Un monde sans rivage

Couverture du livre « Un monde sans rivage » de Helene Gaudy aux éditions Actes Sud
  • Date de parution :
  • Editeur : Actes Sud
  • EAN : 9782330124946
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

À l'été 1930, sur l'île Blanche, la plus reculée de l'archipel du Svalbard, à la faveur d'une exceptionnelle fonte des glaces, réapparaissent les vestiges d'une expédition polaire partie plus de trente ans auparavant : en 1897, Salomon Andrée, Knut Frænkel et Nils Strindberg tentaient... Voir plus

À l'été 1930, sur l'île Blanche, la plus reculée de l'archipel du Svalbard, à la faveur d'une exceptionnelle fonte des glaces, réapparaissent les vestiges d'une expédition polaire partie plus de trente ans auparavant : en 1897, Salomon Andrée, Knut Frænkel et Nils Strindberg tentaient d'atteindre le pôle Nord en ballon et disparaissaient dans des circonstances mystérieuses. Sur le campement des explorateurs, plusieurs rouleaux de négatifs. À partir des photographies sauvées et du journal de l'expédition, Hélène Gaudy imagine le périple de ces trois hommes et mène une réflexion aussi profonde que poétique sur l'esprit d'aventure et la lutte contre l'effacement.

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Avis(5)

  • Hélène Gaudy commence par la description de ces photos réunies au musée Grenna, en Suède, qui rend hommage aux trois explorateurs. Dans les premiers chapitres, elle décrit ce qu'elle voit sur les clichés, et imagine ce qu'ils ne disent pas. Petit à petit, le récit se fait plus fluide et les...
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    Hélène Gaudy commence par la description de ces photos réunies au musée Grenna, en Suède, qui rend hommage aux trois explorateurs. Dans les premiers chapitres, elle décrit ce qu'elle voit sur les clichés, et imagine ce qu'ils ne disent pas. Petit à petit, le récit se fait plus fluide et les descriptions factuelles laissent place à l'imagination de l'auteur. Sauf que très souvent, Hélène Gaudy nous rappelle que ce qu'elle écrit n'est que supposition. Peut-être l'histoire s'est-elle déroulée ainsi... ou peut-être de cette autre façon.

    Ce mélange entre le récit romancé de l'aventure des trois explorateurs avec les recherches et les suppositions de l'auteur, m'a profondément agacée. Il me semble qu'un préambule aurait permis de mettre le lecteur en garde. Hélène Gaudy aurait ainsi pu nous avertir sur le fait qu'elle s'était basé sur des photos, dernières traces de l'expédition, sur des récits également, ceux des explorateurs eux-mêmes, retrouvés dans les journaux d'expédition, mais aussi ceux des chercheurs qui ont tenté de comprendre ce qui avait pu leur arriver. Elle aurait simplement pu préciser que le récit était le fruit de son imagination. Je me suis vraiment lassée de ce mélange des genres. Heureusement, cela prend fin, et je me suis ensuite laissée emportée par l'aventure dramatique de ces trois hommes.

    J'ai découvert qui étaient les aventuriers de la fin du XIXème, début du XXème siècle : des rêveurs, assoiffés de conquêtes et de victoires, de reconnaissance et de gloire, qui partent en tenue de ville dans un ballon au-dessus de l'arctique, avec leurs réserves en conserve, leurs appareils photos, leurs bières et pigeons voyageurs ! Hélène Gaudy mêle à ce récit, qui ne pouvait que mal finir, ceux de nombreux autres aventuriers dont certains se perdent en voulant participer à l'engouement du siècle pour les inventions et les découvertes. Le roman d'Hélène Gaudy donne une impression très précise de la folie et de l'exaltation d'une époque qui pense que tout est désormais possible. La révolution industrielle, mais également le bouillonnement intellectuel, artistique... de l'époque conduisent à des niveaux d'innovation inédits. Chacun y a sa place, sous peine de prendre quelques risques.

