Un gentleman à Moscou

Couverture du livre « Un gentleman à Moscou » de Amor Towles aux éditions Fayard
  • Date de parution :
  • Editeur : Fayard
  • EAN : 9782213704449
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

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    ce livre est comme une promenade et pourtant nous restons pendant 500 pages dans le même lieu
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  • Je viens de passer un de mes meilleurs moments de lecture depuis un bout de temps. Dans la catégorie plaisir pur, procuré par des héros que l'on n'a pas du tout envie de quitter et une science de la narration qui vous transporte immédiatement au cœur de l'intrigue. J'avais déjà apprécié dans le...
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    Je viens de passer un de mes meilleurs moments de lecture depuis un bout de temps. Dans la catégorie plaisir pur, procuré par des héros que l'on n'a pas du tout envie de quitter et une science de la narration qui vous transporte immédiatement au cœur de l'intrigue. J'avais déjà apprécié dans le premier roman d'Amor Towles, Les règles du jeu, l'atmosphère un brin désuète, voire nostalgique qui irriguait son histoire. Cette fois, il y a en plus une superbe élégance et une tonalité teintée de cet humour pince sans rire que l'on jurerait émaner d'un auteur britannique si l'on ne connaissait pas la nationalité de l'auteur. Quant au comte Alexandre Rostov, le gentleman du titre, comment ne pas succomber à son charme ?

    Nous sommes donc à Moscou, au début des années 1920, époque de reconstructions et de transformations après une guerre mondiale et surtout une révolution sanglante. Les aristocrates ont en général opté pour l'exil mais Alexandre Rostov a préféré regagner son pays alors qu'il séjournait à Paris pendant les événements. Convoqué devant un tribunal révolutionnaire, il échappe miraculeusement à la peine de mort et à l'emprisonnement mais se voit assigné à résidence à l'hôtel Metropol où il a posé ses valises. Là, il doit dire adieu à sa suite et se trouve relégué sous les combles dans une sorte de chambre de bonne. Les consignes sont claires : il ne doit pas poser un pied en dehors du bâtiment sinon... Nous allons donc le suivre durant une bonne trentaine d'années et croyez-moi, cela n'a rien ni de statique ni d'ennuyeux.

    D'abord parce que le comte Rostov est un pur produit d'un monde qui croyait avant tout dans le pouvoir de la culture et de la transmission ; nourri aux grands auteurs, philosophes, stratèges ou romanciers, il ne manque pas de références pour affronter les différentes situations qui s'offrent à lui. A commencer par trouver le moyen de garder la maitrise du cours de sa vie, malgré l'enfermement. Ensuite parce que l'hôtel Metropol n'est pas n'importe quel bâtiment. Idéalement placé au cœur de Moscou entre le Kremlin et le Bolchoï (un plan au début du livre permet de se faire une idée précise), il est au centre de la vie culturelle et politique moscovite. Des étages complets sont ainsi réquisitionnés au lendemain de la Révolution pour enfermer les membres de la commission chargés de rédiger la Constitution de l'Union Soviétique. Enfin, parce que ce lieu de passage offre au comte de multiples occasions de rencontres et que ses qualités d'observateur et d'homme du monde vont se transformer en ressources insoupçonnées, pour le plus grand plaisir du lecteur. Car savoir tenir une conversation, organiser un plan de table en évitant les fausses notes ou encore transmettre sa connaissance du monde à travers l'ouverture que lui a procuré sa culture, tout ceci va s'avérer éminemment politique.

    Outre que ce livre possède tous les ingrédients romanesques qui captent le lecteur, il nous parle avec élégance du temps qui passe, des transformations voulues ou subies, des mondes qui changent. Il y a dans le personnage de Rostov quelque chose du Prince Salina dans Le Guépard. En tout cas j'ai eu le visage de Burt Lancaster à l'esprit pendant toute ma lecture. On y lit également de très jolies choses sur la littérature, russe notamment, et des observations savoureuses sur les différences culturelles entre URSS et Etats-Unis à travers les différentes périodes traversées. Car c'est aussi un pan de notre histoire récente qui nous est offert, par le prisme de cet endroit singulier, excellent poste d'observation. Comme le dit Rostov à la fin du livre "entre ces murs, le monde est passé".

