Retour à Killybegs

Couverture du livre « Retour à Killybegs » de Sorj Chalandon aux éditions Grasset Et Fasquelle
Résumé:

« Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L'IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes que je n'ai même jamais rencontrés. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j'en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi, et... Voir plus

« Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L'IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes que je n'ai même jamais rencontrés. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j'en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi, et j'enrage. N'écoutez rien de ce qu'ils prétendront. Ne vous fiez pas à mes ennemis, encore moins à mes amis. Détournez-vous de ceux qui diront m'avoir connu. Personne n'a jamais été dans mon ventre, personne. Si je parle aujourd'hui, c'est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu'après moi, j'espère le silence. »

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Articles (2)

  • La Bibliothèque idéale de Sorj Chalandon
    La Bibliothèque idéale de Sorj Chalandon

    A l'occasion de la sortie de son nouveau roman, Sorj Chalandon nous présente sa bibliothèque idéale.

  • Interview de Sorj Chalandon à propos de son dernier roman "Retour à Killybegs"

    Lauréat du Grand Prix du roman de l'Académie française, le journaliste laisse sa place à l'écrivain dans Retour à  Killybegs pour évoquer Tyrone Meehan, engagé dans l'IRA et qui a fini par trahir son camp. Evocation d'un parcours sur trois générations, entre confession et biographie.

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  • Tyrone Meehan vit dans la misère en République d’Irlande, au début de la deuxième guerre mondiale. Sa mère tente d’élever ses nombreux enfants, son père s’est battu pour son pays et se noie maintenant dans la boisson et la violence.

    Quand ce dernier meurt, « mort d’avoir survécu à la défaite...
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    Tyrone Meehan vit dans la misère en République d’Irlande, au début de la deuxième guerre mondiale. Sa mère tente d’élever ses nombreux enfants, son père s’est battu pour son pays et se noie maintenant dans la boisson et la violence.

    Quand ce dernier meurt, « mort d’avoir survécu à la défaite », la famille n’a d’autre choix que de partir rejoindre Lawrence, l’oncle maternel qui vit à Belfast, de l’autre côté de la frontière.

    Tyrone, 16 ans, découvre alors les Britanniques dont il n’avait qu’entendu parler que dans les discours haineux paternels, la distinction entre protestants et catholiques, le ghetto…, avec en toile de fond la deuxième guerre mondiale, un conflit qui lui semble bien éloigné.

    Auprès de garçons de son âge, Tom, Danny, Tyrone devient fianna, sorte de scout patriote aidant l’IRA. Puis les événements et les actions s’enchaînent, sans qu’il soit pour autant protagoniste de premier plan, mais fier de son identité.

    Lors de son premier séjour en prison, où l’on enferme les fortes têtes, il prête allégeance à l’IRA, rejoignant cette fois les combattants et faisant alors « le serment de tuer » et donc de s’éloigner de sa foi, comme le lui dit le prêtre de la prison.

    Tyrone s’enferme dans son rôle de protecteur des Irlandais, tandis que les politiciens négocient.. Au cours d’une action de défense, un tir accidentel fait de lui un meurtrier. Mais son silence le conduit à être considéré comme un héros. Cet événement fait néanmoins basculer sa vie, d’une façon inattendue, l’enfermant dans un piège pendant plus de 20 ans…

    On retrouve Tyrone, âgé de 81 ans, à plusieurs moments du livre, jusqu’à l’épilogue redouté et pourtant attendu, l’émotion montant crescendo au fur et à mesure de la découverte de l’histoire.

    Ce livre m’a passionnée et captivée. L’écriture fluide et précise m’a permis d’entrer, sans en connaître beaucoup initialement, dans l’histoire de l’Irlande et de ses conflits internes, de la plus belle des façons : de l’intérieur.

    On découvre le poids de l’héritage et du destin subis au gré des circonstances plutôt que choisis, les causes qui dépassent les simples partisans ou même les soldats, et qui même les trahissent parfois, la complexité d’un engagement.