    Finalement, c'est le récit de ces hommes hors du commun, un peu inconscients aussi, qui me reste aujourd'hui. Je suis épatée de cette impréparation, de cet amateurisme, et en même temps de cette passion, de cet enthousiasme, et de cet espoir de laisser son nom dans l'Histoire.

    Aussi, si vous pensez pouvoir faire fi du style de l'auteur (au moins celui des premières pages), si vous pensez ne pas être gênés par l'écriture (comme bon nombre de lecteurs si j'en juge les critiques), je vous invite chaleureusement à découvrir le récit de ces expéditions enthousiasmantes.

    https://itzamna-librairie.blogspot.com/2019/11/un-monde-sans-rivage-helene-gaudy.html

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  • Et voilà déjà que se profilait ma dernière mais pas des moindres, lecture dans le cadre du Grand Prix des Lecteurs de L’Actu Littéraire. En tout, l’aventure a compté 10 livres : 10 romans mais 10 univers totalement différents même si en point de mire : l’Humain, l’Homme et ses capacités à se...
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    Et voilà déjà que se profilait ma dernière mais pas des moindres, lecture dans le cadre du Grand Prix des Lecteurs de L’Actu Littéraire. En tout, l’aventure a compté 10 livres : 10 romans mais 10 univers totalement différents même si en point de mire : l’Humain, l’Homme et ses capacités à se battre, à ne pas baisser les bras face aux aléas de la vie.

    Oui, vous avez bien lu, j’ai noté 10 livres. Pourtant, me direz-vous, je n’ai chroniqué que 9 livres dans le cadre de ce prix littéraire. Pourquoi donc? La raison est assez simple : le 10ème, je l’ai abandonné à deux reprises lors de sa lecture. Quel était-il? « Le point d’argile » de Markus Zusak. A deux fois, il m’est tombé des mains. Malgré tout, je ne peux pas dire que c’est un mauvais livre; peut-être sa lecture n’est-elle pas intervenue aux bons moments. Quoi qu’il en soit, je ne me suis pas forcée et ne souhaite pas écrire une chronique négative car comme tout le monde sait, chacun peut se faire sa propre opinion et la parole de l’autre ne vaut pas forcément parole d’Evangile.

    Revenons à nos moutons ou plutôt glaciers devrais-je dire. Encore une fois, la couverture est superbe. Le point de départ de l’idée de l’auteure est d’écrire sur une expédition, un peu particulière, qui devait relier le pôle Nord en ballon en 1897 mais qui n’arriva jamais à destination. La couverture est une des photos retrouvées 33 ans plus tard sur une des îles les plus éloignées de l’archipel du Svalbard, en Norvège. En plus d’un tas de pellicules, on retrouva les corps des trois aventuriers qui tentaient l’exploit de cette campagne, surnommée l’expédition Andrée, du prénom de l’un des trois comparses.

    Amatrice de littérature nordique, je suis attirée depuis de nombreuses années par ces pays. C’est pourquoi j’ai apprécié effectuer un voyage imaginaire par ma lecture. Autre point positif que je tiens à relever est que l’auteure s’est bien documentée sur le sujet des pionniers aventuriers de l’air (dans leur sens large). Il n’est pas rare de voir des digressions vers d’autres héros pour qui voler, en quelque sorte, comme un oiseau était leur rêve ultime.

    Mais où le bat blesse, c’est que l’auteure a un style d’écriture très complexe. C’est parce que j’avais lu la petite biographique de Hélène Gaudy en quatrième de couverture que je savais qu’elle était francophone au sinon, j’aurais pu croire qu’il s’agissait d’un petit problème dans la traduction de l’histoire. Les phrases sont immensément longues et recouvrent quasiment des pages entières. C’est le genre de phraséologie qui a le don de facilement me perdre.