    Un roman au long cours, qui invite à prendre le temps et dans lequel on s'immerge avec un rare plaisir. Compagnon idéal de soirées plaid et boisson fumante (ou vodka), savoureux, élégant et puissamment romanesque. J'aime décidément beaucoup cet auteur.

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  • L’amour de la littérature, sans distinction de nationalités, et l’hommage qui lui est rendu m’ont accrochée dès le début : ils sont partout ! Il faut commencer par s’arrêter sur le patronyme du personnage principal d’Un gentleman à Moscou : le comte Alexandre Ilitch Rostov. On ne peut que...
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    L’amour de la littérature, sans distinction de nationalités, et l’hommage qui lui est rendu m’ont accrochée dès le début : ils sont partout ! Il faut commencer par s’arrêter sur le patronyme du personnage principal d’Un gentleman à Moscou : le comte Alexandre Ilitch Rostov. On ne peut que sourire au clin d’œil à Guerre et Paix de Tolstoï dont le Nicolas Ilitch Rostov partage avec Alexandre un nom de famille, un titre, une éducation aristocratique, une grande désinvolture et une infinie capacité de résilience. Comme lui, il mûrira au gré des événements, des rencontres et du temps qui passe.

    Un gentleman à Moscou est le deuxième roman seulement d’Amor Towles, né en 1964, dont son éditeur, Fayard, nous dit bien peu de choses. On doit se réjouir que cet homme-là ait abandonné la finance au profit de la littérature !

    Le roman s’ouvre sur un poème signé par le comte lui-même en 1913. Ce texte s’avère d’une grande importance puisque Alexandre Rostov, l’aristocrate, lui doit de ne pas être fusillé par le Parti : en 1922, ces vers lui valent aux yeux de « personnes haut placées [de compter] parmi les héros de la cause prérévolutionnaire ». Pas de peloton d’exécution, donc, mais une assignation à résidence à l’Hôtel Metropol où le comte habite en fait depuis quatre ans dans la somptueuse suite 217. Sous bonne garde, il doit la quitter et transporter le peu de ses possessions qui entrent dans la minuscule chambre de domestique qu’on lui impose, tout en haut du beffroi… La suite nous éclairera sur la genèse de ce poème décidément capital dans la vie d’Alexandre.

    Il suffit de lire, dans les toutes premières pages, le verbatim de la comparution d’Alexandre devant le comité du commissariat du peuple pour comprendre que, malgré l’insertion de personnages réels (le procureur Vychinski de triste mémoire par exemple), il ne faut pas chercher dans ce roman la vérité historique ; le comportement du comte qui ne se défait pas de son charme, de son esprit de répartie ni de son humour, et la sentence prononcée par le tribunal ne laissent aucun doute : il s’agit d’une sorte de fable, d’un conte philosophique.

    La division du roman en cinq livres présentés chronologiquement mais d’une durée très inégale accélère le rythme du récit grâce à des raccourcis importants, voire des ellipses de plusieurs années : le livre I, sept chapitres et 120 pages, couvre l’année 1923 ; le livre II, 3 chapitres et 70 pages, condense trois années, etc. Le narrateur nous permet d’accéder aux pensées des différents personnages. Un « nous » se glisse fréquemment dans le texte pour faire part de considérations philosophiques, psychologiques, gastronomiques, historiques, culturelles, etc., souvent avec beaucoup d’humour. Ce « nous » peut signifier successivement « nous » les Russes, les aristocrates, les contemporains de ce régime, les clients ou les employés du Metropol, etc. ; son emploi impose au lecteur un regard différent à chaque fois. Il en va de même pour le « vous » d’adresse au lecteur, fréquemment convoqué comme lecteur, évidemment, mais tout aussi fréquemment comme témoin… Autre petit régal grâce à la variété des sujets et aux ruptures de ton : les notes de bas de pages. La plus longue qui commence par d’amusantes considérations sur les patronymes des personnages des romans russes continue en dévoilant l’avenir tragique d’un des personnages secondaires. D’autres traitent de l’inutilité de la « réinvention » des sigles de la police secrète, de l’aveuglement des Américains invités en Russie alors qu’y sévissait la famine, ou encore des raisons de la prolifération des immeubles préfabriqués de cinq étages…

