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Retour à Killybegs

Couverture du livre « Retour à Killybegs » de Sorj Chalandon aux éditions Lgf
  • Date de parution :
  • Editeur : Lgf
  • EAN : 9782253164562
  • Série : (-)
  • Support : Poche
Résumé:

Expliquer pourquoi et comment j'en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi [.]. Ne vous fiez pas à mes ennemis, encore moins à mes amis. Détournez-vous de ceux qui diront m'avoir connu. Personne n'a jamais été dans mon ventre, personne.
Si je parle aujourd'hui, c'est... Voir plus

Expliquer pourquoi et comment j'en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi [.]. Ne vous fiez pas à mes ennemis, encore moins à mes amis. Détournez-vous de ceux qui diront m'avoir connu. Personne n'a jamais été dans mon ventre, personne.
Si je parle aujourd'hui, c'est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu'après moi, j'espère le silence. » Killybegs, le 24 décembre 2006, Tyrone Meehan.Imaginer et comprendre la vie du héros dont la trahison a remis en cause les fondements de la vôtre, le faire, en lui donnant une seconde vie de fiction, résume et couronne le travail d'un écrivain. Philippe Lançon, Libération.Un roman enflammé mais paradoxalement serein.
André Rollin, Le Canard enchaîné.  Grand prix du roman de l'Académie française 2011.

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Articles (2)

  • Interview de Sorj Chalandon à propos de son dernier roman "Retour à Killybegs"

    Lauréat du Grand Prix du roman de l'Académie française, le journaliste laisse sa place à l'écrivain dans Retour à  Killybegs pour évoquer Tyrone Meehan, engagé dans l'IRA et qui a fini par trahir son camp. Evocation d'un parcours sur trois générations, entre confession et biographie.

  • La Bibliothèque idéale de Sorj Chalandon
    La Bibliothèque idéale de Sorj Chalandon

    A l'occasion de la sortie de son nouveau roman, Sorj Chalandon nous présente sa bibliothèque idéale.

Avis (34)

  • Avec "Mon traître" et "Retour à Killysbegs, Sorj Chalandon nous donne les 2 versions d'une même histoire, les attentes et les deceptions de chacun, l'engrenage dans lequel ses personnages se retrouvent presque malgré eux. Les 2 faces d'un même moment et d'un même homme, Denis Donaldson, héros de...
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    Avec "Mon traître" et "Retour à Killysbegs, Sorj Chalandon nous donne les 2 versions d'une même histoire, les attentes et les deceptions de chacun, l'engrenage dans lequel ses personnages se retrouvent presque malgré eux. Les 2 faces d'un même moment et d'un même homme, Denis Donaldson, héros de la guerre civile irlandaise et également traître à la cause.
    Ne surtout pas oublier d'aller voir la superbe adaptation
    théâtrale faite par Emmanuel Meirieu

