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Seules les bêtes

Couverture du livre « Seules les bêtes » de Colin Niel aux éditions Rouergue
  • Date de parution :
  • Editeur : Rouergue
  • EAN : 9782812612022
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d'un sentier de randonnée qui fait l'ascension vers le plateau où survivent quelques fermes habitées par des hommes seuls. Alors que les gendarmes n'ont aucune piste et que l'hiver impose sa loi, plusieurs personnes se savent pourtant liées... Voir plus

Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d'un sentier de randonnée qui fait l'ascension vers le plateau où survivent quelques fermes habitées par des hommes seuls. Alors que les gendarmes n'ont aucune piste et que l'hiver impose sa loi, plusieurs personnes se savent pourtant liées à cette disparition. Tour à tour, elles prennent la parole et chacune a son secret, presque aussi précieux que sa propre vie. Et si le chemin qui mène à la vérité manque autant d'oxygène que les hauteurs du ciel qui ici écrase les vivants, c'est que cette histoire a commencé loin, bien loin de cette montagne sauvage où l'on est séparé de tout, sur un autre continent où les désirs d'ici battent la chamade.
Avec ce roman choral, Colin Niel orchestre un récit saisissant dans une campagne où le monde n'arrive que par rêves interposés. Sur le causse, cette immense île plate où tiennent quelques naufragés, il y a bien des endroits où dissimuler une femme, vivante ou morte, et plus d'une misère dans le coeur des hommes.

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Avis (20)

  • J’ai rarement lu un livre en m’interrogeant autant sur le rapport entre son contenu et… sa couverture…
    Et pour cause : nous sommes dans un paysage montagneux et désolé de causses, du côté du Massif Central sans doute. Ici et là quelques fermes, certaines sont abandonnées, d’autres ne le sont...
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    J’ai rarement lu un livre en m’interrogeant autant sur le rapport entre son contenu et… sa couverture…
    Et pour cause : nous sommes dans un paysage montagneux et désolé de causses, du côté du Massif Central sans doute. Ici et là quelques fermes, certaines sont abandonnées, d’autres ne le sont pas encore mais on sent que c’est pour bientôt, quelques-unes sont transformées en résidences plus que secondaires.
    Restent au pays quelques agriculteurs qui s’accrochent à leurs bêtes et à leurs terres. Leur travail est dur : s’occuper des bêtes signifie être disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pas de week-ends, pas de vacances… Et quand l’hiver est là, c’est encore pire.
    Un agriculteur se suicide tous les deux jours en France : ça doit vouloir dire quelque chose non ?
    Bien sûr, les paysages dans ces coins-là sont magnifiques mais il n’y a pas grand monde pour les admirer. Si, peut-être Alice, l’assistante sociale, chargée de rendre visite aux fermiers sur le point de décrocher et de se pendre à la poutre maîtresse de leur étable. Elle a bien remarqué que le gars Joseph Bonnefille, éleveur de deux cent quarante brebis, là-haut sur le causse, sans femme ni enfants, ne parlait plus qu’à ses bêtes, ne mettait plus un pied hors de sa ferme. Cette année, il n’a pas fané et ses bêtes divaguent. C’est mauvais signe. La mairie a prévenu Alice. Elle est allée lui rendre visite, pour causer un peu, l’aider dans ses papiers. Elle sait parler aux agriculteurs. Son père avait une ferme qu’elle a reprise avec Michel son mari. Elle a toujours baigné là-dedans. Elle n’a pas franchement eu le choix non plus. Quant à Michel, s’il prenait la femme, il prenait la ferme, à moins que ce ne soit l’inverse…
    Or, depuis quelques jours, on parle d’une disparition dans le pays. Une femme. Évelyne Ducat. Volatilisée. L’épouse d’un homme d’affaires originaire de la région. Il est parti puis revenu. Mais il travaille encore à l’étranger. Alors, comme sa femme se plaît dans le coin, elle y reste pour respirer un peu. Ça la change de la ville. L’air pur, ça fait du bien. Alors, elle randonne, elle prend l’air. Le problème, c’est qu’on a retrouvé sa voiture mais pas elle.
    Les gens du coin ont leur petite idée sur la question, ils savent qui est responsable de tout cela : la tourmente. « La tourmente, c’est le nom qu’on donne à ce vent d’hiver qui se déchaîne parfois sur les sommets. Un vent qui draine avec lui des bourrasques de neige violentes, qui façonne les congères derrière chaque bloc de roche, et qui, disait-on dans le temps, peut tuer plus sûrement qu’une mauvaise gangrène. »
    Il y a déjà quelques années deux enseignantes avaient péri de froid à cause de cette tourmente. Alors, Évelyne Ducat, c’est certainement une victime de plus…
    Comme j’ai aimé ce livre qui parle des gens, de ce qu’ils sont, de leur solitude, de leurs angoisses, de leur folie, de leurs rêves, de leur besoin d’amour pour vivre et être heureux ! « All you need is love » chantaient les Beatles… Et ils voyaient juste ! La tourmente est dans les cœurs et dans les âmes. On assiste à de belles tempêtes sous un crâne dans cette œuvre.
    J’ai trouvé ce roman très juste, très réaliste : les personnages sont saisissants de vérité. On partage leurs émotions, leur solitude, leurs craintes. Ils sont touchants, terriblement humains.
    Quant à la construction : waouh ! Alors là, franchement, BRAVO ! Tout est parfaitement ficelé jusqu’au bout ! Et on ne voit rien venir. On va de surprise en surprise. Difficile de poser le livre avant la fin tellement on est happé par l’intrigue.
    Vraiment, chapeau ! Un vrai bon polar comme je les aime. Surtout ne passez pas à côté !
    Et puis, au fait, il y a bien un lien entre le roman et sa couverture mais… chut…
    A lire absolument !

