Strong girls forever T.1 ; comment ne pas devenir cinglée

Couverture du livre « Strong girls forever T.1 ; comment ne pas devenir cinglée » de Holly Bourne aux éditions Nathan
  • Date de parution :
  • Editeur : Nathan
  • EAN : 9782092577516
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Dans le Club des Vieilles filles (comprendre : filles indépendantes et fières de l'être !), elles ont 17 ans et elles sont trois... Lottie, belle brune qui collectionne les garçons autant qu'elle les fait fuir par son intelligence. Amber, la pétulante rousse qui complexe de sa taille de... Voir plus

Dans le Club des Vieilles filles (comprendre : filles indépendantes et fières de l'être !), elles ont 17 ans et elles sont trois... Lottie, belle brune qui collectionne les garçons autant qu'elle les fait fuir par son intelligence. Amber, la pétulante rousse qui complexe de sa taille de girafe... et Evie. Evie a des crises d'angoisse qui l'obligent à se laver les mains 60 fois par jour et qui lui ont gâché la vie pendant des années. Aujourd'hui, elle ne rêve que d'une chose : devenir enfin « normale » ! Lycée, fêtes, copines... et un premier petit copain normal, est-ce trop demandé ?
Dès 14 ans.

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Avis(6)

  • Le Club des Vieilles Filles est composé par 3 jeunes femmes de 17 ans indépendantes et fières de l’être mais également avec des complexes ou des difficultés. Amber, complexée par sa grande taille, Lottie qui effraie les garçons par son intelligence et le personnage principal, Evelyn ou plutôt...
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    Le Club des Vieilles Filles est composé par 3 jeunes femmes de 17 ans indépendantes et fières de l’être mais également avec des complexes ou des difficultés. Amber, complexée par sa grande taille, Lottie qui effraie les garçons par son intelligence et le personnage principal, Evelyn ou plutôt Evie.
    Evie souffre de Troubles Obsessionnels Compulsifs – TOC qui lui pourrissent la vie. Elle ne rêve que d’une chose : vivre une vie normale d’une adolescente de 17 ans.


    Ce livre allie humour, amitié et féminisme. J’ai aimé la manière dont le livre est écrit et comment est abordé le féminisme. En effet, nous ne savons pas dès le début que les trois amies sont féministes, nous voyons leurs pensées se développer au fur et à mesure du livre et le féminisme arrive petit à petit. Également, nous sommes complètement plongés dans la vie d’Evie grâce à ses pensées qui sont retranscrites, ce qui nous permet d’avoir un autre regard sur les TOC et angoisses. J’ai adoré vivre cette histoire aux travers de ses yeux.

    Du côté des personnages, Evie est très attachante et nous la suivons dans son évolution vis à vis de sa maladie mais également au niveau de ses sentiments. Pas facile d’être une adolescente de 17 ans !
    Pour Amber et Lottie, j’ai trouvé que nous ne savions pas énormément de choses sur elles et j’aurai aimé en savoir plus ! Mais je me doute qu’avec les autres tomes de la trilogie nous allons encore suivre leurs péripéties et en apprendre plus sur chacune des filles.


    J’ai très hâte de lire les prochains tomes afin de continuer à suivre les aventures du Club des Vieilles Filles !

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  • Voici un livre qui n'est pas passé inaperçu, que ce soit lors de sa sortie en anglais ou en français ! J'avoue m'être sans plus attardée dessus, même avec les avis emballés... puis ma curiosité a été piquée par la gaieté (et non une guêpe ouf, douleur et moi n'aurions pas été amies) en le voyant...
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    Voici un livre qui n'est pas passé inaperçu, que ce soit lors de sa sortie en anglais ou en français ! J'avoue m'être sans plus attardée dessus, même avec les avis emballés... puis ma curiosité a été piquée par la gaieté (et non une guêpe ouf, douleur et moi n'aurions pas été amies) en le voyant sur le site Lecteurs.com que je remercie, avec les éditions Nathan !, pour m'avoir permis de découvrir cette histoire éclatante !


