Sous les branches de l'udala

Couverture du livre « Sous les branches de l'udala » de Chinelo Okparanta aux éditions Belfond
  • Date de parution :
  • Editeur : Belfond
  • EAN : 9782714475954
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de pages : 384
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : (non disponible)
  • Thème : Littérature Anglo-Saxonne
  • Prix littéraire(s) : (non disponible)
Résumé:

Ijeoma a onze ans lorsque la guerre civile éclate au coeur de la jeune république du Nigeria. Son père est mort et sa mère, aussi abattue qu'impuissante, lui demande de partir quelques temps et d'aller vivre à Nweni, un village voisin. Hébergée par un professeur de grammaire et son épouse,... Voir plus

Ijeoma a onze ans lorsque la guerre civile éclate au coeur de la jeune république du Nigeria. Son père est mort et sa mère, aussi abattue qu'impuissante, lui demande de partir quelques temps et d'aller vivre à Nweni, un village voisin. Hébergée par un professeur de grammaire et son épouse, Ijeoma rencontre Amina, une jeune orpheline. Et les fillettes tombent amoureuses. Tout simplement.
Mais au Biafra, dans les années 1970, l'homosexualité est un crime.
Commence alors le long et douloureux combat d'Ijeoma pour réussir à vivre ses désirs et, surtout, à comprendre qui elle est : il y aura la haine de soi, les efforts pour faire ce que l'on attend d'elle, et, enfin, la puissance des sentiments, envers et contre tous...

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Avis(8)

  • C’est l’histoire d’une rencontre entre deux adolescentes. De cette amitié naît le désir, l’amour. Mais nous sommes au Nigéria, dans les années 1970. Ijeoma et Amina n’ont pas le droit de s’aimer. L’homosexualité est condamnée, réprimée violemment.

    De son enfance marquée par la guerre civile à...
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    C’est l’histoire d’une rencontre entre deux adolescentes. De cette amitié naît le désir, l’amour. Mais nous sommes au Nigéria, dans les années 1970. Ijeoma et Amina n’ont pas le droit de s’aimer. L’homosexualité est condamnée, réprimée violemment.

    De son enfance marquée par la guerre civile à l’âge adulte, Ijeoma revient sur les moments forts de son existence. La perte d’un père, la douleur d’une mère qui préfère s’éloigner d’elle et les années en pension. Puis, il y a Amina.

    Notre héroïne est alors entraînée dans un combat intérieur. Doit-elle refréner son désir considéré comme une abomination, se plier aux attentes de sa mère et aux exigences de la société dans laquelle elle vit? Ou peut-elle céder à ses pulsions?

    Un roman d’une grande richesse de par notamment son contexte historique. On découvre un pays en proie aux rivalités ethniques lors de la guerre du Biafra. Un pays où le poids de la religion et des traditions sont très forts.

    Un sujet dramatique et important, d’autant plus qu’à la fin du récit, une note de l’auteure nous interpelle en nous indiquant que l’homosexualité est toujours passible d’emprisonnement et de lapidation au Nigéria aujourd’hui.

    Une plume magnifique et captivante, un récit sombre et poignant pour évoquer l’homosexualité au Nigéria. La voix de la nigériane Chinelo Okparanta est empreinte d’espoir et délivre un beau message sur la liberté d’aimer.

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  • https://lettresexpres.wordpress.com/2018/12/18/chinelo-okparanta-sous-les-branches-de-ludala/

    « Le bruit des avions au-dessus de nous était de plus en plus fort, ont suivi des cris, des bruits de pas, d’objets, de corps qui s’écrasent. »
    En 1968, en pleine guerre entre le Nigeria et le...
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    https://lettresexpres.wordpress.com/2018/12/18/chinelo-okparanta-sous-les-branches-de-ludala/

    « Le bruit des avions au-dessus de nous était de plus en plus fort, ont suivi des cris, des bruits de pas, d’objets, de corps qui s’écrasent. »
    En 1968, en pleine guerre entre le Nigeria et le Biafra, le père de la jeune Ijeoma est victime d’un raid aérien. Restée seule, avec des ressources qui vont s’amenuisant, sa mère ne voit d’autre solution que de placer l’adolescente chez le professeur et sa femme, des amis de la famille. Là, Ijeoma fait la connaissance d’une fille de son âge, et se rend compte qu’elle est attirée par elle. Quand cette relation scandaleuse est découverte et la jeune fille renvoyée auprès de sa mère, celle-ci entreprend de longues leçons autour de la Bible pour la remettre dans le droit chemin. Car le poids de la religion est énorme. Plus tard, en pension, Ijeoma et Amina se retrouvent…