    Au Metropol, le temps passe à un rythme variable selon les occupations du comte et selon son moral. Alexandre Rostov, parfait gentleman, cultivé, polyglotte, maître dans l’art de la conversation, remarquable palais, s’occupe de bien des manières. Il a des relations cordiales avec les employés de l’hôtel qui lui marquent beaucoup de considération, mais aussi avec certains des nouveaux pontes bolcheviques. Il sympathisera avec une petite fille de neuf ans, Nina, qui réside à l’hôtel avec son père, mais qui est souvent seule. Il entreprendra, en quelque sorte, de faire son éducation, alors que Nina se révélera étonnement bon professeur elle aussi, et elle réussira à élargir l’horizon du prisonnier. Plus tard, une enfant de cinq ans, Sofia, lui sera confiée par Nina et l’empêchera de devenir fou quand les exemples littéraires ou historiques ne suffisent plus depuis longtemps : Edmond Dantès au château d’If, Cervantès à Alger, Napoléon à l’île d’Elbe ou encore Robinson Crusoé ont perdu de leur valeur d’exemplarité. Le comte formera avec le cuisinier et le maître d’hôtel (un Français !) un trio qui maintient le Metropol à flot en dépit de toutes les vicissitudes apportées par la bureaucratie.

    J’ai bien aimé ce roman et je me suis attachée aux différents personnages au fil de ma lecture. Le thème du hasard qui traverse tout le livre prend ici une coloration particulière et Towles l’exploite avec brio, peut-être parce que les enjeux sont vitaux. Je suis consciente que j’ai puisé certaines de mes images mentales dans le Grand Budapest Hôtel de Wes Anderson qui se superpose maintenant dans mon esprit au Metropol : deux palaces, à peu près la même époque, des personnages un peu déjantés, beaucoup d’humour, bref, plusieurs ingrédients qui s’ajoutent sans pourtant se confondre. Pour d’autres aspects, j’ai pensé à Novecento pianiste d’Alessandro Baricco : l’enfermement, bien sûr, le charme du personnage, le défilé de personnages secondaires, l’importance de la musique, l’irrémédiable poids du destin et un final en forme de pirouette, bien qu’elle ne soit nullement tragique dans le cas du comte Alexandre Ilitch Rostov !

    Merci au Grand Prix des Lectrices de Elle et aux éditions Fayard.

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  • L'idée de départ interpelle : le comte Alexandre Ilitch Rostov est condamné par un tribunal bolchévique en 1922 pour avoir rédigé un poème semblant remettre en cause le régime soviétique (on est donc du temps de l'URSS). Pour cette infraction, il est assigné à résidence dans un palace de Moscou...
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    L'idée de départ interpelle : le comte Alexandre Ilitch Rostov est condamné par un tribunal bolchévique en 1922 pour avoir rédigé un poème semblant remettre en cause le régime soviétique (on est donc du temps de l'URSS). Pour cette infraction, il est assigné à résidence dans un palace de Moscou dans lequel il loge à l'année, le Metropol qui se trouve en face du Kremlin. Nous suivons donc le comte pendant plus de 30 ans et sur plus de 500 pages dans ses pérégrinations au sein du Metropol.

    Mais j'avais une appréhension au commencement de la lecture, j'avais peur de passer d'anecdote en anecdote sans histoire continue. Ce n'est pas le cas, même si le comte est adepte des digressions sur sa vie passée. Rapidement dans l'histoire, le comte se lie d'amitié avec certains membres et clients de l'hôtel que nous retrouvons tout au long du livre. Certains proches de sa vie passée viennent également lui rendre visite.

