Pleurer des rivières

  • La vie, c’est parfois cruellement injuste. Tenez, regardez ces deux couples … Il y a d’un côté du périphérique Julien et Séverine, respectivement avocat et autrice d’albums jeunesse, et de l’autre côté Franck et Mériem, lui est ferrailleur, elle est mère au foyer.

    Alors que Séverine peine à tomber enceinte, et que c’est là son souhait le plus cher, Meriem, à Vingt-huit ans, attend un huitième enfant non désiré, fruit d’une étreinte et du poids moral de la communauté gitane, qui proscrit tant la contraception que l’IVG.

    ‘Les allocs, ça aide mais huit enfants, la vieille mère, le camion kaput, le môme il va venir, on va l’accueillir mais on s’en passerait bien. Avorter, on n’y pense même pas, on est des chrétiens, on n’ira pas en enfer… "

    La vie, c’est aussi parfois des hasards incroyables, des rencontres improbables. De celles qui permettent à des gens qui n’auraient jamais dû se croiser de se trouver au même endroit, au même moment, à un carrefour de leurs vies respectives.

    C’est ainsi que Julien va être amené à défendre Franck. C’est ainsi que ces deux femmes vont se rapprocher, que leurs existences vont se cogner l’une à l’autre. C’est ainsi que va naître une inimaginable alliance.

    Alain Jaspard livre un premier roman poignant. La langue est belle, crue, lumineuse, peu conventionnelle (j’adore !!) et colle parfaitement à la peau de chacun des personnages. La plume, délicieusement incisive se fait haletante. On souffre pour chacun d’eux.

    Pleurer des rivières (paru aux Editions Héloïse d'Ormesson),c’est un torrent bouillonnant, un torrent qui vous emporte dans un univers fait d’émotions ombilicales, d’humour, et de larmes, et ce jusqu’à la dernière ligne de cette histoire hors normes.

    L’auteur aborde des sujets sensibles, tels que le « vivre ensemble au-delà des différences », la filiation, les liens du sang, le poids des traditions , la marginalité (où commence-t"elle ?) et celui de la société, qui range trop souvent dans des cases, dès la naissance, en fonction du milieu socio-culturel dans lequel on grandit.

    Pleurer des rivières , c’est un roman qui déborde de vie, et de générosité. Comme son auteur.

    « Le royaume des larmes est mystérieux et n’y entre pas qui veut ».

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