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Sale bourge

Couverture du livre « Sale bourge » de Nicolas Rodier aux éditions Flammarion
  • Date de parution :
  • Editeur : Flammarion
  • EAN : 9782081511514
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Pierre passe la journée en garde à vue après que sa toute jeune femme a porté plainte contre lui pour violences conjugales. Pierre a frappé, lui aussi, comme il a été frappé, enfant. Pierre n'a donc pas échappé à sa "bonne éducation" : élevé à Versailles, il est le fils aîné d'une famille... Voir plus

Pierre passe la journée en garde à vue après que sa toute jeune femme a porté plainte contre lui pour violences conjugales. Pierre a frappé, lui aussi, comme il a été frappé, enfant. Pierre n'a donc pas échappé à sa "bonne éducation" : élevé à Versailles, il est le fils aîné d'une famille nombreuse où la certitude d'être au-dessus des autres et toujours dans son bon droit autorise toutes les violences, physiques comme symboliques.
Pierre avait pourtant essayé, lui qu'on jugeait trop sensible, trop velléitaire, si peu "famille" , de résister aux mots d'ordre et aux coups. Comment en est-il arrivé là ? C'est en replongeant dans son enfance et son adolescence qu'il va tenter de comprendre ce qui s'est joué, intimement et socialement, dans cette famille de "privilégiés" . Dans ce premier roman à vif, Nicolas Rodier met en scène la famille comme un jeu de construction dont il faut détourner les règles pour sortir gagnant.

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Articles (1)

Avis (16)

  • Sale bourge de Nicolas Rodier

    C'est un tout petit roman d'un peu plus de deux cent pages, dont certain chapitre ne comprend que quelques lignes que j'ai découvert dans la bibliothèque de mon petit village. Le portrait de ce petit garçon cheveux bruns et yeux marrons, la main gauche levée au...
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    Sale bourge de Nicolas Rodier

