Suzanne

Couverture du livre « Suzanne » de Frederic Pommier aux éditions Des Equateurs
  • Date de parution :
  • Editeur : Des Equateurs
  • EAN : 9782849905708
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

« Elle s'appelle Suzanne et elle a 95 ans. Malgré les drames, elle a toujours aimé la vie.

A l'école, c'était la première en sprint. Puis, elle est devenue un grande joueuse de tennis. Elle adorait rouler vite et rêvait de faire des rallyes automobiles. Elle a toujours voulu tout voir, tout... Voir plus

« Elle s'appelle Suzanne et elle a 95 ans. Malgré les drames, elle a toujours aimé la vie.

A l'école, c'était la première en sprint. Puis, elle est devenue un grande joueuse de tennis. Elle adorait rouler vite et rêvait de faire des rallyes automobiles. Elle a toujours voulu tout voir, tout faire, tout lire, tout visiter. Elle dit tout haut ce qu'elle pense, et tant pis si ça vexe. Elle ne sait pas mentir. Elle ne sait pas pleurer non plus. Sauf quand elle est heureuse. . Jamais quand elle a mal ou qu'elle a du chagrin. Elle a du caractère et ne se laisse pas faire. Elle déjeune en terrasse, quelle que soit la saison. Elle ne boit jamais d'eau, que du rosé ou de la bière, c'est plus désaltérant. Elle aime les plats en sauces et la cuisine à la crème - on ne renie pas ses origines, Suzanne est née en Normandie.

Elle est née le 5 juin 1922 rue de la Solitude, à Sainte-Adresse, près du Havre. Sa mère ne l'aimait pas, et c'était réciproque. Avec son père, c'était la passion. Lui était artiste ; ils se comprenaient. Elle s'est mariée pendant la guerre. Un très beau mariage à Laval, en pleine occupation. Son mari était avocat à Laval. Ils allaient au théâtre, ils recevaient, beaucoup. La petite bourgeoisie de province des années 50. Elle avait le goût du spectacle et de la mise en scène. Elle rêvait de New-York et de Jérusalem. Elle rêvait d'être comédienne. Elle a connu des tragédies.

Un à un, Suzanne a perdu tous les hommes de sa vie. Son petit frère, son fils, son père, son mari. Elle avait quarante ans, et elle dit que, pour elle, tout s'est arrêté ce jour-là. Après, il n'y a plus eu de fêtes, il y a eu moins d'amis. Seule, Suzanne a élevé ses quatre filles, auxquelles elle a tenté d'inculquer l'essentiel : faire bonne figure, toujours, et en toutes circonstances, garder le sens de l'humour.

Mais il y a quelque temps, elle a commencé à perdre l'équilibre. Elle est tombée plusieurs fois. Impossible de se relever. Impossible de rester chez elle. Elle a dû tout vendre ou donner. Adieu l'appartement, les meubles et les souvenirs. Après avoir vaillamment traversé les tourments du siècle, elle vit maintenant dans un EHPAD, un Etablissements d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes.

Là-bas, son existence ressemble à une bouillie insipide servie dans des plateaux en plastique. Des remarques infantilisantes, des humiliations, des objets qui disparaissent... Elle sait qu'il y a pire ailleurs : des surdoses de médicaments, des injures voire des coups - des coups sur le petit papy, des coups sur la petite mamie... Comme si la fin de la vie n'était déjà plus de la vie. Suzanne ne mange presque plus. Elle a beaucoup maigri. « Il est très efficace, leur programme minceur », souffle-t-elle avec ironie.
Depuis qu'elle quitté son domicile, elle a perdu près de vingt kilos. Et moi, quelques grammes d'humour, parce que cette vieille dame de 95 ans, Suzanne, c'est ma grand-mère. »

