San Perdido

Couverture du livre « San Perdido » de David Zukerman aux éditions Calmann-levy
Résumé:

«  Qu'est-ce qu'un héros, sinon un homme  qui réalise un jour les rêves secrets  de tout un peuple ? »  Un matin de printemps, dans la décharge à ciel ouvert  de San Perdido, petite ville côtière du Panama aussi impitoyable que colorée, apparaît un enfant noir  aux yeux bleus. Un orphelin muet... Voir plus

«  Qu'est-ce qu'un héros, sinon un homme  qui réalise un jour les rêves secrets  de tout un peuple ? »  Un matin de printemps, dans la décharge à ciel ouvert  de San Perdido, petite ville côtière du Panama aussi impitoyable que colorée, apparaît un enfant noir  aux yeux bleus. Un orphelin muet qui n'a pour seul talent apparent qu'une force singulière dans les mains.  Il va pourtant survivre et devenir une légende. Venu de nulle part, cet enfant mystérieux au regard magnétique endossera le rôle de justicier silencieux au service des femmes  et des opprimés et deviendra le héros d'une population jusque-là oubliée de Dieu.

   

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  • Quelle histoire ! Avec San Perdido, David Zukerman m'a emmené en Amérique Centrale, au bord du Canal de Panamá, ouvrage débuté par les Français, repris par les Étasuniens, dans un pays où le trafic maritime attire toutes les convoitises et permet tous les échanges, légaux ou illégaux.
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    Quelle histoire ! Avec San Perdido, David Zukerman m'a emmené en Amérique Centrale, au bord du Canal de Panamá, ouvrage débuté par les Français, repris par les Étasuniens, dans un pays où le trafic maritime attire toutes les convoitises et permet tous les échanges, légaux ou illégaux.
    Tout commence dans une décharge publique qui coupe la ville de San Perdido en deux et près de laquelle s'est développé le bidonville de Lágrima. L'auteur réussit à rendre ces lieux tellement vivants que j'ai cru qu'ils existaient réellement.
    Après un premier chapitre censé se passer aujourd'hui, histoire de bien mettre l'eau à la bouche, j'ai plongé en 1946, pataugeant dans cette décharge qui permet à tant de pauvres gens de vivre en récupérant ce que jettent les riches, les nantis qui vivent sur les hauteurs.
    Je me suis attaché à Felicia, cette Ghanéenne qui veille sur la décharge en interdisant aux enfants de toucher aux sacs poubelle venant de l'hôpital. Un jour, elle voit arriver un enfant noir bien mystérieux, à la force surprenante. Elle le prend en affection, l'aide et il le lui rend bien.
    J'apprends un peu plus loin qu'il se nomme Yerbo et je vais le rencontrer souvent, jusqu'à l'âge adulte. Il est muet mais entend bien. Son regard est d'un bleu si profond qu'il fascine ceux qui osent s'y plonger. Devant toutes les turpitudes de la ville, il va se comporter en justicier.
    Au fil du roman, David Zukerman m'a fait rencontrer beaucoup de monde dans la ville et le port où la vie grouille, où les femmes sont très belles mais nombreuses à devoir vendre leurs charmes pour pouvoir vivre. La violence et la prostitution sont bien présentes un peu partout mais le coeur de l'histoire se trouve dans la jungle proche de la ville, sous la canopée où vivent les Cimarrons. Descendant des esclaves noirs révoltés contre les colonisateurs espagnols, ils forment encore une communauté qui perpétue ses traditions.
    Enfin, il y a le gouverneur qui assouvit son priapisme sans retenue et ne se gêne pas pour s'enrichir au maximum alors que de nombreux administrés n'ont pas de quoi manger. Ce luxe insolent, ce gaspillage éhonté, ce mépris pour ses semblables s'ajoutant à une violence sexuelle omniprésente, tout cela fait de San Perdido, un roman passionnant, très vivant, qui captive de bout en bout.
    Si c'est souvent violent, l'érotisme de certaines scènes est bien rendu car Yumna, fille de Lágrima qui n'a pas froid aux yeux, sait utiliser ses charmes pour parvenir à ses fins mais elle a une rivale nommée Hissa.
    Yerbo grandit, devient une légende et je conseille de relire le premier chapitre à la fin de l'histoire, histoire qui pourrait d'ailleurs se poursuivre. San Perdido est une fresque magnifique qui n'oublie pas l'opportunisme étasunien me faisant bien ressentir aussi le climat du pays où la chaleur est souvent torride.