    Lireaulit: http://lireaulit.blogspot.fr/

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  • L’existence de Colin Niel m’a été révélée le jour où il a reçu le prix Quais du Polar en 2016, pour « Obia » un petit pavé de 500 pages. Depuis lors, je repoussais régulièrement la découverte de cet auteur, et ce, jusqu’à la sortie récente de son nouveau bébé. Même si cette nouveauté ne fait pas...
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    L’existence de Colin Niel m’a été révélée le jour où il a reçu le prix Quais du Polar en 2016, pour « Obia » un petit pavé de 500 pages. Depuis lors, je repoussais régulièrement la découverte de cet auteur, et ce, jusqu’à la sortie récente de son nouveau bébé. Même si cette nouveauté ne fait pas partie de la trilogie guyanaise qui a fait son succès, j’ai pensé que je pourrais découvrir son œuvre grâce à ce roman plus bref. Disons que ça me donnait au moins la possibilité de rencontrer son style.

    Une chose est sûre, ce roman est vraiment original. D’une part par sa construction qui est composée de cinq parties. Pour chacune des parties, les narrateurs sont différents et apportent leurs versions des faits. L’évolution de cette affaire se dessine alors au fur et à mesure des détails qui nous sont rapportés. Plus on avance, plus les éléments s’emboitent et plus le dénouement se dévoile, non sans nous emmener habillement sur de fausses pistes.

    Mais ce polar sort aussi de l’ordinaire de par l’environnement dans lequel il évolue, qui est très peu traité dans ce genre littéraire : la montagne et sa campagne isolée. On se retrouve dans un coin reclus, loin de la foule, au milieu des élevages et des marchés. On ressent parfaitement l’ambiance qui règne dans ces lieux particuliers. Imprégné de ces conditions géographiques, l’auteur en profite pour nous dresser le portrait de personnages plutôt singuliers qui se retrouvent malgré eux et par un pur hasard au centre de cette affaire dramatique.

    En conclusion, je ressors ravi de cette première expérience avec Colin Niel. Son écriture est impeccable et m’a entraîné dans une intrigue jamais ennuyeuse et pleine de surprises. Sans user de sensationnel, mais avec quelques facilités scénaristiques, il nous offre une histoire vraiment captivante de bout en bout. Grâce à une narration bien huilée et maîtrisée, ce roman choral se distingue par le tableau social qu’il dépeint, dans lequel la solitude et l’isolement donnent naissance à des actes désespérés. Belle découverte!

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  • Un roman de saison, il débute en hiver dans les Causses. Il fait froid, il a neigé, la Tourmente souffle.
    Une femme, Evelyne Ducat a disparu. On ne parle que de ça au village.

    Alice ne fait pas attention à l'information qui circule, trop occupée à vouloir voir Joseph. Elle est assistante...
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    Un roman de saison, il débute en hiver dans les Causses. Il fait froid, il a neigé, la Tourmente souffle.
    Une femme, Evelyne Ducat a disparu. On ne parle que de ça au village.

    Alice ne fait pas attention à l'information qui circule, trop occupée à vouloir voir Joseph. Elle est assistante sociale, elle s'éloigne petit à petit de son mari, et, l'impensable est arrivé. Elle voit régulièrement Joseph qui est devenu son amant.

    Joseph, un agriculteur, devenu dépressif depuis le décès de sa maman. Il vit isolé dans un coin des Causses avec seules ses bêtes qui lui apportent un peu de vie.

    Les conditions sont difficiles pour ces agriculteurs. Nous sommes dans un roman rural, dans un roman choral en cinq actes.

    Tour à tour cinq personnages nous présenteront leur vision de l'histoire : Alice, Joseph, Maribé, Armand et Michel.

