Sérotonine

Couverture du livre « Sérotonine » de Michel Houellebecq aux éditions Flammarion
  • Date de parution :
  • Editeur : Flammarion
  • EAN : 9782081471757
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

"Mes croyances sont limitées, mais elles sont violentes. Je crois à la possibilité du royaume restreint. Je crois à l'amour" écrivait récemment Michel Houellebecq.

Le narrateur de Sérotonine approuverait sans réserve. Son récit traverse une France qui piétine ses traditions, banalise ses... Voir plus

"Mes croyances sont limitées, mais elles sont violentes. Je crois à la possibilité du royaume restreint. Je crois à l'amour" écrivait récemment Michel Houellebecq.

Le narrateur de Sérotonine approuverait sans réserve. Son récit traverse une France qui piétine ses traditions, banalise ses villes, détruit ses campagnes au bord de la révolte. Il raconte sa vie d'ingénieur agronome, son amitié pour un aristocrate agriculteur (un inoubliable personnage de roman - son double inversé), l'échec des idéaux de leur jeunesse, l'espoir peut-être insensé de retrouver une femme perdue.

Ce roman sur les ravages d'un monde sans bonté, sans solidarité, aux mutations devenues incontrôlables, est aussi un roman sur le remords et le regret.

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  • Bienvenue en Houellebecquie !
    Dès les premières pages, tu y es, retrouvant comme un vieil ami un nouvel avatar du héros houellebecquien, un mâle blanc fatigué, dépressif, le phallus en berne. Sans surprise. Juste que cette fois, le narrateur a un prénom absurde ( Florent-Claude ), qu'il est...
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    Bienvenue en Houellebecquie !
    Dès les premières pages, tu y es, retrouvant comme un vieil ami un nouvel avatar du héros houellebecquien, un mâle blanc fatigué, dépressif, le phallus en berne. Sans surprise. Juste que cette fois, le narrateur a un prénom absurde ( Florent-Claude ), qu'il est ingénieur agronome ( comme Houellebecq ) et que dès les premières pages, tu ne pressens pas, tu sais que c'est un homme en plein délitement, un homme en chute dont la fin est imminente, ce qui donne tout son sel à la causticité du titre : la sérotonine cette « hormone du bonheur », délivrée par le Captorix, l'antidépresseur dont ne peut se passer le Florent-Claude mais dont les effets sur la libido sont dévastateurs.

    On n'a jamais assez dit à quel point la prose de Houellebecq est drôle, et là, c'est clairement son roman le plus drôle. Le livre est parsemé de saillies drolatiques, violentes, provocatrices ( parfois gratuites ), emplies d'ironie noire, qui font presque systématiquement mouche grâce un style d'une maitrise très efficace : beaucoup de phrases ou de paragraphes changent de registre de langue ou d'échelle en cours de lecture, commençant par exemple dans un lyrisme très travaillé pour s'achever dans du trivial, du grossier, du très humain terre-à-terre.

    Tu avances donc comme dans un thriller très addictif ( tu veux savoir comment Florent-Claude ne s'en sort pas ) , brillant de drôlerie mais Houellebecq ne fait pas que dans la radiographie cynique d'un homme qui chute en mode « moi, ma bite, ma dépression, mon Captorix ».

    Sans parler d'oracle ou de prophétie comme on l'entend souvent à propos de Houellebecq, la saisie du contemporain est d'une rare acuité. Incroyables cinquante dernières pages qui mettent en scène la révolte des abandonnés, non pas les gilets jaunes, mais leurs frères jumeaux, les agriculteurs, qui affrontent violemment les CRS. Le livre est complètement au diapason du malaise qui saisit la France ( mais écrit bien avant l'explosion Gilets jaunes ), de la désespérance paysanne, un livre politique donc qui tire à boulets rouges sur l'ultra-libéralisme et la complicité de l'Union européenne qui l'accompagne, avec une empathie totale à l'égard des agriculteurs ( magnifique personnage du meilleur ami du narrateur, Aymeric ).

    Mais ce qui est le plus nouveau, c'est le romantisme désespéré qui court durant tout le roman. Vrai que le premier personnage féminin évoqué ( Yuzu la dernière compagne japonaise ) est gratiné, grotesque ( très drôle, forcément très drôle ), que le deuxième ( Claire, l'intermittente du spectacle ) est triste à pleurer, mais celui de Camille, le grand amour perdu, est d'une épure superbe, loin de la misogynie souvent affichée par l'auteur. Camille revient dans le récit comme une obsession à laquelle se raccrocher pour peut-être pouvoir vivre ; elle traverse les chapitres comme le souvenir du paradis perdu, un souvenir qui fait du bien mais qui fait tout aussi mal lorsqu'on ne peut le vivre à nouveau.