    On ne peut sortir indemne de cette lecture !

    https://mesmotsmeslivres.wordpress.com/2017/07/29/retour-a-killybegs-de-sorj-chalandon/

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  • Le traitre est beaucoup plus intéressant que le trahi de "mon traitre". le lecteur découvre pourquoi et aussi comment il en est arrivé là. Ca vaut tous les que sais-je sur le conflit irlandais du point de vue de l'IRA. Un très beau livre !
    Reste à écrire un roman de cette puissance vu du côté...
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    Le traitre est beaucoup plus intéressant que le trahi de "mon traitre". le lecteur découvre pourquoi et aussi comment il en est arrivé là. Ca vaut tous les que sais-je sur le conflit irlandais du point de vue de l'IRA. Un très beau livre !
    Reste à écrire un roman de cette puissance vu du côté des "loyalistes protestants" qui ne sont pas (j'imagine) que les méchants de l'histoire.

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  • Je viens de terminer ce livre dur et puissant, je comprends le grand prix du roman de l’académie Française 2011, je découvre l'IRA et son ambiance pesante de peur, je lis l'Irlande a l'époque des années de guerre noire.
    L'histoire de ses soldats et surtout de Tyrone Meehan, de son secret et de...
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    Je viens de terminer ce livre dur et puissant, je comprends le grand prix du roman de l’académie Française 2011, je découvre l'IRA et son ambiance pesante de peur, je lis l'Irlande a l'époque des années de guerre noire.
    L'histoire de ses soldats et surtout de Tyrone Meehan, de son secret et de sa trahison.
    Il vivra son enfance a Killybegs dans la maison familiale entourée de ses frères et sœurs avec un père violent.
    Il reviendra y mourir et se débarrassé enfin de ce lourd fardeau qu'est la trahison en abandonnant sa femme afin de l'épargnée de tous ces mensonges tus depuis des années.
    Ce livre m'as dérangé car il est bouleversant de confessions et restera sans doute dans ma mémoire un certain moment.
    Une œuvre incontestable et magnifiquement écrite.

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  • "Je m'étais préparé à mourir, mais pas à tuer. J’étais en sursis. Victime en sursis, assassin en sursis. Nous l’étions tellement tous. Et je le savais tellement. » Le conflit irlandais talentueusement raconté par Sorj Chalandon par le biais d'une âme pure mise à l'épreuve. Déjà en 1916, le jour...
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    "Je m'étais préparé à mourir, mais pas à tuer. J’étais en sursis. Victime en sursis, assassin en sursis. Nous l’étions tellement tous. Et je le savais tellement. » Le conflit irlandais talentueusement raconté par Sorj Chalandon par le biais d'une âme pure mise à l'épreuve. Déjà en 1916, le jour de son exécution, Connolly avait dit : « …Je prierai pour tous les braves qui font leur devoir selon ce qu’ils ont compris de la vie. » Tyron Meehan, personnage attachant du roman, avait trahi pour protéger sa femme et son fils du pire, et aussi contribuer à la paix… Grand prix du roman de l’Académie française 2011 amplement mérité.

