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Revenir à toi

Couverture du livre « Revenir à toi » de Léonor De Récondo aux éditions Grasset Et Fasquelle
Résumé:

Lorsqu'elle reçoit un message lui annonçant qu'on a retrouvé sa mère, disparue trente ans plus tôt, Magdalena n'hésite pas. Elle prend la route pour le Sud-Ouest, vers la maison éclusière dont on lui a donné l'adresse, en bordure de canal.
Comédienne réputée, elle a vécu toutes ces années sans... Voir plus

Lorsqu'elle reçoit un message lui annonçant qu'on a retrouvé sa mère, disparue trente ans plus tôt, Magdalena n'hésite pas. Elle prend la route pour le Sud-Ouest, vers la maison éclusière dont on lui a donné l'adresse, en bordure de canal.
Comédienne réputée, elle a vécu toutes ces années sans rien savoir d'Apollonia. Magdalena a incarné des personnages afin de ne pas sombrer, de survivre à l'absence. Dès lors que les retrouvailles avec sa mère approchent, elle est à nu, dépouillée, ouverte à tous les possibles.
Revenir à toi, c'est son voyage vers Apollonia. Un voyage intérieur aussi, vers son enfance, son père, ses grands-parents, ses amours. Un voyage charnel, parenthèse furtive et tendre avec un jeune homme de la région. Lentement se dévoile un secret ancien et douloureux, une omission tacitement transmise.
Revenir à toi, c'est aussi un hommage à Antigone et aux grands mythes littéraires qui nous façonnent. Magdalena a donné vie à des personnages, elle est devenue leur porte-voix. Devant Apollonia, si lointaine et si fragile, sa voix intérieure se fait enfin entendre, inquiète mais déterminée à percer l'énigme de son existence.
En l'espace de quelques jours, dans cette maison délaissée, Magdalena suit un magnifique chemin de réconciliation avec l'autre et avec elle-même. Vie rêvée et vie vécue ne font désormais qu'une.

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Avis (7)

  • Me voilà bien embêtée avec ce livre. J’aime ou j’aime pas ? D’un côté, j’ai retrouvé cette plume délicate déjà rencontrée avec « Pietra viva » et surtout « Amours » que j’avais adoré, de l’autre une impression d’inachevé que j’ai du mal à expliquer, même après quelques jours de...
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    Me voilà bien embêtée avec ce livre. J’aime ou j’aime pas ? D’un côté, j’ai retrouvé cette plume délicate déjà rencontrée avec « Pietra viva » et surtout « Amours » que j’avais adoré, de l’autre une impression d’inachevé que j’ai du mal à expliquer, même après quelques jours de réflexion.
     
    Cette fois, il est question d’absence, d’amour, d’abandon et de tous ces thèmes qui tournent autour de la maternité et de la filiation.
     
    Magdalena est une actrice reconnue. Même si ses choix de carrière ont pu étonner certains, elle préfère la scène au grand écran. Elle peut ainsi se retrancher derrière ses personnages joués jour après jour « C’était un croisement, un mélange, une identification profonde qui lui permettait de ne pas sombrer. Sur scène, elle vibrait, ne voulait plus sortir de cet espace sacré ». Un personnage en particulier l’attire, la questionne, la bouleverse : Antigone, pas celle de Sophocle, non celle d’Anouilh, celle « qui comprend tout, prend tout, ne se sépare jamais, n’abandonne pas, n’y pense même pas ».
     
    Magdalena a eu une enfance heureuse, entourée d’Isidore son père et Apollonia sa mère. Quand cette dernière est restée alitée, silencieuse, Isidore a pris la décision d’emménager chez ses parents ne pouvant plus tout assurer tout seul. Magdalena, devenue jeune adolescente est habituée au silence de sa maman. En revanche, elle ne s’habituera jamais au silence qui entourera sa disparition. On lui dira, on lui répétera qu’elle est partie.

