Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Patagonie

Couverture du livre « Patagonie » de Michele Teysseyre aux éditions Serge Safran
Résumé:

1905. Louis Capelle voit sa scierie réduite en cendres à la suite d'un incendie et celle qu'il aime en épouser un autre. Désespéré, endetté, il décide, via Barcelone, de prendre le bateau pour l'Amérique, Buenos Aires et la Patagonie, terre qui regorge de richesses minières et sur laquelle il... Voir plus

1905. Louis Capelle voit sa scierie réduite en cendres à la suite d'un incendie et celle qu'il aime en épouser un autre. Désespéré, endetté, il décide, via Barcelone, de prendre le bateau pour l'Amérique, Buenos Aires et la Patagonie, terre qui regorge de richesses minières et sur laquelle il fonde de grands espoirs. Pour rembourser la dette qui le lie, il finit par travailler comme un forcené sur un îlot du Rio Paraná, dans une grande solitude que ne peuvent rompre la fréquentation des autochtones ni celle des femmes de mauvaise vie.
C'est à partir d'une maigre correspondance épistolaire entre deux continents qu'une de ses descendantes tente de marcher sur les pas de cet homme mélancolique, honnête et courageux. Son histoire singulière se trouve être au coeur d'un puzzle généalogique dont la passionnante exploration n'élucide pas tous les mystères.

Donner votre avis

Avis (1)

  • Captivant, empreint de ce souffle magnétique d’Argentine, « Patagonie » est le livre des destinées. Fusionner à corps et à cris avec les déchirures des départs forcés. Eteindre cette Terre Latine à pleins bras. Vaciller sous la force du vent, de l’âpre en Patagonie, la rebelle, l’hostile, la...
    Voir plus

    Captivant, empreint de ce souffle magnétique d’Argentine, « Patagonie » est le livre des destinées. Fusionner à corps et à cris avec les déchirures des départs forcés. Eteindre cette Terre Latine à pleins bras. Vaciller sous la force du vent, de l’âpre en Patagonie, la rebelle, l’hostile, la sauvage et sublime. On se confond dans l’ombre de Louis Capelle en partance en Amérique du Sud. L’incipit entonne la première gamme dans un hors pair sans faille aucune. « La première lettre ne vient pas de là-bas. Elle a été écrite, il y a plus d’un siècle, sur le balcon d’une auberge de Puegerdà. » On reste immobile, au regard de ce voyage sans retour. Cet homme altier, maître de ses heures, fuyant l’adversité brûlée, une scierie écroulée sous les flammes, des dettes cendres d’intégrité et d’honneur abolis. Une femme, celle qu’il aime, mariée vite, trop vite à un autre, l’adversaire, épouvantail de la trahison. Bâtir une citadelle symbolique, détruite, tel un château de cartes envolées par cette tornade évènementielle. Ivre de ses malheurs, le cœur aux abois, il fuit. L’Argentine est le pays des espérances, des abandons, des larmes cachées sous l’oreiller vierge de femme. Des bagages lourds d’un avant meurtri dans sa chair. Voilà où se trouve Louis Capelle. L’histoire est belle, délicate. On aime cet homme par-dessus le toit du monde. Echappé des flammes intestines. Il foule cette terre qui ignore son passé, si vaste à se perdre. Cette quête existentialiste abreuve ses forces. Il va œuvrer au remboursement de ses dettes. La scierie doit s’effacer de sa conscience. Louis Capelle est taiseux, laborieux, intègre jusqu’au profond de la nuit argentine. Il va chercher sa voie. Le retour en ses racines. Creuser les sillons de son identité. Les morceaux d’un puzzle qui rassemble l’épars généalogique. Louis Capelle va se creuser un havre immense et encerclé de ses secrets. Modeler un espace à son image. S’abreuver à l’intime des lieux. L’Ilot du Rio Paramà devient subrepticement son double avéré. Cet homme de combat qui transforme la solitude en levier pour juste se maintenir en vie. Les silences échappés des heures les plus chaudes, où ses mains deviennent rides ensanglantées par ce trop-plein de labeur et de souffrances. La Patagonie n’est pas une chute des hasards. Elle est repentance. Ici, dans ce pays où les frontières n’ont pas de griffes, la rencontre peut être belle. Elle apprivoise les immigrés et ses étendues sont des sources salvatrices. Louis Capelle se mure, s’enferme. L’attachement pour ce dernier enchante le crescendo. On ressent cette mélodie d’affection pour lui. Cet homme dont il ignore le pavlovien d’un amour renouvelé. Cet homme broyé d’amertume trouvera-t-il l’initiatique recommencement ? Ce livre est une rencontre avec l’Argentine, la si belle. Avec un homme aux mille vertus. Un homme qui ose la fuite sans cette lâcheté qui foudroie. Michèle Teysseyre délivre un récit poignant, tremblant, une couverture de laine pour les matins frais. Une ode à l’homme et à sa persévérance. Beau à pleurer. Publié par les Editions Serge Safran qui prouvent une nouvelle fois une haute qualité éditoriale.

    thumb_up J'aime comment Réagir (0)

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.