The girls

Couverture du livre « The girls » de Emma Cline aux éditions Table Ronde

4.173913043

23 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Table Ronde
  • EAN : 9782710376569
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

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  • 0.25

    J'ai remarqué qu'il m'est étrangement plus aisé de produire une critique négative motivée qu'un chaleureux éloge d'une oeuvre qui m'a enthousiasmé. C'est le cas du premier roman d'Emma Cline : « The Girls » (et aussi celui du livre de Simon Libérati « California Girls » sur le même sujet). Alors je me lance en espérant vous transmettre l'envie de le lire et de le découvrir.

    Le personnage d'Evie Boyd dans le roman d'Emma Cline, est une compilation de toutes les « girls » qui ont gravité autour de la secte hippie fondée par Charles Manson dans les années soixante. Si le livre est « romancé » il est néanmoins inspiré de l'histoire vraie de ces filles prisent dans l'engrenage et dans une spirale de violence infernale et meurtrière qui aboutira entre autre, en 1969 à ce fait divers qui secoua l'Amérique d'alors : l'assassinat de l'actrice Sharon Tate, femme du cinéaste Roman Polanski, et des amis qui se trouvaient avec elle dans une demeure cossue de Beverly Hill à Los Angeles. Ce livre analyse donc le « pourquoi du comment » ils en sont arrivés là et retrace leurs parcours.

    Evie est une gamine mal dans sa peau, « paumée » en quête de reconnaissance absolue qui s'ennuie ferme en cette fin des années 60 dans sa famille « décomposée » qui part à vau-l'eau. Fâchée avec sa seule amie, Connie, Elle ne tardera pas à être séduite par le charisme de Suzanne, cette fille étrange aux cheveux longs, à l'aspect négligé. Belle aux yeux d'Evie, rebelle et libre, elle l'amènera à fréquenter assidûment le « Ranch » qu'elle partage avec une bande de jeunes gens miteux, sales et totalement désoeuvrés qui révère leur gourou, le magnétique Russell.
    Evie, impatiente de « faire ses preuves » sera amenée à voler afin de mieux se faire accepter dans cette communauté qu'elle considère comme sa nouvelle famille. Elle flirtera avec le crime et ne l'évitera que de justesse et encore à cause d'un revirement étrange et suspect de Suzanne qui l'écartera au dernier moment. Remords, peur qu'elle soit trop jeune pour assumer ce qu'ils vont faire, peur qu'elle les ralentisse qu'elle les paralyse, qu'elle soit une entrave ?

    L'écriture ausculte une génération, ses maux, les méandres de la complexité adolescente, l'emprise psychologique ; c'est un roman flamboyant, poétique et presque extatique mais aussi dur au style net et tranchant comme un couteau...

    Certes les noms sont déguisés mais le propos est là. L'auteure analyse avec succès et tout en sentiments la dérive laxiste et permissive des sectes et du rêve hippie d'alors. Mais le sujet est intemporel et l'on s'aperçoit vite avec la mise en miroir de l'Evie d'aujourd'hui qui se remémore son passé, que le discours peut être appliqué de nos jours également avec les mêmes techniques pour d'autres raisons et avec d'autres gourous….

    Plus d'avis sur mon blog: https://christinehoussin1.wixsite.com/bouquinista
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  • 0.15

    On a tous une image des années 60/70 avec les hippies, une vie libre en dehors de la société. Mais cette vie peut aussi cacher des choses peu reluisantes.

    Ici nous sommes en 1969 où nous suivons la jeune Evie Boyd. C'est une toute jeune adolescente de 14 ans qui vit avec sa mère dans une banlieue plutôt aisée. Comme toutes les ados, elle se cherche et à envie de nouvelle expérience pour faire plus que son âge. Mais un jour, elle va rencontrer une jeune fille qui va bouleverser sa vie. Cette jeune fille ne ressemble à aucune autre qu'elle connaît. Il souffle comme un vent de liberté dans son attitude. Evie va vouloir devenir amie avec cette jeune fille et se faire accepter de sa bande.

    Cette histoire nous est racontée par Evie à l'âge adulte avec encore un peu du regard de cette jeune ado qu'elle a été. On sait dès le début du livre que ce qu'elle a vécu ne s'est pas bien terminé en partie.
    Elle tente de cacher aux autres ce qu'elle a vécue en étant la plus discrète possible mais son passé est toujours présent et la hante encore.

