que celui-ci l'est particulièrement ! 
En lisant les premiers chapitres, je me suis dit que ce roman avait tout pour me plaire : des chapitres courts, un rythme très soutenu, un meurtre … Banal, mais qui fonctionne toujours ! Puis, ça a dérapé dans un genre que je n'avais jusque-là jamais vu : des textos insérés dans l'intrigue, des tableaux, des lettres, des émoticônes … C'était bizarre, et je dois l'avouer, parfois ça m'a vraiment coupé de l'intrigue. J'avais souvent l'impression d'être droguée en même temps que les protagonistes, ce qui était assez déconcertant. J'ai vraiment eu l'impression d'avancer dans un compact brouillard, parfois sans que ma lampe frontale ne me soit d'aucun secours. Pourtant malgré cet épais brouillard, on comprend vite (trop vite, et je le regrette) l'identité de Jack Daniels. Si l'histoire de Rusty et Dusty nous surprend (simplement parce qu'on nous a poussé à penser à cette solution), ce n'est pas le cas de celle-ci. le côté sombre de l'histoire aurait été encore plus exacerbé avec une autre solution. D'ailleurs parlons de sa noirceur. Entre les meurtres, les disparitions, la drogue, le sexe et les rites sataniques, on est servi. Mais qu'à cela ne tienne ! À ça, l'auteur ajoute une ambiance glauque digne de la Louisiane. Moi qui trouve généralement que les romans noirs n'en font pas assez, je me suis retrouvé contenté. Les allusions au « Seigneur des anneaux » ne suffiront pas à alléger le ton de l'oeuvre (le pieds de Frodon et dame Galadriel ne font pas le poids).
Côté personnage, que dire ? Je ne me suis attaché à aucun d'eux … Et étrangement, pour la première fois, j'ai aimé ça et c'est, je pense, ce qui l'oeuvre encore plus noire qu'elle ne l'est déjà. Chacune des personnalités des personnages est bien travaillée. Cela-dit, je regrette un peu la facilité utilisée par l'auteur : un enfant maltraité qui en maltraite un autre, fait automatiquement de lui un « maltraiteur » … Non, c'est faux ! Pas tous les enfants abusés ou maltraités ne reproduisent le schéma familial. Puis, cette famille dans son ensemble m'a semblé particulièrement malsaine. Des nièces, aux grand-parents. 
Autre fait qui m'a légèrement dérangé, c'est que je n'ai pas eu l'impression de changer d'années selon les narrateur. J'ai continué à évoluer à l'époque où Rusty et Dusty étaient petits, et jamais le paysage les entourant n'a changé dans mon imaginaire. 
À la fin, je me suis dit : « Noooooooon, il peut pas s'arrêter comme ça ! » - « Eh bien » (comme dirait Dusty), si ! Ça s'arrête comme ça. J'étais un peu blasée par la fin, mais j'ai fini par accepter en me rappelant qu'on était en plein roman (plus que) noir et que, donc, cette fin avait une certaine logique. 
En résumé, j'ai aimé ! C'est particulier, ça change, ça dérange, ça fait un peu froid dans le dos … Mais surtout, ça marque les esprits ! Et c'est avec ça que l'auteur a tout gagné. Parce que lire ce roman, qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, une chose est sûre : on ne l'oublie pas !

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  • Plusieurs histoires en une avec pas mal d'aller-retour sur des époques différentes, suivant le point de vue des différents personnages.
    Bien, bonne tension, mais il m'a manqué un petit plus.
    D'ailleurs, il m'a aussi manqué des mots dans l'édition que j'avais en main ! Véridique et assez...
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    Plusieurs histoires en une avec pas mal d'aller-retour sur des époques différentes, suivant le point de vue des différents personnages.
    Bien, bonne tension, mais il m'a manqué un petit plus.
    D'ailleurs, il m'a aussi manqué des mots dans l'édition que j'avais en main ! Véridique et assez désagréable au final.