    C'est un tout petit roman d'un peu plus de deux cent pages, dont certain chapitre ne comprend que quelques lignes que j'ai découvert dans la bibliothèque de mon petit village. Le portrait de ce petit garçon cheveux bruns et yeux marrons, la main gauche levée au dessus de sa tempe ,la main droite dans la poche a attiré mon attention. La première ligne de la quatrième page de couverture également : «  Pierre passe la journée en garde à vue après que sa toute jeune femme a porté plainte contre lui pour violences conjugales. » A vrai dire ayant connu des cas similaires dans mon ancienne profession, je me suis posé la question si je devais lire ce roman. La seconde phrase Pierre a frappé, lui aussi, comme il a été frappé enfant.  Comment en est-il arrivé là , m'a convaincu de lire ce livre. C'est en replongeant dans son enfance, dans son adolescence que Pierre va tenter de comprendre et nous lecteur également ce qui l'a conduit à commettre ce délit.
    La sanction nous la connaissons inscrite à la page 9 . «  A la sortie du tribunal, les gestes d'amants et de réconfort ont disparu. Je suis condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violence conjugale, assortis d'une mise à l'épreuve de dix-huit mois et une injonction de soins. J'ai trente-trois ans. » Ce roman Sale bourge de Nicolas Rodier comprend 5 chapitres l'enfance, l'adolescence, la jeunesse, le mariage, le jugement. 5 étapes dans la vie de Pierre que nous allons suivre pas à pas. La première scène, nous relate l'auteur à la première personne est celle ou Pierre âgé de sept ans, ne parvenant pas à manger des carottes râpées à la vinaigrette est frappé très brutalement par sa mère. «  Les autres- mes cousins, les enfants de Françoise , la grande sœur de ma mère sont déjà partis à la plage se baigner , faire du bateau. Je reste là. J'ai les larmes aux yeux, j'ai envie de tout vomir, mais ma mère bronzée en maillot de bain ne veut pas céder. Chaque fois que je refuse d'avaler une bouchée ou que je recrache elle me gifle, me crie dessus. Au bout d'une demi-heure elle me tire les cheveux, écrase ma tête dans mon assiette. J'ai déjà vu mon oncle faire ça avec un de mes cousins, Geoffroy. Lorsqu'il s'est relevé il y avait du sang sur le front le coup avait brisé l'assiette. Elle a beau me gifler, je serre les poings, une heure deux heures trois heures quatre heures. Je vais gagner. Mais vers 18 heures j'entends les premières voitures revenir de la plage et l'idée que l'on me retrouve encore à table , je me soumets, je finis mon assiette. Les autres ne verront pas la méchanceté ni la folie de ma mère. »
    Sale bourge, c'est l'histoire de cet enfant, violenté très jeune, aîné d'une famille nombreuse, 5 frères et sœurs, un père effacé, une mère violente montrant parfois des accès de tendresse. Une famille bourgeoise catholique recevant comme privilège trois ou quatre fois dans l'année Mr le curé à leur table dominicale . Sale bourge c'est l'histoire d'une adolescence ou dès la classe de sixième la violence est présente . » Les élèves de quatrième troisième se jettent sur les plus jeunes pour les soumettre à l'épreuve de la bite au poteau. » C'est aussi la violence lors d'un choix d'orientation à venir ou parmi les invité du grand-père il y a Hervé. Ils ont fait prépa Ginette ensemble ! C'est la violence des films pornographiques, des premières expériences sexuelles avec Astrid des violences familiales entre adultes . La violence se poursuit dans la jeunesse de Pierre. «  Je suis dans le salon à la Ville d'Avray. J'ai pris ma décision. Au début mon père ne réagit pas trop assis dans son fauteuil Louis XV. Je lui répète je veux arrêter ma prépa commerciale Janson-de-Sailly pour faire des études de philosophie à la Sorbonne ». Mais Pierre, tu es un abruti, tu sais ce que ça veut dire faire de la philosophie, c'est être prof ? Pauvre con … tu sais combien ça gagne un prof ? Tu crois vraiment que tu peux vivre avec moins de deux mille euros par mois ? » En octobre 2002 je commence des études de philosophie à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne. Je travaille avec rigueur. Je ne fume plus aucun joint et ne bois presque jamais. C'est dans cette période que les premiers accès de violence de Pierre se font ressentir contre Astrid et qu'au début du second semestre à la Sorbonne alors qu'il a oublié ses anxiolytiques que des images surgissent en lui, des bruits de coups de poing, du sang qui giclent sur les lavabos, son nez qui s'écrase sur le bord d'une baignoire, des araignées qui lui grimpent aux jambes, des bourdonnements et qu'il accepte un traitement de fond à base d'antidépresseurs. Puis se sera la rencontre avec Maud une histoire d'amour puis la violence qui repointe son nez lors d'une banale discussion : Des pensées et des mots jaillissent alors en moi dit Pierre «  Tu crois que je suis ton chien ! Tu crois que tu peux me donner des ordres ! Tu veux que je te défonce la gueule moi aussi. » Puis malgré ce climat anxiogène, le mariage , de nouvelles disputes, la violence des mots suivie par des gestes ; la garde à vue, la procédure de divorce et le jugement.
    C'est tout ce processus de violences que vous découvrirez, décortiqué en lisant Sale Bourge de Nicolas Rodier.
    Ce n'est pas un poncif : l'amour des parents et nécessaire pour le développement de l'enfant . Ce premier roman de Nicolas Rodier sale bourge donnant la parole à Pierre auteur de ces violences conjugales vous le démontrera aisément, dans ce petit roman! Bien à vous.

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  • a bonne éducation n’est pas toujours celle que l’on croit

    Pierre a la trentaine, l’envergure d’un homme respectable, une jolie épouse à son bras ... Pourtant aujourd’hui, il passera sa journée en garde à vue suite à une plainte pour violences conjugales.

    A travers ce court roman,...
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    a bonne éducation n’est pas toujours celle que l’on croit

    Pierre a la trentaine, l’envergure d’un homme respectable, une jolie épouse à son bras ... Pourtant aujourd’hui, il passera sa journée en garde à vue suite à une plainte pour violences conjugales.

    A travers ce court roman, Nicolas Rodier retrace le parcours de Pierre depuis sa petite enfance au sein d’une famille bourgeoise catholique, ainé d’une fratrie de 6 enfants, sous l’emprise d’un père moralisateur et d’une mère névrosée, tout deux adeptes de la violence « ordinaire » ...

