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Un jour ce sera vide

Couverture du livre « Un jour ce sera vide » de Hugo Lindenberg aux éditions Christian Bourgois
Résumé:

C'est un été en Normandie. Le narrateur est encore dans cet état de l'enfance où tout se vit intensément, où l'on ne sait pas très bien qui l'on est ni où commence son corps, où une invasion de fourmis équivaut à la déclaration d'une guerre qu'il faudra mener de toutes ses forces. Un jour, il... Voir plus

C'est un été en Normandie. Le narrateur est encore dans cet état de l'enfance où tout se vit intensément, où l'on ne sait pas très bien qui l'on est ni où commence son corps, où une invasion de fourmis équivaut à la déclaration d'une guerre qu'il faudra mener de toutes ses forces. Un jour, il rencontre un autre garçon sur la plage, Baptiste. Se noue entre eux une amitié d'autant plus forte qu'elle se fonde sur un déséquilibre : la famille de Baptiste est l'image d'un bonheur que le narrateur cherche partout, mais qui se refuse à lui.
Écrit dans une langue ciselée et très sensible, Un jour ce sera vide est un roman fait de silences et de scènes lumineuses qu'on quitte avec la mélancolie des fins de vacances. L'auteur y explore les méandres des sentiments et le poids des traumatismes de l'Histoire.

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Articles (1)

Avis (6)

  • C’est exactement ce que j’aime lire... tellement de délicatesse pour dire la solitude et les angoisses du jeune narrateur. De tendresse pour raconter ses vacances au bord de la mer avec une grand-mère, laborieuse et aimante, qui rythme les journées de ses tâches ménagères. Tellement de subtilité...
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    C’est exactement ce que j’aime lire... tellement de délicatesse pour dire la solitude et les angoisses du jeune narrateur. De tendresse pour raconter ses vacances au bord de la mer avec une grand-mère, laborieuse et aimante, qui rythme les journées de ses tâches ménagères. Tellement de subtilité pour évoquer sa rencontre avec un camarade, Baptiste, et le lien particulier qui les unit peu à peu...
    Un style qui me va droit au cœur, tant il effleure les faits, les émotions, les objets même avec douceur mais en restant au plus près du réel...Des mots comme enfance, solitude, grâce, écriture ciselée, poésie, mélancolie collent parfaitement à cette lecture...
    Bref, j’ai adoré...! Et ce livre commence un long chemin de prêt !

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  • COUP DE CŒUR

    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2020/10/un-jour-ce-sera-vide-dhugo-lindenberg.html

    Le narrateur est un petit garçon de dix ans à la peau pâle et aux cheveux frisés qui passe ses vacances d'été seul avec sa grand-mère en Normandie dans un calme qui est fait d'ennui, de...
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    COUP DE CŒUR

    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2020/10/un-jour-ce-sera-vide-dhugo-lindenberg.html

    Le narrateur est un petit garçon de dix ans à la peau pâle et aux cheveux frisés qui passe ses vacances d'été seul avec sa grand-mère en Normandie dans un calme qui est fait d'ennui, de solitude et d'attente. Il s'ennuie et aime observer les familles sur la plage. Un jour, cet enfant introverti qui n'a jamais eu d'ami, fait la rencontre, autour d'une méduse sur la plage, de Baptiste, un enfant de son âge, seul personnage du roman à être nommé par son prénom.

    Baptiste est tout ce qu'il n'est pas. Joyeux, insouciant, léger, il vit dans un monde qui fascine le narrateur, dans une grande villa auprès d'une famille qui lui semble l'image du bonheur avec une mère parfaite. Une famille bien différente de la sienne qui se résume à sa grand-mère qu'il adore mais qui lui fait honte quand elle roule les "r" avec son accent d'immigrée polonaise ou quand elle offre un bol de foie haché aux parents de son nouvel ami. L'arrivée de sa tante schizophrène qui les rejoint dans leur appartement le couvre encore plus de honte lorsqu'elle vient sur la plage car il la perçoit comme un monstre.

    Le narrateur va tout faire pour devenir l'ami de Baptiste, il l'imite car il ne sait pas ce que doit dire, faire ou penser un vrai garçon "Rien ne m’est plus étranger qu’un garçon de mon âge". Il rêve de faire partie de cette famille qu'il idéalise avec la peur d'être démasqué car il sait qu'ils vivent dans deux mondes complètement opposés.

    " Mais moi, je ne veux surtout pas qu'on me retrouve, seulement que quelqu'un me cherche."