    Malgré un sujet qui m’intéressait et l’originalité de reprendre, grâce aux photos et morceaux de journaux écrits par l’un d’entre eux, ce que ces trois aventuriers ont pu vivre, ma lecture m’a parfois semblée trop filandreuse. J’avais l’impression de m’être autant égarée que les protagonistes principaux sur un fond blanc sans fin. C’est un bon livre mais qui nécessite une attention particulière de tous les instants. Je ne regrette toutefois pas cette lecture qui m’a appris certaines choses et ça c’est plaisant !

    C’est donc avec une petite pointe de nostalgie que je termine ma dernière chronique dans le cadre du Grand Prix des Lecteurs 2020 de L’Actu Littéraire. Voilà une magnifique aventure qui se clôt doucement, après avoir été ponctuée de belles surprises littéraires. C’était la troisième année consécutive que j’avais la chance de participer à cette odyssée et j’espère, de tout coeur, que cela ne sera pas la dernière.

    Lu dans le cadre du Grand Prix des Lecteurs de L’Actu Littéraire.

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  • Voilà un livre EXCEPTIONNEL de par la qualité du travail de l'auteure ,un voyage poétique sur la Banquise où le froid?la faim?la folie? conduira la grande faucheuse à leurs côtés.
    "ce livre,nourri des sources disponibles sur l'expédition Andrée,en est une libre interprétation."
    Servie par une...
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    Voilà un livre EXCEPTIONNEL de par la qualité du travail de l'auteure ,un voyage poétique sur la Banquise où le froid?la faim?la folie? conduira la grande faucheuse à leurs côtés.
    "ce livre,nourri des sources disponibles sur l'expédition Andrée,en est une libre interprétation."
    Servie par une langue ciselée,d'une richesse lexicale rare,avec une profusion de faits stylistiques,la construction narrative fait preuve d'originalité:une chronologie à rebours avec de multiples allers-retours.La documentation foisonnante dans tous les domaines évoque plus un documentaire qu'un roman et l'auteure nous offre la possibilité de choisir ...la probabilité qui nous sied.
    Un parallèle est établi avec les balbutiements de la photographie puisque le début de l'histoire part en novembre 2014 d'une image(celle de la couverture) que J. Hertzberg fera parler...Il est beaucoup question de lumière...
    Le lecteur marche avec ces trois explorateurs de l'expédition Andrée mais comme eux se perd quelque peu dans les digressions vraiment documentées qui brisent la trame narrative.
    Chaque lecteur trouvera son bonheur tant ce livre s'avère,poétiquement,riche ,dépaysant,instructif.
    Lu dans le cadre du grand prix des lecteurs 2020 de l'Actu-Littéraire.

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  • chronique Nathalie Bullat
    Hélène Gaudy dans une langue magnifique, à la fois poétique et précise, nous conte la tentative tragique d'une expédition en dirigeable au Pôle Nord en 1897.
    En 1930, des pécheurs ont retrouvé les corps, les pellicules photos et les carnets de bord des 3 explorateurs...
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    chronique Nathalie Bullat
    Hélène Gaudy dans une langue magnifique, à la fois poétique et précise, nous conte la tentative tragique d'une expédition en dirigeable au Pôle Nord en 1897.
    En 1930, des pécheurs ont retrouvé les corps, les pellicules photos et les carnets de bord des 3 explorateurs qui durant trente ans ont été engloutis par les glaces.
    Cette funeste expédition au Svalbard, est dirigée par le Suédois Salomon August ­Andrée, accompagné par l'ingénieur Knut Frænkel et le photographe Nils Strindberg. C'est l'époque des premières pellicules photo plus légères que les plaques. Ils partent sur les traces de l'explorateur Nansen, persuadés de leur succès. Mais très vite leur dirigeable pique vers la mer. Ils finissent par échouer sur la banquise. Ils résisteront trois mois à marcher sur cette mer de glace en tirant leur kayak empli de nourriture, de médicaments, de matériel et d'appareil photo.
    Andrée tient son journal en donnant des précisions sur leur travail , leur espoir et craintes dans ce monde où " si la neige parait silencieuse le reste crie et craque . ici ,le silence n'existe pas!" ils ont pu admirer de belles aurore boréales. Ils sont arrivés lorsque le soleil ne se couchait pas mais la nuit polaire et ses températures extrêmes les plongera dans l'angoisse.
    Le récit de leur fâcheuse expérience est souvent entrecoupé de récits d'autres aventures à d'autres époques. Ainsi il s'agit d'une maîtresse de Victor Hugo qui fut exploratrice, ou du photographe Nadar, de l'expédition réussie de Nansen ,créateur du passeport pour apatride, et de bien d'autres aventures. Certes, c'est intéressant et remarquablement bien écrit mais cela ralentit un peu le rythme des mésaventures de nos trois scandinaves.
    On apprend beaucoup dans cet ouvrage richement documenté. Les trois explorateurs seraient bien surpris en voyant le Svalbard,de nos jours, entamer un processus de disparition à mesure que la glace se fait rare.
    Un livre à ne pas manquer.

