Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon

Couverture du livre « Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon » de Jean-Paul Dubois aux éditions Editions De L'olivier
Résumé:

Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre.

Retour en arrière: Hansen est superintendant a L'Excelsior, une résidence où il déploie ses talents de concierge, de gardien,... Voir plus

Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre.

Retour en arrière: Hansen est superintendant a L'Excelsior, une résidence où il déploie ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et - plus encore - de réparateur des âmes et consolateur des affligés. Lorsqu'il n'est pas occupé à venir en aide aux habitants de L'Excelsior ou à entretenir les bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne. Aux commandes de son aéroplane, elle l'emmène en plein ciel, au-dessus des nuages. Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L'Excelsior, des conflits éclatent. Et l'inévitable se produit.

Une église ensablée dans les dunes d'une plage, une mine d'amiante à ciel ouvert, les méandres d'un fleuve couleur argent, les ondes sonores d'un orgue composent les paysages variés où se déroule ce roman.

Histoire d'une vie, Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon est l'un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain qu'animent le sens aigu de la fraternité et un sentiment de révolte à l'égard de toutes les formes d'injustice.

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  • Un immense plaisir de lecture qui justifie les espoirs qu’on place en lui pour le Goncourt. Loin des polémiques et des coups d’éclats, Jean-Paul Dubois a écrit un « vrai beau roman ». Je vous en livre les caractéristiques : une histoire bien construite, une atmosphère unique, du suspense, des...
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    Un immense plaisir de lecture qui justifie les espoirs qu’on place en lui pour le Goncourt. Loin des polémiques et des coups d’éclats, Jean-Paul Dubois a écrit un « vrai beau roman ». Je vous en livre les caractéristiques : une histoire bien construite, une atmosphère unique, du suspense, des personnages attachants, une invitation à la découverte, un style propriétaire, de belles formules qu’on a envie de recopier dans son carnet de notes… Tout y est. Mais la force principale de ce livre, c’est l’opposition de caractères des protagonistes, propice à des situations dramatiques ou désopilantes. Paul Hansen et son compagnon de cellule, l’incorrigible Hells Angels Patrick Horton (quelle jubilation !). Le pasteur et sa femme, directrice d’un cinéma d’arts et d’essai qui eut l’audace de programmer Linda Lovelace. Leurs duos, tout comme leurs duels, rythment les pages, tiennent le lecteur en haleine. On reconnaît aussi un bon roman à ses personnages secondaires. Ils sont mémorables. Winona, la femme de sang indien, qui cherche le bonheur dans les nuages. Gérard LeBlond l’organiste virtuose qui électrise les paroissiennes. Kieran Read, l’ami fidèle, l’expert en assurance qui dissèque les catastrophes humaines. Et puis Sedgwick, le maître des tracasseries administratives, l’odieux technocrate qui se complaît à dresser la comptabilité des malheurs des autres. Non, tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon. Il y a ceux qui l’embellissent de leur passage, aussi modeste soit-il. Et ceux, comme Sedgwick, qui l’avilissent de leur médiocrité et de leurs frustrations. À ces derniers, Dubois semble poser la question suivante : quels souvenirs laisserez-vous après votre mort ? Quelle aura été votre contribution au monde ? Un tableau Excel, une étagère trop bien rangée ?
    Bilan :

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  • Château Dubois 2019

    Il en est des livres comme du vin. Quand on ouvre un roman on ne sait pas si l'on va tomber sur une infâme piquette ou sur un bonne bouteille. le Jean-Paul Dubois 2019 est un grand cru, un millésime exceptionnel, le meilleur que peut produire cet écrivain.

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    Château Dubois 2019

    Il en est des livres comme du vin. Quand on ouvre un roman on ne sait pas si l'on va tomber sur une infâme piquette ou sur un bonne bouteille. le Jean-Paul Dubois 2019 est un grand cru, un millésime exceptionnel, le meilleur que peut produire cet écrivain.

    Comme toujours le style est fort agréable, à la fois travaillé, plein d'humour mélancolique et de cynisme. On retrouve tout ce qui fait le charme de son écriture: un ton désabusé, un regard lucide voire gentiment moqueur sur ses contemporains, sur les rapports sociaux. Beaucoup de sensibilité, l'art de mettre les mots qu'il faut sur les ressentis douloureux, tout en pudeur et de livre en livre toujours les mêmes obsessions chez ses personnages.

