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Peau d'homme

Couverture du livre « Peau d'homme » de Hubert et Zanzim aux éditions Glenat
  • Date de parution :
  • Editeur : Glenat
  • EAN : 9782344010648
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Sans contrefaçon, je suis un garçon !

Dans l'Italie de la Renaissance, Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un riche marchand, jeune et plaisant. Le mariage semble devoir se dérouler sous les meilleurs... Voir plus

Sans contrefaçon, je suis un garçon !

Dans l'Italie de la Renaissance, Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un riche marchand, jeune et plaisant. Le mariage semble devoir se dérouler sous les meilleurs auspices même si Bianca ne peut cacher sa déception de devoir épouser un homme dont elle ignore tout. Mais c'était sans connaître le secret détenu et légué par les femmes de sa famille depuis des générations : une « peau d'homme » ! En la revêtant, Bianca devient Lorenzo et bénéficie de tous les attributs d'un jeune homme à la beauté stupéfiante. Elle peut désormais visiter incognito le monde des hommes et apprendre à connaître son fiancé dans son milieu naturel. Mais dans sa peau d'homme, Bianca s'affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l'amour et la sexualité.

La morale de la Renaissance agit alors en miroir de celle de notre siècle et pose plusieurs questions : pourquoi les femmes devraient-elles avoir une sexualité différente de celle des hommes ? Pourquoi leur plaisir et leur liberté devraient-ils faire l'objet de mépris et de coercition ? Comment enfin la morale peut-elle être l'instrument d'une domination à la fois sévère et inconsciente ?

À travers une fable enlevée et subtile comme une comédie de Billy Wilder, Hubert et Zanzim questionnent avec brio notre rapport au genre et à la sexualité... mais pas que. En mêlant ainsi la religion et le sexe, la morale et l'humour, la noblesse et le franc-parler, Peau d'homme nous invite tant à la libération des moeurs qu'à la quête folle et ardente de l'amour.

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Articles (1)

Avis (3)

  • Bianca est une très jolie jeune fille que l'on done à marier à Giovanni.
    Sa tante qui n'a pas de fille transmet à Bianca un bien qui se transmet de femme en femme. Une peau d'homme.
    Grâce à cette peau Bianca devient Lorenzo ce qui lui permet de faire connaissance de Giovanni.
    Mais...
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    Bianca est une très jolie jeune fille que l'on done à marier à Giovanni.
    Sa tante qui n'a pas de fille transmet à Bianca un bien qui se transmet de femme en femme. Une peau d'homme.
    Grâce à cette peau Bianca devient Lorenzo ce qui lui permet de faire connaissance de Giovanni.
    Mais lorsqu'ils tombent réciproquement amoureux...

    Véritable coup de cœur pour cet ouvrage beau pour le fond et la forme. Tellement de sujets traités et bien traités...

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  • Ce roman graphique est une petite merveille !

    Cela commence comme un conte, le titre d'ailleurs est un peu un clin d'oeil à Charles Perrault et son "Peau d'âne". L'action se passe dans une ville italienne de la renaissance comme Florence. Bianca est en âge de se marier. Ses parents lui...
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    Ce roman graphique est une petite merveille !

    Cela commence comme un conte, le titre d'ailleurs est un peu un clin d'oeil à Charles Perrault et son "Peau d'âne". L'action se passe dans une ville italienne de la renaissance comme Florence. Bianca est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent le fils d'un riche marchand, Giovanni. Il est beau et jeune, c'est déjà ça ! Mais Bianca aurait aimé donner son avis, faire son choix, ou au moins apprendre à connaître son promis avant le mariage qui aura lieu dans une quinzaine.

    Bianca est triste et sa douce marraine l'emmène chez elle pour la préparer et lui parle d'un secret.
    Dans sa famille depuis des générations se transmet un objet magique, une peau d'homme !
    En l'enfilant, Bianca va avoir l'occasion de se glisser dans la peau de Lorenzo ce qui lui permettra d'approcher et de cotoyer son futur mari. Ce n'est pas tout, elle va découvrir ce que c'est d'être un homme et lui permettre de mieux comprendre comment ce monde fonctionne. Tout un programme qui lui fera découvrir le sexe et s'affranchir des limites imposées aux femmes.

    Nous sommes à l'époque où l'inquisition sévit encore et la religion prend de plus en plus de place dans la société, c'est le frère de Bianca devenu Fra Angelico qui la représente. Il est devenu prêtre, prédicateur chassant à tout va les corps, les seins, les oeuvres d'art les représentant. Il est moralisateur devenant intégriste chassant et rejetant le sexe, la luxure et la concupiscence, s'attaquant tout d'abord aux femmes "pêcheresses", punies, tondues, fouettées pour adultère. Il imposera par tous les moyens la bienséance morale.

