Un paquebot dans les arbres

Couverture du livre « Un paquebot dans les arbres » de Valentine Goby aux éditions Actes Sud
  • Date de parution :
  • Editeur : Actes Sud
  • EAN : 9782330066482
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

À la fin des années 1950, Mathilde, adolescente, voit partir son père puis sa mère pour le sanatorium d'Aincourt. Commerçants, ils tenaient le café de La Roche-Guyon. Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant laisse alors ses deux plus jeunes enfants dans la misère. Car... Voir plus

À la fin des années 1950, Mathilde, adolescente, voit partir son père puis sa mère pour le sanatorium d'Aincourt. Commerçants, ils tenaient le café de La Roche-Guyon. Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant laisse alors ses deux plus jeunes enfants dans la misère. Car à l'aube des années 1960, la Sécurité sociale ne protège que les salariés et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui, par insouciance, méconnaissance ou dénuement ne sont pas soignés à temps. Petite mère courage, Mathilde va se battre pour sortir ceux qu'elle aime du sanatorium, ce grand paquebot blanc niché dans les arbres, où se reposent et s'aiment ceux que l'enfance ne peut tolérer autrement qu'invincibles.

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Avis (29)

  • Qu’on ne s’y trompe pas, si ce très beau titre prête à rêver de croisière et de liberté au fil de l’eau, c’est dans des eaux bien amères et face à de terribles courants contraires que tente de surnager Mathilde.
    Contre vents et marrées, forte de ses souvenirs, de l’amour viscérale qu’elle porte...
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    Qu’on ne s’y trompe pas, si ce très beau titre prête à rêver de croisière et de liberté au fil de l’eau, c’est dans des eaux bien amères et face à de terribles courants contraires que tente de surnager Mathilde.
    Contre vents et marrées, forte de ses souvenirs, de l’amour viscérale qu’elle porte aux siens et de son admiration sans borne pour son père, cette toute jeune fille tentera tout pour maintenir à flot sa famille qui part à vau l’eau, malmenée par les écueils d’une réalité qu’elle n’a su ni appréhender, ni anticiper, bercée par trop de bonheur et des airs d’harmonica.
    Par son style âpre et poétique, Valentine Goby nous entraîne sans mal dans le sillage de ce paquebot voué au naufrage. Pourtant, comme dans Titanic, on tente de croire jusqu’au bout que rien n’est inéluctable et qu’il y aura des survivants…une survivante ?

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  • Ce paquebot est en fait un sanatorium ou l on soignait les tuberculeux dans les annees 50. Tout le livre tourne autour de cette maladie dont souffre le père de la narratrice Mathilde. C'est un long cri que pousse Mathilde qui souffre aussi du regard de la société sur ces malades. Une douleur que...
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    Ce paquebot est en fait un sanatorium ou l on soignait les tuberculeux dans les annees 50. Tout le livre tourne autour de cette maladie dont souffre le père de la narratrice Mathilde. C'est un long cri que pousse Mathilde qui souffre aussi du regard de la société sur ces malades. Une douleur que lui inflige inconsciemment sa famille. l'écriture est brutale incisive à l'image de cette histoire percutante.

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  • Tombée par hasard sur ce livre, à la médiathèque, je l'ai ouvert avec beaucoup d'hésitation, puis je ne l'ai plus laché. C'est pour ces moments là, que je lis. Il raconte l'histoire d'un lieu qui a existé, que je ne connaissais par ; il raconte l'histoire d'une famille confrontée à la maladie,...
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    Tombée par hasard sur ce livre, à la médiathèque, je l'ai ouvert avec beaucoup d'hésitation, puis je ne l'ai plus laché. C'est pour ces moments là, que je lis. Il raconte l'histoire d'un lieu qui a existé, que je ne connaissais par ; il raconte l'histoire d'une famille confrontée à la maladie, à la déchéance, à l'amour. Brutal.