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  • Une douce lueur de malveillance de Dan Chaon est une lecture perturbante. Passionnante et bien construite au niveau de l’intrigue j’ai beaucoup aimé l’histoire en elle même mais la forme du texte, très originale certes, m’a agacée, je n’ai trouvé aucun intérêt à cette mise en scène du texte qui...
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    Une douce lueur de malveillance de Dan Chaon est une lecture perturbante. Passionnante et bien construite au niveau de l’intrigue j’ai beaucoup aimé l’histoire en elle même mais la forme du texte, très originale certes, m’a agacée, je n’ai trouvé aucun intérêt à cette mise en scène du texte qui n’apporte rien selon moi à l’intrigue et qui m’a parfois fait perdre le fil de narration.

    Quand les éditions Albin Michel ont lancé la “publicité” pour le nouveau roman de Dan Chaon, dont j’avais apprécié la lecture de Cette vie ou une autre, j’ai complètement craqué pour le titre et la lecture du résumé m’avait définitivement convaincue. Il fallait que je lise ce roman. Alors quand la bibliothèque l’a intégré à son catalogue je l’ai aussitôt réservé…et aussitôt emprunté, aussitôt lu. Sauf que parfois à trop en attendre d’une lecture, on est parfois un peu déçu. Et malheureusement c’est ce qui s’est passé.

    La construction de ce roman qui alterne différents points de vue selon les chapitres est fort intéressante et captivante. On suit alternativement les points de vue de Dustin Tillman et de son fils Aaron tout en faisant des allers/retour dans le passé et la complexité de l’intrigue qui se joue est magistralement orchestrée pour prendre le lecteur dans la toile de l’intrigue, comme une toile d’araignée dont les fils aux multiples ramifications vous conduisent sur de multiples pistes dont vous n’arrivez pas à vous sortir.

    Les réflexions d’aujourd’hui de Dustin Tillman sur son passé et ce qui lui est arrivé quand ses parents et son oncle et sa tante ont été massacrés, quand son frère adoptif Rusty vient d’être reconnu non coupable de ces meurtres et libéré après de longues années de prison sont captivantes et les questions vont bon train. Avec en parallèle l’enquête d’un patient de Dustin, Aquil Ozorowski, policier déprimé, sur des morts de jeunes hommes noyés qu’il ne croit pas être des morts accidentelles et dans laquelle il embarque notre Dustin dans sa quête…Ces deux intrigues parallèles mais qui s’entrecroisent au fil des pages sont captivantes et j’ai énormément apprécié être embarquée avec nos deux “enquêteurs” dans leurs réflexions. Le rythme progressif et l’alternance des points de vue font qu’on ne s’ennuie pas (ou presque…) et les pages défilent pour nous faire arriver au fin mot de l’histoire.

    Sauf que la fin nous laisse un peu sur notre faim. On a des réponses à certaines de nos questions mais l’auteur nous laisse sur notre perplexité et toutes nos attentes ne sont pas comblées. Comme le dit Dustin à ses patients “Il y a toujours des résultats. C’est juste que nous devrions pas attendre ceux que nous escomptons. Nous devons être ouverts à l’éventualité que les choses ne tournent pas comme nous l’avons imaginé“. Et je dois dire que moi qui d’habitude déteste ce genre de fin, je me suis surprise à accepter cette fin à l’image de tout le roman, une fin perturbante.

    Finalement la seule chose qui m’a gênée dans ce roman c’est la forme. Encensé pour la manière très originale dont l’auteur a écrit ce roman, en laissant de gros espaces typographiques entre des phrases, en ne les finissant pas pour certaines et en insérant des pages où le récit se fait à plusieurs voix en colonnes, c’est le gros point noir qui m’a agacée. Alors autant les espaces et le manque des fins de phrase ça pouvait encore aller, mais les longues pages de récit en colonnes à multiples voix et notamment quand la dernière phrase de la dernière colonne ne se finit que dans la dernière colonne de la page suivante ça ne l’a pas fait. Cette gymnastique imposée pour suivre le récit m’a profondément agacée car cela m’a parfois fait perdre le fil de la narration. Je comprends que cela serve la volonté de l’auteur de nous mettre dans l’ambiance générale du roman mais pour moi cette mise en scène du texte n’était pas impérative et une écriture plus “classique” aurait certainement eu meilleur effet, sur moi en tous cas.