    " J'ai connu le bonheur, je sais ce que c'est, je peux en parler avec compétence, et je connais aussi sa fin, ce qui s'ensuit habituellement. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé comme disait l'autre, ( ... ) la vérité est qu'un seul être vous manque et tout est mort, le monde est mort et l'on est soi-même mort, ou bien transformé en figurine de céramique, et les autres aussi sont des figurines de céramique, isolant parfait des points de vue thermique et électrique, alors plus rien absolument ne peut vous atteindre hormis les souffrances internes, issues du délitement de votre corps indépendant."

    J'ai refermé ce livre bouleversée par ce romantisme noir que je n'avais jamais rencontré dans les romans de Michel Houellebecq, uniquement dans ces poésies. Un grand roman sombre et poignant.

    « Lorsqu'il faudra quitter ce monde
    Fais que ce soit en ta présence
    Fais qu'en mes ultimes secondes
    Je te regarde avec confiance
    Tendre animal aux seins troublants
    Que je tiens au creux de mes paumes ;
    Je ferme les yeux : ton corps blanc
    Est la limite du royaume. »
    Michel Houellebecq, Configuration du dernier rivage, « HMT III ».

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  • Depuis 20 ans, dans ses romans, Houellebecq explore la dépression contemporaine au prisme des phénomènes crispants du moment. Il y a eu le tourisme, la misère sexuelle, les musulmans et maintenant la désertification des campagnes et le désespoir des agriculteurs face à la mondialisation....
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    Depuis 20 ans, dans ses romans, Houellebecq explore la dépression contemporaine au prisme des phénomènes crispants du moment. Il y a eu le tourisme, la misère sexuelle, les musulmans et maintenant la désertification des campagnes et le désespoir des agriculteurs face à la mondialisation. Houellebecq, c’est BFM TV en version littéraire. Il est là son génie. Il a le flair, il capte et relate mieux que personne l’air du temps, surtout quand il est mauvais. Il a aussi cette manière unique et jouissive de se moquer de notre prochain. On jubile de sa misanthropie (voire de sa misogynie) mais comme après une bonne cuite, on est pris par la nausée. Encore plus que dans Soumission (sa méconnaissance de l’Islam rendait son propos illisible), Houellebecq se complaît (s’identifie) dans les personnages alcooliques et nostalgiques de leur libido disparue – on se lasse de sa bite, des bouches et des chattes qu’elle rencontre. Sa provocation est salutaire à une époque où tout devient politiquement correct et aseptisé. Mais elle est souvent gratuite, elle atteint ses limites (ex : les homos, jugements sur les pays ou les villes). Houellebecq se regarde souvent écrire, incapable de se réinventer, mimant son propre style, y ajoutant même des tics de plus en plus fréquents (petits bouts de phrases en anglais, abus des références aux people). Dommage, parce qu’il a gardé sa verve et sa lucidité, dopées par l’humour et le cynisme. Certains passages sont brillants, fulgurants et implacables : l’administration (page 11), la pute (page 68), l’amour (page 72, 96), le théâtre contemporain (page 105), le communisme (page 135), l’élevage en batterie (page 167), l’avant-goût de gilets jaunes (page 259), Thomas Mann (page 335). Dommage, parce qu’il parle bien des autres, et de leurs maux (ex : les agriculteurs) et que, franchement, de la page 194 à la page 274, on a du très bon roman. Au final, Houellebecq apparaît au grand jour : une valeur sûre de la littérature dont le génie s’est grippé, dévoyé, à en être confit dans sa propre caricature. Avec lui, on sait désormais ce qu’on achète, on connaît la recette, plus de surprise, comme une tarte tatin, bien exécutée. Plaisante mais de plus en plus écœurante.

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  • Du pur Michel HOUELLEBECQ, un livre provocateur, mais si bien écrit et dérangeant avec ses vérités actuelles.
    Le bonheur n'est pas facile à atteindre.
    Avec un bémol, les femmes ne sont pas forcément présentées sous un bon jour.

    Du pur Michel HOUELLEBECQ, un livre provocateur, mais si bien écrit et dérangeant avec ses vérités actuelles.
    Le bonheur n'est pas facile à atteindre.
    Avec un bémol, les femmes ne sont pas forcément présentées sous un bon jour.

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