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  • Histoire qui se passe au Panama de nos jours mais avec pour référence le XVIe siècle et la révolte des Cimarrons.
    Un de leur descendant, Yerbo devient dans ce monde de corruption, de prostitution un justicier qui défend les plus pauvres ou les plus faibles. Arrivera-t-il a rendre la terre aux...
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    Histoire qui se passe au Panama de nos jours mais avec pour référence le XVIe siècle et la révolte des Cimarrons.
    Un de leur descendant, Yerbo devient dans ce monde de corruption, de prostitution un justicier qui défend les plus pauvres ou les plus faibles. Arrivera-t-il a rendre la terre aux Cimarrons ? Il sera trahi, on le tuera mais la légende sera la plus forte.

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  • Il y a des contes auxquels on aimerait croire, des histoires de héros de l'ombre qui rétablissent la justice que les hommes ne savent pas rendre, des légendes que les victimes et les exploités aiment perpétuer pour faire trembler leurs bourreaux.
    Alors l'histoire de Yerbo, le jeune Cimarron aux...
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    Il y a des contes auxquels on aimerait croire, des histoires de héros de l'ombre qui rétablissent la justice que les hommes ne savent pas rendre, des légendes que les victimes et les exploités aiment perpétuer pour faire trembler leurs bourreaux.
    Alors l'histoire de Yerbo, le jeune Cimarron aux yeux bleus, descendant des esclaves noirs des espagnols au 16ème siècle, est de ces contes auquel on adhère sans se poser de question.
    C'est en 1946 qu'il apparaît pour la première fois, dans la décharge de San Perdido au Panama, alors qu'il n'a que 10 ans. Et nous le retrouverons, tout au long de ce roman, ombre des quartiers pauvres de la cité portuaire et du bidonville de Lagrima, rendant sa justice face à l'exploitation des dockers, à la fatalité de la prostitution et à la misère des démunis.
    Avec ce beau roman de David ZUKERMAN, nous sommes presque dans une réécriture biblique de l'histoire de ce pays d'Amérique centrale et le personnage de Yerbo est tel le messie que tous attendent pour rétablir l'Eden sur Terre. Et il n'est nul besoin d'être croyant pour rêver à cette justice, il suffit de se laisser porter par la beauté et la bonté de ce jeune héros, dans le silence le plus absolu.
    Les scènes érotiques torrides opposées à la violence de la souffrance des hommes et des femmes font de ce roman une lecture saisissante, à la fois historique et sociétale, qui nous dévoile un pays corrompu et immoral où l'on ne peut compter que sur soi-même pour y survivre.
    Un superbe voyage.

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  • Très bon 1er roman qui donne à voir la misère sociale au Panama au XXe juxtaposée à une société huppée remplie d intrigues politiques.
    On a accès ainsi à un kaléidoscope qui nous entraîne dans son sillage quitte à nous égarer quelques fois tant les personnages se multiplient.

    Très bon 1er roman qui donne à voir la misère sociale au Panama au XXe juxtaposée à une société huppée remplie d intrigues politiques.
    On a accès ainsi à un kaléidoscope qui nous entraîne dans son sillage quitte à nous égarer quelques fois tant les personnages se multiplient.