    Je n'ai guère eu besoin de lire dix pages pour que l'esquisse d'un arc-en-ciel à l'envers (plus stylé que la banane redondante) se dessine sur mes lèvres : la mise en page avec des morceaux de journal de l'héroïne, des tableaux ou titres en gras m'a de suite interpellée et plu, tout comme le ton employé ! L'écriture accroche direct, Evie et son humour m'ont conquise en moins de deux, et c'était parti pour une lecture... engagée et remplie de vie, mais pas toujours pétillante de délice puisqu'agacement et exaspération se sont également engagés dans la danse ! (Héééééé salsaaaaaa)


    Evie est une adolescente atteinte de TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif) sur la voie de la guérison : elle est de retour au lycée avec pour objectif de mener une vie d'adolescente "normale", à savoir fêtes, passer du temps avec ses amis et tomber amoureuse. Réussira-t-elle à obtenir ce qu'elle désire en arrivant à gérer ses pensées négatives ? (C'est cool de créer du suspense, vous n'êtes pas d'accord ?!)


    Les thèmes présents dans ce roman ne sont pas nouveaux (amitié, amour, premiers émois, soirées), mais Holly Bourne ajoute à tout ceci la maladie de TOC (ainsi qu'un autre problème, abordé en parallèle, dont je ne développerai pas pour vous laisser la (mauvaise) surprise), l'angoisse et une pointe de féminisme ! Avec ses deux nouvelles amies Lottie et Amber, Evie va former le club des vieilles filles :



    « – Être une vieille fille peut aussi signifier qu'on accorde autant d'importance à l'amour qu'à l'amitié. (Je pensais à Jane.) Qu'on refuse de renier sa personnalité, ses croyances et ses désirs dans le seul but de satisfaire un garçon.
    - Être une vieille fille, a enchaîné Lottie, c'est ne pas hésiter à regarder la société en face et à dire à voix haute : "Non, ça ne me convient pas." Être une vieille fille, c'est arrêter de se taire de crainte que les garçons nous trouvent moins jolies ou moins sexy.
    - Être une vieille fille, a conclu Amber, c'est prendre soin de ses amis et les soutenir envers et contre tout. »



    Une magnifique amitié va naitre entre ces trois adolescentes qui vont apprendre à se connaitre et se soutenir aussi bien dans les bons que mauvais moments ! Elles échangent des réflexions sur les femmes, les garçons, les rapports entre les deux, le lycée, les relations amoureuses, etc. C'est très intéressant la manière dont le féminisme transparait, comment les héroïnes essaient de se détacher des idées et valeurs véhiculées par le patriarcat ! (Vilain mot, bah. Vive l’égalité !) Ne pas être prise pour un objet, être respectée et acceptée tel que l'on est, ne pas se transformer à cause de (fichues !) étiquettes,... Voici quelques volontés mises en avant.
    J'avoue avoir été énervée au milieu du livre, car je trouvais que les protagonistes ne parlaient que de garçons. Elles revendiquaient l'indépendance, mais ne pouvaient s'empêcher de s'imaginer sans eux, j'étais blasée. Mais arrive la fin, et oh lala !!! Une bombe ! Les actions s'enchainent, les héroïnes se remettent en question et c'était génial de voir leurs réflexions s'approfondir, éclater et mûrir. Les dernières pages sont intenses et passionnantes !


    Je me suis facilement attachée à Evie même si elle m'a parfois énervée. Son comportement envers un certain garçon m'a en particulier refroidie : sa réaction peut se comprendre, mais approbation = - 30. Son obnubilation pour les garçons m'agaçait, heureusement que la fin explique tout et permet de la saisir davantage ! Autrement, je trouve que son rapport avec la maladie est très bien évoqué. Je suis loin d'être une spécialiste en TOC, alors j'étais contente de lire un ouvrage sur ce sujet, enfin d'être témoin de la façon dont un personnage vit avec : c'est loin d'être fun de voir une maladie ronger, provoquer des angoisses, faire perdre tout confiance en soi. Puis j'ai adoré le parti pris par l'autrice concernant la période dont Evie vit avec sa maladie : même si la guérison pointe le bout de son nez, les rechutes ne sont pas obligées de rester dans l'ombre...