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  • Frédéric Pommier, journaliste à France Inter, rend un très bel hommage, plein d’amour, à sa grand-mère de 95 ans au moment de l’écriture du livre, qui se trouve en EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes).
    Il fait alterner les épisodes principaux de la vie de sa...
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    Frédéric Pommier, journaliste à France Inter, rend un très bel hommage, plein d’amour, à sa grand-mère de 95 ans au moment de l’écriture du livre, qui se trouve en EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes).
    Il fait alterner les épisodes principaux de la vie de sa grand-mère, Suzanne, qu’il fait remonter jusqu’à la rencontre de ses parents avec des épisodes de sa vie actuelle en EHPAD ; le contraste est saisissant entre une vie pleine dans laquelle Suzanne est vive, pétillante, originale, entourée d’amis et de sa famille (quelques longueurs concernant les tournois de tennis et les réceptions) et la désolation de sa vie de personne dépendante dans un organisme d’où la bienveillance est absente.
    Ce document traite de la maltraitance par manque de temps et de personnel des résidents de certains EHPAD : elle prend la forme de toilettes trop rapides, de réflexions désagréables, de sangles qui la maintiennent sur son lit la nuit, de manque de douceur dans les soins, d’un volet roulant non réparé qui laisse Suzanne dans la pénombre pendant un mois, d’appels laissés sans réponse, d’infantilisation humiliante. Frédéric Pommier n’est jamais agressif ni violent verbalement contre ces pratiques, cela fait d’autant plus mouche.
    On croise des doigts pour que nos proches et nous-mêmes d’ici quelques années n’ayons pas à vivre cette situation.
    On est ému par Suzanne face à sa mère froide et distante, face à son père qu’elle adore et qu’elle a abandonné face au chantage au suicide de sa mère lorsqu’il est parti avec une autre femme, lorsqu’elle perd son mari, son unique amour à 40 ans ; une émotion encore plus forte nous prend lorsqu’elle se retrouve à la merci d’un personnel débordé qui ne la voit plus comme un être humain mais comme un numéro de chambre mais on sourit aussi par l’humour de Suzanne et son amour de la vie. On devrait faire nôtre sa devise SQM (sourire quand même).
    Ses filles réussissent à la changer d’EHPAD et ce livre poignant se termine sur une note d’espoir car Suzanne se sent bien dans son nouvel environnement avec du personnel à l’écoute, une bibliothèque où Suzanne peut s’adonner à sa passion de la lecture, des menus variés, de l’espace et de la lumière dans sa chambre. Mais tout ceci a un prix plus élevé que la plupart des personnes âgées et de leur famille ne peuvent assumer.
    Espérons que ce livre touchera au cœur nos politiques et leur fera prendre conscience qu’il y a urgence à agir pour offrir à nos aînés une fin de vie digne et douce.

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  • Quel parcours de cette femme champion ne de tennis et qu' elle vie troublante le résumer est très prenant et donne envie de découvrir son livre c est une très belle histoire qui me plaît beaucoup vraiment un coup de coeur de découvrir la vie de cette femme qui a etait célèbre

    Quel parcours de cette femme champion ne de tennis et qu' elle vie troublante le résumer est très prenant et donne envie de découvrir son livre c est une très belle histoire qui me plaît beaucoup vraiment un coup de coeur de découvrir la vie de cette femme qui a etait célèbre

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  • Ce livre de Frédéric Pommier est un appel à la conscience collective. Non les personnes âgées ne sont pas simplement des corps à entretenir, ce sont des êtres qui ont eu une vie, complexe, longue, avec ses joies et ses tristesses ; ce sont des esprits, qui se sont battus pour des convictions et...
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    Ce livre de Frédéric Pommier est un appel à la conscience collective. Non les personnes âgées ne sont pas simplement des corps à entretenir, ce sont des êtres qui ont eu une vie, complexe, longue, avec ses joies et ses tristesses ; ce sont des esprits, qui se sont battus pour des convictions et qui se souviennent, malgré leur grand âge, des sentiments qui ont tissé leur vie, l’amour, la fierté, la joie et aussi la douleur.
    Et s’ils ne protestent pas contre l’indifférence et l’infantilisation qu’ils subissent en maison de retraite, c’est que leur corps usé n’en a plus la force et que l’isolement moral dans lequel ils se trouvent, leur ôte toute velléité de contestation.

    A travers la vie de Suzanne, sa grand-mère de 96 ans, une bourgeoise cultivée et active qui aimait conduire, jouait au bridge et au tennis et voyageait en toutes occasions, l’auteur s’insurge contre cette fin de vie indigne et se demande comment on peut n’être plus rien, après avoir été tant.
    Le récit est écrit au présent avec des phrases et de chapitres courts, dans le style d’un journal et ce sont la gaité et l’entrain de Suzanne qui rythment toutes les étapes de sa vie.
    Mais c’est aussi un constat dramatique, qui ne peut que nous révolter, et parce que c’est une honte pour notre société de ne pas être capable de protéger et de respecter nos aînés, il pèsera longtemps sur nos consciences.