    Une fois de plus le narrateur s'appelle Paul, une fois de plus c'est un homme de son temps, tout en étant l'homme universel et intemporel, avec ses questionnements, ses remises en question, ses ressentis, ses blessure de l'âme, ses petits travers, sa mémoire douloureuse...
    Paul comme toujours chez Dubois est quelqu'un qui aspire à être libre dans sa petite vie mais qui ne veut ni empiéter sur celle des autres ni que l'on empiète sur la sienne. Il a un désir de liberté et de respect réciproque et un grand sens de la justice. Il ne veut pas conquérir le monde, il veut juste vivre dans un monde harmonieux. Au final c'est juste un type qui est dans le doute et l'inquiétude permanente et qui se démerde comme il peut.
    Si Houellebecq était optimiste, il écrirait comme Dubois et j'aimerais Houellebecq.

    J'ai eu l'impression de lire la quintessence des romans de Jean-Paul Dubois. Tous ses thèmes récurrents sont soudain transcendés (la ville de Toulouse est bien sûr présente) et son style est à son apogée.
    On navigue entre sourire et réflexion.
    Coup de coeur évident pour moi et je ne comprendrai pas que ce livre ne soit pas lauréat d'un des prix littéraires à venir.

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  • http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/08/tous-les-hommes-nhabitent-pas-le-monde.html

    Le narrateur Paul Hansen est en prison pour deux ans à Montréal. Il partage sa cellule avec Patrick Horton, un Hells Angel, passionné de Harley Davidson, incarcéré pour meurtre. Horton est un géant aux...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/08/tous-les-hommes-nhabitent-pas-le-monde.html

    Le narrateur Paul Hansen est en prison pour deux ans à Montréal. Il partage sa cellule avec Patrick Horton, un Hells Angel, passionné de Harley Davidson, incarcéré pour meurtre. Horton est un géant aux propos savoureux qui a peur des rats et de se faire couper les cheveux...

    Paul, né en 1955, a grandi à Toulouse auprès de Johannes, son père pasteur danois qui avait vite perdu la foi et d'Anna, sa mère française, directrice d'un cinéma d'art et d'essai. Après le divorce de ses parents, Paul va rejoindre son père qui s'est installé dans une ville minière du Québec. Paul est un homme apparemment sans histoire qui a été pendant vingt-six ans surintendant à l'Excelsior, une résidence cossue de 68 appartements avec piscine. Gardien et homme à tout faire, "qualifié en rien mais spécialiste en tout", travailleur et serviable, il n'hésitait pas à rendre de multiples services aux résidents devenant le familier et parfois le confident de tout l"immeuble. Il vivait avec Winona, une femme indienne algondine, pilote d'hydravion. Paul était heureux auprès de sa compagne et de leur chienne Nouk mais l'élection d'un nouveau gérant à l'Excelsior a fait basculer sa vie...

    L'auteur mêle habilement présent et souvenirs tout au long du roman. Le présent c'est un huis-clos entre Paul et son co-détenu, le reste de l'univers carcéral étant à peine évoqué. Les souvenirs de Paul retracent son passé, son parcours qui l'ont mené jusqu'à cette prison pour une raison qui n'est révélée qu'à la toute fin du récit. Il nous entraîne dans un voyage de la France à Montréal en passant par le Danemark, région d'origine de Johannes, dans un petit village de pêcheurs de harengs célèbre pour son église ensablée dont la vision a donné la foi à Johannes. Sans jamais tomber dans le misérabilisme, l'auteur met en scène un héros très attachant, homme simple, ordinaire entouré de personnages très forts, la palme allant à son co-détenu, figure forte du roman à qui il prête des propos savoureux dans une promiscuité étouffante où émergent amitié et solidarité. Il est question d'amour et d'amitié, d'injustice et de révolte, de deuil et de résilience mais aussi de fraternité et d'humanité.
    Jean-Paul Dubois m'a fait passer par de multiples émotions, me faisant sourire lorsqu'il manie avec délice humour, ironie et fantaisie pour ensuite m'émouvoir quand il devient grave et révolté contre certaines injustices. Une histoire très émouvante empreinte d'humanité, de mélancolie et de nostalgie.

