Sur les chemins noirs

Couverture du livre « Sur les chemins noirs » de Sylvain Tesson aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072823428
  • Série : (non disponible)
  • Support : Poche
Résumé:

Avec cette traversée à pied de la France réalisée entre août et novembre 2015, Sylvain Tesson part à la rencontre d'un pays isolé, sauvage et méconnu. C'est aussi l'occasion d'une reconquête intérieure après la terrible chute qui a failli lui coûter la vie en août 2014. Le voici donc en route ,... Voir plus

Avec cette traversée à pied de la France réalisée entre août et novembre 2015, Sylvain Tesson part à la rencontre d'un pays isolé, sauvage et méconnu. C'est aussi l'occasion d'une reconquête intérieure après la terrible chute qui a failli lui coûter la vie en août 2014. Le voici donc en route , par les petits chemins que plus personne n'emprunte, en route vers ces vastes territoires non connectés, qui ont miraculeusement échappé aux assauts de l'urbanisme et de la technologie, mais qui apparaissent sous sa plume habités par une vie ardente, turbulente et fascinante.

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  • C'est sur les chemins d'une France rurale que nous emmène cette fois Sylvain Tesson

    "chemins cachés, bordés de haies, par les sous-bois de ronces et les pistes à ornières reliant les villages abandonnés"

    Retour au souche dans un pays au final assez mal connu de celui qui a si souvent...
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    C'est sur les chemins d'une France rurale que nous emmène cette fois Sylvain Tesson

    "chemins cachés, bordés de haies, par les sous-bois de ronces et les pistes à ornières reliant les villages abandonnés"

    Retour au souche dans un pays au final assez mal connu de celui qui a si souvent parcouru le monde. Alors on découvre avec lui ces chemins noirs

    "Ces traces en étoile et ces lignes piquetées étaient des sentiers ruraux, des pistes pastorales fixées par le cadastre, des accès pour des services forestiers, des appuis de lisière, des viae antiques à peine entretenues, parfois privées, souvent laissées à la circulation des bêtes. La carte entière se veinait de ces artères. C'était mes chemins noirs. Ils ouvraient sur l'échappée, ils étaient oubliés, le silence y régnait, on n'y croisait personne et parfois la broussaille se refermait aussitôt après le passage."

    et plus d'un retour au source, un chemin initiatique ou une aventure c'est quasiment un essai géopolitique que nous présente l'auteur à travers ce qu'il voit, découvre au détour de ces chemins.

    "la géographie humaine est la forme de l'Histoire. En quarante ans le paysage se refaçonna pour que passent les voitures. Elles devaient assurer le mouvement perpétuel entre les zones pavillonnaires et le parking des supermarchés. Le pays se piquette de ronds-points. Désormais les hommes passeraient des heures dans leur voiture. Les géographes parlent de "mitage" du territoire : tissu mou, étrange n'appartenant ni à la ville ni à la pastorale, une matrice pleine de trous entre lesquels on circulait."

    Quelques rencontres anecdotiques viennent illustrer ces réflexions mais ne rendent pas ce récit très vivant pour autant. On chemine avec Sylvain Tesson, on revient sur sa vie, quelques amis le retrouvent, sa soeur aussi pour quelques jours et c'est sans doute le moment le plus drôle du récit. C'est un regard un peu déprimé que porte l'auteur sur cette France et sa "cartographie du temps perdu", une France coupée en deux entre la ville et les "zones grises de l'hyper ruralité"

    Heureusement il sait décrire les paysages, la nature, les moments de grâce face à un orage ou un coucher de soleil.

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  • C’est après une grave chute d’un toit sur lequel il faisait le pitre, puis quatre mois d’hôpital, que Sylvain Tesson s’est lancé Sur les chemins noirs. Dans son lit de souffrance, il s’était promis : « Si je m’en sors, je traverse la France à pied. » De plus, il a fait cela en souvenir de sa...
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    C’est après une grave chute d’un toit sur lequel il faisait le pitre, puis quatre mois d’hôpital, que Sylvain Tesson s’est lancé Sur les chemins noirs. Dans son lit de souffrance, il s’était promis : « Si je m’en sors, je traverse la France à pied. » De plus, il a fait cela en souvenir de sa mère, décédée en 2014.