    C'est un roman sur la honte sociale et un grand roman sur l'amitié enfantine, un texte à hauteur d'enfant, les multiples sentiments qui traversent le petit garçon, honte, angoisse, ennui ... sont restitués sans aucune mièvrerie avec une grande justesse. C'est aussi un roman de l'absence, du manque, du silence autour de cette absence " Le bruit du manque a recouvert tous les autres bruits.... Le silence, c'est ça mon héritage". Le portrait de cet enfant intranquille et très sensible est poignant, il porte un chagrin immense en lui, hanté par les silences de son histoire familiale, par les fantômes de son enfance et par ses peurs. Son histoire, son drame, ses "mondes engloutis" ne seront pas dévoilés car ce texte est tout en suggestion, on saura juste que "chez nous il n'y a que des survivants qui errent parmi les fantômes" que, plus jeune, il passait des jours entiers le nez dans les foulards de sa mère, on devinera mais rien ne sera vraiment dit. Le couple qu'il forme avec sa grand-mère est magnifique, c'est une femme dont il est dit peu de choses mais avec qui il dit former le couple le plus heureux qu'elle ait jamais connu. L'écriture est très belle, très visuelle, l'auteur a une grande puissance d'évocation, tout est dit par petites touches avec des scènes d'une grande simplicité mais très fortes comme l'épisode de la méduse, des autos-tamponneuses, de la déclaration de guerre contre l'invasion de fourmis ou du sauvetage de son ami des sables mouvants. Le texte est parsemé de petites phrases qui en disent long, comme celle où est évoquée la pierre que l'enfant a dans le ventre quand il observe avec minutie les familles autour de lui. Un premier roman très délicat, très intense, d'une grande profondeur. Un beau coup de cœur.

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  • Décidément, c’est avec les premiers romans que cette rentrée littéraire 2020 nous offre ses plus belles surprises.
    Le point de départ est assez banal : la côte normande, une amitié, un été d’éveil et d’apprentissage. Ce n’est donc pas dans le sujet de ce livre qu’il faut chercher son...
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    Décidément, c’est avec les premiers romans que cette rentrée littéraire 2020 nous offre ses plus belles surprises.
    Le point de départ est assez banal : la côte normande, une amitié, un été d’éveil et d’apprentissage. Ce n’est donc pas dans le sujet de ce livre qu’il faut chercher son originalité, mais plutôt dans la finesse de son écriture. Hugo Lindenberg sait arrêter le temps pour figer les images et les rendre mémorables. Tel un photographe virtuose, il saisit l’instant, il capture le mouvement, il immortalise les êtres, aucun détail ne lui échappe. Tout geste fait sens, tout silence révèle l’indicible. En racontant l’enfance du narrateur, Hugo Lindenberg désensable quelque chose qui nous est familier. N’est-il pas merveilleux quand, sous la plume d’un écrivain, nos souvenirs ressurgissent et qu’ils nous apparaissent plus nettement ? En le lisant, je me suis souvent fait cette réflexion : « il a raison, c’était comme il le raconte, et non comme je me l’étais imaginé ». On juge la qualité d’un livre au nombre de scènes inoubliables, à la tessiture des personnages, à l’authenticité des situations décrites. 10/10 dans les trois cas, avec une mention particulière au Grum (p64), au portrait à charge de la tante malaimée (p71-77), aux piliers de bar (p114) ou à la scène de ménage (p143-147).
    Lindenberg est un écrivain prometteur parce qu’il joue d’une musique singulière, douce-amère, comme une mélodie d’Erik Satie - belle et mélancolique.
    Même si la fin m’a laissée sur ma faim (on a envie de crier : et donc ?), je recommande « Un jour ce sera vide » dont le charme (suranné assumé ?) ne peut laisser indifférent.
    Bilan :

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  • Un récit sur une période qui ressemble à l’enveloppe des méduses. L’enfance semble être transparente et accessible telle un livre ouvert mais elle est composée de tellement de mondes pressentis que l’on ne voit pas.

    L’auteur nous livre ses souvenirs sans concession sur l’amour qu’il porte à...
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    Un récit sur une période qui ressemble à l’enveloppe des méduses. L’enfance semble être transparente et accessible telle un livre ouvert mais elle est composée de tellement de mondes pressentis que l’on ne voit pas.

    L’auteur nous livre ses souvenirs sans concession sur l’amour qu’il porte à sa grand-mère.
    Il est également extrêmement lucide sur les hontes et rejets de l’enfance, ses dégouts et vexations quotidiennes, ses incertitudes et sorcelleries. Il réussit à décrire scrupuleusement des sensations comme si elles dataient du jour même.
    J’aimerai avoir des mots aussi justes concernant mon enfance, qui soient aussi évocateurs.
    La véracité du récit côtoie aussi la fantaisie de l’enfance avec ses fantasmes et ses craintes.
    Le terme d’écriture vérité prend tout son sens. Une véritable décharge semblable à la piqure d’une méduse qui continue de nous irriter avec un plaisir masochiste.