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  • Chronique Nathalie Bullat
    Pas de doute cet auteur est de retour avec un livre brillant, ne passez pas à côté ! Pour moi c'est le meilleur de Jean-Paul Dubois, un auteur qui, comme Franck Bouysse, est incontournable. Un portraitiste de l'âme. Une plume subtile qui n'a rien à envier aux grands...
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    Chronique Nathalie Bullat
    Pas de doute cet auteur est de retour avec un livre brillant, ne passez pas à côté ! Pour moi c'est le meilleur de Jean-Paul Dubois, un auteur qui, comme Franck Bouysse, est incontournable. Un portraitiste de l'âme. Une plume subtile qui n'a rien à envier aux grands romans anglo-saxons !
    On retrouve chez Dubois sa marque de fabrique nostalgique : la perte d'un amour, la relation importante au père, l'amitié, le dégout des petits chefs.
    Le narrateur est en prison à Montréal. Il partage sa cellule avec Patrick, un gros dur passionné de motos mais capable de délicatesse, avec " quelque chose de noble dans sa sauvagerie "
    Tout au long du roman on se demande pourquoi le narrateur purge sa peine. Qu'a-t-il fait ? lui le fils d'un improbable pasteur Danois et d'une cinéphile avant-gardiste Toulousaine ? Lui le surintendant sérieux, serviable d'une résidence de gens aisés durant une vingtaine d'années.
    Le récit alterne entre l'histoire de sa vie et ses dures journées avec son co-détenu , dans une atmosphère de brutalité, sans aucune intimité avec des rats pour voisins !
    Pour supporter la violence de l'univers carcéral il rêve tout éveillé et revoit ceux qu'il a tant aimés : Winona , son grand amour, une belle Indienne qui pilote des avions taxi au-dessus des grands lacs et partagea sa vie 11 ans avec leur chienne Nouk. Il revoit son pasteur de père qui perdit la foi devant des fidèles moins nombreux et évapora ses économies au jeux.
    Les mots de l'auteur sont poétiques quand il évoque ses vacances d'enfant au Danemark là où la Baltique et la mer du Nord se rejoignent, où les sables poussés par les vents ensevelissent les églises. Ils sont empreints de douceur et de mélancolie pour Winona qui sait lire les messages du vent et les rideaux de la pluie..
    Ils sont tendres pour son généreux ami Kerian Read. Mais sa plume devient incisive devant la bêtise des fourbes, méprisants et arrogants face aux plus faibles.
    un livre tout simplement attachant!!!

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  • Paul Hansen a été pendant 26 ans, super intendant, une sorte de concierge, un homme à tout faire dans un immeuble de 68 appartements. Capable de résoudre d'urgence tous les problèmes, plein d'empathie pour les propriétaires, toujours prêt à rendre service.

    « L'Excelsior était un immeuble à...
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    Paul Hansen a été pendant 26 ans, super intendant, une sorte de concierge, un homme à tout faire dans un immeuble de 68 appartements. Capable de résoudre d'urgence tous les problèmes, plein d'empathie pour les propriétaires, toujours prêt à rendre service.

    « L'Excelsior était un immeuble à l'image de sa piscine. C'était un immeuble fragile, fantasque aussi, joueur, primesautier. Été comme hiver, il fallait toujours garder un oeil sur lui. Sinon, profitant de la moindre inattention, il risquait de me fausser compagnie. Charge à moi de le ramener ensuite à la raison et à la maison. »

    Mais à l'assemblée générale des copropriétaires, Édouard Sedgwick est élu président-administrateur et tout bascule. Paul se retrouve au pénitencier de Montréal condamné à deux ans de prison.

    Avec un style qui mêle humour et tendresse Jean-Paul Dubois alterne passé et présent pour nous expliquer comment Paul Hansen un gars bien sympathique va un jour péter les plombs.

