Quand Dieu boxait en amateur

  • Guy Boley se qualifie volontiers de romancier du réel et c’est vrai. Après Le fils du feu, il confirme cette définition dans ce nouveau roman au titre énigmatique : Quand Dieu boxait en amateur.

    Avant de consacrer le troisième livre de sa trilogie à sa mère, celui qui fut maçon, forgeron,...
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    Guy Boley se qualifie volontiers de romancier du réel et c’est vrai. Après Le fils du feu, il confirme cette définition dans ce nouveau roman au titre énigmatique : Quand Dieu boxait en amateur.

    Avant de consacrer le troisième livre de sa trilogie à sa mère, celui qui fut maçon, forgeron, funambule, rend un hommage magnifique à son père, un hommage romancé et sans concession, rempli d’une admiration sans borne, hommage à la fois dur et tendre.
    Dès les premières lignes, je survole Besançon, ville natale de Victor Hugo et des frères Lumière, avant de zoomer vers cet hôpital de quartier où est né René Boley, le 3 mai 1926 : « Ce quartier fut toute sa vie, sa seule mappemonde, sa scène de théâtre, son unique opéra. Il y grandit, s’y maria, procréa. » Tout pourrait être dit mais voilà que l’auteur m’emmène déjà à la fin, à la mort de ce père, le 8 octobre 1999, dans ce même hôpital, à trois étages de distance…
    « Car c’était lui, mon père, qui fut tout à la fois mon premier homme, ma première parole, ma première étincelle et ma première aurore. » Que c’est beau ! Et cela vient après une scène d’une intimité crue où le fils assiste son père qui ne peut plus uriner tout seul.
    Ce père, forgeron que j’avais aimé voir en action dans Le fils du feu, joue les utilités au théâtre municipal et monte des opérettes avec sa mère, petits spectacles dont ils régalent les voisins. Il lui a donné le goût des mots, mots que le fils retrouve dans un carnet, mots difficiles qui ne servaient pas mais qui côtoyaient un poème sur leur quartier des Chaprais.
    Finalement et c’est normal, ce livre parle peu de la forge mais est axé sur les deux passions du père : la boxe et le théâtre. Au passage, une superbe phrase : « C’est un artiste, mon père, il est né comme ça et il n’y est pour rien : sensible, créateur, naïf, orgueilleux, entêté, innocent, fragile et responsable. » Il fut Champion de France amateur et partagea avec son fils une immense admiration pour Mohamed Ali.
    Sans détailler la suite, il faut parler du meilleur ami de René Boley : Pierrot qui « rencontre Dieu comme on rencontre une femme ». C’est le point de départ de la fameuse pièce qui explique le titre du roman. Avec humour et causticité, l’auteur parle du spectacle paroissial, du curé arc-bouté sur ses principes et qui redoute les majorettes comme le diable mais l’abbé Delvault (Pierrot) parvient à mettre enfin en place ses idées. Ici, Guy Boley révèle un talent certain pour écrire les dialogues savoureux entre les deux amis et les débats enflammés avec le curé de la paroisse.
    Si je trouve que cela prend beaucoup de place dans le livre, je reconnais l’importance de ce qui s’est passé alors que l’alcool commence à faire des ravages : « Il avait été Roi sur un ring, Jésus sur une scène, Zeus dans la forge, il était monté bien trop haut pour se permettre de descendre comme un simple mortel jusqu’au niveau d’un bar, ou pire d’un caniveau. »

    Sensible, humain, plein de rêves assouvis ou non et surtout débordant d’amour filial « tandis que la bobine finit de dérouler l’ultime pellicule », c’est un livre magnifique, émouvant, comme chaque fils aimerait en écrire sur son père.

    Merci à Masse Critique de Babelio et aux éditions Grasset pour cette belle lecture.

