Une bonne éducation

Couverture du livre « Une bonne éducation » de Sylvia Tabet aux éditions Editions Dialogues
Résumé:

"Dans notre famille, il s'agissait de faire bonne figure. Alors peu importait notre tristesse ou notre fragilité. Nous ne parlions pas : on nous demandait, on nous suppliait du bout des lèvres, sans que cela se voie véritablement, de nous taire et de faire bonne figure."

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Le courrier des auteurs

Sylvia Tabet répond à nos questions ! (22/06/2013)

1) Qui êtes-vous ? ! Je suis quelqu'un qui voit souvent la vie comme un livre, en toute circonstance je suis susceptible de m'abstraire d'un contexte malgré moi et me surprendre à imaginer quelque chose qui ferait le début d'un livre. J'estime que toute situation donnée par la vie est un ferment littéraire. 2) Quel est le thème central de ce livre ? Ce roman d'apprentissage tourne autour de la notion d'évocation. A travers une histoire familiale, la narratrice apprend à se construire et prend peu à peu conscience du monde qui l'entoure. La vie n'est pas aussi douce qu'elle aurait pu l'espérer. 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? «Après, il ne resterait plus rien. Plus rien de l'enfance, de ce temps maintenant oublié mais qui avait pourtant existé. De ce temps perdu qui avait fini par se muer en fiction, tant la vie présente n'avait plus rien à voir avec le commencement» 4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ? Du piano. Une variation Goldberg de Jean-Sébastien Bach ; un Impromptu de Schubert ; un Nocturne de Chopin. Je trouve que le piano dénude tout. 5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? Le partage, précisément. Si chaque histoire est unique, l'enfance, l'adolescence et l'âge adulte ouvrent à une perception du monde souvent universelle. Ce qui m'intéresse, c'est de partager, ou de reconnaître à travers l'autre ce que j'ai pu ressentir ou écrire. 6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ? J'écris dans le silence et jamais en musique, dans une pièce où je me tiens seule. Le son m'éloigne de la concentration et de l'exigence de rigueur. 7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ? Par la lecture, sans doute. Par mon journal, lorsqu'il m'est arrivé d'en tenir. Puis par le besoin de dire le monde selon ma propre perception. Concrètement, la rédaction de mes travaux universitaires a été le révélateur de mon désir d'écrire. La démarche qui consistait à penser et à choisir les mots pour bâtir un ensemble cohérent mais aussi personnel. 8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ? Mon premier livre de lecture au cours préparatoire, Perlotin le petit lutin. Après, je ne sais pas, il y en eut tant. 9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? ! A garantir un espace de liberté dans la société où tout tend à être, par nature, codifié, cadré. Les écrivains nous poussent à ne rien prendre pour acquis et à ouvrir les fenêtres. Les écrivains nous donnent du bonheur. 10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ? Je pourrais dire que les librairies sont mes églises à moi. Quand on y entre, tout de suite chacun fait silence et s'interroge sur ses propres choix.

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    L’auteur bâtit son roman au fur et à mesure de l’émergence de ses souvenirs, ce qui ne facilite pas...
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    « Nous cherchons des lieux de paix et des liens de bienveillance. Ils sont toujours ailleurs. Chez les autres. » Dans ces trois phrases est résumée toute la teneur de cette « bonne éducation ».
    L’auteur bâtit son roman au fur et à mesure de l’émergence de ses souvenirs, ce qui ne facilite pas toujours la lecture car la chronologie n’est pas respectée. On se perd trop souvent entre passé et présent, entre malaise physique et malaise psychique. La violence maternelle [« …notre mère commence à percevoir ses propres traits dans un miroir grossissant. Ceux de l’horreur. De la folie. »] est la clé de voûte de cette histoire familiale. Sylvia Tabet écrit au fil de ses sentiments, de ses souvenirs et c’est à une véritable introspection que nous participons. C’est à ce niveau que je formulerai une réserve ; une trop grande place est faite à l’exposé des problèmes personnels, au détriment d’une construction cohérente ; c’est dommage, même si on se sent en empathie avec cette jeune femme souffrante. Car il y a bien matière à un beau roman : une enfance dans une famille discrète et de « bonne éducation », aux racines juives, des grands-parents attentifs et affectueux, une mère « fragile » qui brutalise ses enfants, des parents qui finissent par se séparer, une quasi impossibilité à trouver sa place dans cet écheveau emmêlé, avec en filigrane ce sentiment de rejet, cette quête incessante d’un amour maternel inaccessible.
    J’ai vraiment adhéré à ces situations complexes dans lesquelles évoluent des personnages attachants ; cependant, la dernière partie du roman m’a semblé longue.