    Comment se construire avec une absente, et son père qui ne tarde pas à l’abandonner lui aussi, parti refaire sa vie avec une autre femme, la laissant avec ses grands-parents, un peu désemparés devant cette adolescente qui se referme et se réfugie dans le travail et le théâtre.

    Mais quand, trente ans plus tard, son agente lui annonce qu’on a retrouvé sa mère, elle n’hésite pas longtemps et saute dans le premier train pour partir à sa rencontre. Un sentiment de flottement s’empare d’elle. Et les souvenirs remontent à la surface le long de ce canal où sa maman vit dans une maison éclusière. Les retrouvailles seront silencieuses, mais elles se feront.

    En revanche, elles n’expliqueront qu’en partie le départ d’Appollonia. Et c’est peut être ça qui m’a laissée sur ma faim.

    Comme souvent avec Léonor de Recondo, c’est une histoire de vie, avec leurs failles, leurs non-dits, leurs secrets, le tout porté par une plume délicate, douce et sensible mais qui, pour une fois, ne m’a pas totalement convaincue.

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  • Magdalena est une belle jeune femme, actrice, célèbre, aimée de son public et de ceux qui travaillent à ses côtés. Le théâtre et ses rôles comblent sa vie et lui donnent sa confiance. Pourtant on sent en elle une fragilité, une blessure intime profonde comme une plaie toujours ouverte.

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    Magdalena est une belle jeune femme, actrice, célèbre, aimée de son public et de ceux qui travaillent à ses côtés. Le théâtre et ses rôles comblent sa vie et lui donnent sa confiance. Pourtant on sent en elle une fragilité, une blessure intime profonde comme une plaie toujours ouverte.

    Le jour où sa secrétaire Adèle lui annonce « Magda, on a retrouvé ta mère » c’est une véritable secousse sismique qui la prend et une faille s’ouvre sous ses pieds. Elle n’a qu’une obsession, traverser la France en train pour retrouver l’absente.

    Car depuis son enfance, Magda attend le retour de celle qui a un jour passé la porte sans jamais revenir sur ses pas. La jeune fille quelle était alors se souvient de ses retours de l’école, quand elle allait s’asseoir sur le lit près où sa mère passait ses journées, dépressive et mutique. Ses tentatives pour essayer d’obtenir son attention, les bonnes notes, les anecdotes, les mots qu’elle lançait dans le vide sans jamais obtenir son attention. Puis le vide laissé par sa mère. Ce père qui ne savait pas expliquer, qui est parti à son tour, la laissant avec les grands-parents.

    Magda s’est construite sur le manque, sur le silence. Une vie bien remplie, brillante, et l’espoir fou que sa mère la retrouve un jour, au hasard d’une coupure de presse, d’une allusion sur sa carrière. C’est enfin arrivé et aujourd’hui c’est elle qui part pour tenter de remplir ce manque.

    La maison éclusière où vit sa mère est une quasi ruine, et la femme devant elle a tout d’une clocharde échappée d’un hôpital psychiatrique. Dans ce paysage à la sérénité paisible, elle va peu à peu remonter le fil de son histoire, comprendre la fuite, apprivoiser l’absente. Se déroulent alors des journées étranges, parenthèses de vie, pont entre deux âmes, où mère et fille sont des étrangères sans l’être vraiment, à se dire que si le cœur ne peut pas parler les liens du sang le pourront sans doute.

    Portée par les rôles qu’elle a joué sans fin depuis des années, ces Antigone, ces femmes fortes et solitaires qui ont forgé son caractère, Magdalena se rapproche peu à peu d’Apollonia. Mais il est difficile d’accepter le passé, le vide, l’absence. Peut-elle enfin comprendre la raison de tant d’années de douleur, soulever cette chape de silence, comprendre d’où vient le traumatisme.