    Pour revenir sur les garçons, j'ai trouvé bizarre et peu cohérent que tous ceux qui approchent nos trois vieilles filles aient un problème ou alors ne se comportent pas de la meilleure des manières. Un gars gentil aurait pu se démarquer dans le lot (bon, ok il y en a eu un, mais Evie n'a pas été sympa). Montrer certains garçons sous un meilleur jour n'aurait pas mangé de pain, pardi !


    J'ai peu parlé de Lottie et Amber, hum... En quelques mots, je les trouvais similaire dans leurs piques et les confondais parfois (mis à part pour les mecs, Lottie tirait toujours le gros lot contrairement à Amber (qui tirait pas grand chose...)), alors qu'elles possèdent chacune leur propre personnalité, sérieux ! (C'est juste moi, faut laisser tomber, déjà que je ne retiens pratiquement aucun prénom...) Sinon, je le re-dis, mais leur trio (en comptant Evie, pas le Pape) fait plaisir à lire : elles se disputent pour mieux se réconcilier, se serrent les coudes, partagent blagues et ironie... Une amitié formidable décrite à travers une fluide plume captivante !



    Pour conclure, j'aurais sûrement eu un coup de cœur si j'avais lu ce premier tome quelques années auparavant ! J'ai tout de même suivi avec joie les aventures (au pays des adolescents) d'Evie et de ses amies : complexités, doutes, questionnements, baisers, chagrins d'amour saupoudrés de films et de musiques (métalliques grinçantes) !


    Une bonne, voir presque excellente, lecture pour de fortes idées et des héroïnes fouillées !

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  • Tout d'abord un grand MERCI à Lecteurs.com et aux éditions Nathan pour l'envoi de ce roman !!

    On rencontre dans cette histoire de lycée trois jeunes filles : Evie est le personnage principal, elle fait beaucoup de crises d'angoisse et voudrait être "normale" ; Amber est complexée et...
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    Tout d'abord un grand MERCI à Lecteurs.com et aux éditions Nathan pour l'envoi de ce roman !!

    On rencontre dans cette histoire de lycée trois jeunes filles : Evie est le personnage principal, elle fait beaucoup de crises d'angoisse et voudrait être "normale" ; Amber est complexée et féministe ; Lottie est très jolie et très intelligente, ce qui respectivement attire et repousse les garçons. Car oui, il est aussi beaucoup question de garçons, bien entendu !

    Pourtant, contrairement à ce que vous pourriez croire, on parle aussi de féminisme. Et c'est ce qui m'a plu : j'adore vraiment qu'on puisse faire passer plein de messages sur l'égalité des sexes et le féminisme dans des romans assez "légers" comme celui-là. Car OUI, je suis féministe et je n'ai aucun souci à le dire, même si de nos jours on dirait que c'est une insulte. J'aurais vraiment aimé faire partie d'un Club des Vieilles Filles (d'ailleurs, ce n'est peut-être pas trop tard, qui se lance avec moi ?) J'ai mis léger entre guillemets car, même si ce livre raconte la vie d'adolescentes et est rempli d'humour (les trois filles ont des sacrées punchlines !), quelle souffrance permanente pour Evie !! D'ailleurs, on se met vraiment à sa place et c'est difficile, des fois lourd à la lecture (d'où l'étoile en moins, même si j'aurais voulu n'en enlever qu'une demie). Mais en même temps ça m'a permis de mieux comprendre les maladies mentales et je trouve que c'est un thème très important aussi, et très bien traité car on se rend compte à quel point les mots de tous les jours peuvent blesser les personnes vraiment concernées par une de ces maladies.

    Bref, une très bonne lecture que je vous conseille : même si vous avez dépassé l'âge des héroïnes, pas mal d'éléments pourraient vous plaire quand même !