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  • Comme j'ai aimé passer du temps avec la famille de Suzanne, et donc celle de Frédéric Pommier ! Tendre et pudique, le portrait que le journaliste dresse de sa grand-mère se lit comme un roman.
    Une vie bien remplie marquée par la guerre. Celle d'avant sa naissance, qui a favorisé la rencontre...
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    Comme j'ai aimé passer du temps avec la famille de Suzanne, et donc celle de Frédéric Pommier ! Tendre et pudique, le portrait que le journaliste dresse de sa grand-mère se lit comme un roman.
    Une vie bien remplie marquée par la guerre. Celle d'avant sa naissance, qui a favorisé la rencontre de ses parents, et endeuillé la famille paternelle. Celle qu'elle a traversé, subissant les bombardements, avec des enfants en bas âge.
    Une vie dans laquelle ses parents et grands-parents auront une place capitale.
    Une vie marquée par un grand amour, son grand amour, qui la laissera veuve beaucoup trop tôt ….
    Une vie rythmée par les naissances de ses filles aux prénoms fleuris, leur éducation, l'accompagnement dans les différentes étapes de leur vie... puis l'arrivée des petits-enfants avec qui elle aura un lien tout particulier.
    Personnage à la fois fantasque et responsable, volontaire et indépendante, Suzanne a entretenu des rêves, traversé des épreuves et toujours choisi de « sourire quand même ».
    Dans cette narration s'intercalent des paragraphes relatant la vie actuelle de Suzanne dans l'Ehpad où elle a dû partir après plusieurs chutes. Le manque de temps et de moyens entraîne des situations de maltraitance des résidents, un mal-être perceptible du personnel, la culpabilité des proches...
    Un style doux et informatif, un livre personnel et universel, qui émeut et pose de vraies questions. Une lecture à recommander vivement !

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  • Suzanne, 95 ans, est notre Grand-Mère à tous.
    Tout le long du livre, j’ai pensé à la mienne, à sa vie, à sa vieillesse, aux décisions prises ou non prises, à ce qu’elle a transmis et, surtout, toujours « Sourire Quand Même » malgré les blessures et drames de leur vie. « SQM – Sourire Quand...
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    Suzanne, 95 ans, est notre Grand-Mère à tous.
    Tout le long du livre, j’ai pensé à la mienne, à sa vie, à sa vieillesse, aux décisions prises ou non prises, à ce qu’elle a transmis et, surtout, toujours « Sourire Quand Même » malgré les blessures et drames de leur vie. « SQM – Sourire Quand Même » sera le leitmotiv de Suzanne, tout au long du livre.
    Et c’est probablement toute la force de ce livre. Frédéric Pommier raconte sa grand-mère de manière quasi-universelle.
    Ce livre est plein de tendresse et d’Amour pour sa grand-mère, tout en montrant, non sans humour, la difficulté de vieillir et les difficultés de prise en charge. En aucun cas, il ne critique et ne juge le personnel soignant qui manque de temps et fait comme il peut. Au contraire, entre les lignes, il dresse un petit hommage aux soignants qui accompagnent les personnes âgées, bien conscient des difficultés de leur métier et des conditions de travail dans un métier où contact humain côtoie les réalités économiques. Frédéric Pommier remet en perspective les réalités, sans se permettre de jugement. D’ailleurs, quelle est la frontière entre la bientraitance et la maltraitance ? Quelle est la limite entre l’aide au maintien de l’autonomie et l’infantilisation et, par conséquent, le manque de respect pour une génération qui a tant connu ? Nous serions tous probablement dans la même situation.
    Il évoque également la difficulté de vieillir, de voir ses proches vieillir et traite de la culpabilité des enfants et petits-enfants à moins rendre visite, à « placer » un aïeul sans avoir le sentiment de l’abandonner. Où se situe la limite entre l’égoïsme, l’abandon et la préservation de soi ?