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  • Critique d'une exploratrice de la rentrée littéraire.
    Voici l'histoire de trois enfants : Anne, Alice et Romain.
    Elevés dans une famille bourgeoise sans aucun problème apparent, tout devrait y être pour le mieux, malgré les quelques secrets de famille qui les entourent.
    Anne, la cadette, va...
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    Critique d'une exploratrice de la rentrée littéraire.
    Voici l'histoire de trois enfants : Anne, Alice et Romain.
    Elevés dans une famille bourgeoise sans aucun problème apparent, tout devrait y être pour le mieux, malgré les quelques secrets de famille qui les entourent.
    Anne, la cadette, va pourtant nous faire découvrir, à mots feutrés, qu'une "bonne éducation" peut également cacher des eaux bien plus noires. Heureusement, grands-parents et arrières-grands-parents sont gages de chaleur, d'amour et de repos de l'âme pour ces enfants, mais le jour où ils disparaissent, les dernières protections s'envolent aussi.

    Pourtant, j'y ai cru à ce début de roman, tellement je me retrouvais dans certaines situations décrites (à une époque où j'étais moi-même enfant). Mais ensuite, malgré une prose des plus agréable, chose qu'on ne peut en aucune façon retirer à son auteur, j'ai trouvé que l'histoire tournait un peu en rond. J'aurais aimé avoir des réponses plus concrètes, apprendre plus de l'histoire des parents et pourquoi la mère des enfants était ce qu'elle était, pourquoi le père et les grands-parents ne réagissaient pas... Mais rien, donc déception au final. Dommage !

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  • C’est le récit de la vie de trois enfants dans une famille juive bourgeoise.
    Il y a les jeudis et les fins de semaine chez les grands-parents plutôt affectueux, dans un immeuble du Champ de Mars, mais le reste du temps il y a cette mère, cette mère qui frappe. Et puis les conversations des...
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    C’est le récit de la vie de trois enfants dans une famille juive bourgeoise.
    Il y a les jeudis et les fins de semaine chez les grands-parents plutôt affectueux, dans un immeuble du Champ de Mars, mais le reste du temps il y a cette mère, cette mère qui frappe. Et puis les conversations des adultes qui cessent à l’entrée des enfants.
    On se mélange un peu dans les noms des membres de la famille dont la présentation m’a semblée trop linéaire, et l’histoire se présente comme une description, « à plat », comme une énumération de faits plus qu’un roman.
    La narratrice semble accablée sous le poids de la famille : la guerre faite par les grands-pères, l’oncle mort si jeune, le tabou de la religion.
    Et surtout par la violence de la mère, dont personne ne parle et qui engendre un climat d’insécurité permanent.
    Mais de même que les adultes se taisaient à l’entrée des enfants, il semble que l’auteur n’ait pas trouvé de mots à propos de cette violence. Elle est là, présente tout au long du livre sans que jamais elle n’en parle vraiment.
    Au fil des pages il semble qu’il s’agisse plus d’une autobiographie que d’un roman. Et du coup, les attentes ne sont plus les mêmes et la lecture y trouve un intérêt plus grand, pardonnant les maladresses ressenties au début du livre. C’est le témoignage d’une enfance marquée par la violence et l’insécurité et certains passages sont riches et denses
    Mais malgré tout, il manque une continuité. Les souvenirs sont relatés sans aucune chronologie, ce qui donne une sensation de décousu. Et surtout, il y a comme une retenue qui empêche d’aller au fond des choses, de creuser dans ces souvenirs pour aller au-delà. Comme si on nous montrait des photos d’une famille, sans rien nous expliquer.

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