Se taire

Couverture du livre « Se taire » de Mazarine Pingeot aux éditions Julliard
  • Date de parution :
  • Editeur : Julliard
  • EAN : 9782260053255
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Avec pour seule expérience ses vingt ans et son talent de photographe, Mathilde est envoyée par un grand magazine chez une sommité du monde politique, récemment couronnée du prix Nobel de la paix. Quand l'homme, à la stature et à la personnalité imposantes, s'approche d'elle avec de tout autres... Voir plus

Avec pour seule expérience ses vingt ans et son talent de photographe, Mathilde est envoyée par un grand magazine chez une sommité du monde politique, récemment couronnée du prix Nobel de la paix. Quand l'homme, à la stature et à la personnalité imposantes, s'approche d'elle avec de tout autres intentions que celle de poser devant son appareil, Mathilde est tétanisée, incapable de réagir. Des années plus tard, une nouvelle épreuve la renvoie à cet épisode de son passé, exigeant d'elle qu'elle apprenne une fois pour toutes à dire non.
Dans ce roman sombre et puissant, tendu comme un thriller, Mazarine Pingeot continue d'explorer les thèmes qui lui sont chers : le poids du secret, le scandale, l'opposition entre les valeurs familiales et individuelles... En mettant en miroir deux instantanés de la vie d'une femme contrainte au silence par son éducation et son milieu, elle démonte les mécanismes psychologiques de répétition et de domination, en même temps qu'elle construit une intrigue passionnante.

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Avis(5)

  • Jeune photographe de 20 ans, fille et petite-fille d'hommes très célèbres, Mathilde est violée par un prix Nobel, un homme au-dessus de tout soupçon, qu'elle était venu photographier. Elle s'en ouvre à sa famille qui lui conseille de se taire, par peur du scandale. Six ans plus tard, sous la...
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    Jeune photographe de 20 ans, fille et petite-fille d'hommes très célèbres, Mathilde est violée par un prix Nobel, un homme au-dessus de tout soupçon, qu'elle était venu photographier. Elle s'en ouvre à sa famille qui lui conseille de se taire, par peur du scandale. Six ans plus tard, sous la très forte pression de son compagnon Fouad, elle s'apprête à déposer plainte mais, sous la pression du policier qui la reçoit, elle se limite à une main courante. L'affaire ne finira par éclater qu'une dizaine d'année plus tard, contre son gré.
    Ce roman a malheureusement fait le buzz non pas pour sa qualité littéraire indéniable mais pour les nombreuses similitudes détectées par des média aussi sérieux que France Inter ou les Inrockuptibles, avec l'accusation de viol portée par la nièce de Mazarine Pingeot et petite-fille de François Mitterrand, à l'encontre de Nicolas Hulot.
    "Se taire" mérite d'être abordé, avant tout comme une fiction littéraire. C'est la description émouvante du silence qui ronge et qui détruit. Le silence commence dès le viol avec la sidération qui rend muette, magnifiquement décrite par l'auteur, comme si Mathilde était à l'extérieur de son corps violenté, qu'elle ne réintègrera complètement que lorsqu'elle sera enceinte. Puis, c'est le silence imposé par la famille pour soit-disant la protéger et celui conseillé par la police. Enfin, c'est le silence de Mathilde face à la boue qui se déverse lorsque la vérité éclate.
    Ce roman c'est aussi le déterminisme du milieu social, le poids de l'éducation et d'une ascendance connue.
    Très beau roman qui donne envie de crier face à ce silence destructeur.
    Par le hasard de ma PAL, j'ai lu "Se taire" juste après "Les choses humaines". Les points de vue sont diamétralement opposés : celui de la victime dans "Se taire", celui de l'agresseur dans l'autre. Mais on retrouve nombre de points communs : le poids de l'éducation, de la classe sociale et de la renommée (dans les deux cas, les parents sont très connus), la violence insoutenable des réseaux sociaux qui s'arrogent le rôle de tribunaux populaires et la critique d'un féminisme plus politique que défenseur des femmes.

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  • Plusieurs fois, j’ai été tenté par un des livres de Mazarine Pingeot. Seulement, en la voyant intervenir dans des émissions culturelles, j’avais une certaine appréhension face à cette enseignante en philosophie. Je craignais que son écriture et ses résonnements soient un peu trop élitistes pour...
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    Plusieurs fois, j’ai été tenté par un des livres de Mazarine Pingeot. Seulement, en la voyant intervenir dans des émissions culturelles, j’avais une certaine appréhension face à cette enseignante en philosophie. Je craignais que son écriture et ses résonnements soient un peu trop élitistes pour le simple lecteur que je suis.