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  • Après avoir dévoré Mon traître, il est indispensable et formidablement complémentaire de se lancer dans la lecture de Retour à Killybegs (Prix du Roman de l’Académie française 2011).
    Cette fois, c’est le traître qui parle. Tyrone Meehan raconte son enfance, son père, très dur avec ses enfants,...
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    Après avoir dévoré Mon traître, il est indispensable et formidablement complémentaire de se lancer dans la lecture de Retour à Killybegs (Prix du Roman de l’Académie française 2011).
    Cette fois, c’est le traître qui parle. Tyrone Meehan raconte son enfance, son père, très dur avec ses enfants, puis sa mort brutale laissant une veuve, seule pour élever neuf gosses. Comme elle se retrouve sans ressources, sa mère décide de quitter Killybegs, en Irlande pour aller tenter de survivre de l’autre côté de la frontière en Ulster, l’Irlande du nord, grâce à la bienveillance d’un oncle. Tyrone a 16 ans et rencontre l’armée anglaise pour la seconde fois. Il assiste aux humiliations constantes dont sont victimes les catholiques qui refusent cette occupation. La vie quotidienne est décrite avec précision et le lecteur ne peut qu’être pris par l’émotion. Les protestants, descendants des colons britanniques, intimident puis agressent les familles irlandaises et c’est l’engrenage de la violence afin de les pousser à fuir. Tous ces traumatismes accumulés ne s’effaceront jamais. Tyrone s’endurcit, rentre chez les scouts de la République interdits aussi bien à Dublin qu’à Belfast. Sorj Chalandon qui connaît mieux que personne ce pays, nous livre des récits d’épisodes tragiques révélateurs de la haine incroyable opposant les deux communautés. Pendant la seconde guerre mondiale, on en arrive même à ce que l’IRA se réjouisse des difficultés des Britanniques face à Hitler…Pour ces combattants, tout ce qui affaiblit la Grande-Bretagne renforce l’IRA.
    Le 3 janvier 1943, Tyrone est arrêté et sa mère est frappée à coups de crosse. Il a 17 ans et, après un tabassage en règle, connaît sa première cellule pour 28 mois. De nouveau arrêté le 16 mai 1957, il est libéré trois ans plus tard et devient lieutenant de l’IRA, se marie à Sheila Costello qui lui donnera un fils, Jack, en 1961. Tyrone parle aussi d’un ami français, luthier à Paris.
    La tragédie ne fait que s’amplifier et ce serait trop long de tout détailler tellement ce livre fourmille d’événements pour nous amener au jour où il sera piégé. Lui qui avait toute sa vie pourchassé les traîtres, en est devenu un et tout le mérite de ce livre est de permettre de comprendre, sans excuser, cette plongée incroyable dans l’univers de la trahison, une histoire basée sur ce qu’a vécu Denis Donaldson qui est mort assassiné en avril 2006
    En alternance avec ce récit, reviennent des séquences reliant à Mon traître et se passant en décembre 2006. Il va sans dire que tout s’éclaire mais que de sang et que de larmes !

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  • Journaliste et écrivain français, grand reporter, Sorj Chalandon a couvert de grands conflits dont notamment, celui d’Irlande du Nord et le procès de Klaus Barbie. Des reportages qui lui ont valu le Prix Albert Londres (en 1988).
    Ses romans ont tous été largement salués par la critique et reçu...
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    Journaliste et écrivain français, grand reporter, Sorj Chalandon a couvert de grands conflits dont notamment, celui d’Irlande du Nord et le procès de Klaus Barbie. Des reportages qui lui ont valu le Prix Albert Londres (en 1988).
    Ses romans ont tous été largement salués par la critique et reçu de nombreux Prix.
    Je ne signalerai que celui-ci : Le Grand Prix du Roman de l’Académie Française 2011 pour « Retour à Killybegs ».
    François Busnel en a dit : « Retour à Killybegs est un choc, c’est aussi le meilleur roman de Sorj Chalandon. Ce récit syncopé, épuré, est une parfaite réussite ».

    J’avais déjà lu « Une promesse », livre profondément émouvant et avec « Retour à Killybegs », ce sont des sensations supplémentaires car des révélations historiques et qui nous montrent que l’IRA n’est pas que terroriste. Non, elle veut sauver son pays de la coupe britannique et prête à tout pour y parvenir. A la vie à la mort.

    Passionnée par l’Irlande où j’ai eu l’occasion de me rendre, j’ai retrouvé certaines légendes, par exemple l’histoire de Cathy Malone qui a eu le courage d’entonner « La Chanson du soldat » devant des policiers. Une statue, par contre appelée celle de Molly Malone, a été érigée en son honneur à Dublin. Une chanson qui en a été tirée est devenue un hymne officieux chantée par le groupe The Dubliners. Légende aussi du « leprechaun », ce petit elfe porte-bonheur (dont j’ai ramené une figurine).