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  • Pas mal du tout cettd histoire il faut la decouvrir car le titre ne révèle pas l histoire quand on ne connais pas l auteur mais le résumer nous fait decouvrir et on veux en savoir plus sur l histoire de ses enfants un tres bon livre je pense

    Pas mal du tout cettd histoire il faut la decouvrir car le titre ne révèle pas l histoire quand on ne connais pas l auteur mais le résumer nous fait decouvrir et on veux en savoir plus sur l histoire de ses enfants un tres bon livre je pense

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  • Avec Quand Dieu boxait en amateur, Guy Boley écrit un magnifique hommage à son père.
    Dans ce roman, l'auteur, dans un style truculent, plein d'humour mais surtout plein de tendresse, nous fait part de l'amour qu'il porte à son père et qu'il n'a pas toujours pu ou su lui dire.
    Un roman que j'ai...
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    Avec Quand Dieu boxait en amateur, Guy Boley écrit un magnifique hommage à son père.
    Dans ce roman, l'auteur, dans un style truculent, plein d'humour mais surtout plein de tendresse, nous fait part de l'amour qu'il porte à son père et qu'il n'a pas toujours pu ou su lui dire.
    Un roman que j'ai lu d'une seule traite avec un infini plaisir.

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  • il s'agit d'un roman d'hommes de filiation et d’amitiés où les sentiments pudiques sont décrits avec sensibilité.
    Une belle amitié sur le long terme qui bonifie avec le temps en prenant racines dans des lectures communes .
    L'un deviendra prêtre et l'autre embrassera plusieurs carrières en...
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    il s'agit d'un roman d'hommes de filiation et d’amitiés où les sentiments pudiques sont décrits avec sensibilité.
    Une belle amitié sur le long terme qui bonifie avec le temps en prenant racines dans des lectures communes .
    L'un deviendra prêtre et l'autre embrassera plusieurs carrières en terminant par celle de "Jésus par intermittence" pour terminer dans les effluves d'un chagrin non dit et mal digéré .
    Içi Guy Boley retient sa plume dans une maitrise de l’hommage délicat,clairvoyant et total ; Une histoire de vie simple dans la campagne de Besançon sous le ciel brumeux qui pose un décor global avant de se préciser en perspective dans une belle déclaration d'amour d'un fils à son père .
    Le style est gracieux ,on sent tout l'attachement de l'auteur et son lien puissant jusque dans les méandres de l'alcoolisme partagé en peine commune .La catharsis noyée dans cet alcool aura raison de cette figure emblématique pour laisser le fils dans un marasme expiatoire sauvé de justesse par l’écriture et quelle écriture!
    Faisant suite au "Fils du feu" "Quand Dieu boxait en amateur" se positionne en seconde place d'une trilogie amenée à devenir une belle référence.

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  • Mon père, ce héros... C'est un peu le poème de Victor Hugo qui donne la scansion du roman-récit de Guy Boley. A l'hôpital de Besançon (Doubs), trois étages séparent la naissance de René, ce père tant admiré, de sa mort. Cette distance, apparemment étriquée, le narrateur nous en fait toucher la...
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    Mon père, ce héros... C'est un peu le poème de Victor Hugo qui donne la scansion du roman-récit de Guy Boley. A l'hôpital de Besançon (Doubs), trois étages séparent la naissance de René, ce père tant admiré, de sa mort. Cette distance, apparemment étriquée, le narrateur nous en fait toucher la beauté banale en accomplissant par l'écriture le chemin à rebours.

    Orphelin de père ("Paf ! Ecrasé entre deux wagons, comme une crêpe, le pauvre"), René voyage sans quasiment bouger de l'appartement familial hormis pour l'école et puis, plus tard, pour sa forge. Ses plus belles explorations, c'est le Larousse qui les lui offre dans le secret de sa chambre : les mots, leur musique, leurs significations, les images qu'ils font naître, représentent un trésor dont il se sent à la fois dépositaire et indigne. Effrayée par l'idée que son fils puisse se "féminiser" par la lecture (activité peu virile s'il en est !), la mère de René l'exhorte à s'inscrire dans un club de boxe. Boxeur amateur, devenu champion, René combat avec la même fierté et la même dignité qu'il frappe l'enclume. Il cogne et les traces que laissent ses coups sont autant de mots imprimés dans la chair pour marquer son passage, pour cerner les contours d'une vie.

