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Une datcha dans le golfe

Couverture du livre « Une datcha dans le golfe » de Emilio Sanchez Mediavilla aux éditions Metailie
  • Date de parution :
  • Editeur : Metailie
  • EAN : 9791022612043
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Lire ce livre s'apparente à boire un verre dans un bar avec un inconnu, un inconnu intéressant. Ce premier récit est l'histoire d'un journaliste qui a vécu à Bahreïn mais qui n'était pas sensé y aller. Il nous raconte son voyage, d'abord avec l'étonnement d'un premier regard, puis avec la... Voir plus

Lire ce livre s'apparente à boire un verre dans un bar avec un inconnu, un inconnu intéressant. Ce premier récit est l'histoire d'un journaliste qui a vécu à Bahreïn mais qui n'était pas sensé y aller. Il nous raconte son voyage, d'abord avec l'étonnement d'un premier regard, puis avec la profondeur d'un excellent chroniqueur : des détails les plus simples (et pourtant invraisemblables), comme chercher une maison à louer, jusqu'aux détails plus précis de l'implantation chiite dans les pays du Golfe.
La voix de l'auteur, sérieuse et profonde quand il faut, mais aussi candide, drôle et subjective, se balade entre la finesse du regard et humour, loin de l'attitude du vaillant reporter de guerre qui a tout vu et tout vécu. C'est pourquoi on a envie de le suivre, parce qu'on se sent proche de lui, et on l'écoute nous décrire les subtilités géopolitiques du Moyen-Orient mais aussi la visite rocambolesque de Michael Jackson à Bahreïn, les manifestations et répressions de 2011 et les menus des restos des expatriés, la construction des îles artificielles faramineuses et le sort de la moitié de la population, composée d'esclaves modernes.
En prenant ce qu'il y a de mieux dans le récit de voyage et dans le reportage, ce récit nous émerveille en nous montrant l'une des meilleures qualités d'un livre de non-fiction : il rend passionnant un sujet auquel nous ne nous serions jamais intéressés si on n'avait pas rencontré ce type sympa et intéressant au bar.

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Avis (3)

  • Au dernier classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières, Bahreïn pointe au rang 167 sur 180.
    L’auteur, qui y a vécu pendant deux ans aux alentours de 2014-2016, s’est bien gardé de brandir sa carte de presse en débarquant dans ce tout petit royaume (de la taille de l’île...
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    Au dernier classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières, Bahreïn pointe au rang 167 sur 180.
    L’auteur, qui y a vécu pendant deux ans aux alentours de 2014-2016, s’est bien gardé de brandir sa carte de presse en débarquant dans ce tout petit royaume (de la taille de l’île de Minorque) du Golfe Persique. Il y rejoignait sa compagne, affectée à Bahreïn pour raisons professionnelles.
    Pendant qu’elle travaillait, notre homme visitait le pays, discutait avec ses habitants et les expatriés et en tirait suffisamment de matière pour écrire ce livre, qui se situe quelque part entre chronique de voyage et reportage.
    On y découvre, en même temps que lui qui en ignorait à peu près tout, que Bahreïn est un pays dont 85% de la population est chiite, mais qui est gouverné par une monarchie (tendance absolutiste) sunnite, situé à une encablure de l’Arabie Saoudite et en face de l’Iran de l’autre côté du Golfe. C’est aussi une terre riche en ressources pétrolifères, et le premier pays musulman à avoir dépénalisé l’homosexualité. Les expatriés occidentaux s’y sentent comme des coqs en pâte, les travailleurs immigrés du sud-est asiatique beaucoup moins, esclaves modernes exploités par des employeurs abusifs qui confisquent leur passeport la plupart du temps.
    Malgré sa relative tolérance religieuse (la plus avancée du Golfe), Bahreïn est loin d’être le paradis de la liberté d’expression ou de la démocratie. En témoignent certains courants rigoristes wahhabites et chiites, la répression féroce du Printemps arabe local par les autorités (avec l’appui du « bienveillant » du voisin saoudien), les discriminations institutionnalisées dont les chiites sont victimes, la corruption endémique.

    D’anecdotes personnelles en informations sur la géopolitique et l’histoire du pays et de la région, sur l’impact de la construction des îles artificielles, sur le sectarisme religieux et les tensions sociales ou sur les efforts de communication (de propagande) du régime pour redorer son blason après 2011 en attirant les célébrités occidentales, l’auteur nous livre avec humour et humanisme, intelligence et lucidité, un portrait très instructif et agréable à lire de Bahreïn, ce petit pays… contrasté (euphémisme).

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  • « Bahreïn est une île et vous n’avez pas d’échappatoire ». Jolie formule pour cet état !

    Le narrateur et auteur, journaliste, suit sa compagne mutée à Bahreïn, ancienne colonie britannique, où il y a vécu deux ans. Surtout, ne dites pas qu’il est journaliste, non pas que sa mère pense qu’il...
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    « Bahreïn est une île et vous n’avez pas d’échappatoire ». Jolie formule pour cet état !

    Le narrateur et auteur, journaliste, suit sa compagne mutée à Bahreïn, ancienne colonie britannique, où il y a vécu deux ans. Surtout, ne dites pas qu’il est journaliste, non pas que sa mère pense qu’il est…. Mais parce que l’Émirat n’aime pas du tout que des journalistes étrangers viennent fouiller dans le sable de leur désert. Bahreïn, le pays qui occupe la place 167 (sur un total de 180 nations) dans le classement sur la liberté de la presse établi par Reporters sans Frontières » Alors, il couvre d’écriture plusieurs petits carnets.

    Je me mets dans les pas du narrateur et le suit partout dans ses pérégrinations et rencontres. Emilio Sanchez Mediavilla a l’art de parler de choses dures avec un ton de conversation légère et ironique.