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  • Qu’on ne s’y trompe pas, si ce très beau titre prête à rêver de croisière et de liberté au fil de l’eau, c’est dans des eaux bien amères et face à de terribles courants contraires que tente de surnager Mathilde.
    Contre vents et marrées, forte de ses souvenirs, de l’amour viscérale qu’elle porte...
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    Qu’on ne s’y trompe pas, si ce très beau titre prête à rêver de croisière et de liberté au fil de l’eau, c’est dans des eaux bien amères et face à de terribles courants contraires que tente de surnager Mathilde.
    Contre vents et marrées, forte de ses souvenirs, de l’amour viscérale qu’elle porte aux siens et de son admiration sans borne pour son père, cette toute jeune fille tentera tout pour maintenir à flot sa famille qui part à veau l’eau, malmenée par les écueils d’une réalité qu’elle n’a su ni appréhender, ni anticiper, bercée par trop de bonheur et des airs d’harmonica.
    Par son style âpre et poétique, Valentine Goby nous entraîne sans mal dans le sillage de ce paquebot voué au naufrage. Pourtant, comme dans Titanic, on tente de croire jusqu’au bout que rien n’est inéluctable et qu’il y aura des survivants…une survivante ?

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  • J'ai abandonné à la page 29
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    J'ai abandonné à la page 29

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  • Nous sommes dans les années 50, dans un village rural pas très loin de Paris. La famille Blanc tient "Le Balto"(le bistrot de la bourgade). Le père, Paulo, a fait de son café un lieu très vivant. Sa femme le seconde ainsi que leur fille aînée. La cadette, Mathilde, voudrait bien passer plus de...
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    Nous sommes dans les années 50, dans un village rural pas très loin de Paris. La famille Blanc tient "Le Balto"(le bistrot de la bourgade). Le père, Paulo, a fait de son café un lieu très vivant. Sa femme le seconde ainsi que leur fille aînée. La cadette, Mathilde, voudrait bien passer plus de temps au café mais elle est encore trop jeune. Véritable garçon manqué, elle fait les quatre cent coups pour épater son père qui rêvait d'un garçon. Le garçon finira par arriver, bien après ses deux sœurs. La famille avait tout pour être heureuse quand le malheur la frappe. Paulo attrape la tuberculose, suivi de sa femme Odile.
    La famille se trouve face à de grandes difficultés. le statut de commerçant ne leur permet pas de bénéficier de la sécurité sociale et dans le village ils sont considérés comme des parias. Paulo, plus touché que sa femme va devoir rejoindre le sanatorium le plus proche, celui d'Aincourt. Odile le suivra quelques mois plus tard, ce qui se traduira par un éclatement de la famille. Mathilde va prendre les choses en main malgré son jeune âge. C'est sur elle que va désormais reposer la cohésion de la famille.
    C'est un très beau personnage, cette jeune Mathilde. D'une énergie et d'une abnégation qui forcent l'admiration. Nous suivons les hauts et les bas de la famille et le combat quotidien de Mathilde pour sauver ce qui peut l'être. Je n'imaginais pas que dans les années cinquante certaines personnes pouvaient se trouver dépourvues de sécurité sociale. C'était le cas des commerçants s'ils ne cotisaient pas de leur côté. Les Blancs, peu prévoyants ne s'en étaient pas soucié. Plusieurs fois au cours de l'histoire, je les ai d'ailleurs trouvé défaillants, ces parents. Bien que très aimants, ils sont parfois à la limite de la désinvolture. La maladie n'excuse pas tout.
    Roman après roman, Valentine Goby se renouvelle et s'empare de thèmes plus passionnants les uns que les autres. Comme précédemment avec " Kinderzimmer", "Un paquebot dans les arbres" est né de la rencontre avec une femme qui a vécu une expérience très proche de celle de Mathilde. En dehors de l'histoire et des personnages, j'ai trouvé le côté "médico-historique" et bien documenté : la tuberculose, la vie dans les sanatoriums...
    Un beau roman, que je vous recommande.