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  • Après mon traître Sorj Chalandon a la grande humanité de nous faire pénétrer l’envers du miroir de l’histoire de Tyrone Meehan.
    « Je veux écrire. Pas avouer, encore moins expliquer mais raconter, laisser une trace. »
    En quelques mots les bases sont là.
    Le lecteur va cheminer dans les pas de...
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    Après mon traître Sorj Chalandon a la grande humanité de nous faire pénétrer l’envers du miroir de l’histoire de Tyrone Meehan.
    « Je veux écrire. Pas avouer, encore moins expliquer mais raconter, laisser une trace. »
    En quelques mots les bases sont là.
    Le lecteur va cheminer dans les pas de Tyrone sur cette terre irlandaise qui lui colle à la peau et au cœur, malgré tout.
    L’enfance reflue en vagues sauvages car ce fut une enfance pauvre, violente, faite d’humiliations. A l’âge de quarante et un ans son père meurt alors que Tyrone n’avait que onze ans. Cet homme était alcoolique et violent et pourtant indispensable à l’équilibre de cette famille de neuf enfants. Après sa mort, le malheur s’étend comme une contagion, les gens se détournent d’eux. C’est un oncle maternel, Lawrence qui les prend sous son aile et les installe à Belfast lorsqu’il a seize ans.
    « Avec la guerre, nous savions que vivre dans le nord de Belfast deviendrait difficile. Ça a commencé en août 1941, par quelques pierres jetées contre la porte. L’inscription « salauds d’Irlandais » tracée au noir sur l’atelier de Lawrence. »
    En ce 24 décembre 2006, où il écrit une sorte de journal, tout ce qui constitue l’homme qu’il est, est là comme tapi dans l’ombre d’une vie.
    Cela montre aussi, avec finesse, que chacun vit sa famille de façon unique :
    « Sheila, ma femme, n’a jamais aimé me suivre ici. Elle disait que c’était un caveau. Que l’ombre mauvaise de Patraig Meehan passait dans mon regard quand j’étais sous son toit. Mes frères et mes sœurs n’y sont jamais revenus […] Alors, j’ai gardé la clef. Moi seul. Comme on protège un lambeau de mémoire. »
    Ce fut son refuge jusqu’au bout.
    Les exactions des protestants, la haine, les luttes incessantes l’ont probablement précipité vers l’IRA en 1942.
    Il y a un parallèle troublant entre cette enfance et cet enrôlement, la violence est là mais presque comme quelque chose de naturelle… Cela interroge sur ce qui se grave ainsi au plus profond de l’être.
    « Je ne sentais plus l’odeur de la prison. Je n’entendais plus son métal. J’avais du sang dans la bouche, les oreilles en flammes, le nez écrasé. Le vacarme était en moi. J’ai pensé aux coups de mon père. Ma tête en pierre. Mes yeux brûlants. Mes joues barbouillées de bave pour lui faire croire à des larmes. Il y eut le coup de sifflet brusque. Deux gardiens nous ont jeté une bassine d’eau glacée. J’avais froid de peur en arrivant, maintenant j’étais gelé de douleur. »
    Le lecteur avance à pas feutrés, mais il reçoit en pleine face cette Irlande et ces événements tragiques. Pauvreté, ghettos, maisons brûlées, les blindés dans les rues.
    L’écriture de Sorj Chalandon montre combien tout est nuance, il n’y a pas les bons d’un côté les méchants de l’autre. C’est un tout qui fluctue selon les événements, les ressorts de l’Histoire se tendent selon des décisions qui échappent au plus grand nombre.
    C’est douloureux de façon extrême, car indicible et inaudible. Les mots qui sont là sur le papier sont empreints d’une humanité exceptionnelle comme l’est cette situation. Trahi, blessé par son Traître, l’auteur nous prend par la main, nous même vers la voie du non-jugement.
    Tyrone était un homme seul depuis l’enfance.
    Une écriture sublime, d’une puissance rare, il y a les faits donnés par le journaliste, et la beauté d’une déclaration d’amour à un pays qu’il a embrassé à travers cet homme-là. « Parce que c’était lui ; parce que c’était moi. »
    C’est un récit d’une belle épure pour une déclaration d’amour exceptionnelle.
    Intime, tumultueux et bouleversant, laissons les derniers mots à Tyrone :
    « Le regard d'Antoine a été l'un des plus beaux jamais portés sur moi, et aussi l'un des derniers.
    Lorsque le petit Français me regardait, je m'aimais. Je m'aimais dans ce qu'il croyait de moi, dans ce qu'il disait de moi, dans ce qu'il espérait. Je m'aimais, lorsqu'il marchait à mes côtés comme l'aide de camp d'un général. Lorsqu'il prenait soin de moi. Qu'il me protégeait de son innocence. Je m'aimais, dans ses attentions, dans la fierté qu'il me portait. Je m'aimais, dans cette dignité qu'il me prêtait, dans ce courage, dans cet honneur. J'aimais de lui tout ce que son cœur disait de moi. »
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 19 mars 2020.

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  • J'ai adoré ce roman, S.Chalandon nous relate avec force cette guerre de "religion" en irlande, la trahison douloureuse pour lui de la part de son ami, et la misère vécue par toute cette population déchirée.

    J'ai adoré ce roman, S.Chalandon nous relate avec force cette guerre de "religion" en irlande, la trahison douloureuse pour lui de la part de son ami, et la misère vécue par toute cette population déchirée.