    Et voilà que Pierrot, l'ami d'enfance devenu abbé shakespearien, a l'idée saugrenue d'adapter la Passion du Christ pour la fête paroissiale annuelle et d'en confier le premier rôle à son copain René ! Après tout, amoureux des mots au point d'en faire des chansons, des opérettes et des poèmes, ce dernier pourrait aussi bien s'approprier ceux d'un autre pour leur donner vie ! La stature et le charisme de René font de lui un Jésus convaincant, surtout aux yeux de son fils, persuadé de la réalité des souffrances endurées par son père sur scène. Mais les enfants grandissent et les pères vieillissent. Le père, mis KO par la perte d'un second fils, s'enfonce dans l'alcool et son fils apprend le mépris.

    La mémoire de ce père flamboyant, de ce dieu sculpté par un regard d'enfant, est magnifiquement inscrite dans les phrases du narrateur, dans cette fresque à la fois sociale et intime à laquelle il donne toutes les nuances de la vie et de l'amour filial. Cet amour à la fois admiratif, impertinent et respectueux est mis en mots d'une manière poignante : l'humour, parfois corrosif, mais le plus souvent teinté d'une tendre malice, baigne la narration, alors même qu'elle semble imprégnée d'un chagrin immense, de ceux que l'on sait irrémédiables.

    Guy Boley réussit le tour de force d'émouvoir par des phrases d'un lyrisme sensible, charnel, et parvient, sans grandiloquence, ni affectation, à exprimer la profondeur des sentiments et leur complexité. "Quand Dieu boxait en amateur" érige un splendide Tombeau à ce père couronné d'épines, à ce Mohamed Ali auréolé de la gloire des humbles et des purs. Beau et juste du premier au dernier mot.

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  • Guy apprend que son père a été retrouvé mort à l'hôpital un matin, celui la même où il est né.. Il décide alors de nous relater la vie de cet homme, ex forgeron, ex boxeur, ex acteur de théâtre amateur attaché à sa région. Son père, René a partagé son enfance et plus avec son frère de cœur,...
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    Guy apprend que son père a été retrouvé mort à l'hôpital un matin, celui la même où il est né.. Il décide alors de nous relater la vie de cet homme, ex forgeron, ex boxeur, ex acteur de théâtre amateur attaché à sa région. Son père, René a partagé son enfance et plus avec son frère de cœur, Pierrot qui attiré par les livres à fini dans les Ordres en devenant abbé. Pierrot veut dynamiser un peu la représentation théâtrale donnée chaque année et pour ce faire, il fait appel à son ami, René pour incarner le rôle principal, job où finalement René se révèle.
    Guy Boley rend ici hommage et met en lumière son père au travers de ce roman qui est une déclaration d'amour filial.. Il nous fait part de l'enfance de son père, de sa vie, de ses aspirations littéraires abrégées en raison de sa condition sociale
    Ce roman peint les sentiments et relations existants entre ces 2 hommes grâce à une écriture vivante, forte tel un uppercut mais qui se fait tendre à d'autres moments, tel un baume.
    Le thème est intéressant, l'écriture aussi mais je ne suis pas arrivée à entrer dans le monde de Guy Boley ni à me mettre dans l'ambiance générale... Un petit arrière goût de déception....