    « D’accord, la femme avait été créée pour l’homme. Mais en quoi cela excluait-il le fait qu’elle ait pu aussi être créée pour une autre femme ? De même que l’homme pour un autre homme ? Les possibilités étaient infinies, et chacune d’entre elles tout à fait possible. »
    Le roman retrace la parcours de la jeune fille, puis jeune femme, de 1968 à 1980. Portée par une belle écriture, l’histoire d’Ijeoma, dont elle-même est la narratrice de longues années plus tard, ne manque pas de force ni d’une grande tension, car sa vie, lorsqu’elle fréquente d’autres jeunes femmes, est constamment menacée. Tout doit rester parfaitement secret, les lapidations sont monnaie courante et considérées comme « normales » pour punir ces « abominations ». L’auteure tente de donner les clefs pour comprendre la psychologie des personnages, et y réussit fort bien avec Ijeoma et avec les jeunes gens, des deux sexes, de sa génération, peut-être un peu moins avec les personnes plus âgées, quoique le portrait de la mère d’Ijeoma aille en s’affinant au fil des pages.
    Si l’évolution des mentalités est lente, très lente, elle commence justement par l’amour maternel ou l’amour filial, qui sont les premiers à faire preuve d’une certaine compréhension. Publié en 2015, il est précisé en note du roman que la loi, au Nigéria, punit d’emprisonnement les relations entre personnes du même sexe, et que la lapidation est toujours prévue dans les états du Nord.
    Plus que nécessaire, un très beau roman, très prenant, qui rappelle que ce qui peut sembler acquis dans les pays occidentaux, et encore, si peu, reste totalement occulté, car hors-la-loi, dans d’autres contrées.

    Chinelo Okparanta est née à Port-Harcourt, au Nigéria, et vit aux États-Unis depuis l’âge de dix ans. Sous les branches de l’udala est son premier roman.
    La littérature de ce pays est décidément riche avec également Chimamanda Ngozie Adichie (L’autre moitié du soleil, Americanah), Imbolo Mbue (Voici venir les rêveurs), A. Igoni Barrett (Love is power ou quelque chose comme ça), Abubakar Adam Ibrahim (La saison des fleurs de flammes) ou Chibundu Onuzo (La fille du roi araignée)…

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  • J adore se genre de livre qui pour moi me fait decouvrir un peuple ,ses coutumes et leurs vies parfois tres difficles J ai eu un coup de coeur sur le sujet et je n ai pas était déçue c est un très bon livre pour moi

    J adore se genre de livre qui pour moi me fait decouvrir un peuple ,ses coutumes et leurs vies parfois tres difficles J ai eu un coup de coeur sur le sujet et je n ai pas était déçue c est un très bon livre pour moi

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  • Excellent livre dans un. Nigeria toujours d'actualité et à découvrir.

    Excellent livre dans un. Nigeria toujours d'actualité et à découvrir.

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  • Pendant la guerre civile au Nigéria, Ijeoma, onze ans, perd son père et sa mère se retrouve alors complètement démunie. Cette dernière envoie donc sa fille à l’abri chez des amis qui l’emploieront comme bonne. Là-bas, elle rencontre Amina et en tombe amoureuse. Mais, dans le Nigéria très...
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    Pendant la guerre civile au Nigéria, Ijeoma, onze ans, perd son père et sa mère se retrouve alors complètement démunie. Cette dernière envoie donc sa fille à l’abri chez des amis qui l’emploieront comme bonne. Là-bas, elle rencontre Amina et en tombe amoureuse. Mais, dans le Nigéria très conservateur des années 70, l’homosexualité est perçue comme une abomination et Ijeoma va devoir se soumettre et refouler ses désirs.