    C'est donc une assignation à résidence "de luxe" car il profite des services de l'hôtel (restaurant, couture, barbier etc.), a la possibilité de garder plusieurs de ses meubles qui se trouvaient dans la suite qu'il louait à l'année et est donc libre de ses mouvements. Mais au début il faut reconnaître qu'il est un peu perdu. Il a évidemment dû quitter la suite qu'il occupait en tant que client pour se retrouver dans une petite chambre, le changement est brutal. Et puis que va-t-il faire de ses journées ? Il a gardé de son ancienne suite, certains livres dont les Essais de Montaigne et s'oblige à en lire un nombre déterminé de pages afin de passer le temps. Petit à petit, il se crée une vie rangée, réglée comme du papier à musique. Puis au fil des années il se lie d'amitié avec le chef cuisinier, la couturière et le maître d'hôtel, et même avec le chat borgne qui hante les couloirs de l'hôtel. Et il assiste aux grands évènements historiques de la vie russe puisque la fine fleur du régime soviétique vient déjeuner au Metropol.

    L'hôtel aurait pourtant pu se transformer en cage dorée mais c'était sans compter sa rencontre avec la petite Nina, jeune fille espiègle de 9 ans qui séjourne comme lui au Metropol. Elle va l'entraîner dans ses aventures et lui faire découvrir l'hôtel comme jamais. Cette rencontre bouleversera la vie du comte.

    Chronique complète sur : https://riennesopposealalecture.blogspot.com/2018/11/un-gentleman-a-moscou-de-amor-towles.html

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  • Moscou. 1922 – 1954.
    Une épopée de plus de trente ans dans l’immensité de la Russie devenue soviétique.
    Bref rappel : en mars 1917, le tsar Nicolas II abdique et quelques mois plus tard la république est instaurée par Kerenski. Période trouble (euphémisme) car au même moment la première guerre...
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    Moscou. 1922 – 1954.
    Une épopée de plus de trente ans dans l’immensité de la Russie devenue soviétique.
    Bref rappel : en mars 1917, le tsar Nicolas II abdique et quelques mois plus tard la république est instaurée par Kerenski. Période trouble (euphémisme) car au même moment la première guerre mondiale prend une terrible ampleur et la Russie fait partie des alliés. Mais le Révolution d’Octobre arrive et modifie complètement les alliances… C’est une guerre civile qui s’engage entre les armées blanches et les armées rouges ; les Bolchevik, déjà au pouvoir depuis 1917, gagnent définitivement et créent en décembre 1922 l’URSS.

    Entre temps, le 21 juin 1922, un certain comte Alexandre Ilitch Rostov comparait devant le comité exceptionnel du commissariat du peuple aux affaires intérieures. Son grief : un poème dont en apprendra la véritable origine un peu plus tard. L’aristocrate dans toute sa noblesse du terme est assigné à vivre en résidence surveillée dans un haut lieu symbolique de la capitale moscovite : l’hôtel Métropol.

    L’histoire commence. Vous pouvez vous asseoir dans un fauteuil Voltaire à côté d’un samovar posé sur une table orientale pour vivre les jours et les nuits de comte facétieux qui va progressivement s’incorporer à toutes les facettes du palace, devenir le confident et l’ami de la couturière et du barman, travailler comme serveur au restaurant Boyarski. L’évènement le plus important est sa rencontre avec une petite fille, Nina. Une confiance mutuelle va naître entre les deux, tellement, que des années plus tard, elle ne voit que cet « oncle » à qui confier sa petite fille Sofia. Au départ, pour simplement quelques mois…