    Le sujet pourrait être jugeant ou grave mais il est traité avec légèreté, humour, et non moins de sérieux, notamment par l’alternance du témoignage de la vie actuelle de Suzanne, personne âgée, d’une part, et de l’évocation de ses souvenirs, d’autre part, aussi pour ne pas oublier qu’elle a été enfant puis adulte, comme pour nous rappeler que les jeunes d’aujourd’hui seront dans la situation demain…

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  • Qu'est-il arrivé à la femme pétillante, vivante, amoureuse de la vie pour qu'elle tienne de tels propos ? Elle aimait les voyages, avait des rêves, était une femme amoureuse et dévouée, une mère aimante … Suzanne. Suzanne aimait jouer au tennis, faire bonne chère, prendre soin d'elle, une femme...
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    Qu'est-il arrivé à la femme pétillante, vivante, amoureuse de la vie pour qu'elle tienne de tels propos ? Elle aimait les voyages, avait des rêves, était une femme amoureuse et dévouée, une mère aimante … Suzanne. Suzanne aimait jouer au tennis, faire bonne chère, prendre soin d'elle, une femme coquette… Mais les années défilent, insidieusement. Elle a tout vécu, tout enduré, mais toujours avec le sourire.
    Suzanne a 96 ans. Elle chute. N'est plus capable de vivre seule. Elle se résigne à s'installer dans un Ehpad (établissement pour personnes âgées dépendantes). Dans ce lieu infernal, elle est infantilisée, humiliée, par un personnel sans arrêt débordé. Quelques minutes lui sont consacrées. Elle mange mal, ne se douche parfois qu'une fois dans la semaine. Comment a-t-elle pu en arriver là? Est-ce donc cela que vieillir ?
    Ce récit est poignant, touchant, vibrant d'amour. L'amour de Frederic Pommier envers sa grand-mère. 235 pages qui explorent et retracent la mémoire de cette femme battante, de cette femme qu'on admire. On la suit de sa naissance, à maintenant. le récit, subtilement mené, ne cesse de faire des bonds dans le temps (entre passé et présent) mettant en lumière l'inévitable passage du temps.
    On se prend d'affection pour ce bout de femme qu'on a envie de protéger, d'écouter! J'avais beaucoup de mal à rentrer dans le récit, mais l'auteur a su m'embarquer, m'arrachant quelques larmes à la fin! L'humour et la tendresse ne sont jamais très loin, même dans les moments les plus graves !

    BLOG: https://devoratrixlibri.wordpress.com/2019/01/05/suzanne-frederic-pommier/

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  • J’avais entendu Frédéric Pommier parler de sa grand-mère l’an passé sur France Inter, et j’avais trouvé sa chronique à la fois efficace et émouvante. On retrouve les mêmes caractéristiques dans l’ouvrage qu’il lui consacre.

    Le livre commence en 2017. Vivant depuis quelque mois dans une...
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    J’avais entendu Frédéric Pommier parler de sa grand-mère l’an passé sur France Inter, et j’avais trouvé sa chronique à la fois efficace et émouvante. On retrouve les mêmes caractéristiques dans l’ouvrage qu’il lui consacre.

    Le livre commence en 2017. Vivant depuis quelque mois dans une résidence pour seniors, Suzanne a été admise à l’hôpital après une aggravation de son état de santé, des chutes, des oublis fréquents. Elle souffre d’arthrose, d’ulcères variqueux qui ne cicatrisent pas. Était-ce une raison pour sangler à son lit une dame de quatre-vingt-quinze ans ? Un médecin particulièrement condescendant fait un véritable chantage à la famille : je m’occupe d’elle si elle est placée dans un EHPAD dès que ses jambes seront guéries !

    Une part de ce document se présente comme une biographie classique avec des chapitres datés selon les années, parfois plus précisément selon les mois. On suit Suzanne, la grand-mère de l’auteur, depuis sa naissance en 1922 jusqu’à son placement dans un EHPAD en 2017. En fait, l’histoire commence même un peu avant, à la rencontre de ses parents, juste après la Première Guerre mondiale. On regarde vivre les grands-parents de Suzanne et ses parents, puis Suzanne elle-même avec son mari et ses enfants. Les années défilent, remplies de joies et de peines, de bonheurs et de drames. La famille commence par s’élever socialement, mais connaît aussi de très mauvaises passes que Frédéric Pommier raconte pudiquement, en faisant toujours ressortir l’appétit de vivre de Suzanne, très active pour une femme de sa génération. Pour mieux situer son récit et l’ancrer dans la réalité, l’auteur évoque brièvement de personnages ou des événements contemporains à son histoire : Coste et Bellonte, Alain Gerbault, la création des magasins Bata, le premier discours d’Hitler diffusé à la radio, etc.