    Je lis très peu de littérature africaine, j’étais donc ravie de pouvoir découvrir ce premier roman d’une jeune auteure nigériane en avant-première. Dès les premières pages et malgré mes petites lacunes historiques, j’ai été happée par l’histoire poignante d’Ijeoma à laquelle il est impossible de ne pas s’attacher. D’un style fluide et grâce à des chapitres courts, Chinelo Okparanta nous embarque de manière magistrale dans son pays natal. J’ai trouvé l’intrigue remarquablement maîtrisée pour un premier roman. À travers l’histoire particulière d’Ijeoma, l’auteure aborde les difficiles relations inter-ethniques, le poids de la religion dans la société nigériane et la guerre du Biafra. Mais surtout, elle dénonce le fait que l’homosexualité soit taboue et considérée comme un délit passible de la lapidation. Certes, le roman se passe dans les années 70 mais rien n’a changé aujourd’hui et l’homosexualité est encore violemment réprimée dans le pays. J’ai beaucoup aimé la manière subtile dont l’auteure s’est intéressée à ces sujets sociétaux importants par le biais du récit. J’ai découvert un pays gangréné par la peur de l’autre et l’omniprésence de la religion. On sent que l’auteure sait de quoi elle parle et cela ne rend le roman que plus réaliste.

    Il s’agit également d’un formidable roman d’apprentissage dans lequel Ijeoma découvre l’amour et des sentiments très forts mais aussi la violence et l’intolérance. Elle va devoir se construire dans ce pays hostile à son identité, à ce qu’elle est au plus profond d’elle-même et lutter contre l’adversité pour espérer s’épanouir un jour. Une ode à l’espérance !

    Bref, cette pépite de la rentrée littéraire fut une excellente surprise. D’une belle plume, l’auteure nous livre un roman puissant dont il faut également souligner l’excellente traduction de Carine Chichereau.


    Le rendez-vous de la page 100 - Explorateurs de la rentrée

    Nous sommes au Nigéria dans les années 70 et la guerre du Biafra fait rage. Ijeoma y perd son père et sa mère l'envoie chez un couple dans une ville voisine.
    C'est ma deuxième rencontre avec une auteure nigériane et pour le moment, j'accroche bien même si je manque un peu de références sur la situation du pays à ce moment-là. Je me suis empressée au début d'aller me renseigner sur les raisons du conflit et les différentes ethnies, la lecture n'en est ainsi que plus agréable. C'est un premier roman et cela ne se sent pas du tout, c'est maîtrisé et l'auteure aborde des thèmes forts. Je me réjouis de connaître la suite...

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  • [Avis à la page 100]

    J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire d'Ijeoma, jeune fille orpheline qui tente de grandir en pleine guerre civile dans le Biafra des années 1970. Je ne connais malheureusement pas grand chose de l'histoire du Nigeria, et j'ai l'impression que ça n'a fait que...
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    [Avis à la page 100]

    J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire d'Ijeoma, jeune fille orpheline qui tente de grandir en pleine guerre civile dans le Biafra des années 1970. Je ne connais malheureusement pas grand chose de l'histoire du Nigeria, et j'ai l'impression que ça n'a fait que me ralentir au début du roman. Heureusement, Ijeoma tombe très vite amoureuse d'Amina, et le côté poétique prend alors le dessus sur le sombre quotidien de notre héroïne. Tout s'enchaîne alors de manière beaucoup plus fluide, et j'ai désormais hâte d'en découvrir davantage !

    [Chronique complète]

    Avec « Sous les branches de l’udala », Chinelo Okparanta signe un premier roman fort et vibrant. Située durant la fin des années 1960, à l’aube de la guerre du Biafra au Nigeria, l’histoire nous plonge dans le quotidien d’Ijeoma, une enfant née avant l’indépendance. Après avoir perdu son père dans un raid aérien, la mère d’Ijeoma l’envoie travailler comme maîtresse de maison pour un professeur afin qu’elle puisse commencer une nouvelle vie. C’est pendant l’absence de ce dernier que la jeune fille rencontre Amina et se rend compte qu’elle peut très bien aimer une autre fille.

    J’ai déjà eu l’opportunité de lire plusieurs romans traitant des relations homosexuelles, mais malheureusement, la grande majorité de ces livres se centrent exclusivement sur l’amour, le sexe, et les relations entre deux personnes de couleur blanche. Compte tenu de la pénurie d’histoires entre deux lesbiennes de couleur noire dans la culture populaire, « Sous les branches de l’udala » est apparu comme une bouée dans la mer et a su répondre à mes attentes. Les thématiques de ce roman sont nombreuses et l’auteure choisit de ne pas rester en surface, mais de les aborder plus en profondeur. Ainsi, entre deuil, famille, religion et sens du devoir, Ijeoma et Amina explorent leur sexualité naissante dans un pays où les relations homosexuelles constituent un véritable crime.