    Un amour de roman, si on peut le qualifier ainsi car c’est un livre inclassable tant il chevauche en même temps sur réalité et fiction avec des toasts d’humour, des envolées homériques, des notes mozartiennes, le tout enveloppé dans un parchemin historique semé d’anecdotes en demi-teintes. Un livre qui charme, à l’image de ce comte séducteur malgré lui, mettant le lecteur hors du temps, hors de l’espace, hors de tout, une lecture en apesanteur en quelque sorte pour plonger dans la culture russe d’un monde d’antan mais par une plume contemporaine qui sait mettre en émoi dès que l’on entraperçoit le prénom et le nom du comte : mélange subtil d’une dynastie de tsars et de Léon Tostoï !
    Cloîtré, le comte voyage dans sa tête, de souvenirs en souvenirs, d’une pommeraie à un dîner du temps de la liberté ; il songe à Cervantes et à Napoléon, à Edmond Dantès et à Robinson Crusoé. Mais l’hôtel est loin d’être une île déserte car rapidement le Métropol devient le théâtre (avec un Bolchoï comme voisin…) de rencontres politiques, de scènes cocasses, de leçons d’initiation diplomatique, sans oublier le côté village Potemkine (référence plus tsariste que soviétique) qui se met progressivement en place.

    Savoir regarder, savoir écouter, savoir se taire, savoir s’amuser, savoir doser, c’est la leçon magistrale d’un gentleman parfois un peu cambrioleur. Et puis, de l’élégance avant toute chose…

    https://squirelito.blogspot.com/2018/10/une-noisette-un-livre-un-gentleman.html

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  • Pour le Comte Alexandre Ilitch Rostov, « un homme doit maîtriser le cours de sa vie s’il ne veut pas en devenir le jouet ». Aussi, lorsque, suite à son procès en 1922, il est assigné à résidence à l’Hôtel Metropol à Moscou, il réfléchit à la manière d’atteindre cet objectif tout en étant...
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    Pour le Comte Alexandre Ilitch Rostov, « un homme doit maîtriser le cours de sa vie s’il ne veut pas en devenir le jouet ». Aussi, lorsque, suite à son procès en 1922, il est assigné à résidence à l’Hôtel Metropol à Moscou, il réfléchit à la manière d’atteindre cet objectif tout en étant condamné à passer sa vie enfermé. Alors, il réinvente sa manière de vivre en faisant venir à lui les personnes extérieures, en s’intégrant au personnel, en faisant des rencontres.
    Tout au long du livre, l’auteur, Américain, nous fait suivre le quotidien de ce gentleman, Russe, qui reste positif, malgré la perte de sa condition, et vit de manière heureuse, loin de s’ennuyer. Il nous emmène dans toutes les pièces de l’hôtel, du grenier à la cave, des endroits les plus visibles aux placards les plus cachés. Ses descriptions sont suffisamment précises et détaillées, visuelles, pour se représenter les lieux, les plats servis au restaurant, la disposition des couverts sur une table, les règles de bienséance.

    La couverture du livre elle-même, clinquante, donne au livre une impression de valeur, d’objet artistique et décoratif, illustrant les éléments clés de l’histoire, avec des dorures russes qui lui donnent une apparence de bijou.

    Sous ces aspects légers et le décor luxueux de l’hôtel, l’auteur inscrit ce huit-clos dans le contexte historique et géopolitique de 30 années du 20ème siècle, de manière documentée et instructive, sans perdre le lecteur en lui demandant des connaissances accrues. Malgré cette bonne humeur affichée tout au long du livre, quelques pointes d’humour et, parfois, des impressions de conte philosophique nuançant les pages, l’auteur ne cache pas la difficulté de la vie en Russie à cette époque, les privations, les queues devant les magasins, le manque de pain, l’idéologie de Staline et la représentation attractive des pays occidentaux dont la France.
    L’alternance de tous ces éléments (descriptions d’un lieu et d’une époque, d’un contexte historique, et de rencontres de personnages attachants…) en fait certainement un livre agréable à lire, si le lecteur prend le temps de se laisser porter et d’errer dans tous les recoins de l’hôtel.