    J’ai aimé rencontrer cette femme dans laquelle les chagrins et la solitude de l’enfance ont laissé de profondes traces et qui malgré le silence et la tristesse, trouve une consolation dans ces étranges retrouvailles.

    lire la suite de ma chronique sur le blog Domi C Lire https://domiclire.wordpress.com/2021/09/29/revenir-a-toi-leonor-de-recondo/

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  • A 44 ans, Magdalena est une actrice de théâtre reconnue. Elle s'apprête d'ailleurs à incarner sur les planches l'Antigone de Sophocle.⁠
    Alors que les répétitions vont débuter, elle apprend l'endroit où vit sa mère, mère qu'elle n'a pas vue et dont elle n'a plus eu de nouvelles depuis l'âge de...
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    A 44 ans, Magdalena est une actrice de théâtre reconnue. Elle s'apprête d'ailleurs à incarner sur les planches l'Antigone de Sophocle.⁠
    Alors que les répétitions vont débuter, elle apprend l'endroit où vit sa mère, mère qu'elle n'a pas vue et dont elle n'a plus eu de nouvelles depuis l'âge de 14 ans. Sans réfléchir, comme aimantée, Magda part immédiatement à sa rencontre.⁠
    Mais trente ans plus tard, les retrouvailles vont-elles se dérouler comme la comédienne l'imagine ?⁠

    Ce court roman est empli de sensibilité, les ellipses y font la part belle aux souvenirs et à la recherche de soi.⁠
    Il convoque le souvenir de l'Antigone d'Anouilh, que Magdalena a jouée au collège, rôle qui l'a marquée durablement, plus qu'elle ne s'en est rendue compte sur le moment.⁠

    Encore une fois, je suis séduite par la plume de Léonor de Recondo.⁠

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  • Magdalena a 14 ans quand sa mère disparaît sans plus donner signe de vie.
    Elle deviendra actrice de théâtre renommée, avec une prédilection pour Antigone.
    Trente ans après, un appel de son agent lui apprend que sa mère est retrouvée.
    Aussitôt, elle se rend à l'adresse, une maison d'éclusier...
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    Magdalena a 14 ans quand sa mère disparaît sans plus donner signe de vie.
    Elle deviendra actrice de théâtre renommée, avec une prédilection pour Antigone.
    Trente ans après, un appel de son agent lui apprend que sa mère est retrouvée.
    Aussitôt, elle se rend à l'adresse, une maison d'éclusier où sa mère mutique vit seule et misérable.
    Une lente et douloureuse reconquête de deux êtres déchirés.
    A part une seule petite déception avec « Manifesto », j'aime les romans de Leonor de Recondo.
    Sa plume est douce et poétique.
    Ses personnages sont beaux.
    Ici, tant Magdalena que sa mère Appolonia, sont de belles personnes, les blessures de l'une ayant entraîné les blessures de l'autre.
    Des événements passés ne sont pas très expliqués, entraînant peut-être la frustration de certains lecteurs, mais leur suggestion m'a suffi.
    On comprend le refuge de Magdalena dans les personnages qu'elle interprétés et celui d'Appolonia dans le silence.
    Tout est doux, mélancolique,  tendre et dramatique à la fois dans ces retrouvailles inespérées.
    On se sent intime et proches de ces deux femmes.
    Il y a une grande violence aussi dans ces silences et ces non-dits.
    Il y a vraiment un avant et un après dans cette belle histoire qui m'a beaucoup émue.

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  • http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2021/09/revenir-toi-de-leonor-de-recondo.html

    "Magda, on a retrouvé ta mère", c'est par ce coup de téléphone de son agent que Magda apprend que sa mère Apollonia, disparue trente ans plus tôt, a été retrouvée. Elle avait 14 ans lorsque son père lui avait...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2021/09/revenir-toi-de-leonor-de-recondo.html

    "Magda, on a retrouvé ta mère", c'est par ce coup de téléphone de son agent que Magda apprend que sa mère Apollonia, disparue trente ans plus tôt, a été retrouvée. Elle avait 14 ans lorsque son père lui avait annoncé que sa mère qui souffrait de dépression était partie, sans lui préciser où, ni pourquoi. Il lui avait juste été dit qu'elle était partie se reposer. Sa vie n'a ensuite été qu'une longue attente de l'absente. Comédienne renommée, pendant toutes ces années où elle n'a pas eu de nouvelles de sa mère, où elle n'a pas su si elle vivait encore, elle a exprimé sa colère à travers les rôles qu'elle a endossés sur scène. "Les rôles sont comme des petits trous en moi, des espaces où je peux respirer, des bulles d'air, qui s'élèvent d'un endroit verrouillé par ton départ."

