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Rose royal

Couverture du livre « Rose royal » de Nicolas Mathieu aux éditions Atelier In8
Résumé:

Rose a la cinquantaine, une vie derrière elle, avec ses joies, ses déveines, des gosses, un divorce. Et des mecs qui presque tous lui ont fait mal. Le soir, en sortant du boulot, elle se rend au Royal, un bar où elle a ses habitudes. Là, elle boit. De temps en temps, elle y retrouve sa grande... Voir plus

Rose a la cinquantaine, une vie derrière elle, avec ses joies, ses déveines, des gosses, un divorce. Et des mecs qui presque tous lui ont fait mal. Le soir, en sortant du boulot, elle se rend au Royal, un bar où elle a ses habitudes. Là, elle boit. De temps en temps, elle y retrouve sa grande copine Marie-Jeanne. Puis, elle rentre chez elle et le lendemain tout recommence. Mais une nuit, Luc débarque au Royal et Rose se laisse prendre une dernière fois à cette farce du grand amour.
Sauf qu'elle s'est juré que plus jamais un mec ne lui ferait du mal.

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Avis (2)

  • Pas facile d'écrire et publier après l'acmé que constitue l'obtention d'un prix Goncourt, surtout après un si beau roman, si personnel que Leurs enfants après eux. Malin, Nicolas Mathieu se permet une petite respiration, un pas de côté fort réussi avec cette novella résolument noire de 77 pages...
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    Pas facile d'écrire et publier après l'acmé que constitue l'obtention d'un prix Goncourt, surtout après un si beau roman, si personnel que Leurs enfants après eux. Malin, Nicolas Mathieu se permet une petite respiration, un pas de côté fort réussi avec cette novella résolument noire de 77 pages ciselées chez l'éditeur In8.

    L'héroïne, Rose, pourrait être la mère d'un des ados provinciaux de son roman précédent. Elle a 50 ans « un âge difficile où ce qui vous reste de verdeur, d'électricité, semble devoir disparaître dans le bouillon des jours », une « élasticité d'ensemble qui ressemble à de la jeunesse » mais un visage qui ne tient plus si bien la route. Elle est fatiguée, Rose. Divorcée, deux grands enfants qui font leur vie. Pas d'homme, trop compliqué, une copine avec laquelle elle picole le soir, après le taf, dans un rade comme il y en a plein. Malgré tout, elle se sent forte, surtout depuis qu'elle a acheté un flingue, au cas où un homme lui manque de respect, on ne sait jamais, c'est déjà arrivé et elle ne veut plus se laisser faire.

    Nicolas Mathieu dresse un magnifique portrait de femme « ordinaire » avec le sens de la formule qu'on apprécie chez lui, son écriture empathique et sensible, tendre mais sans oeillère. Ses mots disent l'humain avec une acuité amère très juste sur notre époque et les rapports homme – femme.

    Dès les premières pages, on l'aime, Rose, le lecteur veut croire à un nouveau bonheur possible lorsqu'elle rencontre Luc. Mais il se sent vite impuissant face à la fatalité en marche. Jusqu'à ce dénouement perturbant. Il m'a ébranlée profondément. Je ne m'y attendais pas , alors que toute la finesse de la construction du texte convergeait vers ce final-là.

    Un texte concis, dense et déchirant qui confirme, si besoin, le talent de l'auteur.

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  • «Rose sauta du bus et traversa la rue d’une traite, courant presque, sans se soucier de la circulation qui était pourtant dense, et à double sens. Ce jour-là, elle portait une jupe de coton clair et un joli petit haut qui laissait voir ses épaules. Une veste noire pendait en travers de son sac à...
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    «Rose sauta du bus et traversa la rue d’une traite, courant presque, sans se soucier de la circulation qui était pourtant dense, et à double sens. Ce jour-là, elle portait une jupe de coton clair et un joli petit haut qui laissait voir ses épaules. Une veste noire pendait en travers de son sac à main, ses talons étaient d’un beau rouge cerise qui piquait l’œil. À distance, il était difficile de lui donner un âge, mais elle conservait une silhouette évidente, une élasticité d’ensemble qui ressemblait encore à de la jeunesse. Ses jambes, surtout, restaient superbes.»
    Le portrait de Rose, quinquagénaire qui rêve d’un nouveau printemps, est aussi lucide que cruel.

    Il paraît que pour un Prix Goncourt, il est très difficile de reprendre la plume. Il est vrai qu’après le formidable succès de Leurs enfants après, Nicolas Mathieu était très attendu. Avec Rose Royal qui, rappelons-le, n’est que sa troisième œuvre publiée, il se remet doucement en selle, dans un format court, qui par parenthèse permet à IN8, un éditeur régional (basé à Serres-Morlaàs dans les Pyrénées-Atlantiques) de s’offrir une plus grande visibilité.
    Rassurons d’emblée tous ceux qui ont aimé ses précédents livres, sa plume est toujours aussi aiguisée, son regard sur la société toujours aussi percutant.
    Nous avons cette fois rendez-vous avec Rose dans un café de Nancy. Au Royal elle a pris ses habitudes, s’offrant quelques verres avant de rentrer chez elle, commentant l’actualité avec le patron, croisant la coiffeuse et sa meilleure copine. Bref, elle n’attendait plus grand chose de la vie, même si son physique conservait quelques atouts: «Rose aurait bientôt cinquante piges et elle ne s’en formalisait pas. Elle connaissait ses atouts, sa silhouette qui ne l’avait pas trahie, et puis ses jambes, vraiment belles. Son visage, par contre, ne tenait plus si bien la route.»
    En attendant un très hypothétique miracle, elle avait réglé sa vie sur ce rituel qui la mettait à l’abri d’une relation décevante, comme celles que les réseaux sociaux offraient et à laquelle elle s’était quelquefois laisser aller quand la solitude devenait trop pesante. Car après tout, elle ne s’en était pas si mal sortie jusque-là. «Rose s’était mariée à vingt ans. Elle avait eu deux mômes dans la foulée, Bastien et Grégory, et un divorce sans complication majeure.»
    L’événement qui va changer son quotidien survient au Royal un soir où le patron a joué les prolongations. En milieu de nuit un homme y trouve refuge avec dans les bras le chien qui vient d’être victime d’un accident. Rose ne le sait pas encore, mais cet homme meurtri est son nouveau compagnon. Ensemble, ils vont faire un bout de chemin, chacun voulant croire à une seconde chance «ne sachant que faire de ce nouvel âge de la maladresse». Après quelques mois, Rose va choisir de quitter son emploi pour seconder Luc et emménager chez lui. Un choix réfléchi? La suite va prouver que non.
    Dans une ambiance proche de Aux animaux la guerre, Nicolas Mathieu sait parfaitement installer ces petits détails qui montrent que la mécanique s’enraye, que la belle histoire est un vœu pieux, que peu à peu Rose entre dans «cette escroquerie de la dépendance». Avec un épilogue glaçant que je me garde bien de de dévoiler. En revanche, ce bonbon acidulé est parfait pour nous mettre l’eau à la bouche et faire encore grandir notre impatience de nous plonger dans le prochain grand format de mon compatriote lorrain !
    https://urlz.fr/b9Nj

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