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  • Le premier opus de Guy BOLEY « Fils du feu » m’avait tellement bouleversée que j’attendais avec impatience ce second récit dédié à son père.
    Son père, ce héros, est évoqué avec une grande tendresse, une grande indulgence, celle qui nait lorsqu’on devient adulte et que le regard sur les parents...
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    Le premier opus de Guy BOLEY « Fils du feu » m’avait tellement bouleversée que j’attendais avec impatience ce second récit dédié à son père.
    Son père, ce héros, est évoqué avec une grande tendresse, une grande indulgence, celle qui nait lorsqu’on devient adulte et que le regard sur les parents se fait moins mordant.
    Un père élevé par une mère austère, bigote qui veut en faire un homme et qui vit dans le souvenir de son défunt mari « paf écrasé entre deux wagons comme une crêpe ».
    Il lit en cachette car lire « use les yeux » (expression que j’ai entendue dans ma jeunesse) et incite à la paresse. Son ami de toujours, Pierrot, est de toutes les aventures, ils rivalisent d’ingéniosité pour échapper aux remarques acerbes de cette mère.
    Pour devenir un homme, sa mère l’inscrit à la boxe et ce sera une révélation.
    Devenu forgeron dès l’âge de 14 ans, il continuera et deviendra champion amateur.
    Avec l’aide de son ami, devenu prêtre, il jouera dans une pièce de théâtre amateur la passion du christ.
    Le texte est plein de tendresse, de souvenirs précieux à l’heure où le père n’est plus qu’un vieillard qui se meurt.
    Si j’ai trouvé le texte toujours aussi bien écrit, un jonglage de mots poétiques que je déguste, je n’ai pas été emportée comme dans « Fils du feu ».
    Une lecture agréable sans plus, un hommage du fils au père que je respecte mais qui ne m’a pas touchée à mon grand regret.

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  • Mon père, ce héros

    Après Fils du feu, un premier roman choc, Guy Boley rend hommage à son père à travers les épisodes marquants de sa vie. L’occasion aussi de prendre congé d’un monde ouvrier et d’une époque englouties par le «progrès».

    Présentant Fils du feu, le premier roman de Guy...
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    Mon père, ce héros

    Après Fils du feu, un premier roman choc, Guy Boley rend hommage à son père à travers les épisodes marquants de sa vie. L’occasion aussi de prendre congé d’un monde ouvrier et d’une époque englouties par le «progrès».

    Présentant Fils du feu, le premier roman de Guy Boley, j’écrivais: «un livre forgé avec puissance et élégance, avec rage et exaltation. C’est l’enfer la tête dans les étoiles.» Quand Dieu boxait en amateur est dans la droite ligne de cette découverte initiale et nous offre le portrait de René Boley, né le 3 mai 1926 à Besançon à l’hôpital du quartier, «entre les rails et les wagons, les tenders et les tampons, dans les panaches bleutés de leurs lourdes bouzines aux déchirants sifflets», décédé le 8 octobre 1999, «dans ce lieu ferroviaire où le destin la lui avait offerte. (…) Distance entre le lieu de sa naissance et celui de sa mort: trois étages.»
    Entre son décès et sa mort, il y a aussi le vibrant hommage d’un fils qui a partagé sa vie de chanteur, d’acrobate et acteur, de forgeron et de boxeur. Et de chercheur de mots. Car le dictionnaire ne l’a jamais quitté: «C‘est son problème, les mots, à cause du père inconnu qui s’est fait écraser paf-entre-deux-wagons-comme-une-crêpe-le-pauvre, la mère contrainte d’aller faire des ménages chez les riches (bourgeois du centre-ville) et lui l’école au rabais, puis l’apprentissage chez le premier patron qu’on a trouvé forgeron-serrurier, on aurait pu tomber sur pire pour, hop, entrer dans la vie active à tout juste quatorze ans, l’âge légal, parce que ça fait un salaire de plus à la maison.» Le travail est dur, pénible, mais il n’est pas pour autant sujet à déprime. Au contraire, on essaie d’avancer, de progresser, de construire. «On ne choisit pas son enfance, on s’acclimate aux pièces du puzzle, on bricole son destin avec les outils qu’on a sous la main» Ainsi, avec sa belle voix pousse René à distraire ses amis les cheminots, à leur offrir des morceaux d’opérette. Mais il n’entend pas s’arrêter là: «La gloire l’attirait comme l’aimant la limaille».
    Sa mère et son grand ami Pierre vont lui en donner l’opportunité. La première l’inscrit à la boxe pour l’aguerrir. Le 28 décembre 1952, il sera couronné champion de France et donnera naissance trois jours plus tard à son narrateur de fils. Le second, devenu curé, lui offre de un rôle d’apprenti comédien, «catégorie théâtre d’eau bénite» dans la représentation de la passion du Christ. On imagine bien ce que le garçon de trois ans peut ressentir en voyant son paternel en Jésus-Christ.
    Mais cette route vers la gloire va soudain se briser. Car si les difficultés du quartier, l’arrivée des locomotives électriques et la mutation industrielle commencent à faire des dégâts, ce monde qui change n’est rien face à la douleur de perdre un enfant.
    Le chagrin, l’incompréhension, la colère sourde s’exprimer alors avec violence.
    Le roman a soudain basculé. Le fils découvre un autre père…
    Guy Boley a le sens de la formule qui fait mouche. Son style, à nul autre pareil, nous offre un roman superbe, entre épopée et tragédie. Où l’humain à toute sa place, à savoir la première!
    « Quand un monde s'écroule, tous ceux qui vivent dedans, au loin ou à côté, s’en retrouvent affectés. Et, s’ils n’en meurent pas, toujours ils perdent pied Vésuve ou Pompéi, chagrins d’amour ou deuils intempestifs, c’est du pareil au même, il ne reste que cendres, vapeur d’eau ou buée, tempêtes de cris et océans de larmes. Des vies en suspens, comme des draps humides qui ne sécheront jamais plus. Aussi ai-je fui au plus vite ce pays endeuillé, et quitté ce cocon qui n'en était plus un. »
    https://urlz.fr/8iSD