    Cinq personnes ayant en commun une solitude. La Tourmente souffle, c'est le vent qui crée de belles tempêtes, une légende colportée par les anciens nous dit que la Tourmente serait responsable de la disparition de personnes... Qu'en est-il ici ? Quel lien entre cette disparition et nos protagonistes ?

    L'écriture est vive, chaque version s'imbriquera l'un à l'autre. La tension est palpable depuis le départ et croyez-moi, Colin Neil la fera gonfler et vous emmènera bien loin d'où vous pensiez aller.

    C'est un maître des retournements de situation.

    On se pose des questions, mais où veut-il nous emmener ? Soudain tout s'éclaircit, et puis non en fait.

    Superbe thriller, j'ai adoré.

    Vous voulez en savoir plus ? une seule chose à faire, lisez-le, vous ne serez pas déçu.

    C'est pas loin du coup de coeur

    Ma note : 9/10


    Les jolies phrases

    Dans le temps, les vieux disaient que ton ombre, c'était l'image de la mort. Comme un double de toi qui s'accroche à tes pas et qui te quittera le jour où tu seras sous la terre.

    On aurait dit que la nouvelle année qui s'approchait, les gars l'attendaient avec impatience, comme s'ils croyaient vraiment qu'elle allait être mieux que celle qui finissait. Comme si ce monde meilleur, plus solidaire, plus équitable, qu'ils pensaient être en train de construire, il avait une chance d'émerger un jour. Leur utopie en ligne de mire, toujours en tête malgré les mille contradictions qu'ils s'employaient avec force à minimiser.

    Elle avait un truc que jamais je n'ai retrouvé chez personne, une manière de me faire croire à la vie, au bonheur, à l'amour, à tous ces idéaux après lesquels je n'ai cessé de courir.

    Au fond, je me demande même ce que ça veut dire ce mot : exister.

    https://nathavh49.blogspot.be/2017/01/seules-les-betes-colin-niel.html

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  • Sous forme de pentalogie, Colin Niel nous raconte la vie sur le causse au coeur de l'hiver, à travers le prisme de cinq personnages, Alice, Joseph, Maribé, Armand et Michel et le lien entre eux est la disparition d'Evelyne Ducat.
    La vie est rude sur le causse et en hiver tout est exacerbé, le...
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    Sous forme de pentalogie, Colin Niel nous raconte la vie sur le causse au coeur de l'hiver, à travers le prisme de cinq personnages, Alice, Joseph, Maribé, Armand et Michel et le lien entre eux est la disparition d'Evelyne Ducat.
    La vie est rude sur le causse et en hiver tout est exacerbé, le paysage mais aussi les êtres.
    La solitude empoigne chacun jusqu'à l'étreinte finale.

    Alice est une assistante sociale qui vient en aide à Joseph, qui est seul dans sa ferme, qui manque de la vie la plus élémentaire, seule ses bêtes ont un souffle, une vie.
    Joseph, depuis que sa mère est morte, s'est enfoncé dans la déprime et est écrassé par les choses du quotidien qu'il ne peut plus gérer. C'est là qu'Alice lui est utile,est-ce une solution pour Joseph?
    Nous sommes au coeur de l'hiver qui accentue le côté rébarbatif de cette terre.
    "C'était un matin, fin novembre. La neige n'avait pas encore pointé le bout de son nez mais le froid, lui, il était bien là. Je découvrais doucement ce que ça voulait dire de vivre ici à l'année, de voir les touristes déserter la région, le temps ralentir, le ciel s'affaisser comme pour nous enfermer dans notre petit monde plus enclavé que jamais."
    Si Maribé, bimbo siliconée, débarque sur le causse sans savoir ce qu'y est la vie, c'est qu'elle a un but, mais voilà elle est au coeur de quelque chose qui la dépasse : une étrange convoitise, qui l'amuse pour commencer mais lui fait ensuite très peur. Que fait-elle dans ce lieu aride aux codes inconnus d'elle?

    Vous croyez avoir recomposer ce puzzle, mais ce n'est pas connaître l'auteur.
    Amis lecteurs,Colin Niel va vous emporter dans une histoire que vous n'aurez pas vu venir.
    Dans ces terres arides, la solitude fait de chacun une victime potentielle, les êtres deviennent vulnérables.

    Un roman qui parle de la solitude, dans un lieu désert comme celui-ci, qui amplifie le phénomène, mais à la ville aussi.
    La déshumanisation de notre quotidien fait de chacun un être en attente de...

    A vous de le découvrir, un beau roman, bien documenté, et qui fait preuve d'une analyse sensible.
    Un jeune auteur qui va vous emmener là où vous ne vous attendiez pas.
    ©Chantal Lafon de Litteratum Amor 3 janvier 2017

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