    Mais si, vous savez de quoi je veux parler : les paroles blessantes, les punitions humiliantes, la main leste qui part dès que l’occasion se présente ... « la fameuse violence éducative » ! Peut-on réellement s’extraire de ce schéma ? De cette manière d’aimer ? quand on nous l’a instillé tout au long de notre construction. Car oui, ça ne fait pas de doute, Pierre aime Maud et pourtant ça n’a pas fait la différence ...

    J’ai dévoré ce roman en quelques heures. Il est vif, tranchant comme une lame. Les rapports malaisants de cette famille de « gens biens » m’ont donné la nausée, autant par la violence verbale et physique qui les régie que par leur triste banalité.

    Ce livre nous interroge aussi sur la reproductibilité. Ne dit-on pas qu’un enfant reproduira forcément ce qu’il a vécu ? Les traumas infligés par des brimades régulières et la banalisation de la violence sont irrémédiables et on constate grâce à l’exemple de Pierre que cela va bien au-delà de son rapport aux autres : ils nourrissent un mal-être latent qui le consume à petit feu.

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  • À sa sortie du tribunal, le narrateur nous livre la sentence prononcée à son égard : « Je suis condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violence conjugale, assortis d’une mise à l’épreuve de dix-huit mois et d’une injonction de soins ». « J’ai trente-trois ans ».
    Cinq parties datées...
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    À sa sortie du tribunal, le narrateur nous livre la sentence prononcée à son égard : « Je suis condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violence conjugale, assortis d’une mise à l’épreuve de dix-huit mois et d’une injonction de soins ». « J’ai trente-trois ans ».
    Cinq parties datées vont alors composer ce roman, intitulées : Enfance, Adolescence, Jeunesse, Mariage et Jugement.
    Si l’issue est déjà connue, l’auteur va essayer de décrypter le parcours de cet homme et de savoir ce qui a pu le conduire devant le tribunal.
    En général, je n’apprécie pas trop de savoir avant de commencer ma lecture, son dénouement. Mais, ici, en l’occurrence, j’ai assez vite oublié, tant j’ai été prise par ce récit raconté à la première personne. En effet, dès le début, difficile de ne pas être saisi et bouleversé par cette scène de vacances où Pierre, ce jeune enfant de sept ans, ne parvient pas à terminer son assiette alors que tous ses cousins sont déjà partis se baigner. Sa mère ne veut pas céder et « Chaque fois que je refuse d’avaler une bouchée ou que je recrache mes carottes râpées, elle me gifle. Une fois sur deux, elle me hurle dessus. Une gifle avec les cris, une gifle sans les cris. Au bout d’une demi-heure, elle me tire par les cheveux et m’écrase la tête dans mon assiette ... » Il résiste pendant … quatre heures puis finit par renoncer en entendant les voitures revenir de la plage. Et même si son dégoût est immense, « je ressens un soulagement car les autres ne verront pas la méchanceté ni la folie de ma mère ». Oui, il essaie de résister aux mots d’ordre et aux coups mais difficile d’échapper aux névroses familiales, en l’occurrence, ici, une famille bourgeoise très attachée aux apparences, une famille de six enfants dont Pierre est l’aîné.
    Roman psychologique s’il en est, Sale bourge décortique le processus qui a conduit Pierre plutôt sensible à se retrouver devant un tribunal, plainte ayant été déposée par sa femme pour violences conjugales. Tout au long de ce premier roman, aux phrases courtes mais percutantes, aux chapitres brefs, Nicolas Rodier décrit et analyse finement, en maintenant une tension constante, la spirale qui peut entraîner un enfant qui a été maltraité physiquement et moralement et même s’il est conscient du mal qui le ronge et tente en vain d’en sortir, à reproduire lui-même, une fois adulte, plus ou moins le même schéma.
    C’est une véritable descente aux enfers à laquelle on est confronté. J’ai souvent halluciné en lisant le comportement de cette famille, parents, oncles, tantes et grands-parents et beaucoup souffert du mal-être engendré et des dégâts occasionnés sur la vie de ces enfants.
    J’ai été admirative du courage dont a dû faire preuve Maud, la jeune épouse de Pierre et de sa force de caractère pour s’extirper de cette violence exercée par un homme qui la chérit.
    Cet opus prouve encore, s’il le fallait, combien l’amour parental est nécessaire au bon développement de l’enfant.
    Sale bourge est un roman bouleversant et dérangeant et surtout nécessaire.

    Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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  • Je ne sors pas indemne de la lecture d’un tel roman : Sale bourge, de Nicolas Rodier. Cette vie qui s’arrête à l’aube de la trentaine, est terrible à suivre, allant du plus banal à l’incroyable mais toujours avec la violence physique et verbale en toile de fond.
    Nicolas Rodier campe Pierre, son...
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    Je ne sors pas indemne de la lecture d’un tel roman : Sale bourge, de Nicolas Rodier. Cette vie qui s’arrête à l’aube de la trentaine, est terrible à suivre, allant du plus banal à l’incroyable mais toujours avec la violence physique et verbale en toile de fond.
    Nicolas Rodier campe Pierre, son personnage, en cinq épisodes : Enfance, Adolescence, Jeunesse, Mariage et Jugement. Oui, je sais que déjà s’annonce une issue judiciaire que la quatrième de couverture et la première page mentionnent même. Donc, ce n’est pas le suspense qui prévaut, c’est le parcours avec ses hauts et ses bas, surtout ses drames.
    Pierre est l’aîné d’une famille nombreuse, traditionnelle, catholique, très à l’aise financièrement qui vit à Versailles. Que ce soit du côté maternel comme du côté paternel, il y a des châteaux, des manoirs… Idéal pour les vacances. Homophobie, racisme, ces thèmes reviennent souvent dans les débats familiaux.
    Hélas, il y a un grave problème de violence. La mère frappe son aîné pour l’éduquer. Françoise, la tante, utilise même une longue cravache pour corriger ses gosses. Hubert Desmercier, le père, pique aussi des colères mais préfère l’absence. De plus, il y a un secret de famille avec Georges, le frère du grand-père.
    Quand on se retrouve, on ne parle que grandes écoles : Polytechnique, HEC… et ce sont les parents qui décident. Le père est très pris par son travail, la mère a sa réunion paroissiale le jeudi, Madame Rosa fait linge et ménage le mardi et un sixième enfant est annoncé après Pierre, Bénédicte, Olivier, Augustin, Élise.
    Les brutalités ne cessent pas quand Pierre entre au collège non mixte de Passy-Bouzenval mais il est victime cette fois de ses camarades des classes de quatrième et de troisième. Cette vie marquée par la violence comme règle d’éducation ne peut que faire l’affaire des psychanalystes et autres psychiatres. Chaque fois que Pierre peut s’en sortir, il y a rechute et j’avoue que la succession des chapitres courts et percutants devient vite lassante, me déprimant aussi.
    Quand enfin, Maud arrive dans la vie de Pierre, tout pourrait s’arranger, se résoudre dans le dialogue et la compréhension. C’est à Rome qu’il fait sa demande en mariage : grand restaurant, hôtel de luxe, il ne lésine pas sur les moyens et espère avoir un enfant…
    Ce Sale bourge s’en sortira-t-il ? Puisque le lecteur sait à l’avance qu’il y aura un jugement, je me demande surtout ce que peut être la suite de la vie d’un homme pas violent au départ mais complètement et durablement marqué par ce qu’il a subi durant ses premières années.
    Je ne sais pas si une telle vie est possible, si l’auteur s’est inspiré de faits réels mais j’ai trouvé qu’il avait bien trop chargé la barque…
    Sale bourge fait partie des livres sélectionnés pour le Prix des Lecteurs de 2 Rives 2021 mais ce n’est pas, et de loin, mon préféré.

    Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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  • "Sale bourge" ou chronique d'un homme "bien-né" qui est condamné pour violence conjugale.
    Mais comment est-il possible qu'un homme de cette catégorie sociale si élevée en arrive là? Quelle mécanique s'est mise en place au cours de sa vie pour qu'il en arrive à de telles extrémités?
    Nicolas...
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    "Sale bourge" ou chronique d'un homme "bien-né" qui est condamné pour violence conjugale.
    Mais comment est-il possible qu'un homme de cette catégorie sociale si élevée en arrive là? Quelle mécanique s'est mise en place au cours de sa vie pour qu'il en arrive à de telles extrémités?
    Nicolas Rodier nous propose d'y réfléchir en permettant à son personnage principal - narrateur de retracer sa vie, de son enfance au sein d'une famille de 6 enfants à l'âge adulte. Naître dans une "bonne" famille nous épargne-t-il des coups durs de la vie? Est-ce synonyme de cocon apaisant et privilégié? Rien n'est moins sûr.
    Ce roman se lit d'une traite car les chapitres sont courts et condensés, l'écriture lapidaire. On suit l'évolution du personnage de Pierre, ses rapports familiaux, aux autres, aux filles et à l'école. On voit les liens se tisser ou se distendre au fil de la vie de ce personnage pas si bien dans ses baskets qu'il n'y paraît et dont le titre vient casser les codes.

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  • Pas de suspens dans ce roman puisque l'auteur choisit de dresser le tableau dès la première page : 33 ans, condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violence conjugale. Et c'est ensuite le cheminement de Pierre, aîné d'une famille de 6 enfants, depuis sa petite enfance au sein d'une...
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    Pas de suspens dans ce roman puisque l'auteur choisit de dresser le tableau dès la première page : 33 ans, condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violence conjugale. Et c'est ensuite le cheminement de Pierre, aîné d'une famille de 6 enfants, depuis sa petite enfance au sein d'une famille bourgeoise mais névrosée, des scènes ahurissantes et bouleversantes qui prouvent, si c'était nécessaire, qu'on ne guérit jamais de son enfance. Des chapitres très courts, une sorte de journal intime, dans lequel le coupable est aussi victime. Un premier roman très émouvant.

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  • Le roman s’ouvre d’emblée sur le « dénouement ». Pierre, 33 ans, sort du tribunal. Il vient d’être condamné à 4 mois de prison avec sursis pour violence conjugale, assortis d’une mise à l’épreuve de 18 mois et d’une injonction de soins.
    Ensuite l’auteur tente de nous expliquer comment le...
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    Le roman s’ouvre d’emblée sur le « dénouement ». Pierre, 33 ans, sort du tribunal. Il vient d’être condamné à 4 mois de prison avec sursis pour violence conjugale, assortis d’une mise à l’épreuve de 18 mois et d’une injonction de soins.
    Ensuite l’auteur tente de nous expliquer comment le personnage en est arrivé là. Pierre nous raconte son enfance, ses souvenirs douloureux lorsque sa mère le gifle et lui hurle dessus. Il est né en 1983 et il est l’aîné d’une fratrie de 6 enfants. Certaines scènes familiales se reproduisent à l’identique chez ses cousins-cousines. L’héritage familial pèse lourd Il y a des non-dits, des secrets de famille.
    Pierre grandit dans un milieu catholique bourgeois où les blagues racistes sont monnaie courante. Son père travaille beaucoup. C’est sa mère qui s’occupent d’eux, mais elle s’avoue fatiguée. Elle aimait beaucoup son grand-père maternel décédé trop tôt et pleure à chacune de ses évocations.
    Pierre est premier de sa classe, il obtient le prix d’excellence à la fin du CM1. Ses parents ont des ambitions pour lui, qu’il n’a pas. Son adolescence sera marquée par l’alcool et la drogue. Je vous laisse découvrir la suite par vous-même. Mais les frères et sœurs de Pierre sont eux aussi très marqués par leur éducation. Olivier, le cadet de 3 ans de Pierre, sera hospitalisé en psychiatrie pour dépression sévère et anorexie mentale.
    Bref une ambiance pas très joyeuse, Pierre est sujet aux angoisses. Il se résoudra à aller voir un psychiatre. Il connaîtra des moments de bonheur et d’apaisement avec Maud qu’il épousera. Avant d’être rattrapé par son agressivité.
    Certaines phrases vous glacent le sang. Le père dira notamment « La famille, c’est comme une meute, c’est fait pour se serrer les coudes ». Ou encore « Les problèmes on les règles en famille, pas avec la police ! » Aucun écart ne sera toléré, tout sera relevé et critiqué. Comment grandir et se construire dans cette atmosphère familiale étouffante ? Impossible pour Pierre et sa fratrie de s’en sortir indemnes. Ils seront tous névrosés.
    Une policière lui dira « Vous savez, les enfants battus reproduisent souvent de la violence dans leur vie d’adulte. » Est-ce que cela peut excuser sa violence ? C’est le juge qui répondra à cette question : « personne, en aucun cas, ne mérite d’être frappé. »
    Un roman intéressant mais qui n’est pas un coup de cœur pour moi. L’écriture est simple et directe, elle sert bien le propos.