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  • San Perdido, ce premier roman de David Zukerman a été pour moi, un coup de cœur !
    Il se situe, comme son titre l'indique, à San Perdido, petite ville côtière panaméenne, imaginaire, et démarre un matin de juin 1946.
    Felicia, qui vit tout près de la décharge de San Perdido, à côté du bidonville...
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    San Perdido, ce premier roman de David Zukerman a été pour moi, un coup de cœur !
    Il se situe, comme son titre l'indique, à San Perdido, petite ville côtière panaméenne, imaginaire, et démarre un matin de juin 1946.
    Felicia, qui vit tout près de la décharge de San Perdido, à côté du bidonville de Lágrima, voit alors arriver un très jeune enfant, à peine une dizaine d'années, pieds nus, aux yeux bleus : "Des yeux d'un bleu si clair qu'ils semblent blancs. Des yeux qui font deux trous dans son visage d'un noir profond." Il est seul et muet. Il va s'installer près de la cabane de Felicia, en creusant une sorte de tanière dans le sol. Il possède une force singulière dans les mains et c'est pour cette raison que Felicia le surnommera "La Langosta" qui signifie le homard, car ses grosses mains sont comme des pinces. Il sera le fil rouge du roman. Dès l'incipit, nous savons que ce personnage principal s'appelle Yerbo Kwinton et qu'il est un héros. Et, nous dit l'auteur, "Qu'est-ce qu'un héros, sinon un homme qui réalise un jour les rêves secrets de tout un peuple ?"
    David Zukerman dans cette fable sociale, récit légendaire, sorte de pamphlet, nous livre une caricature de la société où les plus pauvres survivent à côté des nantis. Dans les deux camps, c'est la ruse qui permet de s'en sortir. L'auteur décrit très bien la vie dans les bidonvilles, l'extrême misère dans laquelle ces gens vivent et tous les moyens employés pour arriver à survivre. Il rend compte également avec beaucoup de vérité, de la corruption qui régne chez les plus riches et les gouverneurs. Grâce aux portraits colorés des personnages que l'écrivain a si bien su restituer, nous sommes plongés comme si nous y étions dans cette ville et ce pays dont nous découvrons les coutumes, les combines, les coups bas, les trahisons et ressentons au plus profond de nous-mêmes toutes les inégalités. Il explore également avec beaucoup de psychologie les sentiments de chacun et enveloppe son récit d'une extrême sensualité, le climat tropical du Panama l'y aidant.
    Le côté historique n'est pas négligé : l'indépendance du Panama, le canal de Panama, la présence d'anciens esclaves noirs et de soldats américains participent fortement à l'intérêt du récit.
    San Perdido est un roman d'aventure original, dépaysant, vif et haletant, un conte avec des personnages forts et attachants, qui dresse une caricature de la société panaméenne pas si éloignée de l'européenne qu'on pourrait le penser de prime abord. Il me semble, d'autre part, que ce pourrait être un excellent scénario pour un prochain film. Impossible en effet, en lisant ce roman dans lequel certains roulent en Buick Kustom, en Packard Super Eight, ou en cabriolet Hispano-Suiza K6 de 1935, de ne pas avoir déjà des scènes cinématographiques plein les yeux !
    Si la couverture très colorée du livre avait happé mon regard, son contenu m'a enthousiasmée !

    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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  • San Perdido est le premier roman publié de David Zukerman, un auteur au parcours atypique, jugez plutôt !
    Ce dernier a été successivement ouvrier spécialisé, homme de ménage, plongeur, contrôleur dans un cinéma, membre d’un groupe de rock, comédien et metteur en scène. Il a également écrit une...
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    San Perdido est le premier roman publié de David Zukerman, un auteur au parcours atypique, jugez plutôt !
    Ce dernier a été successivement ouvrier spécialisé, homme de ménage, plongeur, contrôleur dans un cinéma, membre d’un groupe de rock, comédien et metteur en scène. Il a également écrit une quinzaine de pièces de théâtre, dont certaines furent diffusées sur France Culture et quatre romans qu’il n’a jamais voulu envoyer à des éditeurs. Original, non ? Limite héroïque.

    Qu’est-ce qu’un héros, sinon un homme qui réalise un jour les rêves secrets de tout un peuple ?
    Un matin de printemps, dans la décharge à ciel ouvert de San Perdido, petite ville côtière du Panama aussi impitoyable que colorée, apparaît un enfant noir aux yeux bleus. Un orphelin muet qui n’a pour seul talent apparent qu’une force singulière dans les mains. Il va pourtant survivre et devenir une légende. Venu de nulle part, cet enfant mystérieux au regard magnétique endossera le rôle de justicier silencieux au service des femmes et des opprimés et deviendra le héros d’une population jusque-là oubliée de Dieu.