    La prose de Chinelo Okparanta est directe et naturelle, ce qui donne aux paysages nigériens une certaine forme lyrique – « je suis allée me promener au-delà de la rivière, là où les rochers s’élèvent telles des collines et où les bananiers poussent très haut » - et dépeint l’horreur de la guerre civile. Les conversations s’enchaînent dans une fluidité harmonieuse, et tout au long du livre, de nombreux personnages se donnent la réplique. Mais si Ijeoma et Amina m’ont beaucoup touchée, je n’ai malheureusement pas accroché avec les personnages secondaires qui m’ont paru assez fades à côté de nos deux héroïnes se questionnant sans cesse et prenant petit à petit confiance en elles.

    À mes yeux, « Sous les branches de l’udala » est une lecture indispensable pour toute personne s’intéressant un minimum à la littérature lesbienne. À travers Ijeoma, l’auteure s’adresse à une communauté beaucoup plus large. La jeune fille représente les dilemmes auxquels se retrouvent confrontés beaucoup de jeunes adolescents homosexuels, mais pas seulement. À côté de cela, Ijeoma n’a pas peur du changement. Elle se voit comme un être humain en constante évolution, et c’est cet état d’esprit qui va l’aider à survivre dans son pays et dans sa religion.

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  • Le rendez-vous de la page 100 :

    Ijeoma tente de grandir au cœur de la guerre du Biafra. Son univers d’enfant c’est effondrait après la perte de son père sous les bombes… suivie de l’abandon de sa mère. Seule, perdue, elle se retrouve à la botte d’un soit disant couple d’amis de feu son...
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    Le rendez-vous de la page 100 :

    Ijeoma tente de grandir au cœur de la guerre du Biafra. Son univers d’enfant c’est effondrait après la perte de son père sous les bombes… suivie de l’abandon de sa mère. Seule, perdue, elle se retrouve à la botte d’un soit disant couple d’amis de feu son père.
    Tout se bouleverse lorsqu’elle découvre l’amour interdit auprès d’une jeune fille.

    Début prometteur pour ce livre. La narration est très agréable et le sujet prometteur. Je continue ma lecture avec curiosité !


    Après avoir refermé le livre :

    Ijeoma tente tant bien que mal de grandir durant la guerre civile du Biafra. Tout son univers d’enfant s’effondre sans crier gare, puis se reconstruit, autour d’un amour interdit. Mais dans les années 70, l’homosexualité n’y est pas très bien vue…

    Lorsque sa mère apprend sa « dérive », elle est alors persuadée qu’un démon l’habite ; il n’y a que le diable pour permettre une telle abomination. S’ensuit une étude intensive de la Bible et de ses sermons.
    Ijeoma se retrouve tourmentée par son « pêché », harcelée par les cauchemars. Elle n’est cependant point dupe de cet abrutissement et sait remettre en question les propos de la Bible : « N’empêche, c’était là, dans la Bible, susceptible d’être interprété de toutes les manières qui plaisaient aux gens. »
    Ou encore : « La religion est le marché le plus ancien et le plus juteux jamais créé par l’homme, car non seulement elle sait attirer les clients, mais aussi comment les contrôler avec des outils tels que la doctrine et des mots comme « abomination ». »

    Malheureusement, la voix autoritaire de sa mère l’accable de toutes parts, et a raison de sa détermination. Ijeoma se plie à sa volonté et se marie. Durand toutes ces années, elle ne sera jamais entièrement à son mari et ses pensées seront toujours dirigées vers son véritable amour, Ndidi.

    « Sous les branches de l’udala » est un roman engagé. Un point levé face aux inégalités encore présentes de nos jours pour la population LGBT.

    La narration, le style est agréable et le livre se lit vite, malgré l’histoire parfois difficile qui y est relatée. L’empathie nous tiens du début à la fin, où l'on vit les émotions de cette petite fille devenue femme, puis maman. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé ce personnage d’Ijeoma, qui se pose des questions face aux dogmes religieux et aux coutumes. Elle lutte constamment entre son enseignement (sa raison, ou plutôt celle de sa mère) et son cœur.
    Ce fut un moment de lecture agréable, un voyage qui m’aura notamment éclairé sur le Nigeria, ses tribus, ses coutumes et la guerre du Biafra !