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  • Bonjour mes petits amis ! Aujourd'hui, je vous retrouve pour la chronique d'un premier tome d'une saga extrêmement prometteuse et qui se veut girl power à 200% : Comment ne pas devenir cinglée ?, issu de la pétillante série de livres pour ados Strong Girls Forever. Tout d'abord, je tiens à...
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    Bonjour mes petits amis ! Aujourd'hui, je vous retrouve pour la chronique d'un premier tome d'une saga extrêmement prometteuse et qui se veut girl power à 200% : Comment ne pas devenir cinglée ?, issu de la pétillante série de livres pour ados Strong Girls Forever. Tout d'abord, je tiens à sincèrement remercier les éditions Nathan pour ce sublime envoi qui apporte avec lui un véritable vent de fraîcheur. C'était aussi l'occasion rêvée pour moi d'enfin découvrir la plume d'Holly Bourne, autrice également à l'origine de la populaire saga littéraire Geek Girl, aussi parue chez Nathan. Vous l'aurez compris sans doute, je n'ai pas lu cette saga-ci mais j'ai bien l'intention de le faire, prochainement j'espère, au vu du COUP DE FOUDRE ϟ que j'ai eu pour ce tome introducteur à Strong Girls Forever. Voilà, je ne ménage même pas le suspense ; en même temps, rien que le titre de l'œuvre (celui de la saga dans son ensemble ; quoique, l'appellation du premier tome est sympa et me parle aussi fortement) annonçait déjà la couleur. D'ailleurs, en parlant de couleur (quelle transition du tonnerre !), le rose, plus particulièrement la teinte fuchsia dominante de la couverture de ce livre-ci, ne sont pas appréciés de façon générale à leur juste valeur selon moi. I've said what I've said. Mais, in fine, ce n'est pas une couleur qui nous définit : c'est ce que cela représente pour nous qui importe. Tout cela pour vous dire que le rose ne devrait pas être stigmatiser la gente féminine dès le plus jeune âge mais qu'on peut cependant le choisir comme notre étendard (peut-être pas à la façon d'Elle Woods dans La Revanche d'une blonde, mais si cela vous inspire, n'hésitez pas) SI L'ON EN A ENVIE. C'est le petit message que je tenais d'ores et déjà à faire passer car, pour commencer, le fuchsia et le jaune foncé sur une couverture de livre, c'est le COMBO GAGNANT pour moi. Et puis, surtout, si une chose est parfaitement claire avec Holly Bourne, c'est celle de créer et de proposer à son lectorat des personnages de jeunes filles fortes, qui n'ont pas peur de dire tout haut ce qu'elles pensent tout bas, qui ont du cran et toujours le poing levé (de rien pour la chanson d'Amel Bent qui tourne en boucle dans votre tête maintenant). Néanmoins, ces protagonistes tout feu tout flammes ne sont pas infaillibles, cela va de soi : elles sont des êtres humains avant tout, avec leur lot de défauts, leurs doutes, leurs angoisses, notamment vis-à-vis de leur féminité et de l'épineux rapport homme/femme. Holly Bourne nous fait comprendre dans ce titre que la militante pour les droits des femmes parfaite, ça n'existe pas, ni plus ni moins, et elle introduit ainsi tout en douceur de jeunes lectrices, et même de moins jeunes aussi, au mouvement féministe, le tout avec beaucoup de justesse et de réalisme. Laissez-moi vous expliquer plus en détails pourquoi ce roman est juste génial, à de nombreux points de vue.

    De base, le synopsis et surtout son cadre pourraient ne pas vous vendre du rêve : encore un récit pour ados qui se déroule donc dans un lycée, qui plus américain. Personnellement, j'adore les tranches de vie adolescentes car cela ne tombe pas toujours forcément dans le cliché planplan de l'énergumène blasé, obsédé par la question de la première fois et qui ingurgite plus de p'tits coups que le groupe Licence IV. Ne me demandez pas d'où elle m'est venue, celle-là... Alors oui, il y a bien dans ce roman des scènes de soirées endiablées et de beuveries interminables, avec modération cependant, ainsi que de jeunes adultes au comportement indéchiffrable qu'on aimerait juste renvoyer au doux temps de l'enfance idyllique, insouciante, innocente et si mignonne afin de les laver de leur stupidité crasse. Oui, je sais, j'aime l'association de ces deux mots. Beaucoup, même. Bref, tout ça peut sonner terriblement cliché mais, à un moment donné, il faut savoir regarder la vérité en face. Or, justement, ce qui rend le récit d'Holly Bourne si authentique ici, c'est qu'elle s'inspire de choses qu'elle a elle-même vécues par le passé. Quand on nous parle de ses expériences de vie, surtout en les évoquant sans filtre ni fioritures comme le fait l'autrice ici, cela se ressent immédiatement je trouve. Cela nous rappelle également que la vie réelle est pleine de surprises, qu'elle dépasse même souvent la fiction, tant en matière d'aberrations que de miracles. En tout cas, le récit d'Holly Bourne, écrit avec beaucoup de mordant caractéristique d'une plume pétillante et malicieuse, m'a beaucoup parlé et je pense que le public visé, à savoir les adolescents, autant que les moins jeunes, je le rappelle, pourra s'identifier aux divers personnages rencontrés au cours du récit. Les lecteurs, quel qu'ils soient, se reconnaîtront dans les situations dans lesquelles ces derniers se retrouvent. Ils auront une impression de déjà vu à la fois troublante et réconfortante, dans le sens où l'on se dit que l'on n'est pas tout seul à avoir été assailli par de tels doutes, à avoir traversé cela et à en être ressorti grandi. C'est l'un des tours de force de ce récit : celui de nous raconter l'existence quotidienne avec ses imperfections, ses désillusions, ses désagréments, ses peines, une existence qui se déroule avec pertes et fracas mais qui comporte aussi ses joies et possède un certain éclat.