    Magda part immédiatement dans le sud-ouest, où sa mère vit dans une maison d'éclusière, au bord d'un canal.
    Ce voyage de Madga vers sa mère m'a laissée de glace tellement certaines réactions, certaines situations m'ont semblé improbables, tellement les références à Antigone, personnage qui lui a collé à la peau, m'ont semblé plaquées dans le texte. Le secret de famille dévoilé au fil des pages est si prévisible qu'il n'a pas apporté une petite touche d'intérêt à ma lecture. Un rendez-vous manqué avec cette auteure dont j'avais beaucoup aimé deux romans, "Amours" et "Point cardinal".

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  • Redire maman après trente ans de silence

    Si Léonor de Récondo a changé d’éditeur, elle a conservé sa plume étincelante pour raconter dans Revenir à toi les retrouvailles d’une fille avec sa mère trente ans après leur douloureuse séparation.

    Le hasard a voulu que le message parvienne à...
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    Redire maman après trente ans de silence

    Si Léonor de Récondo a changé d’éditeur, elle a conservé sa plume étincelante pour raconter dans Revenir à toi les retrouvailles d’une fille avec sa mère trente ans après leur douloureuse séparation.

    Le hasard a voulu que le message parvienne à Magdalena moment où elle sortait de chez sa dermatologue. Adèle, son agente, lui annonce tout de go que l’on a retrouvé sa mère. La nouvelle qu’elle attendait depuis trente ans la sidère. Et ce n’est que quelques minutes plus tard qu’elle à la présence d’esprit de demander à quel endroit elle a été localisée. Le SMS qui suit, toujours aussi factuel indique: «Maison éclusière à Calonges sur le canal latéral, Lot-et-Garonne».
    Magdalena dispose de quelques jours avant de retrouver les planches et les lectures préparatoires de l’Antigone de Sophocle qu’elle prépare pour le Festival d’Avignon. La comédienne ne se pose guère de question et prend la direction du Sud-Ouest. En train jusqu’à Bordeaux, puis en voiture jusqu’à destination. Un voyage qui lui offre une première occasion de rassembler ses esprits, de faire défiler les bribes les plus vivaces de son histoire. Comme ce jour où, à quatorze ans, on lui a annoncé que sa mère était partie se reposer «chez des professionnels» et qu’on ne pouvait pas la contacter. Autour de la table la grand-mère Marcelle, le grand-père Michel et Isidore, le père se murent dans un silence d’autant plus difficile à accepter pour Magdalena qu’elle est dans sa période de sa vie où elle aurait tant besoin d’Apollonia, maintenant que son corps se transforme, que les regards des hommes se font plus insistants, que la jeune fille devient femme.
    Alors lui reviennent en mémoire sa beauté, sa mélancolie et le parfum de la poudre de sa mère. Et l’absence. La douleur de l’absence qu’elle tentera de conjurer avec le théâtre et cette Antigone, dans la version d’Anouilh, qui lui permettra de se rapprocher de l’absente. «Durant cette année de troisième, sous le regard tendre de monsieur Berthelot, Magdalena sauvait sa peau. En créant son propre monde, elle s'élaborait en glaise, se façonnait en pied, armatures dedans. Bien droite.
    Quand elle entra sur scène pour la première et unique représentation — le préau transformé en salle de spectacle, fenêtres tendues de noir, chaises prêtes à accueillir le public, loges installées dans les toilettes pour filles, gloussements et transpirations — le sol s'échappa, aspiration du vide, elle exécuta alors sa danse sur le fil.»
    Cette vocation lui conduira jusqu’à la renommée, un César, et une vie sans problèmes, au moins au niveau matériel.
    Mais c’est une toute autre femme qui arrive à Calonges. Anxieuse et désemparée. car la petite maison au bord du canal a les volets clos et personne ne lui répond. Elle décide alors de s’installer en face, s’achète une tente, un duvet, des chaussures et quelques vêtements dans un magasin de sport et attend patiemment un signe de vie. Jordan, le vendeur, est intrigué par cette cliente très particulière et, s’il ne le reconnaît pas, est fasciné par sa grâce et sa beauté. Après son travail, il ira la retrouver…
    Quand Apollonia finit par apparaître, le roman prend une nouvelle dimension. Ce n’est plus seulement la fille qui a rendez-vous avec son passé, mais aussi sa mère. Un épisode traumatique né d’un autre épisode traumatique. Mais les mots pour le dire ont depuis bien longtemps été avalés par la douleur. Avec délicatesse et sensibilité, Léonor de Récondo fait alors appel aux autres moyens de communiquer, notamment au toucher et à l’odorat. La plume sensuelle de la romancière qui est, rappelons-le aussi, violoniste de grand talent fait ici merveille, à tel point qu’il nous est possible de lire entre les lignes, de sentir et ressentir les émotions de Magdalena dans son parcours. Fort et prenant.
    https://urlz.fr/gox1