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  • Guy Boley enfile ses gants de boxe pour mettre KO ses lecteurs.
    Après Fils du feu, premier roman, multi-primé, où il posait son regard sur le fils qu’il fut, il dresse un autel à son père « Parce que c’est insensé, le nombre de choses dont ça peut être champion du monde, un père ; le nombre de...
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    Guy Boley enfile ses gants de boxe pour mettre KO ses lecteurs.
    Après Fils du feu, premier roman, multi-primé, où il posait son regard sur le fils qu’il fut, il dresse un autel à son père « Parce que c’est insensé, le nombre de choses dont ça peut être champion du monde, un père ; le nombre de combats que ça a dû mener pour transmettre la vie, puis la porter, à bout de bras, de nos premiers pas à nos premiers ébats, en supportant son poids comme Atlas l’univers. »
    Pour cela il nous fait gravir le podium à rebours, la troisième marche est celle de l’état des lieux et de la découverte de la boite de Pandore. Celle du sommet c’est la vie de ses parents avec la mise en avant de la vie de son père, la construction d’un homme, qui ne se fait pas sans amour et sans amitié, celle avec l’ami Pierre, est remarquable. La seconde marche qui devient ici la dernière, est celle où l’enfant que chacun a pu être doit mettre KO ses regrets ou remords, car dans la vie chacun doit couper le cordon et être parfois égoïste, mais le temps passe vite.
    La famille est une famille simple vivant à Besançon, quartier Cras Chaprais, comme les gens humbles ils sont élevés dans des valeurs à leur portée, le travail, le respect, la dignité, la maison doit toujours être astiquée-encaustiquée, on élève les enfants à ne pas rêver plus haut, car la culture par exemple, est quelque chose qui ne peut leur être accessible. On les forge à être des hommes, on boxe pour étoffer ses épaules de mec, on bosse de ses mains, on gagne son pain.
    Alors souvent dans cette éducation les rêves sont étouffés dans l’œuf.
    L’auteur à l’art de nous rendre une gestuelle, qui m’émeut et de faire revivre une société qui a disparu. Autrefois chacun pouvait s’identifier à son monde : ouvriers, paysans, bourgeois, cela marquait une appartenance et aussi une fierté. Maintenant, le monde est partagé entre les riches et une multitude qui vit en lisière qui ne se sent plus rien, concernée par rien, plus grave qui n’a plus rien à transmettre.
    Alors, il y avait encore la transmission, minot il apprenait le métier de la forge, sans un sou en retour pour le travail accompli, juste l’héritage du geste, de la sueur partagée autour de la gueule de feu…
    Et puis au sortir de l’adolescence, le fils, le jeune se croit plus fort, plus vivant, plus libre et claque la porte. Il reviendra poussé par de multiples raisons, mais passera à côté de ses parents usés, désabusés par cette vie qui les pousse en dehors d’eux, leur monde a déjà foutu le camp.
    L’âge où devenus inutiles, ils sombrent l’un après l’autre dans l’océan d’une vieillesse précoce.
    Pourtant, « On aurait fait une photographie de nos deux mains que l’on n’eût pas distingué laquelle était la sienne, laquelle était la mienne, hormis peut-être d’infimes tavelures trahissant l’âge… Mon père fréquemment, à cette heure, s’endormait. Je posais alors, profitant de son sommeil, une de mes mains sur une des siennes, cherchant dans l’énigme de nos doigts emmêlés une trace adamique. Car c’était lui, mon père, qui fut tout à la fois mon premier homme, ma première parole, ma première étincelle et ma première aurore. »
    La main qui tient la plume, celle du fils ? du père ? fait crisser les mots sur la page de nos émotions partagées.
    L’émotion, crescendo, s’insinue en nous, pour nous cueillir de plein fouet, comme un uppercut donné, du plus profond des gants de boxe délivrant, non des coups, mais « des mots d’or et de jade, de porphyre et de marbre, pour le glorifier. Le déifier. »
    Rencontrer Guy Boley, l’écouter dans ses mots et ses silences, dans sa vérité d’homme, rend ses livres encore plus bouleversants et je fais partie des lecteurs qui attendent ses autres livres avec impatience.
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 19 novembre 2018.