    « Des motifs pour battre la campagne, j’aurais pu en aligner des dizaines. Me seriner par exemple que j’avais passé vingt ans à courir le monde entre Oulan-Bator et Valparaiso et qu’il était absurde de connaître Samarcande alors qu’il y avait l’Indre-et-Loire. » S’inspirant d’un récent rapport sur l’hyper-ruralité, il a essayé de sortir des sentiers battus au sens littéral du terme pour découvrir le pays en solitaire la plupart du temps.
    Ainsi, il est parti de Tende, à la frontière italienne, passé par la vallée de la Roya, le Mercantour, la vallée de la Tinée, celle du Var, le pays du Verdon, le plateau de Valensole, le pays de Giono, les flancs du Ventoux, le Comtat Venaissin, la vallée du Rhône, le Bas-Vivarais, les Cévennes vivaraises, le Mont Lozère, le Gévaudan, l’Aubrac, les monts du Cantal, le pays d’Ussel, le plateau de Millevaches, la Haute Marche, le pays de Boischaut-sud, la champagne de Châteauroux, la Loire, la Gâtine tourangelle, la Champagne mancelle, le pays de Laval, le bocage mayennais, l’est du Cotentin pour terminer sur les falaises de La Hague, au bord de la carte, à la fin du territoire.
    On savoure les anecdotes, les descriptions précises des paysages traversées par ce marcheur qui retrouve peu à peu ses moyens sans se ménager. Surtout, Sylvain Tesson nous livre sa vision d’un pays transformé par l’homme, défiguré par ce fameux aménagement du territoire : « l’âge du flux » Loin d’être passéiste, il permet de prendre conscience de tout ce que nous modifions, abimons, sur cette terre où nous ne sommes que de passage.
    L’auteur livre aussi quelques réflexions bien senties comme dans cette église du Mercantour : « Sur les murs étaient accrochés les ex-voto des alpinistes sauvés d’une chute. C’était la corde qui les avait retenus mais il leur était agréable de croire aux secours du Ciel. »
    S’appuyant sur les cartes IGN, « des merveilles », il cherche des sentiers, ses chemins noirs, observe végétation et animaux et déplore tous ces villages déserts ou abandonnés. Le périurbain le démoralise et cette agriculture perfusée de subventions lui semble une impasse alors que seulement 5 % de la surface cultivée du pays est en bio.
    Quelques compagnons viennent cheminer un moment avec lui. Trop souvent, il se heurte à des panneaux d’interdiction. Voyant des Espagnols vendanger près du Rhône, il les nomme « Les Brigades du rouge. » Il fait des rencontres insolites et constate la première gelée blanche le 19 octobre, près de Tours.

    Parvenu au bout de son périple, Sylvain Tesson conclut : « Alors, on rentre chez soi débarrassé de l’insecte qui vous mordait le cœur, lavé de toute peine, remis debout. » Il avait cherché ses chemins noirs, les avait trouvés : « De quoi se plaindre ? »

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  • Géographe, écrivain, Sylvain Tesson nous fait découvrir à travers des chemins de traverse "les chemins noirs" son périple de trois mois dans une France rurale du Mercantour au Cotentin qui l'aide à se reconstruire. Beaucoup de poésie dans son récit et une belle leçon de vie !

    Géographe, écrivain, Sylvain Tesson nous fait découvrir à travers des chemins de traverse "les chemins noirs" son périple de trois mois dans une France rurale du Mercantour au Cotentin qui l'aide à se reconstruire. Beaucoup de poésie dans son récit et une belle leçon de vie !

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  • « Sur les chemins noirs » est le récit d’une reconstruction physique et mentale, celle de Sylvain Tesson. Après une chute de plus de 8 mètres en août 2014, l’écrivain-explorateur est placé pendant huit jours dans un coma artificiel et ne ressort de l’hôpital que trois mois plus tard, le corps...
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    « Sur les chemins noirs » est le récit d’une reconstruction physique et mentale, celle de Sylvain Tesson. Après une chute de plus de 8 mètres en août 2014, l’écrivain-explorateur est placé pendant huit jours dans un coma artificiel et ne ressort de l’hôpital que trois mois plus tard, le corps meurtri et avec la recommandation des médecins de se rééduquer. « Se rééduquer ? Cela commençait par ficher le camp » estime Tesson.

    Ficher le camp, fuir, se soustraire au monde pour mieux s’en saisir, c’est ce que va chercher à faire Tesson à travers une marche de plusieurs semaines qui l’emmènera du Mercantour au Cotentin, à travers la France rurale et ses territoires oubliés. L’auteur l’admet : « Certains hommes espéraient entrer dans l’histoire, nous étions quelques uns à préférer disparaître dans la géographie ».

    Prétexte à une réflexion sur la transformation de la France sous l’effet de l’industrialisation, de la mondialisation et du productivisme, ce récit, porté par une écriture poétique, est une bouffée d’oxygène, une invitation à se perdre dans les sentiers secrets et tortueux qui, s’ils se font de plus en plus rares, continuent malgré tout à exister.

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