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  • Le 21 juin 1922, le comte Alexandre Ilitch Rostov est condamné par le tribunal bolchévike à vivre en résidence surveillée dans l’hôtel Metropol de Moscou. Il est l’auteur d’un poème un peu dérangeant, écrit en 1913. Sans rechigner il accepte son sort, hantant cet hôtel durant trente ans.

    Une...
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    Le 21 juin 1922, le comte Alexandre Ilitch Rostov est condamné par le tribunal bolchévike à vivre en résidence surveillée dans l’hôtel Metropol de Moscou. Il est l’auteur d’un poème un peu dérangeant, écrit en 1913. Sans rechigner il accepte son sort, hantant cet hôtel durant trente ans.

    Une magnifique couverture et un synopsis envoûtant n’auront pas suffit à me charmer pour apprécier ce roman à sa juste valeur. Dommage, j’en attendais beaucoup au vu des éloges faites par le New-York Times. Le rythme est très lent, les personnages nombreux, les saynètes se succèdent, les descriptions sont plombantes. Un peu fourre-tout et ‘fourre-rien’. Au bout de trente ans d’enfermement, j’espérais sortir de cet hôtel, et puis rien, plus de 500 pages où l’auteur tourne en rond et finit par se mordre la queue.

    http://www.mesecritsdunjour.com/archives/2018/09/24/36724464.html

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  • Le comte Alexandre Ilitch Rostov se trouve assigné à résidence dans un luxueux hôtel de Moscou. Il doit y renoncer à la suite luxueuse où il a ses habitudes depuis qu'il a dû quitter son domaine familial avec l'arrivée des Bolcheviques au pouvoir.
    Condamné à vivre dans un espace réduit sous les...
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    Le comte Alexandre Ilitch Rostov se trouve assigné à résidence dans un luxueux hôtel de Moscou. Il doit y renoncer à la suite luxueuse où il a ses habitudes depuis qu'il a dû quitter son domaine familial avec l'arrivée des Bolcheviques au pouvoir.
    Condamné à vivre dans un espace réduit sous les toits et à ne sortir de l'établissement sous aucun prétexte, il parvient à réaménager sa vie entre habitudes et discipline de vie, souvenirs et nouvelles rencontres.
    Il ne se départ jamais de son flegme, d'un haut degré de savoir-vivre et de courtoisie, d'à-propos, de délicatesse et d'éducation... Tout cela en fait un personnage extrêmement attachant et séduisant, dont on suit les aventures présentes et passées avec gourmandise ! Politique, littérature, amitiés, philosophie, luxe, séduction, éducation... autant de sujets abordés avec légèreté, finesse et fantaisie !
    C'est une lecture agréable et surprenante, dépaysante, qui prête parfois à sourire, un peu surannée, un peu désuète...
    L'écriture est très visuelle, on y est, on s'y voit, au Metropol Place du Théâtre à Moscou !
    Tous les personnages qui vivent, travaillent, séjournent, interviennent dans cet hôtel constituent une jolie galerie de portraits et leurs rapports sont élégamment décrits...
    Un joli moment de lecture, dont le plaisir est augmenté par la beauté de l'objet-livre, à la couverture noire et or, très soignée et illustrant parfaitement le contenu !

