Risque zéro

Couverture du livre « Risque zéro » de Olga Lossky aux éditions Denoel
  • Date de parution :
  • Editeur : Denoel
  • EAN : 9782207141762
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Au milieu du XXIe siècle, Providence a révolutionné le suivi médical et la vie de millions de personnes avec « la plume d'ange », une puce sous-cutanée qui enregistre la santé des adhérents en temps réel avec un objectif en tête : le risque zéro. Agnès Carmini vit dans ce monde millimétré, où... Voir plus

Au milieu du XXIe siècle, Providence a révolutionné le suivi médical et la vie de millions de personnes avec « la plume d'ange », une puce sous-cutanée qui enregistre la santé des adhérents en temps réel avec un objectif en tête : le risque zéro. Agnès Carmini vit dans ce monde millimétré, où ses repas et son temps de sommeil sont prescrits par Providence, et se satisfait d'une régularité qui calme ses angoisses.
Mais alors même que son mari, Victorien, est un des concepteurs du projet, elle ne parvient pas à soutenir pleinement ce système et cherche la vie ailleurs : comme anesthésiste dans l'hôpital public où elle exerce, un des derniers à refuser la médecine numérique, ou encore auprès de ses enfants, au sein d'une famille très mystique. Tout bascule le jour où une adhérente Providence meurt au bloc et Agnès est accusée de négligence. Le risque zéro serait-il un mythe ou, pire, un simple argument marketing ? Si même l'épouse d'un concepteur ne fait pas confiance à la médecine numérique, comment peut-on s'en remettre à Providence ? La tornade médiatique qui s'ensuit va transformer tous les aspects de la vie d'Agnès et de sa famille.

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Avis(3)

  • Titre : Risque zéro
    Date de parution: 03.01.2019
    Nombre de pages : 332
    Editions : DENOËL
    Auteur(e) : Olga Lossky (née en 1981, 38ans)

    Elle signe là son 5ème roman (il s'agit de son troisième roman chez DENOEL).

    L’action se situe : Paris (hôpital Delcourt, banlieue...
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    Titre : Risque zéro
    Date de parution: 03.01.2019
    Nombre de pages : 332
    Editions : DENOËL
    Auteur(e) : Olga Lossky (née en 1981, 38ans)

    Elle signe là son 5ème roman (il s'agit de son troisième roman chez DENOEL).

    L’action se situe : Paris (hôpital Delcourt, banlieue sud)

    Date,époque : 2039

    Style/Procédé/Plan d’écriture :
    Roman d’anticipation. Dès le début action, puis retour sur les événements qui se sont déroulés et pourquoi le personnage principal en est arrivé là.

    Avis ambiance générale du livre :
    La plume d’ange s’occupe de tout, elle organise votre journée, vos repas, les chemins à emprunter en fonction de votre état de santé, vos heures de sommeil. Elle contrôle ce que vous ingérez, ce que vous faites afin de vous protéger, de prendre soin de vous et de se rapprocher au maximum du risque zéro. Si vous ne suivez pas ses instructions, vous prenez des mauvais points, vous le payez. L’idée est diablement bien trouvée et bien ficelée.
    On ne peut lâcher ce livre plein de rebondissements !

    Personnages principaux :
    -Agnès Carmini, anesthésiste hôpital.

    -Victorien, son mari, concepteur projet, logiciel pour Providence. Créer des vidéos ludiques qui permettent d’apprendre à mieux toutes sortes de situations, afin de vivre plus sereinement et de ne pas se laisser surprendre par une mauvaise situation , et par ce biais à travers la notoriété de ces vidéos, Providence vend ses « packs » de puces de suivi médical appelées « Plume d’ange ».

    Deux visions différentes de la vie, personnages paradoxaux :
    -Agnès vit au contact des gens, travaille « à l’ancienne », ne passe pas par des machines, rejette même les outils modernes. Aime passer du temps avec sa fille. Porteuse d’une « Plume d’ange » qui la conforte, qui régit sa vie et lui évite les mauvaises surprises. Panique si elle est coupée de ces informations. A travers son métier, elle est en contact avec ses enfants beaucoup par le téléphone lorsqu’ils sont gardés par quelqu’un et les fait parfois garder par Cinnamome, l’androïde ménager.