    David Zukerman nous sert ici une fable sociale venue tout droit du Panama, de la décharge de San Perdido plus précisément. Cet amoncellement d'ordures à ciel ouvert permet aux laissés-pour-compte de survivre. Non loin de là, sur les hauteurs de la ville, vivent les nantis. Se considérant intouchables, s'arrangeant avec leur morale, ces derniers n'ont aucun scrupule à exploiter les premiers pour nourrir leurs trafics en tout genre. Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'un jeune garçon énigmatique, un taiseux parce que muet à la peau aussi sombre que ses yeux sont clairs et doté d'une force surhumaine, les observent.

    David Zukerman insuffle un vent romanesque sur San Perdido. Sous le ciel panaméen, il fait évoluer des personnages hauts en couleur, certains même hauts en douleur et un héros digne de ce nom. Le tout est parfaitement rythmé, intelligemment construit. C'est pittoresque, vif, dépaysant. C'est de la littérature comme on l'aime mixant fiction et réalité. Le tout est particulièrement visuel. Les lignes défilent, les aventures également.

    San Perdido est un premier roman somme toute inclassable à la fois conte, fable sociale, roman d'aventure. Bref, je ne sais qu'une chose c'est que David Zukerman livre au public un roman très abouti qui à n'en pas douter, va ravir les lecteurs. San Perdido est à découvrir à tout prix. Je remercie à ce titre les 68 premières fois de cet excellent choix.

    Et si les quatre autres romans écrits par l'auteur sont du même acabit, ce serait dommage qu'il nous prive de sa belle plume fluide et aérienne. À bon entendeur...

    https://the-fab-blog.blogspot.com/2019/09/mon-avis-sur-san-perdido-de-david.html

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  • De 1946 à 1959, à San Perdido, ville fictive du Panama oubliée des dieux, royaume du marché noir et de la corruption, deux communautés se partagent les lieux.

    Dans la ville basse, une extrême pauvreté règne dans le bidonville de Lágrima où les habitants vivent aux abords d'une décharge dont...
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    De 1946 à 1959, à San Perdido, ville fictive du Panama oubliée des dieux, royaume du marché noir et de la corruption, deux communautés se partagent les lieux.

    Dans la ville basse, une extrême pauvreté règne dans le bidonville de Lágrima où les habitants vivent aux abords d'une décharge dont ils tirent les maigres ressources leur permettant de survivre. Felicia est le personnage emblématique de cette population, s'assurant que tous les enfants affamés profitent équitablement de ce qui est encore consommable, les empêchant de toucher aux déchets provenant de l'hôpital.

    Sur les hauteurs se trouvent les nantis et les dirigeants du Panama, dont les gouverneurs successifs, qui assurent leur train de vie en contrôlant les trafics en tous genres, bien aidés par quelques américains, anciens soldats ayant compris le potentiel du pays.

    Les possibilités pour les petits de sortir de leur condition sont restreintes. Augusto, qui a grandi sur la décharge, est l'exemple d'une certaine réussite par le travail, n'oubliant pas d'où il vient. Pour les jeunes filles, l'ascension sociale est souvent liée à leur seul physique et l'intérêt qu'il suscite auprès de la gent masculine aisée.

    Dans un milieu où la justice est encore moins bien répartie que partout ailleurs, un jeune garçon noir, muet, aux yeux bleus fait une étrange apparition, comme sorti tout droit d'une jungle dans laquelle, d'après les légendes, vivent des descendants d'esclaves qui au 16e siècle se sont révoltés contre les Espagnols.

    Ce mystérieux enfant aux mains d'une puissance phénoménale devient en grandissant une légende, un héros populaire défenseur des opprimés, dont le récit nous rapporte sous des allures de fable les péripéties, forcément véridiques puisque issues d'une tradition orale qui s'est perpétuée au fil des années et qui ne saurait surtout pas être mise en doute.

    Un roman d'un esthétisme certain, magnifiquement picaresque, dont les personnages ne laissent pas indifférents, à l'image du mystérieux Yerbo, de la lumineuse Felicia, du courageux Augusto, de la douce Hissa, du méritant docteur, et de quelques autres moins reluisants à qui l'écriture talentueuse de David Zukerman donne vie de façon superbe.

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