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  • Chinelo Okparanta qui vit depuis l’âge de 10 ans aux États-Unis, n’a pas oublié son pays d’origine, le Nigeria, où se déroule Sous les branches de l’udala, Ce livre m’a enthousiasmé dès les premières lignes parce qu’il m’a plongé au cœur d’un pays africain, s’attachant surtout à la vie de tous...
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    Chinelo Okparanta qui vit depuis l’âge de 10 ans aux États-Unis, n’a pas oublié son pays d’origine, le Nigeria, où se déroule Sous les branches de l’udala, Ce livre m’a enthousiasmé dès les premières lignes parce qu’il m’a plongé au cœur d’un pays africain, s’attachant surtout à la vie de tous les jours de gens simples, plutôt de la classe moyenne.
    D’abord, c’est en pleine guerre du Biafra, état sécessionniste du Nigeria, que commence l’histoire d’Ijeoma, jeune fille vivant à Ojoto. En 1967, les combats commencent et se poursuivent durant trois ans avec pour conséquence directe une famine terrible.
    Hélas, le père d’Ijeoma, désespéré devant la tournure des événements, ne fait rien pour éviter d’être tué sous les bombardements. Commencent alors les prières – les igbos peuplant le Biafra sont en majorité chrétiens – et les appels à Dieu avec la Bible comme référence bien trop systématique.
    La délicatesse des descriptions, la douceur du style de Chinelo Okparanta et sa précision dans chacun des moments importants emportent mon adhésion. C’est Ijeoma qui raconte et qui pose l’évidence de son attirance sexuelle pour les personnes de son sexe grâce à Amina qu’elle rencontre alors qu’elle est placée chez un professeur et sa femme. Découvertes, elles sont séparées et la mère d’Ijeoma entre en jeu. Elle parle d’abomination, se réfère à la Bible et gâche le bonheur de sa fille.
    Devant les interdits de la religion et les tabous en vigueur dans la société nigériane, Ijeoma réagit bien, se pose les bonnes questions, s’insurge devant l’attitude soumise des paroissiens qui disent toujours « Amen », à l’église.
    L’auteure parle de leur amour, de leurs rêves, du plaisir physique. Hélas, la suite n’est pas sans rebondissements qu’il faut découvrir, comme ces légendes africaines distillées tout au long du récit.
    Si l’action se déplace ensuite à Port Harcourt, en 1980, c’est Chibundu, l’ami d’enfance d’Ijeoma qui voit le plus clair. Réaliste, il affirme : « La religion est le marché le plus ancien et le plus juteux jamais créé par l’homme car non seulement elle sait attirer les clients mais aussi comment les contrôler avec des outils tels que la doctrine et des mots comme abomination. » Hélas, Ijeoma ne parvient pas à se dégager de cette gangue inculquée depuis l’enfance et maintenue par sa mère.
    Si j’ai bien aimé l’ensemble de ce roman, c’est l’assujettissement à la religion d’une personne aussi courageuse et forte qu’Ijeoma qui m’a navré. Faut-il toujours se référer à des livres dits sacrés pour contester un ordre établi ? L’héroïne a prouvé qu’elle était formidable dans un pays où les relations entre personnes de même sexe sont criminalisées, un pays le plus religieux d’Afrique après le Ghana. Inutile de remercier Dieu pour cela !

    AVIS de la PAGE 100 :

    Qu’elle est arrivée vite cette page 100 ! Chinelo Okparanta, bien traduite par Carine Chichereau, nous plonge sans ménagement dans cette guerre du Biafra qui avait tant mobilisé l’aide humanitaire pour combattre la faim, conflit qui semble bien loin aujourd’hui. D’une écriture fluide, l’auteure s’attache aux pas d’Ijeoma, fillette orpheline de père qui grandit et découvre l’amour avec Amina. L’approche poétique du quotidien, le rappel constant de la Bible par sa mère, ce doute qui s’installe, ces questions que se pose Ijeoma, tout s’enchaîne bien… Je suis pressé d’arriver au bout de Sous les branches de l’udala, besoin d’ombre en cette fin juillet…

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