    Le livre se divise en quatre parties. On commence toujours une partie avec Evie, adulte, qui vit dans la maison d'un ami où elle va faire la connaissance du fils de son ami et de sa copine. Ils vont l'obliger à se souvenir de son passé sombre. C'est ainsi qu'elle raconte ce qu'elle a vécue même si elle ne s'adresse pas particulièrement à eux. Ces moments dans le présent serve à nous montrer comment Evie est maintenant. Ils sont secondaires et pas forcément très intéressant. Ils sont cependant une pause avec le passé d'Evie.
    Son histoire est racontée de manière chronologique en grande partie. Mais elle a ajouté son opinion d'adulte qui a pris du recul par rapport à ce qu'elle a vécu dans cette "secte". Dès le début on sait comment cela se termine. Ce qui est donc intéressant c'est de comprendre comment elle en est arrivée là.

    Au début j'avoue avoir eu beaucoup de mal dans les 100 premières pages. Tout me paraissait flou et difficile à comprendre. Je ne situais pas bien l'histoire et les différents personnages. Le style d'écriture est très particulier. On saute parfois d'une scène à l'autre ou alors quelque chose arrive sans que l'on s'en rende compte. De plus l'histoire démarre très lentement. La mise en place est longue. Il n'y a que quand Evie arrive au ranch que les choses deviennent plus intéressante.
    La construction des phrases est aussi très particulière et m'a dérangé au début pour comprendre ce qu'il se passait. J'ai donc parfois été obligé de relire des passages pour être sûr de bien comprendre.

    L'histoire ne m'a pas passionnée plus que ça. Les personnages sont très étranges et j'ai parfois du mal à les suivre. Evie est très naïve et elle est vraiment prête à tout pour se faire accepter. On se demande pourquoi personne et surtout sa mère ne voit pas qu'il se passe quelque chose. Mais je pense que pour comprendre il faut dire que la mentalité et la manière d'être avec ses enfants n'était pas la même entre hier et aujourd'hui.

    Ce livre c'est le reflet d'une époque à travers les yeux d'une adulte qui a gardé une part de son âme d'adolescente.

    La secte de Russel ne ressemble pas beaucoup aux sectes dont j'ai pu entendre parler qui date de cette époque. Mais je ne nie pas qu'une secte du même genre à exister. Le côté mystique n'est pour moi pas assez appuyé. Cependant on voit très bien comment embrigadement se fait. C'est très lent mais c'est aussi très pervers. La Evie adulte nous le dit très bien quand elle analyse les gestes de Russel.

    Côté ambiance ça rattrape l'ennui parfois de l'histoire. On image plutôt bien comment était ce ranch. On sent presque l'odeur et la saleté qui y régnait. Le côté sombre et caché de cette histoire nous apparaît aussi quand Evie, adulte, nous donne des détails qu'elle n'avait pas quand elle était adolescente.


    Ce n'est clairement pas un coup de cœur. Mais ce livre est intéressant pour avoir une image, une vision de cette époque très particulière où les excès et les "sectes" étaient à l'oeuvre.

  • 0.2

    Ce roman est inspiré du terrible meurtre perpétré dans les années 60 par les membres de la secte de Charles Manson (pour mémoire, l'épouse de Roman Polansky, enceinte de 8 mois et demi, avait été sauvagement assassinée ainsi que d'autres personne). Le meurtre en lui-même, bien qu’au centre de l’histoire, n'est décrit qu'assez brièvement à la fin de l'ouvrage. Je préfère le préciser d'emblée pour ne pas effrayer ceux qui, comme moi, fuient les histoires gores.
    L'adolescente que nous suivons tout au long de l'histoire, Evie, n’existe que pour les besoins du roman. Ce regard distancié nous permet de prendre un peu de recul par rapport aux faits historiques. Au début du roman, Evie est une femme d’âge mûr qui se souvient de la période où elle a fréquenté la secte de Charles Manson.
    Un été, désoeuvrée et mal dans sa peau, Evie avait échangé quelques mots avec un groupe de filles dans la rue. Fascinée par la liberté des adolescentes et par leur allure hippie, elle les avait suivies jusqu'au ranch où ces filles vivaient sous la "protection" d'un homme, Russel (alias Charles Manson). La jeune fille s'était liée d'amitié avec la séduisante Suzanne Atkins, qui avait quelques années de plus qu'elle (Suzanne, contrairement à Evie, n’est pas un personnage de fiction. Elle est connue pour avoir joué un rôle actif dans le déroulement du meurtre).
    L'auteur nous permet de comprendre comment s’est opéré l’embrigadement d’Evie et pourquoi la jeune fille a refusé de voir ce qui se tramait dans ce ranch et notamment dans le lit de Russel. Aveuglée par le charisme du gourou et sous l'emprise de Suzanne, elle s'est mise au diapason de la vie de la secte. Fort heureusement pour elle, le soir du meurtre, elle a été exclue de l'opération. Evie a passé sa vie à se demander si elle aurait été capable de passer à l’acte. Cette question la taraude encore.
    L'histoire commence très lentement. Le rythme finit par s'accélérer et la lecture devient plus addictive. J'émettrai un petit bémol sur choix de la lectrice. Cette dernière a une voix très jeune qui colle bien avec l'adolescente mais pas avec la femme d’âge mur qui relate l’histoire. J'ai eu un peu de mal, au départ, à faire le lien entre cette jeune voix et la narratrice qui ne l'est plus.
    En dépit de ces bémols, je conseille la lecture de ce roman (en papier ou en audio) C'est un portrait d'adolescente qui sonne juste. Sans avoir vécu d'expérience similaire, il est facile de s’identifier à Evie.