    Bref, c’est un roman que j’ai beaucoup aimé pour la plume de l’auteur et l’intrigue bien menée mais dont la forme a été trop dérangeante à mon goût.

    https://mllejavottebooks.wordpress.com/2018/11/29/une-douce-lueur-de-malveillance-dan-chaon/

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  • Excellent livre. L’histoire nous tient en haleine du début à la fin. Une écriture claire et fluide.
    Bonne lecture
    Sophie

    Excellent livre. L’histoire nous tient en haleine du début à la fin. Une écriture claire et fluide.
    Bonne lecture
    Sophie

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  • Comment réussir à chroniquer un tel roman ? C’est noir, glauque, ça part dans tous les sens ! Âmes sensibles s’abstenir !
    Dustin Tillman (13 ans) et ses cousines jumelles de 17 ans vont vivre un drame terrible : leurs parents vont être assassinés par Rusty, le frère adoptif de Dustin. Enfin,...
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    Comment réussir à chroniquer un tel roman ? C’est noir, glauque, ça part dans tous les sens ! Âmes sensibles s’abstenir !
    Dustin Tillman (13 ans) et ses cousines jumelles de 17 ans vont vivre un drame terrible : leurs parents vont être assassinés par Rusty, le frère adoptif de Dustin. Enfin, c’est ce que l’on croira pendant trente ans, jusqu’à ce qu’un test ADN prouve son innocence …
    À l’âge adulte, Dustin Tillman, psychologue et père de deux garçons se retrouvera à nouveau mêlé à une sombre histoire de jeunes hommes noyés …
    Aaron, le plus jeune fils de Dustin Tillman et son copain Rabbit sont de plus en plus paumés après la mort de leurs mères respectives et se droguent à tout va. Au contact téléphonique de son oncle Rusty, Aaron sera amené à découvrir à son tour les non dits de l’enfance dramatique de son père.
    Tout le monde semble coupable dans cette famille qui est loin d’être exemplaire ! Le style est vif, coupant, sans concession. On tente jusqu’au bout de comprendre la vérité cachée entre les lignes, mais allez savoir ! … On a presque l’impression que Charles Manson est présent …

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  • Rentrée littéraire 2018 ? Voici un livre excellent :

    Un auteur américain qui n’en est pas à son coup de d’essai : Dan Chaon publie son livre : « Une douce lueur de malveillance », « un livre noir proche du polar », à l’occasion de la rentrée littéraire 2018. Il va encore certainement faire...
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    Rentrée littéraire 2018 ? Voici un livre excellent :

    Un auteur américain qui n’en est pas à son coup de d’essai : Dan Chaon publie son livre : « Une douce lueur de malveillance », « un livre noir proche du polar », à l’occasion de la rentrée littéraire 2018. Il va encore certainement faire parler de lui et, renseignement important : il sera présent au prochain Festival America en septembre 2018. Avis aux amateurs !

    Le livre est composé de plusieurs chapitres avec une alternance de narrateurs et de dates : présent, passé, un peu de futur, on jongle et il faut bien garder l’esprit éveillé.

    Ici, le héros est Dustin Tillman qui exerce la profession de psychologue à Cleveland. Pendant son enfance, ses parents (son père, sa mère, son oncle et sa tante) ont été assassinés et les soupçons se sont immédiatement portés sur son demi-frère, Russell.
    Dustin mène une vie familiale normale avec sa femme et ses enfants jusqu’à l’annonce (par sa cousine Kate) de la libération de ce demi-frère, innocenté grâce à des tests ADN, mais qui a passé tout de même presque trente ans en prison.

    Ainsi commence à sourdre une grande inquiétude qui ronge Dustin nuit et jour. Mais il y a eu de nombreux autres meurtres jamais élucidés, auxquels il commence à s’intéresser : la disparition de plusieurs étudiants des environs que l’on a retrouvés noyés. C’est un de ses soit-disant patients, Aquil Ozorowski, un ancien policier, qui va se joindre à lui, après l’avoir testé, pour essayer de rassembler les pièces de ce puzzle.
    La police penche pour un serial killer mais Dustin et Aquil vont mener leurs propres recherches qui vont s’avérer dangereuses et mettre Dustin en porte-à-faux avec son métier.
    Les chapitres s’enchaînent avec de constants flashbacks et des narrateurs différents qui donnent, chacun, leurs points de vue, leurs sentiments.

