Un agent nommé Parviz

Couverture du livre « Un agent nommé Parviz » de Naïri Nahapétian aux éditions Editions De L'aube
Résumé:

Parviz est un être mystérieux. Les Iraniens le disent mort ; lui se plaît à raconter les circonstances dans lesquelles des hommes aux ordres de Khomeyni l'ont assassiné. Il travaillait alors pour la CIA, mais vend désormais son savoir-faire aux services secrets français. C'est ainsi que Kiana se... Voir plus

Parviz est un être mystérieux. Les Iraniens le disent mort ; lui se plaît à raconter les circonstances dans lesquelles des hommes aux ordres de Khomeyni l'ont assassiné. Il travaillait alors pour la CIA, mais vend désormais son savoir-faire aux services secrets français. C'est ainsi que Kiana se retrouve à écouter sa confession dans un pavillon impersonnel de banlieue parisienne : il semblerait que son mari, Nasser, un scientifique iranien, ait des choses à cacher. Peu après, Florence Nakash, jeune recrue de la DGSE, est chargée d'une nouvelle enquête : son ami Parviz, celui-là même que l'on disait mort en 1979, a disparu...
Un roman subtil et efficace qui nous entraîne au coeur des secrets nucléaires iraniens et des manipulations des services secrets occidentaux pour ralentir l'avènement d'une «

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Le courrier des auteurs

Naïri Nahapétian répond à nos questions ! (26/09/2015)

1) Qui êtes-vous ? ! Naïri Nahapétian, journaliste et romancière. D'origine arménienne, née en Iran, je vis en France depuis plus de trente ans. Donc je parle, j'écris et je rêve en français. Mais même si le français est ma langue, j'écris des polars qui racontent l'Iran d'aujourd'hui, sans diabolisation ni concession... 2) Quel est le thème central de ce livre ? Le nucléaire iranien. 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? «Kiana ne répondit rien, gênée : de quoi était-elle censée douter ? Du fait que l'homme qui s'adressait à elle était mort ou qu'on lui avait crevé les yeux ? Manifestement ni l'un ni l'autre n'était vrai, songea-t-elle en goûtant son thé.» 4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ? Un morceau de guitare classique iranienne bien sûr ! L'un des personnages principaux, Kiana, est musicienne et son instrument est le tar. 5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? L'affection que je porte à mes personnages, surtout les Iraniens : Parviz, cet Iranien élégant qui est un agent secret romantique et mystérieux, Kiana, cette musicienne très attachée à son pays qui découvre que son mari est un ingénieur nucléaire... La bombe nucléaire cristallise le malentendu entre l'Iran et l'occident et l'originalité de mon roman est, je pense, de montrer ce conflit larvé des deux points-de-vue. 6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ? J'écris le jeudi et vendredi, car je travaille à temps partiel, du lundi au mardi, dans mon journal Alternatives économiques. Généralement, le jeudi matin, chez moi, je ne suis pas très productive : je pense à mes articles, mes collègues, je suis souvent dérangée par des coups de fils. Je souffre beaucoup le jeudi, cherchant vain à retrouver le fil de l'intrigue, la musique des premiers chapitres. Mais petit à petit, je m'extrais de la vie réelle. Et le vendredi, c'est comme si mon roman s'écrivait tout seul. 7) Comment vous vient l'inspiration ? Le début d'un roman m'est souvent inspiré par quelque chose de ténu, d'intangible. Dans le cas d'Un agent nommé Parviz, j'ai été longuement poursuivi par la première phrase «Je suis mort le 2 novembre 1979, pendu dans ma cellule par des Gardiens de la révolution aux ordres de Khomeyni.» Puis, j'ai vu la scène qui suivait cette phrase : Parviz, un homme séducteur, occidentalisé, est un espion au service de la France. Face à lui, Kiana, une jeune Iranienne voilée, se demande pourquoi il lui raconte tout cela. A ses yeux, Parviz est un traitre. Elle a peur. Que lui veut-il ? Et quel est le lien entre son mari et le programme nucléaire secret de la République islamique ? 8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ? J'ai toujours voulu écrire. En Iran, quand j'avais sept ans, j'avais rédigé une bande-dessinée avec des personnages qui faisaient un voyage dans l'espace. L'écriture de fiction est une névrose selon moi, un besoin maladif de fuir la réalité. 9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ? J'ai dévoré tous les Agatha Christie à mon arrivée en France. J'avais neuf ans alors et les livres étaient mon principal refuge. J'ai aussi lu Soljenitsyne, Dostoïevski : peut-être parce que ces auteurs me rapprochaient du pays que j'avais quitté... Et j'ai lu Les Ritals qui m'a fait pleurer, peut-être parce que c'était des histoires d'immigrés... 10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? ! L'écriture pacifie les moeurs, la lecture également. La frontière entre les deux est d'ailleurs extrêmement mince : un auteur passe son temps à lire et à se relire avant d'écrire. Donc je crois sincèrement que les livres nous aident à sublimer leur agressivité. En gros, les écrivains empêchent les hommes de s'entre-tuer !