    Ceci était une parenthèse personnelle et je reviens à ce livre, l’histoire de Tyrone Meehan, qui revient chez lui, usé et fatigué car il a été rejeté par les siens quand ils ont appris qu’il avait trahi pendant vingt-cinq ans.
    Il nous raconte son enfance, son engagement dans l’IRA, son amour pour son pays, mais un jour il est contraint, par des agents du MI5 de collaborer et le piège se referme sur lui, puisqu’il est devenu une taupe.
    Vont suivre une vingtaine d’années de mensonges, de trahisons. Petit à petit il s’assombrit à cause de sa culpabilité malgré son désir de paix.
    C’est donc un traître de 81 ans qui raconte, qui nous démontre comment la guerre peut changer les hommes et les corrompre. Il nous donne une multitude de descriptions et de détails avec ce conflit de l’Irlande du Nord où la population criait dans les rues : « Brits out : Les Britanniques dehors! ».
    Il nous parle de tous ces jeunes hommes morts, même des gamins, soit en se battant, soit à la suite de nombreuses grèves de la faim.
    Il évoque également le fameux « Sinn Féin », mot gaélique qui signifie « nous-mêmes ». Oui, ils sont certains qu’ils arriveront à se libérer eux-mêmes (page 268). Il nous raconte aussi comment il a tué, par accident, un de ses amis, le jeune David Finlay. Mais les exemples sont trop nombreux pour pouvoir tous les évoquer ou du moins, seulement quelques uns.
    Après Le Prologue :
    « Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L’IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes que je n’ai même jamais rencontrés. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j’en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi, et j’enrage. N’écoutez rien de ce qu’ils prétendront. (…) Si je parle aujourd’hui, c’est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu’après moi, j’espère le silence. Killybegs, le 24 décembre 2006 – Tyrone Meehan (page 11) », c’est à un récit poignant que l’on assiste et on comprend mieux ce qui s’est passé si on écoute bien ses aveux.

    Avec Sorj Chalandon, j’ai donc repensé à cette Irlande que j’aime tant, qui a tellement souffert et qui continue de m’attirer.
    J’ai donc eu un véritable coup de cœur pour cet ouvrage, un de plus, car il faut bien le dire, l’auteur réussit à nous sensibiliser pour celui qui n’était plus que l’ombre de lui-même à cause de sa félonie.
    Un superbe coup de maître.

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  • D'une blessure encore à vif - la découverte que l'un de ses amis, héros de l'Armée républicaine irlandaise, était un agent double à la solde des anglais - Sorj Chalandon avait tiré en 2008 "Mon traître", roman de colère et de chagrin raconté du point de vue d'un français, luthier de son état,...
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    D'une blessure encore à vif - la découverte que l'un de ses amis, héros de l'Armée républicaine irlandaise, était un agent double à la solde des anglais - Sorj Chalandon avait tiré en 2008 "Mon traître", roman de colère et de chagrin raconté du point de vue d'un français, luthier de son état, ardent défenseur de la cause de l'IRA.

    Aujourd'hui, l'écrivain donne la parole au traître qu'il imagine de retour dans son village natal : à 81 ans, honni par les siens, il raconte ce qui l'a mené à trahir la cause qu'il avait portée si haut.
    "Retour à Killybegs" est donc une sorte de complément à "Mon traître", la parole à la défense après l'accusation.

    Voici donc la "confession" de Tyrone Meehan, l'un des chefs de l'Armée républicaine irlandaise, considéré comme un héros par les siens à la suite de ses innombrables actes de bravoure et ancien prisonnier politique. Tyrone revenu dans le petit village qui l'a vu naître où tout le monde le reconnaît comme le traître.

    On écoute donc Tyrone Meehan retracer sa vie, son engagement, ses emprisonnements mais aussi sa trahison.
    On découvre sa souffrance pendant plus de vingt ans.

    Sorj Chalandon a une extraordinaire capacité à nous plonger dans l'atmosphère du conflit irlandais, dans la solidarité qui unit tous ces soldats de l'IRA. Certains passages sont particulièrement impressionnants comme ceux qui relatent la grève de l'hygiène des prisonniers irlandais.

    C'est un texte épuré, syncopé, puissant et poignant, avec des phrases toujours aussi superbes.

    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2015/12/retour-killybegs-de-sorj-chalandon.html

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  • Retour à Killybegs est le pendant de Mon Traître,.. Un peu comme Mémoires de nos Pères et Lettres d'Iwo Jima, deux films réalisés par Clint Eastwood relatant les mêmes faits mais d'un point de vue différent, ces deux manuscrits sont presque inséparables. Le premier est narré à travers les yeux...
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    Retour à Killybegs est le pendant de Mon Traître,.. Un peu comme Mémoires de nos Pères et Lettres d'Iwo Jima, deux films réalisés par Clint Eastwood relatant les mêmes faits mais d'un point de vue différent, ces deux manuscrits sont presque inséparables. Le premier est narré à travers les yeux du traître, le second à travers les yeux du trahi.