    Présentée en alternance avec les chapitres datés, l’autre part de ce document concerne la vie de Suzanne en EHPAD ; les chapitres sont titrés selon les événements rapportés : « Le garçon », « La poubelle », « Les constantes », etc. Suzanne s’y retrouve infantilisée, parfois ignorée, parfois maltraitée, mais toujours pleine de vie, bien décidée à ne pas baisser les bras, pleine de compréhension pour les résidents comme pour les soignants, mais aussi prête à s’indigner.

    On ne peut bien sûr que s’insurger devant le manque de considération dont souffrent les pensionnaires de ces établissements. D’anecdotes en anecdotes, on s’indigne, on a du mal à y croire. Pourtant, à de rares exceptions près, Frédéric Pommier n’accable pas les soignants : ils sont évidemment trop peu nombreux, ils manquent de temps pour laisser cours à la plus élémentaire bienveillance envers les résidents… La famille de Suzanne a eu les moyens de la changer d’établissement, mais nombre de personnes âgées se retrouvent coincées dans ces endroits où on les traite sans la moindre humanité, où l’indifférence et le manque de temps se transforment en cruauté… C’est probablement ce qui attend ceux d’entre nous dont les moyens financiers ne permettent pas une fin de vie moins humiliante…

    Merci aux Grand Prix des lectrices de Elle et aux éditions des Équateurs.

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  • EHPAD : Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes. Voilà un mot pas bien réjouissant et que l'on espère ne pas connaître.
    Malheureusement, Frédéric Pommier (journaliste sur France Inter) s'est retrouvé dans ce contexte avec sa grand-mère « Suzanne » qui n'a pas eu d'autre...
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    EHPAD : Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes. Voilà un mot pas bien réjouissant et que l'on espère ne pas connaître.
    Malheureusement, Frédéric Pommier (journaliste sur France Inter) s'est retrouvé dans ce contexte avec sa grand-mère « Suzanne » qui n'a pas eu d'autre choix que d'entrer dans un de ces lieux souvent lugubres et dont on entend parfois parler mais « en mal ». En effet, ce nom est trop souvent synonyme de mal-vivre, de maltraitances, de non respect de ces personnes âgées que l'on infantilise ou que l'on malmène parce qu'on n'a pas le temps.
    Pas le temps de quoi ? de leur accorder un minimum d'attention ? de leur faire un brin de toilette décente et pas « à la va-vite » parce que d'autres attendent ? Pas la moindre attention à ceux qui n'arrivent pas à manger tout seuls et qui laissent un repas insipide au demeurant ? « Suzanne ne mange presque plus. Elle a beaucoup maigri. » « Il est très efficace, leur programme minceur, souffle-t-elle avec ironie. Depuis qu'elle quitté son domicile, elle a perdu près de vingt kilos. »
    Dans cet ouvrage composé de courts chapitres alternant du passé heureux de Suzanne au triste présent, Frédéric Pommier rend un hommage vibrant à sa grand-mère qui adorait les voyages, le tennis, les réceptions, la vie tout simplement.
    Sa naissance, rue de la Solitude était-elle prémonitoire de ce qui allait advenir ?
    C'est un récit poignant que nous livre l'auteur et il arrive à le faire avec humour ainsi qu'avec une très grande tendresse.
    Suzanne n'a jamais oublié son expression favorite (quand elle était toute jeune) : « SQM » : « Sourire Quand Même ».
    C'est ce que nous faisons au travers de cette lecture malgré la désolation de la situation et le constat alarmant. Mais Suzanne a toujours su être et rester une battante. Nombreux sont les passages comiques et je prends garde à ne pas « raconter » ce livre. Il faut le laisser découvrir par d'autres lecteurs qui seraient tentés.
    Dans cette biographie bien touchante, l'auteur a tenu à révéler (si besoin était) cette indifférence dans laquelle vivent trop de personnes âgées et je lui laisse le mot de la fin (ou presque) : « Dans trop d'établissements, ça se passe mal. le personnel se sent maltraité, des résidents se sentent maltraités et des familles sont en détresse. Elles parlent parfois quand leur parent n'est plus là. Suzanne est toujours là, elle veut que je continue à parler. Ce livre, c'est sa colère. »
    Un grand coup de coeur

