Pour Sensi

Couverture du livre « Pour Sensi » de Serge Bramly aux éditions Lattes
  • Date de parution :
  • Editeur : Lattes
  • EAN : 9782709650595
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
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Avis(3)

  • On a beaucoup glosé sur le rapport de l’écrivain à son œuvre. Depuis le fameux «Madame Bovary c’est moi» de Flaubert jusqu’à l’autofiction, le roman aura été beaucoup ausculté, analysé, expliqué. Mais jamais peut être le rapport de l’auteur à son œuvre n’aura été si joliment mis en abîme que...
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    On a beaucoup glosé sur le rapport de l’écrivain à son œuvre. Depuis le fameux «Madame Bovary c’est moi» de Flaubert jusqu’à l’autofiction, le roman aura été beaucoup ausculté, analysé, expliqué. Mais jamais peut être le rapport de l’auteur à son œuvre n’aura été si joliment mis en abîme que dans ce roman jubilatoire – pour le lecteur bien davantage que pour le narrateur – qui parcourt les chemins tortueux de l’inspiration littéraire.
    Nous voilà prévenus dès les premières lignes, le livre que nous sommes en train de lire est une «possibilité de roman» parmi d’autres : «Six débuts possibles. Des phrases sortent d’entre les autres, et je pourrais commencer ainsi: Nous marchions en direction de la place de la République lorsque Rivka m’a annoncé qu’elle mettait fin à notre liaison. Elle ne voulait plus continuer comme ça.»
    Cela faisait pourtant dix-neuf mois qu’il entretenait une liaison avec l’épouse du frère de sa copine et que leurs rendez-vous clandestins semblaient les satisfaire autant que les réjouir. C’est du moins l’avis de l’auteur qui ne comprend pas cette soudaine rupture. «C’est un début. J’ignore si c’est le bon. Parce qu’il faudrait préciser alors, et cela m’entraînerait dans une autre direction, impliquant un tout autre commencement, que j’étais d’ores et déjà déprimé, très, avant que Rivka m’annonce sa volonté de rompre.»
    Car comme on parle du «Baby blues», il existe pour le romancier une sorte de «Parution blues» quand le livre trouve le chemin des librairies et qu’il échappe à son auteur. En combinant le vide amoureux avec le vide de l’écriture, Serge Bramly a trouvé une manière élégante de dire son désarroi, son incompréhension face à cette double trahison. Son livre, tout comme Rivka, lui échappe : « J’entre en jachère, en hibernation tel le loir dont la neige ensevelit le territoire. Entretenus par des bourrasques de pensées désagréables, torpeur et désarroi vont durer de trois à six mois, je le sais; quelquefois davantage: le temps qu’un nouveau livre se mette en place, qu’il m’échauffe, m’emplisse, gonfle la baudruche de mon esprit et m’occupe en entier. »
    Il y aurait bien ce projet de livre sur les Allobroges, ce peuple des guerriers gaulois établis sur ce qui deviendra plus tard la Savoie et pour lequel il s’est déjà bien documenté, mais en attendant de trouver le bon angle d’attaque, l’inspiration créatrice qui lancera la rédaction de l’ouvrage, il aimerait bien que Rivka revienne.
    Et c’est là que Serge Bramly est grand. Il utilise toutes les ficelles du romancier pour emberlificoter son lecteur, le roman dans le roman, le retour en arrière dans une biographie qui, depuis sa Tunisie natale jusqu’aux tournées de promotion de ses précédents ouvrages, va tenter de comprendre l’origine de ses pannes. Il va même convoquer un sorcier mexicain pour sortir de son mal-être. Avant de nous révéler qui est cette Sensi du titre et qu’il pourrait bien être ce «figurant fictif d’une fiction» qui nous a enchanté tout en nous menant en bateau. Du grand art !
    http://urlz.fr/7EZF

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  • Ce roman traduit cette errance mentale qui nous permet de voyager avec le narrateur. L'écriture n'est pas fluide, le raconteur couche ses pensées comme elles viennent. Il pense beaucoup à la jeune femme. Il essaye, mais l'inspiration n'est pas au rendez-vous, d'écrire un nouveau roman. Ces deux...
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    Ce roman traduit cette errance mentale qui nous permet de voyager avec le narrateur. L'écriture n'est pas fluide, le raconteur couche ses pensées comme elles viennent. Il pense beaucoup à la jeune femme. Il essaye, mais l'inspiration n'est pas au rendez-vous, d'écrire un nouveau roman. Ces deux douleurs, aimer, écrire, s'entremêlent.
    Déroutant pour moi. Je vous avoue que je me suis accrochée pour lire jusqu'à la fin. Cependant pas de regret, les derniers chapitres nous éclairent sur l'entourage de l'auteur. On a aussi l'explication du titre.
    Ma chronique complète : https://vie-quotidienne-de-flaure.blogspot.com/2018/08/Pour-Sensi-Serge-BRAMLY.html