    Ce roman graphique est un magnifique plaidoyer défendant les femmes mais aussi le droit d'aimer qui l'on veut. Il défend la cause homosexuelle avec brio, le droit à la différence. Il met en avant le droit à la sexualité différente pour les femmes et pour les hommes, un droit à l'égalité.

    Ce roman est une véritable pépite !

    Les dessins sont colorés, les décors épurés et les visages très expressifs. Les couleurs adaptées au récit. Tous les ingrédients pour un arrêt dans le temps et une lecture magnifique. Un conte libertin cruel à lire absolument.

    Gros coup de ♥

    Les jolies phrases

    Il serait fort utile pour une femme de connaître la vie et les sensations de l'autre sexe, tant les hommes sont pour nous un continent étranger, aux moeurs fort éloignées des nôtres.

    Nos religieux sont bien oecuméniques ! Ils prient la Sainte Trinité le jour, Bacchus la nuit, et Manon tout le temps.

    Tu sais ici les filles sont gardées sous clé, alors on passe sa vie entre garçons, on se baigne, on lutte, on dort dans le même lit... Ce corps ami qui ressemble tellement au nôtre et qui s'épanouit, comment ne pas s'en éprendre ? Les filles sont si loin, si étrangères ! On découvre son corps et les plaisirs qu'il peut nous donner, alors pourquoi ne pas partager ces plaisirs avec ses amis les plus proches ?

    Eh bien, si on arrêtait de considérer les Femmes comme des êtres inférieurs, peut-être que ça irait mieux pour tout le monde.

    Je suis jalouse du désir que vous avez pour lui et pas pour moi. J'aimerais être tout pour vous en tant que femme.

    J'ai un corps et je n'en ai pas honte. En soi, il n'est ni bon, ni mauvais. Ce n'est pas lui le problème; c'est ton regard qui est sale ! Pourquoi crois-tu que la vue d'un corps nu puisse faire perdre aux femmes leur tempérance ? Parce que tu les crois semblables à toi !
    Si tu étais aussi saint que tu le prétends, tu ne craindrais pas la vue d'un corps, même celui d'une femme nue ! C'est ta concupiscence qui te fait voir les femmes comme des tentatrices lubriques. C'est parce que tu es obnubilé par ton propre désir que tu les veux couvertes de la tête aux pieds.

    https://nathavh49.blogspot.com/2020/07/peau-dhomme-hubert-zanzim.html

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  • Il était une fois …

    Comme souvent dans les œuvres d’Hubert, le récit adopte la forme du conte traditionnel. Ceci se voit dès le titre qui est un clin d’œil à l’œuvre de Perraul, « Peau d’âne ». L’histoire se passe en un lieu et un temps indéterminés, mais comme dans « le Boiseleur », on peut...
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    Il était une fois …

    Comme souvent dans les œuvres d’Hubert, le récit adopte la forme du conte traditionnel. Ceci se voit dès le titre qui est un clin d’œil à l’œuvre de Perraul, « Peau d’âne ». L’histoire se passe en un lieu et un temps indéterminés, mais comme dans « le Boiseleur », on peut reconnaître l’époque du la haute Renaissance et peut être l’Italie avec l’architecture et les noms choisis. On a une bonne marraine, un objet magique, une jeune fille pure et innocente (ce que souligne son prénom), une quête, des méchants au sein même de la famille (et là on retrouve plutôt « les ogres-dieux ») et un dénouement en apparence heureux.

    Le dessin coloré de Zanzim, faussement naïf, est à l’avenant : les héros sont très reconnaissables ( le nez de Giovanni, les grands yeux bleus de Bianca qui permettent de la retrouver aussi sous les traits de Lorenzo, la silhouette tout en raideur et les yeux noirs de Fra Angelo…) ; les décors sont épurés, les personnages cernés de noir dans la tradition de la ligne claire ; les visages- sans être caricaturaux- sont très expressifs et les sentiments sont souvent exprimés à l’aide de codes graphiques comme des petits tourbillons pour marquer l’émoi ou des nuages noirs pour signifier la colère. L’ensemble est d’une grande lisibilité. Les cinq chapitres du conte sont tous introduits par une page de titre avec des enluminures, on observe de nombreuse pleines pages qui décrivent une succession d’actions avec déplacements des mêmes personnages et se lisent de gauche à droite et de haut en bas ou encore des pages muettes souvent sans bordure de cases qui rappellent la composition des livres d’étrennes victoriens pour enfants.