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Avis(7)

  • Court, rythmé, mystérieux, voici un bon roman d’espionnage concernant le régime de Téhéran et ses efforts pour développer une bombe atomique. Des citations d’Avicenne* aux centrifugeuses qu’il s’agit de saboter, de la délicatesse courtoise à la brutalité impitoyable des tortionnaires, voilà un...
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    Court, rythmé, mystérieux, voici un bon roman d’espionnage concernant le régime de Téhéran et ses efforts pour développer une bombe atomique. Des citations d’Avicenne* aux centrifugeuses qu’il s’agit de saboter, de la délicatesse courtoise à la brutalité impitoyable des tortionnaires, voilà un voyage en Iran qui promène son lecteur entre l’envie et la répulsion. On n’est pas tout à fait certain d’avoir tout compris de cette tortueuse intrigue (une suite en préparation ?) si ce n’est l’essentiel que John Le Carré mettait, il y a 55 ans, dans la bouche du héros de L’Espion Qui Venait du Froid à propos des espions : « Ils ont besoin (d’eux) pour assurer la sécurité des gens ordinaires, des minables comme toi et moi ».
    Il est certain que sur le dossier iranien, on ne nous dit pas tout et ce livre a le mérite d’évoquer certains aspects de ce délicat dossier. La lecture est aussi rapide que plaisante et en quelques touches bienvenues comme la réception pour le nouvel an iranien qui coïncide avec le début du printemps, l’auteur rend hommage à cette vieille et raffinée civilisation qui mériterait mieux que le joug d’une théocratie dictatoriale.
    *Avicenne né en 980 près de Boukhara, en Ouzbékistan et mort en 1037 en Iran, est un philosophe et médecin persan.

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  • « Un agent nommé Parviz », tel est le sujet du livre de Naïri Nahapétian, née dans une famille arménienne à Téhéran, ville qu'elle a quittée en 1980 après la révolution islamique sans pouvoir y retourner durant quinze ans.
    Mais ce Parviz est bien étrange. En effet, le récit commence par ces...
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    « Un agent nommé Parviz », tel est le sujet du livre de Naïri Nahapétian, née dans une famille arménienne à Téhéran, ville qu'elle a quittée en 1980 après la révolution islamique sans pouvoir y retourner durant quinze ans.
    Mais ce Parviz est bien étrange. En effet, le récit commence par ces lignes : « Je suis mort le 2 novembre 1979, pendu dans ma cellule par des Gardiens de la révolution aux ordres de Khomeyni. Quelques jours auparavant, j’avais fait une courte apparition à la télévision officielle afin de confesser mes crimes : j’étais un agent de la CIA à la tête d’un complot visant à renverser la République islamique. Mes « complices » ont été exécutés peu après. (…)
    Vous ne me croyez pas ? Reprit-il en faisant tourner son verre à thé entre ses doigts.
    Kiana ne répondit rien, gênée : de quoi était-elle censée douter ? Du fait que l’homme qui s’adressait à elle était mort ?... » (p.9).
    Voilà déjà Kiana bien embarrassée d’autant plus que son mari, Nasser Heydari, ingénieur iranien, travaillant en secret sur le programme nucléaire de son pays, venu à Paris pendant une tournée de récital de son épouse, joueuse de tsar ainsi que chanteuse, lui a annoncé :
    « Ma chère femme, tu as toutes les raisons de m’en vouloir de ne pas t’en avoir parlé, mais j’ai décidé de ne pas rentrer en Iran.
    … Le but de notre voyage à Paris n’est pas celui que tu crois, mais concerne les recherches atomiques menées en secret au sein de la République islamique. Or je ne souhaite plus apporter ma contribution à cette course sans fin aux armements, qui ruine notre pays. » (p.18/19).
    Ainsi le lecteur est tout de suite plongé dans un suspense bien prenant mais rapidement lu.
    Florence Nakash de la DGSE va arriver pour enquêter justement sur Parviz, un ancien ami (et plus car affinités).
    Pendant ce temps, Kiana est très inquiète pour sa sœur Zohra dont l’arrivée se fait attendre.
    D’un côté les Occidentaux sont prêts à tout pour ralentir le programme iranien et de l’autre côté, les Iraniens essaient par tous les moyens de se procurer les pièces manquantes afin de continuer leurs recherches.

    Par-dessus tout cela, on observe un Parviz, bel homme qui sème le trouble.
    Kiana est très attachante car elle ne sait plus qui croire.

    Naïri Nahapétian manie à la perfection le suspense, l’angoisse, nous offre bien des renseignements sur cette bombe en préparation. Elle nous décrit des personnages complexes, inquiétants.
    Son écriture est belle car on y retrouve une certaine poésie ainsi que beaucoup d’originalité.
    Elle nous place dans un vrai panier de crabes et j’aurais bien aimé que le livre soit un peu plus long car j’ai pris un réel plaisir à cette lecture.