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  • Si, dans MON TRAITRE , son 1e volet sur la question irlandaise, Sorj Chalandon racontait la rencontre d’ Antoine, luthier à Paris et de Tyrone Meehan , leur longue amitié et l’engagement du Français pour la cause de l’IRA; dans RETOUR A KILLIBEGS, il laisse la parole à Tyrone Meehan attendant la...
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    Si, dans MON TRAITRE , son 1e volet sur la question irlandaise, Sorj Chalandon racontait la rencontre d’ Antoine, luthier à Paris et de Tyrone Meehan , leur longue amitié et l’engagement du Français pour la cause de l’IRA; dans RETOUR A KILLIBEGS, il laisse la parole à Tyrone Meehan attendant la mort , racontant tout son parcours de militant : près de 80ans d’engagement au service de l’ IRA .

    Un livre choc, plus puissant, me semble-t-il, que MON TRAITRE. On se sent embarqué dans une histoire de sang et de larmes, de bruit et de fureur qui montre comment le combat pour la liberté prend ses racines au sein même des familles catholiques et engage chacun de ses membres : mari, femme et enfants; comment la solidarité se met en œuvre dans chaque quartier. Pas de manichéisme, les Nationalistes ne sont pas tous des enfants de chœur, il se rencontre aussi des Anglais ou des geôliers humains …..

    Tyrone Meehan apparaît tout à la fois comme un époux et un père, comme un militant qui devient un héros puis un martyr mais aussi un traitre qui travaille pour les services secrets britanniques , des services qui ont su deviner et profiter de son secret pour l’approcher et l’utiliser. On partage sa douleur constante d’avoir trahi, mais aussi sa fierté d’avoir réussi à orienter les informations données pour les mettre au service de sa cause, pour éviter le sang ou pour protéger certains de ses amis , et pour avoir, à sa façon, contribué aux accords finaux de paix .

    Une vie de militant de base, puis de chef, de héros, de traître et enfin de paria, qu’on lit le souffle haletant, la gorge serrée et dont on sort profondément ému. On ne peut oublier l’enfance de Tyrone Meegan , comment la misère familiale et les humiliations subies ont ancré en lui la haine de l’Anglais, les violences et les tortures subies pendant les années de prison, la difficulté de sa vie conjugale, le rejet de son fils Jack, sa vie d’homme seul, renié et traqué. On ne peut oublier non plus, vers la fin du roman, l’hommage rendu à Bobby Sands et aux autres grévistes de la faim dont les noms s’égrennent au fil des pages, comme les noms des soldats morts pour la patrie dont on faisait autrefois l’appel au pied du monument aux Morts le 11 novembre devant les enfants des écoles .

    Un roman superbe qui permet de mieux comprendre, de l’intérieur, la complexité du problème irlandais, où la plume de Chalandon , alternativement épique et lyrique, est mise au service d’une sensibilité politique nourrie par des années de journalisme sur cette question .

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  • Tyrone Meehan vit dans la misère en République d’Irlande, au début de la deuxième guerre mondiale. Sa mère tente d’élever ses nombreux enfants, son père s’est battu pour son pays et se noie maintenant dans la boisson et la violence.

    Quand ce dernier meurt, « mort d’avoir survécu à la défaite...
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    Tyrone Meehan vit dans la misère en République d’Irlande, au début de la deuxième guerre mondiale. Sa mère tente d’élever ses nombreux enfants, son père s’est battu pour son pays et se noie maintenant dans la boisson et la violence.

    Quand ce dernier meurt, « mort d’avoir survécu à la défaite », la famille n’a d’autre choix que de partir rejoindre Lawrence, l’oncle maternel qui vit à Belfast, de l’autre côté de la frontière.

    Tyrone, 16 ans, découvre alors les Britanniques dont il n’avait qu’entendu parler que dans les discours haineux paternels, la distinction entre protestants et catholiques, le ghetto…, avec en toile de fond la deuxième guerre mondiale, un conflit qui lui semble bien éloigné.

    Auprès de garçons de son âge, Tom, Danny, Tyrone devient fianna, sorte de scout patriote aidant l’IRA. Puis les événements et les actions s’enchaînent, sans qu’il soit pour autant protagoniste de premier plan, mais fier de son identité.

    Lors de son premier séjour en prison, où l’on enferme les fortes têtes, il prête allégeance à l’IRA, rejoignant cette fois les combattants et faisant alors « le serment de tuer » et donc de s’éloigner de sa foi, comme le lui dit le prêtre de la prison.