    On assiste à une grande plongée dans les ténèbres d’un homme qui ressent ses propres contradictions, ses doutes quant à ses souvenirs. Le tout porté par l’écriture si particulière de Dan Chaon dont on dit qu’il « aura sur explorer le mystère de l’identité avec un réalisme aussi obsédant ».

    Donc, rien d’étonnant à ce que « Une douce lueur de malveillance » ait été considéré comme l’un des meilleurs romans de l’année » par de nombreux quotidiens.
    Un auteur à suivre.

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  • Un roman sociétal, un thriller, un roman noir, un roman sur la famille… « Une douce lueur de malveillance » de Dan Chaon est tout à la fois et plus encore.

    Dustin Tillman a une vie ordinaire. Il est marié à Jill et a deux fils : Dennis et Aaron. Il a la quarantaine, un cabinet dans la...
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    Un roman sociétal, un thriller, un roman noir, un roman sur la famille… « Une douce lueur de malveillance » de Dan Chaon est tout à la fois et plus encore.

    Dustin Tillman a une vie ordinaire. Il est marié à Jill et a deux fils : Dennis et Aaron. Il a la quarantaine, un cabinet dans la banlieue de Cleveland où il exerce la profession de psychologue. Il fait, ainsi, partie de la classe moyenne américaine.

    Mais qui est vraiment Dustin, derrière cette façade d’opérette ?
    Plusieurs drames vont changer en profondeur cet homme.

    Pendant sa pré-adolescence, à treize ans, son père et sa mère, son oncle et sa tante (Lucky et Vicki) sont sauvagement assassinés sur leur lieu de villégiature. Les enfants dormaient, eux, dans un camping-car. Le meurtrier serait Rusty Bickers.

    Rusty, quatorze ans, a été adopté par les parents de Dustin. Lui-même avait huit ans. Rusty a vécu beaucoup d’épreuves : il a perdu ses parents, placé dans plusieurs foyers (sans succès) et victime de mauvais traitements. Au début, il est vrai qu’il reporte sa haine sur son demi-frère.
    Rusty va être condamné à la perpétuité pour ces meurtres et passera trente ans en prison. Il est reconnu coupable sur la fois des dires de Dustin et Kate, sa cousine jumelle. Il est aussi jugé d’office par ses soit disant pratiques de rites sataniques. Beaucoup de préjugés planent dans cette condamnation.

    Depuis ce quadruple meurtre, Dustin l’avoue : il est confronté à ses fantômes. Depuis ce jour, il n’est plus sûr de la version qu’il a donnée aux enquêteurs.
    Car au jour d’aujourd’hui, Rusty est libéré. Grâce à des tests ADN, il est totalement innocenté.
    Dusty n’est pas rassuré par cette libération. Est-ce que Rusty ne va pas vouloir se venger ?

    Mais ce qui va provoquer la chute en enfer de Dusty, c’est le cancer de sa femme, Jill et sa mort brutale.
    Il va complètement perdre pied. Il va tomber sous l’influence d’un de ses patients, Aqil Ozorowski, policier en congés maladie. Celui-ci est obnubilé par des morts d’adolescents par noyade qu’il attribue à un serial killer et à des rites sataniques.

    « Une douce lueur de malveillance » est un roman foisonnant : des personnages et des époques qui se croisent. Dan Chaon a osé une construction atypique pour son livre. Il fait en sorte que les nombreux chapitres et les nombreux événements s’enchaînent avec une grande fluidité.
    Il prend le temps de creuser ses personnages, au bord du gouffre. Il les fait évoluer. Il prend le temps de la réflexion sans nuire à l’efficacité du récit, haletant. Il est la voix de ces personnes ordinaires, mais abimées par la vie.

    L’auteur aborde le sujet de la mémoire et de la transformation d’un jugement. Dans ce roman, des mensonges mais surtout des oubliés volontaires ou pas vont causer la condamnation à tort de Rusty.
    Dustin l’avoue lui-même : depuis tout petit, il est perturbé. Il a du mal à reconnaître la réalité de ce qui est rêvé. Le roman traite des failles de cette mémoire et donc de la mémoire sélective.
    Dan Chaon emprunte à la littérature noire l’idée que la réalité ne soit connue que par une seule personne. Or c’est faux. Cette réalité est partagée entre tous les protagonistes ne voyant pas une scène de la même manière.