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  • https://animallecteur.wordpress.com/2020/09/30/un-jour-ce-sera-vide-hugo-lindenberg/

    Un jour ce sera vide est un très bon roman maîtrisé du début à la fin. Il nous plonge dans des sensations que l’on a tous vécu durant notre enfance, Hugo Lindenberg les décortique avec minutie et poésie....
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    https://animallecteur.wordpress.com/2020/09/30/un-jour-ce-sera-vide-hugo-lindenberg/

    Un jour ce sera vide est un très bon roman maîtrisé du début à la fin. Il nous plonge dans des sensations que l’on a tous vécu durant notre enfance, Hugo Lindenberg les décortique avec minutie et poésie. C’est délicat, cruel et émouvant le tout avec un sens de la formule magnifique.

    Un jour ce sera vide raconte l’histoire d’un couple atypique, une grand-mère et son petit-fils. Entre honte et affection sans faille, le narrateur âgé d’une dizaine d’année nous raconte cet été si particulier pour lui, l’été de sa rencontre avec Baptiste. Baptiste est tout ce que le narrateur n’est pas et en plus il a une vraie famille, une mère très belle, douce, bienveillante et attentionné, un père et même une sœur. Alors que le narrateur se noie dans sa solitude, il va chercher chez Baptiste et sa famille l’amour dont il est dépourvu chez lui, dans cette villa où il ne semble rien se passer mis à part la venue de sa tante, laide et terrifiante pour l’été.

    Le narrateur qui n’est jamais nommé va alors parler de sa jalousie, de ses angoisses, de la honte de sa famille qu’il éprouve, de l’ennui et surtout de sa solitude. C’est un enfant sensible dont on comprend qu’il y a des drames qui l’affectent particulièrement mais qui restent en non-dits.

    Entre roman sur l’enfance et chronique familiale, Un jour ce sera vide nous ramène en enfance et à la pureté de l’amitié à cet âge tendre. Alors que la fin reste très ouverte, on n’arrive pas à s’imaginer l’avenir de ce narrateur mais on lui en souhaite un très radieux.

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  • Une plage normande, une méduse et une amitié d’enfants qui se noue autour de l’animal. L’un, le narrateur vit avec sa grand-mère qu’il aime et dont il a pourtant honte et avec sa tante « la folle » qui lui répugne mais dont la différence l’attire malgré tout. L’autre, Baptiste, est un enfant...
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    Une plage normande, une méduse et une amitié d’enfants qui se noue autour de l’animal. L’un, le narrateur vit avec sa grand-mère qu’il aime et dont il a pourtant honte et avec sa tante « la folle » qui lui répugne mais dont la différence l’attire malgré tout. L’autre, Baptiste, est un enfant heureux et beau dans une famille heureuse et belle.
    Le narrateur va s’éprendre à la fois de cet ami tombé du ciel et de cette famille si harmonieuse, de cette mère si douce et aimante. La présence de cette famille comble chez lui un manque que l’auteur nous dévoile peu à peu, l’aide à se sentir un peu mieux dans un monde auquel il ne se sent pas adapté. Mais toutes les familles ont des secrets et des dysfonctionnements. 

    Quelle force dans ce premier roman ! Quelle puissance d’évocation et de retranscription des sentiments d’un enfant plongé dans la solitude et qui cherche dans le foyer de son ami la normalité et l’amour dont il est dépourvu chez lui. Quelle incroyable façon de raconter les tourments de l’enfance, d’une enfance un peu à part qu’on devine hantée par la perte. Quelle justesse dans la manière de dire les tiraillements de l’enfant entre son amour et sa fidélité à sa grand-mère et sa honte devant son accent, ses manières, ses origines. 

    Je n’ai pas pu me détacher avant la dernière page de ce livre d’une intensité incroyable. Chaque page m’a donné envie de la relire pour en saisir tout le sens, les subtilités, les petites touches d’humour dont l’auteur parsème le roman. Cet incroyable chapitre consacré aux fourmis et à l’envie terrible de l’enfant de les anéantir comme s’il était un général qui devait combattre un ennemi me semble concentrer à lui seul toute la quintessence du roman. Il dit la solitude, l’angoisse, la violence, la révolte, l’ennui qui habitent cet enfant qui ne fait pourtant pas de vagues, restant là dans un dénuement total de tendresse.

    Un livre et une plume à découvrir absolument.

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