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  • Le comte Alexandre Ilitch Rostov, ce 21 juin 1922 est jugé au Kremlin pour avoir commis un poème-pamphlet qui a déplu au régime en place.
    La sentence est tombée : « Aussi le comité a-t-il décidé de vous renvoyer dans cet hôtel auquel vous êtes tellement attaché. Mais ne vous méprenez pas : si...
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    Le comte Alexandre Ilitch Rostov, ce 21 juin 1922 est jugé au Kremlin pour avoir commis un poème-pamphlet qui a déplu au régime en place.
    La sentence est tombée : « Aussi le comité a-t-il décidé de vous renvoyer dans cet hôtel auquel vous êtes tellement attaché. Mais ne vous méprenez pas : si vous mettez ne seraitce qu'un pied à l'extérieur du Metropol, vous serez exécuté surle-champ. »
    Ce roman est partagé en cinq livres, j'ai considéré les deux premiers comme un labyrinthe, dans lequel le comte essaie d'organiser sa nouvelle vie. Il a dû abandonner sa suite pour une chambre au cinquième étage sous les combles. Renoncement à mille choses ne veut pas dire pour lui ne plus vivre. Comme il s'est toujours bien comporté avec le personnel dans ce palace, il trouve vite des complices pour que sa vie ne soit pas terne.
    Grand amateur de belle littérature et de philosophie, il n'a aucun doute sur le fait qu'il doit réagir. « Reconnaissant qu'un homme devait maitriser le cours de sa vie s'il ne voulait pas en devenir le jouet, le conte songea qu'il serait avisé de réfléchir à la manière d'atteindre ce but quand on a été condamné à passer sa vie, enfermé. »
    Ses tribulations sont une suite de scènes cocasses, burlesques qui cachent la profondeur du propos.
    Finalement si lui ne peut sortir de ce palace, beaucoup y entrent, s'y installent et c'est la vie du monde entier qui vient à lui.
    Nina une petite fille perspicace et souvent impertinente l'aborde et égaye ses journées, puis elle s'en va, et revient.
    C'est à travers Nina que le lecteur suit l'évolution du pays.
    Il y a aussi Anna, actrice.
    Avec le chef du restaurant Emile, lyonnais et Andreï qui lui est de Minsk, il forme un triumvirat de bons vivants, sachant profiter de chaque moment autour de mets délicieux accompagnés des vins les plus fins et d'une conversation haute en couleurs.
    En somme il vit, ce gentleman de part son éducation, son érudition, son sens inné de la vie trouve sa place et montre que l'homme peut s'adapter.
    Si les scènes cocasses sont comme des ricochets sur la surface de l'eau, les faits historiques sont bien présents : l'opération Barbossa, Staline, Kroutchev et l'émergences des centrales nucléaires montrent que la vie continue, partout.
    Le quotidien se complique lorsque Nina fait un passage éclair après plusieurs années de silence, pour lui confier la fille qu'elle a eu, Sofia. Elle lui confie pour quelques semaines qui se transforment en années.
    Difficile de vous faire un résumé en quelques lignes d'une fresque qui s'étend sur trois décennies, où les péripéties sont si nombreuses.
    Cependant l'âme russe habite totalement ce livre et la maîtrise narrative est puissante. L'écriture fine, élégante et subtile permet au lecteur de renouer avec une épopée véritablement romanesque.
    © Chantal Lafon - Litteratum Amor 22 septembre 2018.

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  • Pour débuter ma chronique de « Un gentleman à Moscou » (traduit de l'anglais - États-Unis par Nathalie Cunnington) de l’auteur américain Amor Towles, une fois n’est pas coutume, je voudrais signaler l’extrême beauté de l’ouvrage, un livre-bijou :
    couverture noire avec des incrustations dorées...
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    Pour débuter ma chronique de « Un gentleman à Moscou » (traduit de l'anglais - États-Unis par Nathalie Cunnington) de l’auteur américain Amor Towles, une fois n’est pas coutume, je voudrais signaler l’extrême beauté de l’ouvrage, un livre-bijou :
    couverture noire avec des incrustations dorées en relief, représentant par-ci par là, quelques objets ou des personnages présents dans l’histoire. Une vraie merveille que ce livre de 573 pages (pas moins).
    Si le contenant est aussi superbe, autant déjà vous dire que le contenu ne l’en est pas moins. Ce que j’ai tout de même remarqué, c’est qu’il s’agit d’un écrivain américain qui s’est penché sur l’histoire de la Russie Soviétique (documentation à l’appui certes mais quel talent et quel investissement).