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  • Un nouveau bijou d'orfévrerie et de sensibilité dans ce second roman à caractère autobiographique où Guy Boley nous entraine dans l'histoire de vie d'un père forgeron, boxeur amateur émérite et à la personnalité artistique prononcée dans les yeux d'un fils qui découvre toutes les fagilités de ce...
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    Un nouveau bijou d'orfévrerie et de sensibilité dans ce second roman à caractère autobiographique où Guy Boley nous entraine dans l'histoire de vie d'un père forgeron, boxeur amateur émérite et à la personnalité artistique prononcée dans les yeux d'un fils qui découvre toutes les fagilités de ce père pour lequel il a pu aussi porter des jugements trop critiques et blessants.

    René, un père dont la mère a exigé qu'il s'oriente vers la boxe plus que la lecture, jugée inutile, et pour laquelle il n'a cessé de ne pas vouloir la décevoir dans ses attentes alors qu'il dresse un culte inavouable à la découverte de son dictionnaire avec son meilleur ami Pierre, devenu l'abbé Delvault. Excellence dans l'art de la boxe amateur, la passion de son métier de forgeron, une épouse tendrement aimée avec laquelle il cultive l'amour de la chanson, voire de l'opérette et le goût du spectacle mais aussi la douleur de la perte d'enfants mort-nés avec un fils unique avec de trop rares moment de complicité....

    Cocasse ce combat que mène l'abbé Delvault pour installer René, à la fibre artistique contrariée, comme l'acteur principal de la Passion ;  le spectacle paroissial annuel contre un curé rétrograde et une commune rurale, ancrée dans une tradition absolue. Ce spectacle, s'il est le clou de sa vie pour René, le prenant tant à coeur, c'est aussi la manifestation que son fils détourne dans sa phase révolutionnaire (1968) pour la ridiculiser et l'ultime drame de la vie de René et de son épouse y mettra un terme.

    Cette recherche identitaire de René comme du narrateur, dans des mots à la fois simples mais aussi d'une extrême sensibilité est tout simplement bouleversante et criante de vérité dans l'amour d'un fils pour son père à titre, hélas posthume..

    Exceptionnel, ce second roman m'incite à revenir vers son premier ouvrage tant cette lecture est addictive.

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