    J’ai très vite été rassuré. Même si elle traite de sujets de société qui font énormément débat, « Se taire » est un simple roman. Aucune digression, aucune analyse complexe, juste une histoire. Elle nous raconte la vie de la narratrice après une agression dont elle a été victime. On la suit dans tous ses déboires amoureux, amicaux et familiaux. On se retrouve au cœur de son quotidien. Mais bien sûr cette aventure n’est ni futile ni innocente. Elle aborde les différentes facettes des conséquences d’un drame traumatisant. C’est donc le lecteur lui-même qui va lancer ses propres réflexions.

    Les thèmes abordés mettent en lumière les tabous qui règnent encore dans notre société moderne. Le poids de la notoriété, l’impunité des puissants, le statut de la victime sexuelle et plus globalement de la femme, le texte regroupe l’ensemble des préjugés qui ont perduré dans le temps et qui créent encore de l’injustice. Le silence apparaît alors comme la seule solution à la vindicte populaire.

    Je suis ravi d’avoir dépassé mes préjugés pour découvrir le style Mazarine Pingeot. L’écriture de l’écrivaine est de haut rang et en même temps très agréable à lire. Le personnage de Mathilde est attachant et son destin chaotique est passionnant. Loin d’être larmoyant, il se présente comme une vision objective des mentalités d’aujourd’hui, avec leurs faiblesses et leurs incohérences.

    Le travail vers un monde plus juste est encore long mais ce livre peut être considéré comme une pierre de l’édifice du changement. Romanesque et utile !

    http://leslivresdek79.com/2019/10/15/497-mazarine-pingeot-se-taire/

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  • «Il pose ses lèvres violemment contre les miennes, et me mord, et cherche ma langue, quand la deuxième main s’enfonce dans mon jean, puis ma culotte et enfin mon sexe, qu’il tient fermement». En imaginant une fille de bonne famille se faire violer par un Prix Nobel de la paix, Mazarine Pingeot...
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    «Il pose ses lèvres violemment contre les miennes, et me mord, et cherche ma langue, quand la deuxième main s’enfonce dans mon jean, puis ma culotte et enfin mon sexe, qu’il tient fermement». En imaginant une fille de bonne famille se faire violer par un Prix Nobel de la paix, Mazarine Pingeot démontre dans un roman éclairant qu’il est difficile de lutter contre «des décennies de servitude féminine et d’acceptation du silence.»

    Le personnage de Mathilde Léger, jeune fille de vingt ans, est au cœur du roman. Fille «du plus grand chanteur français, artiste engagé, et image de la France» et d’une intellectuelle féministe, petite-fille d’un écrivain membre de l’Académie française et également conscience morale du pays, elle a choisi d’être photographe. Parmi ses premiers mandats, elle se voit confier la réalisation d’une série de portraits du Prince de T., Prix Nobel de la paix qui vient de perdre sa fille. Dès les premières minutes du rendez-vous, elle sent que le regard du «grand homme» est bizarre, mais reste fixée sur le travail qu’elle a à faire. C’est alors que les choses dérapent : «Il prend mon visage dans sa main, le serre, […] il pose ses lèvres violemment contre les miennes, et me mord, et cherche ma langue, quand la deuxième main s’enfonce dans mon jean, puis ma culotte et enfin mon sexe, qu’il tient fermement […] il me pousse sur le lit, me traite de petite salope, baisse violemment mon pantalon et s’enfonce en moi, il y reste peu de temps. […] il me dit que je suis belle, qu’il aime ma beauté, qu’il m’a déjà vue dans des magazines, quand j’étais plus petite, qu’il m’avait repérée, que ça faisait longtemps qu’il en avait envie, il est content, il me remercie, mais maintenant il a du travail à terminer, si je pouvais le laisser. »
    Malgré le choc et la sidération, Mathilde fait les photos qu’elle était venue réaliser et qui bientôt paraîtront en une du magazine qui l’a engagée et qui lui vaudront de vivres félicitations. Mais pour la jeune fille, ces clichés seront d’abord une marque d’infamie et le douloureux rappel d’une scène qu’elle veut oublier. Parce qu’elle a «été programmée pour ne pas faire scandale. Le Prix Nobel l’a bien compris.»
    Car ici, contrairement au roman de Karine Tuil qui aborde aussi la question du viol et de ses conséquences, il n’est pas question de porter plainte. Le premier réflexe de la jeune fille, c’est de nier la chose, de laisser le silence recouvrir la chose: «Cette scène n’a pas eu lieu, j’en suis le seul témoin, les photos n’en montreront rien.»
    Mazarine Pingeot montre fort bien combien il est difficile de vivre avec une telle épreuve. Car on ne se sent pas seulement souillée, on se sent aussi responsable…
    «Depuis le Nobel, tout chez moi est coupable, le corps, le manque d’appétit, la fatigue, encore elle, demeurer auprès des miens, les quitter, l’approche de la nuit, le réveil. Les mots comme le silence. Tout s’équivaut, la valeur a failli. Son idée même. C’est dire. Et moi qui préférais l’image, ça me semblait plus vrai, plus fort. Je me raccroche aux mots que je ne dis pas. Je n’ai plus aucune confiance ni dans les formes ni dans les couleurs. Je n’ai plus confiance en ce que je vois.»
    Au poids pesant d’une famille qui refuse le scandale vient s’ajouter «des décennies de servitude féminine et d’acceptation du silence.»
    Seule Clémentine, la sœur de Mathilde, lui prête une oreille attentive, compréhensive, essayant de la soutenir, de lui changer les idées, de faire que le mal passe.
    Sa rencontre avec Fouad marquera-t-elle la fin du traumatisme? Maintenant qu’elle a trouvé un homme avec lequel elle n’éprouve pas de crainte, avec lequel elle a envie de se construire un avenir, avec lequel elle se confie. Et qui l’encourage, bien des mois plus tard, à porter plainte.
    Le fera-t-elle? Sera-t-elle prête à accepter le procès? À reprendre cette histoire douloureuse? C’est tout l’enjeu de la fin de ce roman, aussi surprenante que réussie.
    https://urlz.fr/aBjc