    -Victorien est tout le contraire, vit avec son temps, pense que tout le monde doit porter des lunettes 3D, que cela peut pimenter les vies. Ne voit plus la frontière entre vie réelle et vie informatique, mais à la fois n’aime pas les gens qui gardent les lunettes pour s’adresser aux autres dans la vraie vie…

    -On s’attache aux personnages, on comprend tellement le personnage d’Agnès qui souhaite continuer de travailler dans un milieu « humanisé », ce refus de se laisser bercer par toute la technologie environnante. Elle veut offrir à ses enfants une enfance telle que la sienne, chez Mamaga et Papaga, à cultiver la terre, vivre de presque rien, vie que Joumana, la fille d’Agnes et Victorien, a entièrement adoptée. Agnès est lassée de cette vie « dictée et millimétrée » par la Plume d’Ange, elle a besoin de se sentir vivante et de réveiller le monde qui l’entoure, absorbés par leurs écrans.
    -A contrario, le personnage de Victorien est à la limite du détestable, et leur fils Ancelin a totalement plongé dans cette univers virtuel, informatisé et semble marcher dans les traces de son père.

    On se laisse happer dans cette folle aventure que va vivre Agnès.
    C’est le premier roman que je lis de cette auteure et j’ai été captivée du début à la fin par cette histoire palpitante.
    Ce livre se lit bien. Un livre qui pourrait faire un super épisode de Black Mirror !
    Livre assez court, 332 pages écrites en gros caractères.

    Si j’avais une critique à faire, elle serait sur le nombre de pages par chapitre (une trentaine) car j’aime quand les chapitres sont courts (question de goût) ; mais ceci est rattrapé par le page-turner habile de l’auteure, l’histoire étant tellement captivante que l’on a envie de dévorer les chapitres quand même.
    En somme, un très bon livre du début à la fin, qui me donne envie de lire ses précédents livres. Merci à l’équipe de Lecteurs.com de m’avoir donné la chance de le lire et de le chroniquer !

    Oeuvres/ Prix remportés :
    Requiem pour un clou, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Blanche », 2004, 184 p. (ISBN 2-07-077033-8)
    - Prix Fénéon de Littérature 2004 - Bourse de la Fondation Cino del Duca
    - traduit en allemand et en roumain
    Vers le jour sans déclin. Une vie d’Élisabeth Behr-Sigel (1907-2005), Paris, Éditions du Cerf, coll. « L’Histoire à vif », 2007, 453 p. (ISBN 978-2-204-08062-0) Traduit en anglais.
    La Révolution des cierges, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Blanche », 2010, 354 p. (ISBN 978-2-07-012768-9)
    - Prix du Roman Historique des Rendez-Vous de l'Histoire - Coup de Cœur des Lecteurs 2010
    - Prix Augiéras 2011
    - Prix littéraire national de l'audiolecture 2011
    - Plume d'argent du salon du livre de Tours - traduit en grec
    La Maison Zeidawi, Paris, Éditions Denoël, coll. « Romans français », 2013, 237 p. (ISBN 978-2-207-11722-4)3,4.
    - Prix France-Liban 20145
    - Prix de l'Union interalliée 2015
    - présélection pour le Prix Maison de la Presse - traduit en hébreu
    Le Revers de la médaille, Paris, Éditions Denoël, coll. « Romans français », 2016, 304 p. (ISBN 978-2-207-13228-9)
    - première sélection du Prix Orange du livre 2016
    Risque Zéro, Paris, Éditions Denoël, coll. "Romans français", 2019, 336 p. (ISBN 9782207141762)

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  • Dans ce roman d’anticipation Olga Lossky nous imagine dans quelques années munis d’une puce sous-cutanée censée nous assurer un «Risque zéro». Avec quelques questions passionnantes à la clé.

    Nous sommes au milieu du XXIe siècle. La recherche a progressé et chaque patient a désormais la...
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    Dans ce roman d’anticipation Olga Lossky nous imagine dans quelques années munis d’une puce sous-cutanée censée nous assurer un «Risque zéro». Avec quelques questions passionnantes à la clé.