    Son présent c'est une petite cellule qu'il partage avec Patrick Horton, un dur qui sans aucune pudeur aime soulager ses intestins sur la cuvette tout en parlant de sa passion pour les Harley Davidson et qui rêve d'ouvrir tous les mecs en deux.
    Le passé de Paul c'est une enfance entre Johanes son père né au Danemark et qui est pasteur de son état et Anna sa mère, une femme magnifique qui gère un petit cinéma. La programmation d'un fil pornographique va provoquer une fracture définitive entre le pasteur et sa femme.

    Son présent c'est une température de 14 degrés dans la cellule, les rats qui font la sarabande, les canalisations qui craquent, les hommes qui toussent. Heureusement, il y a la solidarité de Patrick et surtout ses morts qui viennent le visiter. Johanes son père, sa chienne Nouk une part indissociable de sa vie et surtout Winona son amour.
    Son passé c'est la déchéance du pasteur pris dans l'enfer du jeu, mais c'est surtout sa rencontre improbable avec Winona une Indienne.

    « Depuis cette journée au bord du lac, elle est devenue une part de ma chair, je la porte en moi, elle vit, elle pense, bouge dans mon coeur, et sa mort n'y a rien changé. »

    Jean-Paul Dubois parsème avec bonheur son récit de personnages savoureux et atypiques, ce qui donne au lecteur un vrai plaisir de lecture.

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  • A la prison de Montréal où il purge une peine de deux ans, Paul Hansen partage sa cellule avec Horton un biker de Hells Angel incarcéré pour meurtre. Qu’est ce qui a conduit Paul en prison ? Évidemment, cette question nous titille et Jean-Paul Dubois ne nous livrera la réponse qu’à la toute...
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    A la prison de Montréal où il purge une peine de deux ans, Paul Hansen partage sa cellule avec Horton un biker de Hells Angel incarcéré pour meurtre. Qu’est ce qui a conduit Paul en prison ? Évidemment, cette question nous titille et Jean-Paul Dubois ne nous livrera la réponse qu’à la toute fin.

    Fils unique d’un pasteur suédois et d’une passionnée de cinéma engagé près de Toulouse, Paul a vu, impuissant, se déliter lentement le couple formé ses parents. A sa majorité, il rejoint son père au Québec et trouve un emploi de factotum dans une résidence cossue où il a officié durant vingt-six années rendant service aux locataires et en leur prêtant également une oreille attentive. Avec Winona Mapachee, une Indienne algonquine pilote d'un Beaver monomoteur et Nouk un chien qu’ils avaient recueilli, le bonheur parfait était au rendez-vous.

    Avec cette tendresse et cette pudeur qui le caractérisent, Jean-Paul Dubois nous parle de vies simples en apparence tiraillées par les doutes, bousculées à tout jamais par par la soif d’argent des autres, mais aussi de foi et de liberté, d’amour, de solidarité et de belles amitiés belles qui réchauffent le cœur. Et jusqu’à la dernière ligne, une belle nostalgie qui pince le cœur m’a enveloppée.
    Ses personnages attachants et truculents par leurs côtés décalés (Horton qui sous ses airs peu commodes cache des peurs infantiles) ou simplement parce qu’ils sont criants de vérité m'ont plus que touchée.
    Dans ce roman, vous l'aurez compris, l'humain est au centre.

    Jean-Paul Dubois rejoint mon club d’auteurs chouchous. Parce que j’aime son écriture élégante, son humour absurde et souvent ironique, sa sensibilité et sa fausse nonchalance (avec des descriptions précises qui ne saoulent jamais le lecteur).

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  • Quel bonheur de retrouver l’écriture de Jean-Paul Dubois ! Avec son immense talent de conteur, il nous embarque dans la vie d’un homme prénommé Paul comme tous ses héros. Paul Hansen, né à Toulouse d’un père danois, pasteur et d’une mère française, propriétaire d’un cinéma.

    Et c’est de...
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    Quel bonheur de retrouver l’écriture de Jean-Paul Dubois ! Avec son immense talent de conteur, il nous embarque dans la vie d’un homme prénommé Paul comme tous ses héros. Paul Hansen, né à Toulouse d’un père danois, pasteur et d’une mère française, propriétaire d’un cinéma.