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  • Première lecture, donc grande découverte de Mazarine Pingeot, et très belle découverte.
    Se taire, voilà la vie de Mathilde, se taire. La fille du plus grand chanteur français, photographe, se rend chez le prix Nobel de la paix afin d'effectuer quelques photos. Ce dernier profite de son rang, et...
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    Première lecture, donc grande découverte de Mazarine Pingeot, et très belle découverte.
    Se taire, voilà la vie de Mathilde, se taire. La fille du plus grand chanteur français, photographe, se rend chez le prix Nobel de la paix afin d'effectuer quelques photos. Ce dernier profite de son rang, et du rang de Mathilde pour la violer.
    Les conseils de la famille : se taire, pour la protéger, pour protéger le nom familial, pour ne pas faire d'esclandre, pour ne pas être jetée en parture dans les journaux, à la télévision..... Elle les écoute, l'affaire ne s'ébruite pas.
    Dégoutée par ce qui lui est arrivée, elle reprend des études d'urbanisme. Elle rencontre Fouad, grand parleur. Ils s'installent ensemble, tout ce passe merveilleusement bien. Elle lui raconte ce qui lui est arrivée, le viol, le prix nobel. Fouad lui demande de porter plainte, mais le commissaire la dissuade et créer une main courante. Après quelques temps de vie commune, Fouad change, est très possessif. Mathilde, sans trop s'en rendre compte, vie derrière lui, s'efface. Bien qu'enceinte, un soir, il la giflle, elle décide alors de quitter l'appartement. Elle vie chez Clémentine, sa soeur, chez sa grand mère et élève seule son fils.
    Plusieurs années plus tard, l'histoire de la main courante ressurgie et est mise en avant par les journalistes. Son fils subit cette révélation. Une solution : retourner voir le prix nobel.
    Ce livre est superbement bien écrit, le style, les mots se savourent à la petite cuillère, bien que le sujet soit difficile.
    Il nous montre les dégâts d'un viol sur les femmes qui doivent se taire pour ne pas faire de vagues, un sujet tabou qui commence doucement à être dévoilé grâce, ou plutôt à cause de l'affaire Weinstein, #metoo, #balanceton porc.

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  • Une fois de plus, pari réussi pour Mazarine Pingeot qui écrit joliment bien et avec grande maîtrise, traitant des sujets évidents mais pas forcément faciles : le poids du secret, la place de la femme, son rôle symbolique et la manière dont elle peut ou non échapper à son éducation. L'intrigue...
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    Une fois de plus, pari réussi pour Mazarine Pingeot qui écrit joliment bien et avec grande maîtrise, traitant des sujets évidents mais pas forcément faciles : le poids du secret, la place de la femme, son rôle symbolique et la manière dont elle peut ou non échapper à son éducation. L'intrigue est passionnante mais au-delà du récit, c'est bien la qualité d'une réflexion qu'il faut saluer.

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