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  • Sélection de janvier 2019 du Grand Prix Elle

    SQM c’est l’antienne inscrite sur la bannière de la vie de Suzanne.
    Suzanne est une « privilégiée » elle ne finira pas ses jours seule, dans son appartement, où des années après sa mort, elle serait retrouvée par les pompiers alertés par un...
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    Sélection de janvier 2019 du Grand Prix Elle

    SQM c’est l’antienne inscrite sur la bannière de la vie de Suzanne.
    Suzanne est une « privilégiée » elle ne finira pas ses jours seule, dans son appartement, où des années après sa mort, elle serait retrouvée par les pompiers alertés par un quelconque voisin importuné par une odeur dérangeante…
    Oui mais, son petit-fils Frédéric Pommier nous fait vivre le constat d’une société qui ne sait plus s’occuper de ses aïeux.
    Car soyons clairs, les conditions de travail ont bien changé en quelques années, nous sommes tous connectés au monde, mais pas nécessairement à ce qui est proche de nous.
    Notre intelligence, notre humanité, notre savoir-faire, notre savoir-être, ne sont plus des atouts pour travailler, devenir « rentable », c’est se robotiser.
    Ce constat, l’auteur le fait avec intelligence sans acrimonie.
    La construction employée pour la narration est juste parfaite, en effet les épisodes Ehpad, sont glissés subtilement entre les souvenirs de Suzanne.
    Sa grand-mère a toute sa tête, c’est le physique qui l’a lâché.
    Après plusieurs chutes et fractures le maintien à domicile n’a plus été possible, trop dangereux pour elle.
    Elle, qui est-elle ?
    Justement auprès de ceux qui s’occupe d’elle, plus rien, juste un objet que l’on doit maintenir en état.
    « On est venu la laver, l’habiller et la chercher pour le repas. On a fait son ménage et on lui a proposé de participer à l’atelier « pliage de serviettes ». Mais lui a-t-on demandé comment elle se sentait ? Lui a-t-on demandé si elle s’’ennuyait ? Lui a-t-on posé des questions sur sa vie d’avant ? Que sait-on d’elle ici ? Rien, absolument rien. »
    Pourtant Suzanne est une « flamboyante », elle a eu une vie de petite bourgeoisie, elle a eu cinq enfants avec un mari qu’elle a adoré, épaulé. Heureux et complices ils ont fait face à la perte de leur unique fils, bébé de quelques semaines.
    Elle fut veuve à quarante ans, les fêtes, les amis, les sorties, les invitations tout a disparu, du jour au lendemain.
    Mais Suzanne tombe et toujours se relève, elle ne se plaint jamais, tête haute et manches retroussées, elle fait face, élève seule ses enfants, leur donne amour et plus. Elle sera payée de retour, car c’est aussi une maman choyée, elle n’est pas abandonnée dans son Hepad.
    Le récit entremêle le présent où se succède, nourriture insipide, brutalité, mauvais traitements faute de temps et d’humanité, indifférence et plus douloureux encore l’infantilisation. Suzanne ne devrait plus être « rien ».
    Mais cette battante a encore les mots pour dire, et surtout elle s’accroche à ses souvenirs comme à des perles, précieuses perles qui la relient à sa vie, la vie, celle qu’elle a tant aimé.
    « Suzanne a soixante-dix-huit ans et me rend visite à Marseille, où je poursuis mes études. Début janvier, un froid polaire. Le ciel est splendide et elle veut déjeuner dehors. Il y a des tables en terrasse sur le vieux port. Elle en choisit une, face à Notre-Dame-de-la-Garde. Elle parle, je l’écoute en soufflant dans mes gants. Un serveur nous invite à prendre place à l’intérieur. « Vous serez mieux au chaud ! » Suzanne, du tac au tac : « On est très bien ici ! Apportez-nous la carte ! »
    Bergson disait « la mémoire est ce qui fait que les hommes peuvent avoir une histoire. »
    La mémoire Suzanne en a, les souvenirs elle les cultive.
    Une vie bien remplie, une belle personne et un petit-fils qui a fixé celle-ci, sur le papier mais surtout dans le cœur des lecteurs.
    Entre les larmes et le rire une vie traversée.
    Je vous livre le secret de Suzanne, SQM : Sourire Quand Même…
    ©Chantal Lafon – Litteratum Amor 03 novembre 2018.

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