    Et c’est de l’espace exigu d’une cellule de prison canadienne que Paul nous raconte sa vie. Son enfance, la séparation de ses parents, le départ de son père au Canada, ses années de formation lorsqu’il l’a rejoint là-bas jusqu’à ce qu’il devienne Superintendant d’une résidence, l’Excelsior.

    Le récit alterne entre ses souvenirs du passé et sa vie carcérale. C’est avec John Horton, un motard, un Hells Angel à la carrure dissuasive et qu’il ne faut pas trop titiller qu’il partage sa cellule et la monotonie des jours qui s’écoulent. Un compagnon de cellule haut en couleurs, au langage truculent, incarcéré pour meurtre mais qui a une peur phobique des souris et des ciseaux de coiffeur qui pourraient s’en prendre à sa chevelure. Deux hommes totalement dissemblables mais solidaires dans leur infortune.

    Paul menait une vie heureuse, il avait trouvé l’Amour avec Winona et Nouk leur petite chienne est venue agrandir leur famille. Un bonheur simple et inestimable pour ce jeune homme compétent dans son travail, apprécié et tourné vers les autres. Une vie sans histoire qui va brusquement lui filer entre les doigts. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, lorsqu’un nouveau gérant de la résidence est nommé, lassé par les injustices, il commet le geste de trop ...

    Cette fois encore Jean-Paul Dubois nous livre le roman d’une vie de cette écriture qui n’appartient qu’à lui, tour à tour grave, pleine d’esprit, sensible, parfois un peu sarcastique, toujours mélancolique et empreinte d’humanité. Avec cette vie arrêtée en plein vol, cette tragédie ordinaire il explore la complexité, la fragilité et les paradoxes des êtres humains, « l’homme est un ours qui a mal tourné ». Il se révolte contre une société qui se délite, rongée par l’argent, l’indifférence et les injustices mais ne perd pas espoir et fait de Paul un héros extrêmement touchant et attachant.

    Certes « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon » mais les histoires de Jean-Paul Dubois habitent nos cœurs et on ne les quitte qu’à regret.

    Coup de cœur pour ce roman remarquable et jubilatoire !

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  • C'est le premier Jean-Paul Dubois que je lis et c'est une très belle découverte de cette RL2019. Je sens que je vais faire remonter "La succession" qui m'attend dans ma PAL.

    Ce récit raconté à la première personne par Paul Hansen se déroule dans le milieu carcéral. En effet, nous sommes au...
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    C'est le premier Jean-Paul Dubois que je lis et c'est une très belle découverte de cette RL2019. Je sens que je vais faire remonter "La succession" qui m'attend dans ma PAL.

    Ce récit raconté à la première personne par Paul Hansen se déroule dans le milieu carcéral. En effet, nous sommes au pénitencier de Montréal, a seulement quelques kilomètres de l'ancien habitat de Paul. Une prison où grouillent des rongeurs la nuit, où il fait très froid l'hiver, malgré le nombre important de couvertures. Une cellule nommée ironiquement condo, "appartement' de 6 m2, deux lits superposés, deux tabourets scellés, deux tablettes, un lavabo et un siège de toilette. Une cellule partagée avec Patrick Horton, un biker massif , tatoué, qu'il vaut mieux ne pas trop approcher ni contrarier. Il est condamné pour meurtre et passionné de Harley Davidson.

    Paul Hansen est l'opposé, un homme serviable, aimable, apparemment sans histoire, qui durant 26 ans a été super intendant à l'Excelsior, entendez par là, homme à tout faire, super concierge veillant corps et âme à l'entretien des 68 appartements de la résidence et sa piscine.

    Mais que fait-il là ? Pourquoi est-il emprisonné depuis le 4 novembre 2008, date de l'élection d'Obama, presque deux ans ?

    Ah ben ça, pour le savoir faut lire ce savoureux récit.

    Paul Hansen est Franco-Danois, il est né à Toulouse le 20 mai 1955. Son père, Johannes, pasteur est né à Skagen, le point le plus au Nord du Jutland, un petit village de pêcheurs de harengs célèbre pour son école picturale et surtout pour son église ensablée dont ne reste visible que le clocher, c'est ce qui lui a donné la foi.