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  • Mathilde Blanc se rend en pèlerinage sur le site du sanatorium d’Aincourt (Val d’Oise) dont « il ne reste rien ». Son père y est mort le 1er juillet 1962, cinquante ans auparavant. L’établissement comptait cinq cents lits pour hommes, femmes, enfants, répartis en trois pavillons, l’un des plus...
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    Mathilde Blanc se rend en pèlerinage sur le site du sanatorium d’Aincourt (Val d’Oise) dont « il ne reste rien ». Son père y est mort le 1er juillet 1962, cinquante ans auparavant. L’établissement comptait cinq cents lits pour hommes, femmes, enfants, répartis en trois pavillons, l’un des plus grands sanatoriums de France. Maintenant, on y tourne des films d’horreur mais les lieux abandonnés servent aussi de cadre à des parties de paint-ball et il ne faut pas oublier que, sous Vichy, dès 1940, ce fut un camp d’internement avant la déportation et la mort.

    Mathilde se souvient et nous raconte l’histoire étonnante et bouleversante de la famille Blanc. Cela commence au Balto, l’épicerie-bar-tabac-journaux du village, à La Roche-Guyon. Paul Blanc, son père, se déchaîne avec son harmonica Hohner pour faire danser tout le village. Son bonheur est à son comble avec « ses trois femmes » : Odile, l’épouse, qui porte Jacques, le petit dernier, Annie, la fille aînée (16 ans) qui adore danser la valse avec lui, et Mathilde (9 ans) qui est un casse-cou, un trompe-la-mort et qu’il appelle toujours « mon p’tit gars ».
    La vie de la famille Blanc bascule après un accident de voiture qui laisse de terribles douleurs costales à Paul, souvent appelé Paulot. Mathilde apprend de nouveaux mots : pleurésie, bacille, un mot interdit aux enfants, puis le mot capital : sanatorium. Ces mots nouveaux apportent le malheur et elle les redoute encore plus lorsque « tuberculose » est prononcé.
    « L’hôpital des poumons » accueille Paul pour deux mois mais ce n’est que le début d’un engrenage infernal. À l’école, Mathilde n’a plus que Jeanne, la simplette du village, qui accepte de s’asseoir à ses côtés. On la traite de « fille de tubard. » Pourtant, elle se bat jusqu’au bout alors qu’elle aurait pu baisser les bras depuis bien longtemps.
    Sur son chemin, outre la solidarité familiale pas toujours unanime, elle rencontre une directrice de lycée et des professeurs qui lui permettent de ne pas s’oublier totalement alors qu’elle se bat pour réunir encore et toujours cette cellule familiale synonyme de bonheur.
    Sans se décourager, elle va régulièrement à Aincourt où les bâtiments blancs, dans le parc du sanatorium, font penser à un paquebot dans les arbres mais le début de ces années 1960 est marqué par la guerre d’Algérie, ses conséquences dans la vie locale avec le retour d’Antoine, frère de Jeanne, le racisme, les drames qui endeuillent l’actualité, les manifestations, la censure et les victimes innocentes de l’ OAS (« Sa folie est sans limites ») et du FLN.

