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Parias

Couverture du livre « Parias » de Beyrouk aux éditions Sabine Wespieser
Résumé:

Tout ramène le père et le fils, dont les récits alternent dans cet envoûtant roman, au drame qui a fait éclater leur famille.
Le père est en prison. Dans une longe mélopée adressée à la femme qu'il est parvenu à épouser et qu'il aime encore aveuglément, il convoque les prémices enchantées de... Voir plus

Tout ramène le père et le fils, dont les récits alternent dans cet envoûtant roman, au drame qui a fait éclater leur famille.
Le père est en prison. Dans une longe mélopée adressée à la femme qu'il est parvenu à épouser et qu'il aime encore aveuglément, il convoque les prémices enchantées de leur histoire et les souvenirs des jours heureux, mais également l'engrenage des mensonges et de la jalousie. Pour elle, le jeune étudiant issu d'une tribu nomade était prêt à tout : s'inventer un passé, rompre avec les siens, vendre son cheptel et, grâce à cet argent, lui offrir l'avenir chimérique dont elle rêvait. Maintenant que tout est perdu, il se remémore ce monde du désert qu'elle méprisait, la vie d'errance à laquelle il a renoncé, au rythme du soleil, des étoiles et des bêtes.
Leur fils, enfant des quartiers pauvres, n'a pas supporté le silence des dunes, l'école coranique, l'eau qu'il fallait aller puiser. Il s'est vite réfugié chez des amis de ses parents. Les batailles rangées entre bandes rivales, les soirs à regarder le foot à la télévision, les menus larcins, l'empêchent de trop penser à sa mère qu'il adorait. Parfois, il traîne aux alentours de la prison. Et aussi près de la maison de sa petite soeur, Malika, qui lui manque mais qu'on lui interdit de voir.
En écho à la voix puissante et désespérée de son père, celle naïve et bouleversante du garçon vient ancrer la tragédie intime qu'ils partagent dans un saisissant contraste entre croissance urbaine et habitudes ancestrales des Bédouins. Ce n'est pas la moindre qualité de Parias que d'inscrire dans l'universel ces destins si singuliers avec une telle force d'émotion.

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Avis (2)

  • Qu'il est beau cet texte. Le père, dans une langue belle écrit son amour inconsidéré pour la jeune femme qu'il rencontre. Prêt à tout pour la conquérir et la garder, quitte à se mettre les deux familles à dos. Il y parle poésie, lui le nomade qui a renoncé à la vie de ses ancêtres pour...
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    Qu'il est beau cet texte. Le père, dans une langue belle écrit son amour inconsidéré pour la jeune femme qu'il rencontre. Prêt à tout pour la conquérir et la garder, quitte à se mettre les deux familles à dos. Il y parle poésie, lui le nomade qui a renoncé à la vie de ses ancêtres pour s'installer en ville. Mais vite, il aborde la difficile mixité sociale, l'amour qui s'effiloche, l'obligation d'éloignement pour le travail qui sépare les corps et les cœurs.

    "Moi, je n'ai jamais su atteindre les côtes dont je rêvais pourtant. Je voulais aller là où vous étiez, toi et les enfants, me baigner chaque jour de la calme sérénité des moments tranquilles, connaître le langage de tous les jours, les habitudes de chaque instant, les rires, les fâcheries, les petites joies et les petites peines, je ne demandais rien que cela, le bonheur des gens modestes, et je ne l'ai même pas eu." (p.154/155)

    Le passé simple donne à la lettre du père une classe et un charmes désuet, comme s'il pouvait enfin écrire à sa bien-aimée tout ce qu'il n'a pas pu lui dire. C'est beau, tout simplement.

    A l'inverse, le récit du fils est beaucoup plus oral, c'est un pré-ado qui s'exprime. Le calme, la force et le désespoir du père en sont renforcés. Élevé par un ami, il traîne dans les rues du PK7, se bagarre, chaparde, ce qui lui évite de trop penser aux disparus, sa mère et son père qui refuse qu'il vienne le voir à la prison ainsi que sa petite sœur, Malika, recueillie par un oncle qui refuse de le voir. C'est un récit plus direct, plus naïf qui en écho à celui du père permet de comprendre la globalité de leur histoire familiale.

    J'ai déjà lu Beyrouk et son formidable Le griot de l'émir. De nouveau, je suis séduit par son livre, son écriture, la finesse, l'élégance et la beauté d'icelle.

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  • # Rentrée littéraire 2021

    Un écrivain mauritanien, d'expression française, Beyrouk (ولد بيروك) , qui a déjà écrit plusieurs nouvelles et des ouvrages (par exemple « Et le ciel a oublié de pleuvoir » - « Le Tambour des larmes » - « Je suis seul »…..), nous offre pour cette rentrée littéraire...
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    # Rentrée littéraire 2021

    Un écrivain mauritanien, d'expression française, Beyrouk (ولد بيروك) , qui a déjà écrit plusieurs nouvelles et des ouvrages (par exemple « Et le ciel a oublié de pleuvoir » - « Le Tambour des larmes » - « Je suis seul »…..), nous offre pour cette rentrée littéraire Hiver 2021, « Parias » (Sabine Wespieser Editeur).

    Un ouvrage composé de divers chapitres, un roman à deux voix : celle du père et celle du fils.
    Le père, en prison, clame son amour à son épouse disparue. le fils, a quitté la maison familiale après « ça » . Il vit désormais chez une famille de substitution (avec le Père Moud, sa femme Mère Maria et les autres enfants, dans le quartier PK7. Il est passionné de football et a un grand ami, Momo qui lui explique comment réaliser certaines « combines » et s'entendent comme larrons en foire – ils vont au Play : « Au Play parfois y'a pas de jeu, y'a pas de foot, que les films du cinéma indien » - – se battre contre les enfants des autres PK, ils reluqent les filles. Pour le fils, il y a la gentille et belle Sara….
    Par contre, l'oncle-le-frère-de-sa-mère, lui interdit de voir sa sœur Malika, alors il le fait en se cachant car il adore sa petite sœur qui lui manque beaucoup.

    C'est un ouvrage émouvant, écrit avec une grande sensibilité, où Beyrouk note la différence entre le monde moderne et les traditions des Bédouins. Il ne manque pas d'ajouter quelques touches d'humour ainsi que des petits poèmes et ça fonctionne. le lecteur est pris dans cette engrenage en suivant page après page, chapitre après chapitre, l'évolution des faits.
    « Paris » de Beyrouk m'a tellement touchée que je l'ai lu en une soirée (183 pages) : facile.

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