    Sunnites et chiites se font la guerre et, là, il vaut mieux être sunnite comme le prince et son parti. Les chiites sont nettement plus nombreux sur l’île grande comme Majorque et reliée par un pont à l’Arabie Saoudite, pourtant ils sont vus par le pouvoir comme des habitants de seconde zone. Tiens, justement, ce pont, vous ne pouvez le franchir que si vous êtes bahreïni ou saoudien, l’auteur en fait les frais lors d’une tentative.

    Sur l’île, comme dans d’autres pays, les trois tabous majeurs sont le sexe, la politique et la religion et donc sujets de beaucoup de conversations.

    Mais, il faut bien s’installer, un peu marre d’être à l’hôtel. La recherche de la maison est assez épique. Eux, ils veulent vivre dans le secteur nord, pas au milieu d’expatriés. « Nous voulions du vert de la pelouse et des arbres, en résumé un endroit qui ne ressemblait pas à Bahreïn terrain vague-poussière-béton .» Mohamed, leur agent immobilier n’a cesse de leur proposer des villas « européennes » gigantesques. Enfin, ils dénichent ce qui devient leur home sweet home « Nous avions une datcha dans le Golfe »

    L’auteur semble mener une vie oisive, il vaut mieux par rapport aux autorités locales ! mais tous sens en alerte, il regarde, scrute l’air de rien, discute avec ses copains bahreïnis, saoudiens, indiens, expat, arabes… de l‘occupation de la Perle, en 2011, souvent évoquée, de la main d’œuvre asiatique ou pour parler vrai, des esclaves asiatiques dont on supprime les passeports. Par contre, les expatriés occidentaux sont reçus quasi royalement.

    L’écriture est cinématographique et les chapitres comme des histoires courtes. L’auteur sait conter la vie sur l’île, y mettre le ton grinçant ou ironique avec une touche de légèreté. J’ai aimé le ton de conversation qu’il prend sans pour cela rendre les évènements et la situations moins anodins.

    Un livre à hauteur d’hommes et de femmes qui fourmillent d’anecdotes, d’informations sur Bahreïn : géopolitique, géographie, écologie avec la construction de ces îles artificielles, l’abattage des arbres (comme prévu près de leur maison) pour construire une autoroute.

    Barhrein, un émirat qui sait « s’ouvrir » à la modernité et, surtout, en le faisant savoir, on appelle cela de la propagande ; autorisation pour les femmes de conduire une voiture seule, reconnaissance de l’homosexualité, accueil d’un grand prix automobile, les visites de stars américaines… tout cette vitrine pour cacher le fait que c’est un état totalitaire et qu’il vaut mieux être du bon côté du manche.

    Un livre très instructif, rempli d’anecdotes, un portrait acidulé de ce royaume chroniques d’un état où la liberté n’existe pas pour tous.
    https://zazymut.over-blog.com/2022/07/emilio-sanchez-mediavilla-une-datcha-dans-le-golfe.html

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  • Emilio Sánchez Mediavilla livre, entre reportage et récit de voyage, un témoignage aussi piquant qu'instructif sur Bahreïn et la région du Golfe.

    Si vous aimez les récits de voyage qui savent faire preuve d'une bonne dose d'humour, « Une datcha dans le Golfe » devrait vous...
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    Emilio Sánchez Mediavilla livre, entre reportage et récit de voyage, un témoignage aussi piquant qu'instructif sur Bahreïn et la région du Golfe.

    Si vous aimez les récits de voyage qui savent faire preuve d'une bonne dose d'humour, « Une datcha dans le Golfe » devrait vous plaire.

    L’écrivain espagnol Emilio Sánchez Mediavilla (né à Santander) est journaliste et cofondateur de la maison d'édition Libros del KO, il a travaillé à l'Agencia EFE, à La Opinion de A Coruña et au Condé Nast Traveler. Il a parfois collaboré avec des médias comme El País, Vanity Fair ou Altaïr. En 2019, il a remporté le 1er Sergio González Rodríguez Chronicle Anagram Award pour « Una datcha en el Golfo. »

    Ce livre oscille entre carnet de voyage - étude de mœurs et il analyse, avec beaucoup de finesse (et de subtilité), les contradictions des pays du Golfe.

    Lorsqu’il arrive à Bahreïn, grâce à sa compagne après la révolution de 2011 - partagé entre une vie d’expatrié et une sérieuse envie d’en connaître plus sur la population et ses habitudes - Emilio Sanchez Mediavilla évoque dans son livre toutes les incohérences de cette île du Golfe Persique, obnubilée par un désir de reconnaissance mais dont un examen minutieux des us et coutumes montrent les profondes inégalités.

    L’analyse de la situation sur un temps long est d’ailleurs la principale qualité de cette œuvre, l’auteur déjouant les clichés et évitant les raccourcis afin de nous présenter la vie dans cette monarchie dans ses différents aspects.

    Au-delà de l’apparente normalité vantée par les autorités et conseillers en image payés par celui-ci, on s’aperçoit que vivre à Bahreïn n’est pas une sinécure pour de nombreuses catégories de population.

    Si l’expatrié européen ferme les yeux ou reste enfermé dans sa bulle, comme la minorité au pouvoir, il faut être conscient que les citoyens de confession chiite (la majorité de la population), travailleurs migrants africains ou asiatiques – journalistes - défenseur des droits de l’homme sont régulièrement exposés à des brimades - du travail forcé - du racisme structurel - de la torture – et même un séjour en prison…

    « Une datcha dans le Golfe » est un livre passionnant qui nous aide à nous faire une image plus précise de ce micro-état, partagé entre désir de modernité et mentalité profondément inégalitaire.

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