    Son père Johannes épousera une française Anna en 1953. Anna c'est aussi l'histoire du cinéma dont elle est passionnée. Elle gérera le cinéma familial, le Spargo à Toulouse et le fera évoluer vers des films "art et essai". En 1975, changement de cap, elle programme "Gorge profonde". Ce film et cette nouvelle orientation sonnera le glas pour le couple, les projections de plus en plus érotiques étant incompatibles avec la foi "perdue" de Johannes.

    Johannes Hansen émigrera au Canada en 1975 dans une ville minière, un an plus tard, son fils viendra le voir et s'installera là-bas. Après divers boulots il s'installera à l'Excelsior.

    Ce récit, c'est l'histoire de Paul, l'amour d'un père, l'amour d'une femme, la sienne Wiwona, une indienne algondine, l'amour perdu pour sa chienne Nouk car il s'agit aussi de l'histoire de deuils.

    Mais avant tout, c'est l'humanité, ce sont deux hommes opposés qui dans la promiscuité d'une cellule vont avoir l'un envers l'autre une solidarité, une certaine compassion. C'est l'être humain qui se révèle et se met à nu.

    J'ai aimé la plume de Jean-Paul Dubois, tendre, vive, drôle à la fois. Le ton est souvent sarcastique, un roman dense, il se passe toujours quelque chose nous parlant de révolte, de l'impossibilité pour Paul de se résigner à l'injustice.

    Il nous donne une certaine vision du monde, de l'être humain. Il décortique ce qui peut pousser un être ordinaire, serviable, travailleur à "péter un câble". Il nous parle d'humanité ou du manque de celle-ci dans ce monde et nous emmène au coeur des sentiments de chacun.

    Un roman audacieux qui vous promet un beau voyage sur un fonds historique, à la découverte de Skagen, des hommes et de leur profondeur d'âme.. Oui, tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon.

    Je suis séduite, un très beau roman de cette rentrée.

    Lisez-le !

    Ma note : 9/10

    Les jolies phrases

    Voir ainsi ce colosse assassin donner le meilleur de lui-même pendant ces tâches puériles a un côté touchant, mais aussi sacrément angoissant, tant il interroge sur les méandres merdeux de l'âme humaine.

    Débarrassés de toute contrainte, nous éprouvions alors le sentiment de flotter dans le temps, d'être pleinement propriétaires de nos vies, de secréter à chaque pas de l'insouciance et des molécules de bonheur ; tandis que la chienne roulait son pelage blanc dans des manteaux de neige. Il m'arrive parfois de fermer les yeux et d'essayer de reconstituer le jardin d'Eden, mais à chaque tentative des voix sauvages jaillissant des couloirs et des cellules font s'écrouler la patiente et fragile reconstruction qu'on essayait d'opérer ma mémoire. C'est alors que l'on prend la mesure de ce qu'est une peine de prison. Une incapacité chronique à s'évader , ne serait-ce que le temps d'une marche en compagnie des morts. J'ai dit qu'eux pouvaient me visiter ici. Mais jamais je n'arrive à les rejoindre dehors.

    La foi, c'est fragile, ça repose sur trois fois rien comme un tour de magie. Et qu'est-ce qu'il faut pour être un bon prestidigitateur ? Un lapin et un chapeau.

    La foi était passée à la trappe. Une autre l'avait remplacée. Mon père avait besoin de croire.

    A la fin de l'été, la chute fut vertigineuse et les pertes à Trois-Rivières enflèrent de semaine en semaine. Le pasteur était entré dans le vortex du vaincu, ce trou noir qui avale inexorablement celui qui a trop perdu pour renoncer, d'autant qu'il est, au fond de son coeur, convaincu que la chance et les chevaux finiront par tourner à nouveau dans le bon sens. L'élixir, le cocktail de la catastrophe.

    De ces premiers temps d'apprentissage j'ai retenu une leçon tout simple : les immeubles d'habitation ressemblent souvent aux gens qui les habitent et qui aiment qu'on leur ressemble.

    La vie, c'est comme les canassons, fils : si elle t'éjecte, tu fermes ta gueule et tu lui remontes dessus tout de suite.

    https://nathavh49.blogspot.com/2019/08/tous-les-hommes-nhabitent-pas-le-monde.html

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