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  • Dans «Sale bourge», un premier roman choc aussi glaçant qu’éclairant, Nicolas Rodier raconte la spirale infernale qui l’a conduit à être condamné pour violences conjugales. Vu du côté du coupable, ce récit est aussi une plongée dans les névroses d’une famille bourgeoise.

    Il suffit de lire...
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    Dans «Sale bourge», un premier roman choc aussi glaçant qu’éclairant, Nicolas Rodier raconte la spirale infernale qui l’a conduit à être condamné pour violences conjugales. Vu du côté du coupable, ce récit est aussi une plongée dans les névroses d’une famille bourgeoise.

    Il suffit de lire les premières lignes de «Sale bourge» pour se laisser prendre par ce premier roman et ne plus le lâcher: «À la sortie du tribunal, les gestes d’amants et de réconfort ont disparu. Je suis condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violence conjugale, assortis d’une mise à l’épreuve de dix-huit mois et d’une injonction de soins. J’ai trente-trois ans.»
    Le ton, le rythme et la construction du livre, associés à une écriture simple et sans fioritures, des mots justes et des chapitres courts – qui se limitent souvent à une anecdote marquante, à un souvenir fort – nous permettent de découvrir cet enfant d’une famille de la grande bourgeoisie et de comprendre très vite combien le fait d’être bien-né ne va en rien lui offrir une vie de rêve. Car chez les Desmercier chacun se bat avec ses névroses, sans vraiment parvenir à les maîtriser.
    Si bien que la violence, verbale mais aussi physique, va très vite accompagner le quotidien de Pierre, l’aîné des six enfants. Un peu comme dans un film de Chabrol, qui a si bien su explorer les failles de la bourgeoisie, on voit la caméra s’arrêter dans un décor superbe, nous sommes sur la Côte d'Émeraude durant les vacances d’été, et se rapprocher d’un petit garçon resté seul à table devant des carottes râpées qu’il ne veut pas manger, trouvant la vinaigrette trop acide. Alors que ses cousins et le reste de la famille sont à la plage, il n’aura pas le droit de se lever avant d’avoir fini. Il résistera plusieurs heures avant de renoncer pour ne pas que ses cousins le retrouvent comme ils l’avaient quitté. Il faut savoir se tenir.
    Dès lors tout le roman va jouer sur ce contraste saisissant entre les apparences et la violence, entre les tensions qui vont s’exacerber et le parcours si joliment balisé, depuis le lycée privé jusqu’aux grandes écoles, de Versailles à Saint-Cloud, de Ville d’Avray aux meilleurs arrondissements parisiens. Un poids dont il est difficile de s’affranchir. Pierre va essayer de se rebeller, essaiera la drogue et l’alcool, avant de retrouver le droit chemin.
    Mais son mal-être persiste. Il cherche sa voie et décide d’arrêter ses études de droit pour s’inscrire en philosophie à la Sorbonne. Une expérience qui là encore fera long feu.
    Reste la rencontre avec Maud. C’est avec elle que l’horizon s’élargit et que le roman bascule. L’amour sera-t-il plus fort que l’emprise familiale? En s’engageant dans une nouvelle histoire, peut-on effacer les traces de l’ancienne? Bien sûr, on a envie d’y croire, même si on sait depuis la première page que ce Sale bourge va mal finir.
    Nicolas Rodier, retenez bien ce nom. Il pourrait bien refaire parler de lui !

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