    Tyrone s’enferme dans son rôle de protecteur des Irlandais, tandis que les politiciens négocient.. Au cours d’une action de défense, un tir accidentel fait de lui un meurtrier. Mais son silence le conduit à être considéré comme un héros. Cet événement fait néanmoins basculer sa vie, d’une façon inattendue, l’enfermant dans un piège pendant plus de 20 ans…

    On retrouve Tyrone, âgé de 81 ans, à plusieurs moments du livre, jusqu’à l’épilogue redouté et pourtant attendu, l’émotion montant crescendo au fur et à mesure de la découverte de l’histoire.

    Ce livre m’a passionnée et captivée. L’écriture fluide et précise m’a permis d’entrer, sans en connaître beaucoup initialement, dans l’histoire de l’Irlande et de ses conflits internes, de la plus belle des façons : de l’intérieur.

    On découvre le poids de l’héritage et du destin subis au gré des circonstances plutôt que choisis, les causes qui dépassent les simples partisans ou même les soldats, et qui même les trahissent parfois, la complexité d’un engagement.

    On ne peut sortir indemne de cette lecture !

    https://mesmotsmeslivres.wordpress.com/2017/07/29/retour-a-killybegs-de-sorj-chalandon/

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  • Le traitre est beaucoup plus intéressant que le trahi de "mon traitre". le lecteur découvre pourquoi et aussi comment il en est arrivé là. Ca vaut tous les que sais-je sur le conflit irlandais du point de vue de l'IRA. Un très beau livre !
    Reste à écrire un roman de cette puissance vu du côté...
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    Le traitre est beaucoup plus intéressant que le trahi de "mon traitre". le lecteur découvre pourquoi et aussi comment il en est arrivé là. Ca vaut tous les que sais-je sur le conflit irlandais du point de vue de l'IRA. Un très beau livre !
    Reste à écrire un roman de cette puissance vu du côté des "loyalistes protestants" qui ne sont pas (j'imagine) que les méchants de l'histoire.

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  • Je viens de terminer ce livre dur et puissant, je comprends le grand prix du roman de l’académie Française 2011, je découvre l'IRA et son ambiance pesante de peur, je lis l'Irlande a l'époque des années de guerre noire.
    L'histoire de ses soldats et surtout de Tyrone Meehan, de son secret et de...
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    Je viens de terminer ce livre dur et puissant, je comprends le grand prix du roman de l’académie Française 2011, je découvre l'IRA et son ambiance pesante de peur, je lis l'Irlande a l'époque des années de guerre noire.
    L'histoire de ses soldats et surtout de Tyrone Meehan, de son secret et de sa trahison.
    Il vivra son enfance a Killybegs dans la maison familiale entourée de ses frères et sœurs avec un père violent.
    Il reviendra y mourir et se débarrassé enfin de ce lourd fardeau qu'est la trahison en abandonnant sa femme afin de l'épargnée de tous ces mensonges tus depuis des années.
    Ce livre m'as dérangé car il est bouleversant de confessions et restera sans doute dans ma mémoire un certain moment.
    Une œuvre incontestable et magnifiquement écrite.

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  • "Je m'étais préparé à mourir, mais pas à tuer. J’étais en sursis. Victime en sursis, assassin en sursis. Nous l’étions tellement tous. Et je le savais tellement. » Le conflit irlandais talentueusement raconté par Sorj Chalandon par le biais d'une âme pure mise à l'épreuve. Déjà en 1916, le jour...
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    "Je m'étais préparé à mourir, mais pas à tuer. J’étais en sursis. Victime en sursis, assassin en sursis. Nous l’étions tellement tous. Et je le savais tellement. » Le conflit irlandais talentueusement raconté par Sorj Chalandon par le biais d'une âme pure mise à l'épreuve. Déjà en 1916, le jour de son exécution, Connolly avait dit : « …Je prierai pour tous les braves qui font leur devoir selon ce qu’ils ont compris de la vie. » Tyron Meehan, personnage attachant du roman, avait trahi pour protéger sa femme et son fils du pire, et aussi contribuer à la paix… Grand prix du roman de l’Académie française 2011 amplement mérité.

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