    L'une des autres grandes qualités de ce roman, c'est sa protagoniste, du moins dans ce tome-ci. En effet, si ma déduction est la bonne, étant donné que cette saga est une trilogie, chacun des trois personnages principaux aura le droit à son tome consacré à son propre point de vue. Et, même si j'adore Lottie et Amber car ces deux nénettes sont juste géniales, elles déchirent leur maman, je peux d'ores et déjà vous dire que la narration d'Evie va énormément me manquer. J'ai tout bonnement adoré vivre cette histoire à travers ses yeux, ceux d'une jeune femme qui se déprécie constamment, qui pense toujours au bien-être des autres avant de songer au sien, qui souhaite seulement être aimée telle qu'elle est, sans qu'on la juge, sans qu'on la plaigne. Qu'on la chérisse et qu'on l'accompagne, tout simplement. Je me suis beaucoup retrouvée en elle car elle se met à chaque seconde qui passe énormément de pression sur les épaules, elle ne se laisse jamais le temps de souffler, de se considérer comme autre chose qu'une fille anormale. Aussi, elle a horreur de déranger qui que ce soit. Elle garde tout en elle, ses problèmes, son combat permanent, la noirceur de ce qui la ronge et qu'elle ne peut pas contenir, gérer toute seule. Elle refuse de s'avouer vaincue, d'admettre son impuissance face à quelque chose d'injuste qui la dépasse complètement. Elle est peut-être très bornée mais elle est surtout extrêmement courageuse et, de la voir ainsi se démener afin de pouvoir s'assurer une existence un minimum correcte au niveau social, moral, mental, mais aussi physique (car la maladie d'Evie la pousse à se faire mal, à un point où cela nous en retourne carrément l'estomac), cela m'a mis une sacrée claque dans la figure. J'avais juste envie d'entrer dans le roman pour serrer Evie tout fort dans mes bras et lui dire que ça allait aller, car elle est une battante, vive d'esprit, drôle, inspirante, qui sait voir la véritable valeur de chaque petite chose sauf, ironiquement, de sa propre personne. Je voulais être là pour elle, pour être celle qui pourrait jouer ce rôle : celui de l'amour propre. Car Evie mérite d'être inondée d'amour, d'être soutenue, choyée, protégée. Son combat de tous les instants m'a donné des ailes, la volonté d'avancer mais à mon propre rythme. C'est une sacrée leçon de vie que j'ai pu recevoir dans ce premier tome.