  • 0.25

    Pour un premier roman, Emma Cline a réussi une impressionnante fresque intimiste et un tableau sans concession de la société californienne des années 1960 et 1970, The Girls, un livre traduit dans plus de 34 pays et dont on parle de faire un film.

    Evie Boyd, entre deux contrats d’aide-ménagère, se retrouve dans une maison prêtée par un ami, Dan. Au bord de l’océan, elle se voit confrontée à son passé, plus exactement à l’année de ses 14 ans, lorsqu’elle voit débarquer Julian, fils de Dan, une vingtaine d’années, et surtout Sasha, entre quinze et seize ans. Les souvenirs reviennent : « C’est dire à quel point les gens avaient besoin de s’assurer que leurs vies avaient bien eu lieu… » Devant ces jeunes gens, elle reste sur ses gardes : « Je ne voulais pas exposer ma pourriture intérieure, ne serait-ce qu’accidentellement. »
    C’est pour elle alors qu’Evie commence à dévider ce que fut cette année 1969, à Petaluma, en Californie. Connie est son amie grassouillette et, comme elle, elle veut être remarquée : « Ce qui m’importait, en ce temps-là, c’était d’attirer l’attention. » Tout ce temps consacré à cela est gaspillé… « jusqu’à ce que quelqu’un vous remarque, les garçons l’avaient consacré à eux-mêmes. »
    La drogue est omniprésente, sous toutes ses formes. Evie n’y échappe pas. Elle cherche à capter l’attention du frère de Connie, Peter (18 ans), qui prend de l’acide, va dans sa chambre, se caresse l’entrecuisse dans la salle de bains en regardant le magazine de femmes nues de son père…
    Sa rencontre avec Suzanne est déterminante pour ce qui va suivre. Ses parents se sont séparés. Son père est avec Tamar, nettement plus jeune, et sa mère essaie divers hommes. Enfin, la voilà au ranch pour la fête du solstice et la rencontre avec Russell, un véritable gourou, vénéré par tout le monde et qui utilise les filles selon son bon plaisir. « Au ranch, le temps était déroutant. » C’est l’apogée du mouvement hippie, aux USA.
    Si Evie revient au ranch, c’est pour Suzanne : « Depuis que j’avais rencontré Suzanne, ma vie avait pris un relief tranchant et mystérieux, qui dévoilait un monde au-delà du monde connu… » Russell l’affirme : « Nous étions en train de bâtir une nouvelle société… Sans racisme, sans exclusion, sans hiérarchie. C’est ainsi qu’il présentait la chose, un amour plus profond… » La réalité est bien plus difficile à vivre. Evie voit tout ce qui ne va pas : la saleté, le désordre, l’alimentation insuffisante et déséquilibrée, les enfants négligés… mais elle cherche le contact physique avec Suzanne (19 ans), elle en a besoin.
    Russell chante, joue de la guitare et veut enregistrer. Pour cela, il compte sur Mitch Lewis, artiste à succès qui fournit la coke et se sert des filles pour assouvir ses besoins sexuels. Comme il faut de l’argent pour le ranch, Evie en prend chez elle, participe à une expédition qui se termine très mal comme cette année 1969, rappelant les assassinats commis par Charles Manson et les membres de sa « Famille »…

    « Je pensais que le fait d’aimer quelqu’un constituait une sorte de protection, que la personne aimée comprenait l’ampleur de vos sentiments, et agissait en conséquence. Cela me paraissait équitable, comme si l’équité était une dimension dont se souciait l’univers. » Evie a échappé au pire, spectatrice et fugitive à la fois, elle est sortie définitivement de l’enfance mais à quel prix ?