    Un conte libertin

    Mais attention, ce livre n’est pas à placer entre toutes les mains ! Il s’apparente aux contes libertins et fourmille de petits détails coquins. Ainsi dès la page d’ouverture , on observe un détail incongru dans les enluminures : ne peut-on pas y voir, reproduit clairement au milieu de la page, un vagin ? On remarquera aussi la très drôle succession des plans quand la pucelle Bianca vêtue de sa peau d’homme découvre avec étonnement la transformation de son appendice masculin sous l’effet de ses caresses et ce qui s’ensuit … avec le passage sans transition à un plan d’ensemble sur le parc de la marraine et ses statues crachant des jets d’eau ! On citera encore le graphisme en ombres chinoises pour représenter les étreintes des amants qui reprend les représentations des théâtre d’ombres pornographiques du XVIIIe, la queue dressée des chats (allusion symbolique que l’on retrouve aussi dans « l’Olympia » de Manet) et bien sûr toutes les saynètes se déroulant en arrière ou en avant plan dans les scènes au « Chat qui louche » et le savoureux décalage de la double entente du poème du Peccorino et du contexte dans lequel il est déclamé. Bref, c’est drôle, léger, pétillant …et même oserait-on dire : jouissif !

    Traité sur la tolérance

    Pourtant, ce n’est pas qu’un simple exercice de style gratuit car Hubert aurait pu reprendre à son compte les mots de La Fontaine « en ces sortes de fables , il faut instruire et plaire / et conter pour conter me semble peu d’affaire » . Derrière la drôlerie et la légèreté, des sujets graves sont abordés. L’idée de cette œuvre est venue au scénariste après les manifestations contre le mariage pour tous en 2013. Ecœuré, blessé et même apeuré par les réactions haineuses à l’égard de la communauté homosexuelle, il a pensé écrire un brûlot inspiré de son expérience personnelle qu’il aurait intitulé « Débaptisez-moi » ! Ceci aurait été dans la continuité de « la ligne droite » dans laquelle il racontait la difficile acceptation de son homosexualité à l’adolescence dans un milieu catholique intégriste ou dans celle de l’ouvrage collectif « les gens normaux » qu’il avait coordonné et dirigé et qui en dix témoignages en bande dessinée et cinq articles de spécialistes universitaires cherchait à faire réfléchir le lecteur sur la notion d’acceptation de soi et des autres, et interrogeait sur celle de « normalité » en prônant avant tout la tolérance.

    Hubert, a finalement décidé de changer complètement de stratégie : plus de pamphlet ni d’attaque directe ; un détour par la fiction, le merveilleux et l’atemporalité ; un ouvrage très coloré (alors que « les gens normaux » mis en bande dessinée par dix dessinateurs différents était intégralement en noir et blanc) mais toujours un même message : celui de tolérance. A travers un langage résolument anachronique, il donne le mode de décryptage de son conte philosophique qui parle en fait de notre monde d’aujourd’hui et traite de problèmes sociétaux très actuels. Ainsi, il aborde certes la question de l’homosexualité et de sa diabolisation, mais également celle de l’homoparentalité, de la famille recomposée, de la montée des intégrismes, de la place de l’art et de la femme dans la société. L’héroïne est suffisamment subtile et intelligente pour contourner les obstacles et ne pas se laisser imposer sa voie : elle fera ses propres choix et restera maîtresse de son corps et de son destin de façon très avant-gardiste .C’est également elle qui assure la narration dans les récitatifs ; ceci constitue une dernière pirouette amusante puisque le lecteur de bande dessinée -majoritairement masculin- expérimente ainsi métaphoriquement ce que vit Bianca en se retrouvant, grâce à la voix off, dans la peau d’une femme avec un regard féminin qui n’épargne nullement la gente masculine ! Peut-être une expérience salvatrice pour certains… qui sait ?

    Cet album merveilleux est aussi un merveilleux album, peut être l’un des plus joyeux d’Hubert (malgré son épilogue doux-amer) entre Marivaux pour les quiproquo et la confusion de sentiments, « Victor, Victoria » de Blake Edwards pour la réflexion sur le rapport au genre et à l’identité et « Tootsie » de Sydney Pollack et « Some like it hot » de Billy Wilder pour l’humour, les savoureux dialogues et le rythme. Le tandem qu’il forme avec Zanzim, son complice de toujours, fonctionne admirablement tout en se renouvelant. C’est donc avec une immense tristesse qu’on se dit que cet éblouissement crée par ce duo sera le dernier puisque le scénariste nous a quittés en février dernier… Si « Viva Lorenzo » fleurit sur les murs de la ville imaginaire, j’ai envie de conclure par un « Vive Hubert » !

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