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  • Loin de moi l’idée de plagier le titre du dernier roman d’Hélène Gaudy "Un monde sans rivage". J’aurais pourtant envie de dire que la littérature est bien un monde sans limite. Après la vie d’une artiste-peintre mexicaine, les quelques derniers jours à la tête de l’Etat d’un grand général ou...
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    Loin de moi l’idée de plagier le titre du dernier roman d’Hélène Gaudy "Un monde sans rivage". J’aurais pourtant envie de dire que la littérature est bien un monde sans limite. Après la vie d’une artiste-peintre mexicaine, les quelques derniers jours à la tête de l’Etat d’un grand général ou encore un road-movie à la gloire du jazz, je viens de découvrir un fait réel – que je me refuse à qualifier de divers – brillamment mis en lumière plus de cent vingt ans après par l’auteure.

    "L’image n’est pas encore tout à fait une image, juste un fragment, englué parmi d’autres, d’une pellicule qui a passé des années sous la neige, dans l’un des territoires reculés du monde." C’est, en effet, à partir de photos prises en 1897 et de carnets de notes, sorte de journal de bord, retrouvés en 1930 à la faveur d’une fonte inhabituelle de neige et de glace, qu’Hélène Gaudy va nous raconter l’expédition de Salomon August Andrée, Knut Frænkel et Nils Strindberg. En 1897, ils s’élevaient dans les airs à partir du Svalbard, archipel norvégien, pour atteindre le Pôle nord en ballon...

    Au fil des pages, nous allons vivre, non pas leur épopée, le ballon perd vite de la hauteur et finit par s’échouer sur la banquise, mais leurs derniers jours – derniers mois – vers une mort annoncée. A coup de "peut-être", "sans doute" et de verbes conjugués à presque tous les temps de l’indicatif mais aussi au conditionnel, la romancière, scrutant le moindre détail de chaque photographie sauvée, imagine leur fin de vie sur cette banquise où le blanc le dispute au blanc. Le texte est d’une richesse inouïe, mêlant à la vie des héros – et d’Anna, la fiancée de Niels – des anecdotes relatives à d’autres grands noms. Elle ressuscite Pilâtre de Rozier, les frères Montgolfier ou encore Léonie d’Aunet qui, défiant toutes les interdictions, accompagne son mari dans une expédition au Spitzberg.

    Hélène Gaudy précise aussi magnifiquement la flore inventoriée par S.A.Andrée à ses heures perdues "Il y a l’arabette alpine aux quatre pétales blancs, au cœur jaune d’or, il y a le bouleau nain… le saule polaire… Il y a la campanule uniflore et sa petite corolle violette…" L’écriture est très belle, précise et travaillée. J’ai eu l’impression de m’élever, à l’image du ballon au fur et à mesure des mots.

    Tout autant qu’un roman, véritablement passionnant par le rêve que nous fait revivre Hélène Gaudy, j’y ai trouvé un saisissant travail de documentation.

    https://memo-emoi.fr

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