  • 0.15

    Dans ce roman, Emma Cline s'attache à décrire les errements de l'adolescence, les réflexions, les hésitations, les apprentissages aussi.
    La première partie est clairement un portrait de la jeunesse qui se cherche, qui met du temps à se trouver et qui n'y parvient pas toujours.
    L'histoire s'emballe ensuite lorsque Evie rencontre les filles du ranch.
    Si vous connaissez l'histoire du meurtre dont s'est inspirée l'auteur, vous savez sans doute que Manson avait créé une "famille" qui réunissait des filles paumées et quelques hommes.
    Evie se retrouve dans cette communauté où elle se prend de passion pour Suzanne, l'une des figures fortes de la famille.
    Elle va ensuite suivre le mouvement et se laisser emporter par la folie ambiante.

  • 0.2

    Hasard des sorties littéraires. Il y a peu, j’ai lu « California girls » de Simon Liberati, qui était aussi un texte sur l’affaire Charles Manon et sur le crime si terrible perpétué par ses jeunes filles disciples de ce genre de gourou. Cette fois, Emma Cline va donner la parole à l’une des jeunes filles qui ont fait partie de cette secte, et qui aurait pu participer à ce massacre et, en particulier, le meurtre sauvage dans la villa de Russel. La lecture de ce texte est peut être moins hallucinant que celui de Simon Liberati car la jeune auteure américaine nous parle plus de l’adolescence, de la fascination que peut exercer des êtres sur les autres. L’auteure donne la parole à la femme qu’elle est devenue et à la jeune fille qu’elle était à l’époque des événements. J’ai beaucoup apprécié d’être au plus prés de cette jeune fille qui va se retrouver dans ce groupe d’hommes et de jeunes filles libérées et libres. Nous sommes en 69 et la période hippie, peace and love mais aussi une période de drogues, de liberté apparente sexuelle. C’est un récit sur la sortie de l’adolescence, la fascination que peut faire une pseudo liberté de vie, de vie communautaire. Un texte qui parle de cette époque, de l’adolescence, de la sortie de l’adolescence.

  • 0.15

    Petite déception. On trouve de très bons moments mais finalement un peu noyés dans le conformisme d'une narration poussive...

  • 0.15

    En 1969, Evie est une jeune fille de 16 ans qui vit à San Francisco. Elle passe un été paisible et ennuyeux dans la grande maison de sa mère. Ses parents sont divorcés depuis plusieurs années. Depuis, sa mère cherche désespérément l’amour et un nouveau sens à sa vie. Elle n’est pas très proche de sa fille, dont elle ne sent pas les failles.
    Alors qu’elle se promène dans un parc, Evie croise un groupe de jeune fille hippies, qui semblent déborder de liberté et de bonheur. Elle est fascinée par l’une d’entre elles, dont elle ne peut détourner le regard. Il s’agit de Suzanne, une jeune femme qui fait partie des leaders du groupe.

    Evie finit par se rendre dans le ranch au sein duquel vit cette petite communauté et son intérêt pour Suzanne grandit. Elle ne voit pas la saleté et la misère dans laquelle elles vivent. Evie fait plusieurs allers et retours entre sa vie d’adolescente riche et celle de cette communauté un peu étrange. Elle cherche à tout prix à plaire à Suzanne, qu’elle a en adoration. Pour cela, elle se met petit à petit à voler pour subvenir aux besoins de la communauté du ranch.
    Emma Cline a choisi la fiction pour raconter un fait divers particulièrement glaçant. En 1969, des membres de la secte de Charles Manson ont assassiné sauvagement plusieurs habitants d’une résidence de San Francisco, dont une femme enceinte de 8 mois. Plutôt que de choisir le ton d’un documentaire ou d’un policier, elle emprunte celui de la fiction, en modifiant certains noms et certains faits. Le point d’entrée choisi par Emma Cline est le personnage d’Evie, une jeune fille totalement extérieure à la secte. A travers ce personnage, elle pose bien évidemment la question de l’attraction d’une secte et celle de la destruction de l’individu au sein du groupe.
    J’ai apprécié la façon dont Emma Cline reproduisait la fascination d’Evie pour Suzanne. Elle arrive particulièrement bien à faire ressentir la façon dont elle est captivée par cette femme qu’elle considère presque comme un modèle. En revanche, le bilan global que je fait de cette lecture est mitigé car j’ai régulièrement eu des moments d’ennui, n’arrivant pas à m’intéresser à la vie d’Evie ni à cette communauté.