    Inspiré de faits réels, l'auteur se détache néanmoins du style journalistique. Il ne fait pourtant aucun doute que les détails sont vrais, atrocement vrais... Long Kesh, la lutte de Bobby Sands, Falls Road... Le lecteur est inévitablement ébranlé par le récit. Paradoxalement, ce n'est pas tant la trahison qui est poignante que l'Histoire.

    Retour à Killybegs questionne les notions de traîtrise, de lâcheté, de loyauté et de courage. Après avoir vécu avec le traître, et même après avoir été le traître pendant toutes ces pages (la narration est à la première personne), on s'interroge. Au regard des circonstances, de ce que "je" a enduré étais-je vraiment un traître ? L'acte définit-il la personne comme le prône Sartre ? Le récit offre une large place au for intérieur et aux pensées; or celles-ci semblent parfois en rupture avec les actes. Et ces personnes d'en-face nos yeux, quelle réalité perçoivent-elles ? Qui peut prétendre qu'il connaît son ami, son proche de manière infaillible ? L'ouvrage a le mérite de laisser à chacun la possibilité de se forger son opinion.

    Retour à Killybegs semble beaucoup plus travaillé que Mon Traître. Il perd en spontanéité et authenticité ce qu'il gagne en beauté littéraire et stylistique. Il est également plus complexe que Mon Traître en ce qu'il fait appel à la technique des retours en arrière, qui n'est pas toujours évidente à suivre. Certains passages sont véritablement des bijoux, ce qui en fait à mon sens un chef d'oeuvre, et un bel hommage de Chalandon à son ami.

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  • Tyrone Meehan a trahi. On ne trahit pas l'IRA.
    Tyrone va mourir et il le sait.
    C'est un vieux Meehan qu'on rencontre au début du roman. Il revient peu à peu sur son enfance en temps que Fianna, puis sur ses débuts en tant qu'homme et en tant que soldat. Déjà jeune, il est meurtri. Il...
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    Tyrone Meehan a trahi. On ne trahit pas l'IRA.
    Tyrone va mourir et il le sait.
    C'est un vieux Meehan qu'on rencontre au début du roman. Il revient peu à peu sur son enfance en temps que Fianna, puis sur ses débuts en tant qu'homme et en tant que soldat. Déjà jeune, il est meurtri. Il regrette une Irlande qu'il n'a pas connue, qu'il a seulement vu évoluer au travers des mots de son père, soldat déchu qui ne lutte plus que contre un âne.
    Il a trahi, Meehan. Sa première trahison ? Elle était floue, tremblante. Pas voulue. Pour protéger son secret, il trahira, à nouveau. Tyrone le héros.
    Le récit est fluide, clair, prenant. Une écriture poétique mais sans fioriture, terriblement efficace. On est happé par Sorj Chalandon qui nous entraîne dans une Irlande qui l'a fasciné pendant des années. Défendre Tyrone Meehan était perdu d'avance, et pourtant, Chalandon redonne de l'éclat au vieil irlandais coupable de trahison. Ce n'est pas pour rien que ce roman a reçu le Grand Prix de l'Académie Française en 2006.

    (au passage, le roman se base sur une histoire vraie. Tyrone Meehan, alias Denis Donaldson, que Sorj Chalandon connaissait, a réellement trahi l'IRA)

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  • Un récit d'une pudeur et d'une profondeur incroyable. Un personnage navigue entre les deux rives de ce que peut produire une guerre. De héros admiré il devient un salaud qui a renié tout ce en quoi il croyait. Salaud pas si sûr, avec beaucoup de subtilité l'auteur nous fait percevoir, le...
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    Un récit d'une pudeur et d'une profondeur incroyable. Un personnage navigue entre les deux rives de ce que peut produire une guerre. De héros admiré il devient un salaud qui a renié tout ce en quoi il croyait. Salaud pas si sûr, avec beaucoup de subtilité l'auteur nous fait percevoir, le processus complexe qui a fait cheminer cet homme courageux vers la trahison.

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