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  • Décidément, cette rentrée littéraire 2021 est étonnante et Revenir à toi de Léonor de Recondo ne déroge pas à l’unité que j’y pressens, celle qui imbrique les récits sur l’intime. Léonor de Recondo propose à partir du récit des retrouvailles entre une fille et sa mère disparue, un cheminement de...
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    Décidément, cette rentrée littéraire 2021 est étonnante et Revenir à toi de Léonor de Recondo ne déroge pas à l’unité que j’y pressens, celle qui imbrique les récits sur l’intime. Léonor de Recondo propose à partir du récit des retrouvailles entre une fille et sa mère disparue, un cheminement de renaissance, en s’appuyant sur les mythes antiques, qui débouche sur une liberté délestée du poids de l’absence et du manque.
    Magdalena, comédienne reconnue, doit jouer Antigone de Sophocle au prochain Festival d’Avignon. La prochaine répétition aura lien dans quelques jours. Néanmoins, un matin, elle reçoit de son agent un message attendu depuis trente ans. « On a retrouvé ta mère, voici son adresse …! »
    Sans prendre de valise ni prévenir quelqu’un, elle saute dans le premier train pour rejoindre le Lot et Garonne et son canal où une maisonnette d’éclusier l’attend à Calonges. Magdalena a la beauté des années 50 avec sa peau de lait et ses cheveux épais et brillants qui vont dans tous les sens. Sa démarche est souple et déterminée, à la fois. Les regards sont hypnotisés par son attrait mais ne tentent rien, en général, se contentant de prendre l’essence de son aura. A la regarder ainsi, qui penserait que Magdalena s’est longtemps dégoutée !
    Après le départ soudain de sa mère, déjà en dépression profonde, l’enfant qu’elle était s’est heurtée à l’absence, au sentiment de dépréciation car normalement on n’abandonne jamais son enfant ! Antigone d’Anouilh montée au collège l’a sortie du marasme en mettant dans sa bouche les mots qu’elle ne pouvait dire. Du coup, le théâtre plus que le cinéma lui sert de porte-voix aux héros de tragédie qui la maintiennent debout !
    Léonor de Recondo raconte cette reconquête avec des retours en arrière sur son passé et ses difficultés rencontrées pour arriver à grandir et devenir adulte. Tout au long du processus Magdalena abandonne l’image qu’elle s’est donnée pour plus d’authenticité. Ce changement suit le retour d’une mère lointaine perdue avec ses chats et sa misère.
    Chronique avec photos ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2021/08/25/leonor-de-recondo/

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