  • 0.25

    Dans la chaleur étouffante de la Californie de la fin des années 1960, une adolescente mal dans sa peau souffre de la solitude. C’est elle qui nous raconte son histoire, elle avec quelques années de plus. Elle, souffrant toujours de la solitude. Dans le silence bientôt brisé d’une maison vide, une maison qui ne lui appartient pas, Evie, adulte, se souvient. Elle se souvient de ses 14 ans. Elle se souvient de ces quelques mois qui ont tout changé.

    Ses parents sont divorcés et délaissent l’adolescente en quête d’attention. Cette-dernière passe tout son temps avec sa meilleure amie, mais elles se disputent. Et Evie se retrouve seule. Sa rencontre avec Suzanne, une jeune femme de 19 ans au sourire mystérieux, bouleverse l’adolescente. Elle ne la connait pas, et pourtant elle fait tout pour qu’elle la remarque. C’est le début d’une étrange relation que la Evie adulte ne parvient toujours pas à expliquer. C’est aussi le début d’une expérience au cœur du mal, au cœur de ce qu’il y a de plus sombre en l’homme. Une expérience dont on ne sort pas indemne. Evie Boyd se laisse emporter par Suzanne et d’autres filles dans une maison délabrée, où les règles sociales ne sont pas les mêmes qu’ailleurs. Elle se sent libre mais ce qui la ravit le plus est le fait de rester près de Suzanne. Tout ce que fait, tout ce que pense Evie tourne autour de Suzanne. Et l’adolescente sera prête à tout pour lui plaire. Elle sera prête à obéir à Russel, le maître-dieu de ce groupe que Evie intègre. Avec Russel, avec Suzanne, avec ce groupe, cette secte, Evie perd ce qui lui restait d’enfance. On sent encore la fragilité de la Evie adulte qui raconte cette histoire. Elle n’a pas tout à fait quitté le mal être de son adolescence.

    Emma Cline nous donne à voir la vie dans une secte (inspirée de celle de Charles Manson) à travers les yeux d’une adolescente. Pour Evie Boyd, ce n’était pas une secte, mais une famille, composée en grande partie par des jeunes femmes. C’est donc à la fois le passage de l’enfance à l’adolescence et l’entrée dans une secte qui nous sont décrits par une Evie désormais adulte. Pourtant, des zones d’ombre subsistent, même des années plus tard, nous montrant que l’on ne connaît jamais tout à fait les personnes qui nous entourent. The Girls, ce sont aussi des portraits de femmes, de jeunes femmes, d’adolescentes de la fin des années 1960. Ces années qui évoquent le mouvement hippie, sont aussi des années où la place des femmes oscille entre libération et conservatisme. Les femmes et jeunes femmes de ce roman se cherchent, se demandent qui elles sont, ce qu’elles aiment, qui elles aiment, et pourquoi. Tout cela, Emma Cline nous le raconte en mettant en place un climat malsain, pervers, et le lecteur se sent parfois voyeur en lisant des passages sombres et cruels. Le plaisir de la lecture se conjugue avec le dégoût ressenti envers les scènes décrites. On étouffe de cette chaleur moite de la Californie qui semble se dégager de ces pages. Et on finit en se disant que c’est un bon roman. Non, plus que ça. Que c’est un très bon roman, un premier roman magistral dont les sentiments qu’il nous a provoqués ne sont pas sans rappeler certains livres de Joyce Carol Oates.
    https://vagueculturelle.wordpress.com/2016/09/21/the-girls-emma-cline/

  • 0.15

    Nord de la Californie, fin des années 1960. Evie Boyd, quatorze ans, vit seule avec sa mère. Fille unique et mal dans sa peau, elle n'a que Connie, son amie d'enfance. Lorsqu'une dispute les sépare au début de l'été, Evie se tourne vers un groupe de filles dont la liberté, les tenues débraillées et l'atmosphère d'abandon qui les entoure la fascinent. Elle tombe sous la coupe de Suzanne, l'aînée de cette bande, et se laisse entraîner dans le cercle d'une secte et de son leader charismatique, Russell. Caché dans les collines, leur ranch est aussi étrange que délabré, mais, aux yeux de l'adolescente, il est exotique, électrique, et elle veut à tout prix s'y faire accepter. Tandis qu'elle passe de moins en moins de temps chez sa mère et que son obsession pour Suzanne va grandissant, Evie ne s'aperçoit pas qu'elle s'approche inéluctablement d'une violence impensable. Dense et rythmé, le premier roman d'Emma Cline est saisissant de perspicacité psychologique. Raconté par une Evie adulte mais toujours cabossée, il est un portrait remarquable des filles comme des femmes qu'elles deviennent.

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