    Dans l’Épilogue, on reste un peu dans l’expectative car le livre finit ainsi : »Je sus mort le 8 avril de cette année, au bord de la mer Caspienne... ».
    Est-ce la porte ouverte à une autre aventure ou l’interprétation est-elle libre ? Un choix à faire puisque, finalement, Parviz reste l’individu mystérieux qu’il a été durant toute cette histoire.

    Ça bouge beaucoup et j’ai relevé cette critique de « Elle oriental » car elle résume parfaitement et en quelques mots l’ouvrage :
    « Ce polar, sur fond d'un Iran verrouillé, autour du nucléaire avec l'agent double Parviz, est une bombe ! »

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  • Toutes les agences de renseignement sont sur les dents. En Iran, les recherches, la création d'infrastructures pour permettre à cette république islamique de se doter du nucléaire, inquiètent l'occident. Le régime affirme qu'il veut se doter de cette technologie à des fins civiles mais personne...
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    Toutes les agences de renseignement sont sur les dents. En Iran, les recherches, la création d'infrastructures pour permettre à cette république islamique de se doter du nucléaire, inquiètent l'occident. Le régime affirme qu'il veut se doter de cette technologie à des fins civiles mais personne n'est dupe. La république des mollahs veut se doter de l'arme atomique et faire changer le rapport de forces dans cette région. Il faut à tout prix éviter que la bombe atomique se retrouve entre les mains d'islamistes. Alors quand un ingénieur iranien travaillant dans ce secteur est en voyage en France, l'occasion est trop belle. Tout va être fait pour le "retourner" et transformer son voyage en passage à l'ouest.


    L'homme chargé du retournement de l'ingénieur se nomme Parviz. C'est un personnage insaisissable, sensé être mort, exécuté par le régime de Khomeini en 1979. A l'époque, Parviz travaillait pour la CIA. Étudiant, opposant au régime du Shah, il avait pourtant aidé l'ayatollah à prendre le pouvoir avec le soutient de l'agence américaine. Dans la scène d'ouverture, nous voyons ce personnage trouble expliquer à l'épouse de l'ingénieur que son mari a décidé de passer à l'Ouest. Ils ne rentreront pas en Iran. Mais les choses ne se passent pas comme prévu. La DGSE pour qui Parviz travaille à présent en relation avec Florence Nakash, ne parvient plus à le joindre. L'agent semble avoir disparu. Est-il un agent double travaillant toujours pour la CIA ou pire, travaille-t-il pour l'État islamique ? Florence Nakash est chargée d'enquêter et de retrouver son ami.


    Si vous cherchez un roman d'espionnage à la James Bond, ce roman n'est pas pour vous. Pas de courses poursuites, pas de femmes fatales prêtes à tout, pas de gadgets invraisemblables. Un agent nommé Parviz est un roman d'espionnage sobre beaucoup plus en rapport avec la réalité. Nous somme plongés dans le monde du renseignement. Un monde trouble, secret. Un monde où les agences de pays amis coopèrent mais sont aussi parfois rivales. Ce court roman portant sur un fait d'actualité mais totalement fictif est passionnant. Les personnages sont complexes, attachants. Un roman porté par un style à la fois sobre et poétique aux saveurs orientales. Un vrai plaisir de lecture. Alors plongez dans ce roman vous ne serez pas déçus.

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  • J'ai commencé la lecture d'un agent nommé Parviz" avec enthousiasme. Ce polar qui met en scène un couple d'iraniens en voyage en France et est interrogé par les services secrets français me semblait prometteur. Je lis peu de romans d'espionnage. Dès le premier chapitre, le face à face entre...
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    J'ai commencé la lecture d'un agent nommé Parviz" avec enthousiasme. Ce polar qui met en scène un couple d'iraniens en voyage en France et est interrogé par les services secrets français me semblait prometteur. Je lis peu de romans d'espionnage. Dès le premier chapitre, le face à face entre Parviz et Kiana m'a intéressée, accrochée. C’est un roman court qui se lit facilement. L’écriture est fluide, sobre, élégante et poétique. On est bien sûr dans un roman d’espionnage mais sans la dose de testostérone qui imprègne habituellement le genre. L'histoire est subtile, compliquée, tortueuse. Les caractères des personnages sont développés tout au long du récit pour donner un nouvel éclairage, chapitre après chapitre sur l’intrigue. C’est un roman qui n’est pas vraiment dans l’action mais qui déroule sa mécanique petit à petit pour faire avancer le récit. J’ai particulièrement apprécié le personnage de Florence Nakash, la policière française, qui est dynamique, vivante et donne du rythme au récit. En résumé, j’ai bien aimé ce livre qui bien qu’il soit une œuvre de fiction nous raconte une histoire tout à fait crédible.

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