    Tout au long de ce livre, Valentine Goby emporte son lecteur avec un style léger, précis, dense, imagé, très agréable à lire. Ce livre n’aurait pas dû être oublié au moment de la distribution des prix, à l’automne 2016. "Un paquebot dans les arbres" aborde d’une manière profondément humaine les drames causés par la tuberculose, un peu comme "Némésis", de Philippe Roth, à propos de la poliomyélite.
    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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  • Au début des années 1950, Mathilde Blanc est encore une petite fille quand son père part vivre quelques mois dans un sanatorium. Un début de tuberculose lui a été diagnostiqué. Quand il est de retour parmi les siens, plus rien ne va : il est faible, les affaires chutent, un cercle vicieux se met...
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    Au début des années 1950, Mathilde Blanc est encore une petite fille quand son père part vivre quelques mois dans un sanatorium. Un début de tuberculose lui a été diagnostiqué. Quand il est de retour parmi les siens, plus rien ne va : il est faible, les affaires chutent, un cercle vicieux se met en place. Etre tuberculeux, c’est être pointé du doigt, s’isoler progressivement. Le café que tiennent Paulot et Odile perd des clients et ils ont du mal à faire face. Paulot est épuisé en permanence et le couple a de plus en plus de mal à se débarrasser de ses dettes. Ils multiplient pourtant les tentatives en ouvrant de nouveaux commerce, en partant vivre dans une ville voisine où ils ne sont pas connus.

    « Ainsi est le drame dont je parle : anachronique et oublié. »

    Mais sans aucun argent et sans couverture sociale, ils ne peuvent pas se soigner et sombrent dans la maladie, jusqu’au jour où une oeuvre de charité prend en charge le placement de Paulot et d’Odile dans un sanatorium. Annie, leur aînée, arrive à se sortir de cette situation en se mariant. En revanche, Mathilde et Jacques sont séparés et placés dans une famille d’accueil. Non seulement Mathilde est maltraitée par la femme qui l’a accueillie, mais elle vit particulièrement mal ce déchirement. Elle ne supporte pas d’être si loin de ses parents et de son petit frère et entreprend tout pour réunir de nouveau sa famille. Pour cela, elle fait preuve d’une abnégation et d’un amour immenses.

    Voici un roman d’une richesse incroyable. Un paquebot dans les arbres mélange plusieurs genres avec réussite :

    – de la poésie : on y lit un langage parfaitement poétique (« pleu-ré-sie, le poumon pleure ») et on y découvre surtout de magnifiques personnages (Paulot est un homme profondément joyeux, il est « dilaté par la musique et l’amour »)

    – de la tragédie : tout du long du roman, le ton est régulièrement tragique (« Dans cette histoire, Annie est un personnage égoïste, heureux et intermittent », « je voudrais dire son histoire déchirante, singulière, aux confins de la maladie et du plus grand amour »)

    Mais le fond de ce roman est l’amour au sein d’une famille. Mathilde voue un culte et a un profond amour pour son père, qui n’a pourtant aucune considération et aucun geste affectueux pour elle. Lui qui aurait aimé avoir un petit garçon après avoir eu Annie, la considère comme son fils et ne lui témoigne pas les gestes d’amour qu’il a pour son aînée. Mathilde redouble donc de stratagèmes pour attirer son attention ; elle est prête à tous les dangers pour que son père la remarque. Dans son esprit, les claques sont synonymes de caresses.

    La quête de l’amour paternelle et la volonté infaillible de Mathilde pour reconstituer sa famille à tout prix la rendent bouleversante. Jamais un roman ne m’aura autant fait pleuré. On éprouve une empathie débordante pour cette adolescente qui survit dans la misère, jusqu’à ne plus avoir la force de vivre.

    « A ceux qui lui diront, plus tard, quand tout sera fini, tu aurais dû demander, petite, elle rétorquera : vous auriez dû voir ».

    « J’avais une amnésie pour le futur. »
    A travers Mathilde, j’ai retrouvé les émotions ressenties en lisant les passages de Jane Eyre où cette dernière erre dans la campagne, au bord de la fatigue, du froid et de la faim. Autant vous dire que je considère Un paquebot dans les arbres comme un grand roman tragique. Valentine Goby raconte cette histoire familiale de la façon la plus réaliste et en même temps la plus touchante qu’il soit, tout en n’omettant jamais de la positionner dans le contexte social et politique des années 1950-1960.

    Voici un coup de coeur supplémentaire. Que cette rentrée littéraire est belle !

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