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    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/10/17/35773276.html

    « Le jour se leva sur un navire naufragé planté sur la cime des arbres au milieu de la forêt ». C’est avec cette première phrase que Miguel Bonnefoy nous embarque dans un premier chapitre tonitruant qui nous plonge directement dans l’insolite, le surnaturel et l’exotisme. Ce navire naufragé est celui du capitaine Henry Morgan. Avec la disparition du bateau et de ses occupants, un trésor attend un heureux propriétaire. Trois siècles plus tard, des chercheurs d’or courent toujours après lui. Parmi ces aventuriers du trésor perdu figure Severo Bracamonte. Il arrive chez une famille de rhumiers qui va l’héberger pendant ses recherches, les Otero. De fil en aiguille et malgré une réticence de départ, la fille de la maison, la jeune Serena épouse Severo. La vie conjugale finit par lui faire lâcher cette chasse au trésor. La principale préoccupation du couple est d’avoir un enfant qui ne vient malheureusement pas… jusqu’au jour où la vie, le hasard même, pour ne pas dire la canne à sucre, viennent leur donner Eva Fuego. Cette fille va elle aussi entreprendre une chasse au trésor particulière…

    Dès les premières pages, on retrouve tout l’univers surnaturel, exotique voire mythologique qu’il y avait dans le premier roman de Miguel Bonnefoy: Le voyage d’Octavio. Il s’inscrit à la fois dans la lignée du courant latino-américain du réalisme magique et dans les influences européennes notamment russes. Le tout est accompagné par une très belle langue, à la fois simple, précise et imagée. On sent les odeurs, les saveurs de ce pays qui est tout sauf un pays de Cocagne… et pourtant… le trésor est bien là, sous les pieds des personnages mais il n’est pas celui que l’on croit.

    Dans cette sorte de saga familiale, le trésor n’est pas celui qu’on cherche mais celui qu’on ne soupçonne pas, qu’on découvre par hasard ou même jamais, par aveuglement. Chacun des personnages en fait l’amère expérience. Miguel Bonnefoy ne cache pas que cette histoire est une parabole de la situation actuelle du Venezuela, son pays d’origine. Il fait le parallèle entre la culture de la canne à sucre pour fabriquer le rhum et l’exploitation pétrolière au Venezuela (d’où le titre Sucre noir comme l’or noir). Une même avidité, une même source de malheur là où il devrait y avoir du bonheur et de la richesse pour tous. Les hommes forgent leur enfer et la nature leur rend bien.

    Un roman intelligent, porteur d’une belle morale dans un écrin magique. Nul doute que Miguel Bonnefoy se bonifie avec le temps…

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