    D'ailleurs, en parlant d'Evie, j'ai adoré le fait que, grâce à ce personnage, Holly Bourne puisse traiter de deux sujets aussi forts dans ce récit, à savoir : le féminisme et la maladie mentale. Ce n'est pas une surprise car les quelques lignes du résumé du livre nous l'apprennent d'entrée de jeu. Par ailleurs, je ne sais pas vous, mais je trouve que ce synopsis envoie grave du pâté. Personnellement, cela m'a mis directement l'eau à la bouche et m'a fait sentir que, non, ce début de trilogie et même l'ensemble de la saga ne seraient pas comme les autres récits pour ados de la littérature américaine qu'on a vus et revus. J'avais de suite compris avec ce maigre nombre de phrases qui vont droit au but, qui frappent fort et qui m'ont fait l'effet d'un véritable tourbillon d'énergie qu'il y avait du changement dans l'air. Allier féminisme et TOCS dans une même intrigue, cela relève du génie à mes yeux ! Les deux thématiques peuvent sembler n'avoir rien à voir mais l'autrice nous prouve le contraire avec un aplomb saisissant. Je ne vous cache pas qu'au départ, je me suis légèrement inquiétée de voir ainsi deux sujets aussi importants abordés de front dans un même livre, le risque étant que l'un éclipse injustement l'autre et que le récit ne soit pas égal à ce niveau-là. Or, Holly Bourne a réussi l'exploit non seulement de s'en tenir à sa ligne conductrice qui est celle de trois jeunes femmes, de leur rencontre marquée d'une pierre blanche et de leurs interrogations concernant leur féminité et leur place en ce bas monde de mâles dopés à la testostérone (Joel en est l'exemple parfait et c'en est à mourir de rire tant cela est ridicule et tellement approprié à la fois), tout en parlant avec une immense justesse de la maladie mentale d'Evie, en nous donnant l'impression d'être dans la tête de cette dernière, comme si nous aussi on sentait les bactéries grouiller autour de nous, dans notre corps aussi, nous submerger et nous tuer à petit feu. Car tel est le fléau d'Evie : celui d'avoir le besoin compulsif de se laver les mains, l'ensemble du corps aussi, et même de le décrasser à l'intérieur. Cela m'a rappelé le très poignant roman de John Green, Tortues à l'infini, dans lequel l'héroïne, Aza, souffre du même mal. Les deux auteurs arrivent à en parler de façon très différente, avec leurs propres mots, leur propre style d'écriture, tout en le faisant tous les deux de manière authentique, au plus proche du réel. Ils arrivent le temps d'une lecture à nous plonger au cœur de cette réalité insoutenable, à nous faire vivre une expérience aussi traumatisante qu'enrichissante. En effet, ce que j'en retiens, c'est que personne ne devrait voir la douleur qu'elle subit, de quelque nature que celle-ci soit, être minimisée dans l'opinion d'autrui, comme si cela n'était pas grand chose, comme si cela pouvait être résolu comme par magie. Cette banalisation de la souffrance, de la maladie, m'agace profondément. Car, en attendant, des gens vivent un véritable calvaire, et ils doivent se battre bec et ongles contre cela tout seuls. Dans le cas d'Evie, qui est aussi celui de beaucoup d'autres, sa maladie n'est pas visible car elle arrive plus ou moins à maintenir les apparences et à garder la tête haute. Pour autant, cela doit faire mal d'entendre le commun des mortels parler des TOCS et de la dépression comme si ce n'était qu'une passade, comme si cela était propre à tout le monde, comme si tout le monde était déjà passé par là, comme on se remettrait d'une grippe ou de la varicelle. J'ai trouvé qu'en quelques mots, quelques phrases bien tournées et percutantes, l'autrice parvenait à nous toucher en plein cœur, à nous faire prendre conscience de faits essentiels, à nous faire nous remettre en question aussi, à nous motiver à être plus vigilants, et dans nos paroles, et dans nos actes. A avoir plus tendance à tendre la main à ceux qui en ont besoin. En clair, à faire preuve de bon sens et d'humanité. C'est un enseignement que je n'oublierai pas et qui m'a marquée tout autant, si ce n'est plus, que l'éveil au féminisme que nous propose l'autrice.