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  • Vous connaissez Serge Bramly ? Oui ? Bravo vous avez sans doute lu « Le premier principe-le second principe » qui lui a valu l’Interallié de 2008. Moi, avant de recevoir par la Poste son nouvel ouvrage, renseignement pris le vingt-neuvième ce qui pose un peu son auteur, je n’avais jamais entendu...
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    Vous connaissez Serge Bramly ? Oui ? Bravo vous avez sans doute lu « Le premier principe-le second principe » qui lui a valu l’Interallié de 2008. Moi, avant de recevoir par la Poste son nouvel ouvrage, renseignement pris le vingt-neuvième ce qui pose un peu son auteur, je n’avais jamais entendu son nom. Le plouc, quoi !
    Eh bien, le plouc s’est régalé, avalant, dans la journée, je n’ai rien fait d’autre, tant pis, ce livre passionnant.
    C’est un livre de souvenirs sur une période de sa vie où, à la joie et à l’excitation de voir un de ses romans sortir en librairie succéda, presqu’immédiatement, une double frustration ; littéraire, d’abord car le livre qui l’a tant occupé jusqu’alors lui devint « un étranger dont je me méfie. C’est mon livre et il ne m’appartient plus. Ta tâche est achevée, me dit-il. L’ingrat n’a plus besoin de moi, sinon pour assurer sa promotion. De même que Rivka, il a sa vie à lui, me fait-il comprendre, où je n’ai de part que périphérique et subalterne. » On ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec ce « baby blues » qu’éprouve souvent la jeune mère de famille de retour chez elle après l’accouchement.
    Les pages qu’il y consacre sont, pour le béotien que je suis, très éclairantes sur le phénomène de dépossession qu’il ressent, un peu comme le baby blues de la jeune mère de famille à son retour de clinique. Intéressants sont les passages où il décrit son rituel de travail ou celui de Giono bien éloigné du sien. J’ai beaucoup apprécié également le soin (certains diraient la coquetterie) qu’il met à éviter, lorsqu’on l’interroge sur sa profession, de se présenter comme écrivain ou la manière dont il utilise son entourage pour nourrir ses personnages. Il alimente et éclaire ses réflexions en citant Voltaire, Thérèse d’Avila, Edgar Poe, Kafka ou Flaubert, toujours à propos sans que l’on puisse penser, qu’il en rajoute.
    La seconde frustration, la plus importante, celle qui semble, si longtemps après, toujours à vif c’est la rupture d’une liaison adultère à son corps défendant. C’est le tout début du livre : « Nous marchions en direction de la place de la République lorsque Rivka m’a annoncé qu’elle mettait fin à notre liaison. Décision réfléchie, je le percevais au son de sa voix. Jugement sans appel. »
    C’est le fil conducteur, la plaie talentueusement grattée tout au long du récit dont le pouvoir évocateur emmène le lecteur à partager son tourment. Ca ne l’empêche pas de nous raconter de belle manière ses années 70, ses voyages, ses amis, ses parents, la mémoire qui déforme et pourquoi il n’a jamais écrit le roman historique sur la conjuration de Catilina que son éditeur attendait.
    Deux cents pages plus loin, le lecteur emballé par cette prose si claire, si érudite et si attachante, comprendra enfin le choix du titre, et la genèse du Réseau Melchior, le roman qui permit de conserver la confiance de l’éditeur et que je vais me procurer sans tarder, tant ma lecture d’aujourd’hui en appelle d’autres. Il saisira le cadeau Pour Sensi, que constitue ce livre et appréciera la beauté de la dernière page, et en particulier cette dernière phrase : « L’écriture, ce n’est pas un simple mode d’évasion ou d’appréhension, c’est d’abord cet ouvrage d’aiguille, une réparation, un fin ravaudage, la couture qui rappellera longtemps, aussi longtemps que possible, ce qui a existé. »

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