    L’ouvrage est composé de « cinq livres » débutant en 1922 pour en arriver à 1954. Il s’agit de trois décennies que le comte Alexandre Ilitch Rostov va passer à l’hôtel luxueux Metropol, en résidence surveillée, un hôtel qu’il connaît d’ailleurs très bien. Cela aurait pu être bien pire car on aurait également pu l’envoyer en Sibérie et là…
    Le comte va se faire un fin observateur de tout ce qui l’entoure, des événements tout simples ou très importants. Au lieu de trouver que cette condamnation va être lourde à supporter, il est plein d’optimisme et organise son tout petit appartement du mieux qu’il peut, trouver pas mal d’astuces pour améliorer sa situation et il va prendre la vie du bon côté : « Il traîna sa malle, la moitié de ses meubles et tous les livres de son père à l’exception d’un seul jusqu’au fond du couloir. S bien qu’en une heure il avait réduit l’ameublement de sa chambre à l’essentiel (…) et un passage juste assez large pour qu’un gentleman puisse y faire les cent pas en réfléchissant.
    L’air satisfait, il se tourna alors vers le chat (installé bien confortablement sur le fauteuil et occupé à lécher les restes de crème sur ses pattes).
    - Alors, qu’en dis-tu, vieux pirate ? » (p.34/35).

    Des rencontres importantes parsèment son quotidien bien réglé : d’abord la petite Nina (neuf ans) qu’il va prendre sous son aile protectrice – la rencontre avec une très belle actrice, Anna, dont il va tomber fou amoureux. Mais ce n’est pas tout.
    C’est la description d’une aristocratie bien lotie qui ne voit que le bon côté de son statut. Les années passent, Rostov devient chef de rang dans un des restaurants de l’hôtel (ce qui va donner l’occasion de parler un peu de gastronomie), où il côtoie des personnages importants. Tout est décrit très minutieusement. Certains diront que c’est un peu dense mais je n’ai jamais eu l’impression de lourdeur, au contraire.
    Il y a bien quelques petites invraisemblances mais c’est un roman.
    Un autre événement important dans la vie de Rostov, c’est l’arrivée de Sofia, la fille de Nina Koulikova, qui n’a que lui vers qui se tourner afin de garder à l’abri sa fille car elle doit rejoindre son mari exilé dans un camp.
    Et c’est ainsi que Sofia va prendre une place de plus en plus importante et ce, jusqu’à la fin.

    Avec cette histoire sur l’aristocratie et la Russie, il est important de noter que s’y mêlent aussi, bien des faits historiques car il s’en passe énormément pendant ces trente ans. Par exemple : évocation de l’opération Barbarossa « offensive au cours de laquelle plus de trois millions de soldats déployés d’Odessa à la Baltique traversèrent la frontière russe. » (p.348). On rencontre Staline (Soso), Khroutchev... on voit l’arrivée de centrales nucléaires (donc du progrès), tout cela sous l’œil averti de notre gentleman.
    On assiste à des aventures si nombreuses que je laisse le soin au futur lecteur de les découvrir.
    L’écriture est tellement simple, élégante, poétique, avec un brin d’humour que cet ouvrage se lit très facilement. Les références littéraires et culturelles ne manquent pas et même quelquefois des allusions au cinéma.

    Cette grande histoire de la Mère Russie est tellement foisonnante d’indications, qu’en raconter plus serait une gageure et ce n’est pas le but. Je reconnais que c’est dommage mais le risque est d’en dire trop.
    Ce que je peux révéler, c’est que ce livre dont « UN MILLION D’EXEMPLAIRES VENDUS », se trouve sur la liste des best-sellers du New York Times. « Distingué comme l’un des meilleurs livres de l’année 2016 par le Chicago Tribune, le Washington Post, le Philadelphia Inquirer et le San Francisco Chronicle ». Rien que ça !
    Nul doute qu’il fera parler également de lui en France (si ce n’est déjà fait) car il figure dans la rentrée littéraire 2018.

    Entre nous, « Un gentleman à Moscou » recèle de nombreux secrets (à découvrir) mais également une foule de renseignements touchant à TOUT.
    Un livre que j’ai dégusté du début à la fin, d’autant plus qu’il concerne la Russie...

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