    Par ailleurs, abordons le sujet dès maintenant. Le féminisme étant quant à lui au cœur de la saga toute entière, Holly Bourne n'avait pas intérêt à se planter. Comme je vous le disais en début de chronique, la féministe parfaite n'existe pas. Et, à mes yeux, il n'y a pas de façon parfaite d'en parler non plus. Dans le cas d'Holly Bourne, s'il peut y avoir quelques maladresses parfois, elles sont vite oubliées car on ressent tout au long de l'oeuvre la sincérité du propos de son autrice. De toute manière, Holly Bourne n'est pas une experte en la matière : elle est simplement une femme qui a choisi les mots pour élever sa voix et d'inventer des histoires empreintes du réel afin de s'adresser essentiellement à de jeunes lecteurs, même si son lectorat est loin d'être restreint à mon sens, je ne cesserai jamais de vous l'asséner, et de leur ouvrir l'esprit, de les faire réfléchir par eux-même en leur montrant des pistes à suivre. Aux yeux d'un/une féministe "confirmé", calé sur le sujet, le livre d'Holly Bourne ne leur semblera être qu'une mise en bouche bien peu satisfaisante car il/elle est déjà bien au fait de ce qui s'y dit. En revanche, pour des prés-ados/ados qui sont encore en pleine réflexion concernant leur identité en tant qu'individus, leur sentiment d'appartenance ou non à un sexe, et dont le cerveau carbure à 200% à l'heure à chaque seconde de la journée pour trouver des réponses à leurs questions incessantes, Comment ne pas devenir cinglée ? est certainement le bon moyen pour eux de laisser leur esprit se reposer, se détacher même de ce type d'interrogations obsédantes et perturbantes, et de s'accorder simplement le temps de vivre pleinement leur jeunesse, de faire des expériences sans se laisser envahir par un stress plus néfaste qu'autre chose. Dans le cas de ce livre, nos héroïnes vont beaucoup se torturer sur ce type de questions, notamment concernant leur rapport avec le/les garçon(s) qui l'/les attirent, et commettre des impairs, allant jusqu'à tomber dans l'extrême de la primauté de la femme pour l'une d'entre elles. Holly Bourne nous fait comprendre que trouver un juste milieu n'est jamais facile, ni prédéfini. Le plus important, et c'est ça que j'ai aimé par-dessus tout, c'est de rester fidèle à soi-même et d'être ouvert à la DISCUSSION, de laisser les idées fuser. La communication, c'est hyper important, et c'est ce qui nous permet de grandir, de déployer nos ailes, de voir les choses autrement et de nous déculpabiliser souvent, car on se rend compte qu'on n'est pas les seuls à ressentir certains sentiments ambigus. J'ai énormément aimé le fait que nos trois héroïnes soient brutes de pomme, qu'elles ne tournent pas sept fois leur langue dans leur bouche avant de parler. Elles s'expriment librement, sans honte aucune, et cela fait juste un bien fou. Peu importe le moment ou le sujet en question, si cela les travaille, il faut que cela soit mis sur le tapis. Ce moment par exemple où elles discutent avec un panache inouï des règles alors que les garçons de leur connaissance les entendent de façon distincte m'a tout simplement pliée en deux. C'est irrévérencieux, inattendu, culotté, d'une franchise désarmante, et j'avais tellement envie de prendre part à cette conversation, bon sang ! Ce sont des choses de la vie, non, qui nous concernent directement. Pourquoi une telle animosité, un tel silence autour de ce qui fait ce que nous sommes ? Moi je dis, on devrait tous avoir notre club des "vieilles filles"/"vieux garçons" (oui, ce terme devrait exister aussi, être tout autant répandu en tout cas !) pour pouvoir parler calmement ou au contraire avec animation de ce genre de choses si l'envie nous en prend. La fierté avant la honte, ce sera toujours le meilleur choix, vous ne pensez pas ?