    « Il (Dennis) pense à la façon qu’avait son père de s’arrêter au milieu d’une phrase, d’hésiter au milieu d’un mot, comme si une personne invisible l’interrompait.
    Tous les souvenirs qu’il se remémore lui semblent désormais ternis et laids. Tout à coup le passé se dérobe, se trouve défiguré, et les souvenirs se sont transformés en un truc qu’il ne reconnaît pas, un truc malveillant. » (page 523).

    A travers l’histoire de cette famille bancale, Dan Chaon nous parle d’une Amérique ne se regardant plus en face, gobant tout sur le plan politique - faits divers - problèmes sociaux - emplois - addictions à des drogues de plus en plus dures. Elle croit encore aux légendes urbaines très en vogue dans les années 70 avec les tueurs en série. La religion se mêle au satanisme…
    Depuis une quarantaine d’année, les Etats-Unis sont malades de la violence. Ce pays est devenu paranoïaque et schizophrène. Les personnages du livre sont le reflet de tout cela.

    J’ai pris un réel plaisir à lire « Une douce lueur de malveillance ». J’ai cru, au début de ma lecture, que ce livre serait un vrai labyrinthe. Oh que non ! La prouesse de Dan Chaon est de nous accompagner dans ce dédale sans aucune volonté de nous perdre. Et ceci est rendu possible par une écriture et une construction du roman intelligentes et totalement maîtrisées.

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  • Ce livre a été un réel coup de coeur. L’écriture est sublime. Elle m’a charmée, enchantée. J’ai été fascinée et troublée par la psychologie des personnages, leur histoire, l’histoire même et sa construction finement menée.
    Je ne connaissais pas cet auteur.
    Dustin psychologue, apprend le même...
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    Ce livre a été un réel coup de coeur. L’écriture est sublime. Elle m’a charmée, enchantée. J’ai été fascinée et troublée par la psychologie des personnages, leur histoire, l’histoire même et sa construction finement menée.
    Je ne connaissais pas cet auteur.
    Dustin psychologue, apprend le même jour le cancer de sa femme et la libération de son frère adoptif Russel condamné pour le meurtre de ses parents. Des tests ADN l’ont innocentés après une trentaine d’années passées en prison.
    Nous rencontrons Dustin lorsque tout va bien psychologue, marié avec deux enfants, une vie simple.
    Puis un an et demi plus tard, c’est son fils cadet qui prend la parole, désormais accro à l'héroïne. On apprend la mort de sa femme et son obsession pour un serial Killer alimentée par un de ses patients, ancien policier, Aqil Ozorowski.
    Qu’est ce qui a poussé Dustin à suivre son patient dans son obsession ? Il avoue s’être ennuyé dans son métier, la monotonie des traitements. Aqil Ozorowski, le sort de cette routine et l’embarque dans son obsession qui lui offre du réconfort. On embarque dans enquête sur le serial Killer qui prend également une place de plus en plus importante.
    Ce qui m’a fasciné c’est la manière dont l’auteur nous présente des personnages puis remet en cause ce qu’on pensait connaître d’eux.
    J’ai apprécié ce flou créé entre imaginaire et réalité pour les personnages comme pour le lecteur. L’auteur sème le trouble au cours de notre lecture, ce que nous pensons connaître des personnages, ce qu’ils pensent avoir vécu, ce qu’ils ont vécu. Les différents points de vue permettent de semer le doute sur chaque personnage.
    Si vous aimez les coups de massue que sont les dénouements, que l’auteur vous attende au détour d’une page pour vous asséner un bon coup “ ben oui j’ai été bon jusque là, il fallait bien que je me maintienne”.
    C’est noir on s’enfonce petit à petit dans l’histoire pour être en immersion.
    Je n’ai pas dévoré ce livre, j’ai pris de temps d’en apprécier le style. J’avais été attiré par le côté noir de ce roman, d’un personnage principal qui s’enfonce mais je n’avais pas prévu de m’enfoncer aussi dans une si belle écriture. Cela faisait longtemps que je n’avais pas tant apprécié une histoire, un style, une construction de roman et j’ai eu du mal à m’en remettre car il faut trouver des lectures à la hauteur par la suite pour éviter les pannes et l’impression de fadeur qui suit une lecture si intense.

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