    Nous sommes au milieu du XXIe siècle. La recherche a progressé et chaque patient a désormais la possibilité de souscrire au programme Providence dont le principal avantage, via la «plume d’ange» injectée sous la peau, est de recueillir en temps réel les informations sur l’état physique et pouvoir ainsi minimiser les risques. Tous les membres de la famille Carmini en sont équipés. Il faut dire que Victorien est l’un des architectes du système, chargé de la promotion du programme via le développement de jeux électroniques sensibilisant la population aux risques encourus.
    Agnès, son épouse, est infirmière et prend quelquefois en charge des patients équipés de cette puce. Comme cette nuit où «ils s’étaient retrouvés autour d’une rate éclatée suite à une chute du deuxième étage». Un événement imprévisible par définition, mais qui va toutefois entraîner une enquête après le décès du patient. Akim Benarka, le chirurgien et Agnès se retrouvent en garde à vue, le temps de vérifier si leur prise en charge s’est effectuée dans les règles de l’art.
    Entre les murs de sa cellule, elle va se repasser le fil des événements. Se dire qu’ils auraient pu s’acharner encore davantage, que Akim est peut-être parti trop vite pour une autre intervention, avant de se persuader que de toute manière, il était impossible de sauver le patient.
    Ce qu’elle ne sait pas, c’est que Victorien et son fils Ancelin sont entrés à son insu «en relation avec elle». Ils se sont en effet rassurés sur son état physique en consultant toutes les données que sa puce continuait d’émettre. Avant que Victorien n’imagine de profiter de cette expérience pour «sensibiliser le grand public sur la réalité d’une garde à vue vécue par une innocente.»
    Agnès est finalement relâchée, mais les médias se sont emparés de l’affaire, pointant une faille du système Providence «incapable d’assurer à ses abonnés une prise en charge spécifique en cas d’urgence.»
    Du coup, c’est le branle-bas de combat dans la société qui prévoyait d’assurer des millions de personnes supplémentaires.
    Et c’est aussi à ce moment que le roman d’Olga Lossky va encore croître en intensité. Car de part et d’autre vient le temps des questions, des remises en cause. Jusqu’où le système entrave-t-il la liberté? Les réfractaires au système – parmi lesquels l’arrière-grand-père refusant tout système, même après avoir été retrouvé au pied de l’arbre duquel il a chuté – sont aussi convaincants.
    Pour faire une pause digitale, Agnès décide de suivre Akim en Afrique du Sud où il a ouvert un dispensaire. C’est là que l’épilogue de ce passionnant roman va vous happer. C’est là que les questions vitales vont prendre tout leur sens. C’est là qu’elle va sortir définitivement de sa zone de confort. C’est là que toutes les certitudes vont voler en éclat. C’est là qu’Olga Lossky réussit son coup.
    https://urlz.fr/8YZ0

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  • Un roman qui pousse jusqu'au bout l'ambiance actuelle du risque zéro, du parapluie ouvert dès qu'une goutte tombe, de ce que l'on a un temps appelé le principe de précaution, de peur de prendre des risques. On peut rêver d'un monde aseptisé dans lequel tout est calculé pesé, géré par des...
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    Un roman qui pousse jusqu'au bout l'ambiance actuelle du risque zéro, du parapluie ouvert dès qu'une goutte tombe, de ce que l'on a un temps appelé le principe de précaution, de peur de prendre des risques. On peut rêver d'un monde aseptisé dans lequel tout est calculé pesé, géré par des algorithmes, on peut imaginer qu'il nous débarrassera de toutes les tâches rébarbatives qui seront déléguées à des robots, c'est ce monde que décrit Olga Lossky. Qu'elle oppose à celui qui ose encore, qui parie sur l'humain plus que sur la technologie. D'aucun pourrait lui reprocher un certain manichéisme, sauf qu'elle fait bien ressentir le dilemme de ses personnages, Agnès en tête, qui se pose beaucoup de questions et pense aussi à la sécurité de ses enfants. Ceux qui ont refusé Providence, comme Horace le centenaire bougon ne le regrettent pas et n'en rêvent pas secrètement. Providence ne me fait pas rêver mais les bondieuseries des grands-parents d'Agnès réfractaires au système, encore moins. Tout monde a ses avantages et ses inconvénients.

    Olga Lossky montre son héroïne qui, seule, dans la cellule de garde à vue, peut enfin réfléchir à sa vie et à ses relations avec autrui, biaisées par Providence. Elle a envie d'humanité : "Elle éprouvait de façon quasi physique ce lien d'humanité qui la reliait à ses semblables, malgré son isolement, et lui mettait le coeur en joie. Il avait fallu venir dans ce lieu improbable pour faire une telle découverte. Agnès aurait souhaité mettre un mot sur son expérience, mais cela échappait à toute définition." (p.125/126) C'est le coeur et tout l'intérêt du roman : la remise en question d'une femme au travers des évolutions techniques de nos sociétés qui la déshumanisent en y apportant des améliorations et avantages indéniables. Doit-on sacrifier l'humanité, les relations, l'entraide, tout ce qui fait que nous sommes des Hommes au profit d'une espérance de vie plus longue en très bonne santé, sécurisée, sans surprise (mauvaise il va sans dire, mais sans doute les bonnes aussi) ?

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