    Concernant les deux autres protagonistes, Lottie et Amber, je me rends compte que je n'ai pas encore clairement abordé leur cas. Je pense que je voulais entièrement consacrer cette chronique à Evie, au personnage exceptionnel qu'elle est. Et je sais, j'en mets ma main à couper, que j'aurai pleinement l'occasion dans les deux prochains tomes, de pouvoir parler à loisir de ces deux formidables amies, qui sont intrépides et à la hauteur des attentes inespérées d'Evie dans ce tome-ci, à la hauteur de nos attentes. Je vous dirais juste que Lottie est une superbe brunette, extrêmement forte et brillante, qu'elle est aussi une incorrigible romantique qui aimerait trouver le bon au lieu de sans cesse se contenter de ceux qui sont juste attirés par son physique et effrayés par toutes ses incroyables capacités (ne vous imaginez pas des choses, bande de pervers, je vous vois), ce qui se comprend parfaitement (le souhait de Lottie d'amour, pas celui des crétins qui ont la chance inouïe de croiser sa route). Quant à Amber, si cette dernière a pu me taper sur les nerfs parfois, à se mêler de ce qui ne la regardait pas, je ne lui en tiens cependant guère rigueur car Amber est une amie qui se soucie des autres, qui est toujours là pour ceux qu'elle aime, même quand elle s'en prend plein dans la figure. Elle ne pense certainement pas à mal et, quand elle s'engage dans quelque chose, elle le fait à fond. Et puis, elle a de magnifiques cheveux roux, je me les imagine comme une vraie crinière à la Mérida. Cela méritait d'être souligné et il serait grand temps qu'elle se rende compte qu'elle possède la plus belle couleur de cheveux qui soit. On est d'accord, n'est-ce pas ? Surtout, ce que j'ai le plus aimé chez Amber, c'est qu'elle soit celle parmi les trois qui ne mâche VRAIMENT pas ses mots. Les pensées fusent et la parole suit. Cela donne lieu à des scènes rocambolesques, à des répliques absolument hilarantes qui resteront gravées dans ma mémoire. Avec Amber, on ne s'ennuie jamais. Pour autant, celle-ci n'est pas là que pour amuser la galerie : même la petite pique la plus anodine peut être à l'origine d'un certain nombre d'interrogations existentielles, et mener à une totale remise en question. Amber est sûrement une grande gueule, mais c'est une grande gueule pensante et utile. Voilà, ça, c'est dit. J'ai tout simplement hâte de découvrir le point de vue de Lottie et celui d'Amber dans les deux prochains tomes. Cela me permettra de mieux les connaître et autant dire que je n'attend que cela, de me sentir encore plus proches d'elle, de continuer à suivre l'histoire du fantastique club des vieilles filles mais sous un autre angle. Cela promet d'être très instructif et explosif ! J'espère néanmoins qu'on nous parlera aussi plus de personnages issus de la sphère d'Evie, comme par exemple sa remarquable petite sœur, qui aurait mérité un tome bonus à elle toute seule tant j'ai adoré la merveilleuse complicité qu'il y a entre sa formidable grande sœur et elle, tant elle-même est extraordinaire, incroyable, un véritable pilier pour sa grande sœur chérie en temps d'orage et une source de joie inépuisable lorsque cette dernière est plus apaisée, moins tourmentée par ses démons. Mais, étant donné que les trois tomes de la saga sont parus il y a déjà deux-trois ans, quatre ans pour le premier, je pense que je peux toujours rêver pour mon tome HS. En tout cas, je croise les doigts pour retrouver par la suite [nom de la sœur], le si attachant et bouleversant Oli, qui a capturé mon cœur dès les premiers instants de notre rencontre, et même la douce Jane, qui mérite amplement que l'on dépasse les premières impressions péjoratives que l'on peut avoir sur elle. Au fond, tous les personnages de cette histoire méritent qu'on apprenne à voir au-delà des apparences, à mieux les connaître (sauf Guy, peut-être - je ne lui pardonne toujours pas pour l'instant). Dans mon cœur, je suis sûre qu'on se retrouvera tous et j'en trépigne déjà d'impatience.

    Je vous invite donc de ce pas à noter dans votre agenda que le tome deux des Strong Girls Forever paraîtra en juin 2019 ! Je suis si contente que le délai de parution entre le tome un et le deux soit si resserré ! En même temps, le fait que la saga soit parue depuis "longtemps", du moins pour ce tome un c'est certain, permet une traduction plus rapide, pour mon plus grand bonheur ! Par ailleurs, j'avais oublié de préciser que c'était Anne Guillon, la traductrice "officielle" de Cathy Cassidy en France, qui s'est chargé de la transition vers le français du tome un de Strong Girls Forever. Je ne sais pas si elle s'était déjà occupée de la traduction de Geek Girl (à vérifier quand je lirai cette saga ; ayant été convaincue par la plume et la vision du monde d'Holly Bourne, j'ai encore plus envie de le faire maintenant), mais, quand j'ai vu ça au tout début de Strong Girls, je me suis dis que c'était un signe. Signe que ce roman allait être juste exceptionnel. Et je ne m'y suis pas trompée. Ça vous dit de rejoindre vous aussi le club hyper stylé et VIP des Vieilles Filles ? Venez, on a des gâteaux ! (et on y parle de menstrues)

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