Oyana

Couverture du livre « Oyana » de Eric Plamondon aux éditions Quidam
  • Date de parution :
  • Editeur : Quidam
  • EAN : 9782374910932
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

« S'il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d'expliquer sa vie. » Elle a fait de son existence une digue pour retenir le passé. Jusqu'à la rupture. Elle est née au pays Basque et a vieilli à Montréal. Un soir de mai 2018, le hasard la ramène brutalement en arrière. Sans savoir encore... Voir plus

« S'il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d'expliquer sa vie. » Elle a fait de son existence une digue pour retenir le passé. Jusqu'à la rupture. Elle est née au pays Basque et a vieilli à Montréal. Un soir de mai 2018, le hasard la ramène brutalement en arrière. Sans savoir encore jusqu'où les mots la mèneront, elle écrit à l'homme de sa vie pour tenter de s'expliquer et qu'il puisse comprendre. Il y a des choix qui changent des vies. Certains, plus définitivement que d'autres. Elle n'a que deux certitudes : elle s'appelle Oyana et l'ETA n'existe plus.

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  • « Je te dois un tas d’explications. Ça risque d’être long. J’essaie depuis plusieurs jours de trouver comment le faire. Quoi qu’il en soit, j’ai décidé de ne pas te demander pardon. Ce que je te demande, c’est d’essayer d’au moins comprendre en dépit des raccourcis inévitables.» C'est ainsi que...
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    « Je te dois un tas d’explications. Ça risque d’être long. J’essaie depuis plusieurs jours de trouver comment le faire. Quoi qu’il en soit, j’ai décidé de ne pas te demander pardon. Ce que je te demande, c’est d’essayer d’au moins comprendre en dépit des raccourcis inévitables.» C'est ainsi que débute ce roman aussi court que percutant mettant en scène Oyana, une femme qui a fui son pays basque natal dans les années 90 et qui a voulu occulter son passé douloureux.
    Aujourd'hui, elle éprouve le besoin de prendre l’air. Quand celui qui partage sa vie part son travail, elle va marcher au Parc du Mont Royal, En ce Le 5 mai 2018, elle n’imagine pas encore qu’elle effectue là l’une de ses dernières sorties au Québec. La veille au soir, en parcourant un journal qui trainait dans le restaurant japonais où elle dînait, une brève avait retenu son attention: l’ETA a cessé d’exister. Finie la lutte armée.
    Cette nouvelle la ramène vingt-trois ans en arrière, au moment où elle prenait la direction du Mexique pour échapper à la police. ETA n’existe plus, mais «que peut-il rester de tout ça? Les traumatismes dans les mémoires? Le nombre de cadavres depuis 1953?» À toutes ces questions vient désormais s’ajouter celle qui hante l’esprit d’Oyana: faut-il rentrer et affronter son passé?
    Éric Plamondon, avec le sens de la tension dramatique qu’il avait déjà développé à merveille dans Taqawan, son précédent roman, va travailler par cercles concentriques, racontant d’une part la fin des années 90 avec l’arrivée au Mexique, sa rencontre avec Xavier Langlois le Canadien et d’autre part les «années de plomb» au Pays Basque.
    Avec elle, on va feuilleter l’album aux souvenirs, l’amour rédempteur, l’installation au Québec après des vacances aux États-Unis. Et cette relation construite sur la légende d’une orpheline grandissant auprès d’un tonton Joxe et d’une tatie Cristina.
    «Je n’arrêtais pas de te dire que je ne voulais pas parler du passé mais du futur.» Mais désormais il est temps de revenir à cette fille du Pays basque, née le 20 décembre 1973, le jour d’un attentat de l’ETA.
    C’est sous la forme d’une confession, d’une lettre laissée à son compagnon que nous allons découvrir comment elle se retrouvée impliquée dans la mouvance indépendantiste, comment sans le vouloir elle a été impliquée dans la mort d’une mère et de son enfant et pourquoi elle a dû fuir, un nouveau passeport au nom de Nahia Sanchez en poche. Chronique des années d’un combat aussi idéaliste qu’inégal, mais aussi récit d’un engagement et d’une série d’attentats qui ont ensanglanté l’Espagne et la France, cette douloureuse litanie ne va mener qu’à une seule certitude: la peine des proches, des familles, des amis.
    En débarquant à Paris, Oyana ne sait ce qui l’attend, si elle va pouvoir retrouver une vie sereine, comment ses parents et amis vont réagir. Une incertitude qu’elle a envie de surmonter pour retrouver ses vraies racines, car «le Territoire est un langage. Si on ne le parle pas dès l’enfance, il manque toujours quelque chose. »
    Éric Plamondon pose en creux cette question: tous les terroristes se valent-ils? Ceux de Daech et ceux qui ont lutté pour l’indépendance basque, pour ne prendre que deux exemples. Ce faisant, il nous explique aussi que ces groupuscules ont une capacité d’entrainement, une dynamique qui fait qu’on ne saurait les trahir pour ne pas se retrouver au ban de la communauté, voire même devenir complice. Avec des conséquences dramatiques. Cette fin d’un monde chantée par Otis Taylor.
    https://collectiondelivres.wordpress.com/2019/03/25/oyana/

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  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/03/oyana-deric-plamondon.html

    " S'il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d'expliquer sa vie" - Marguerite Yourcenar

    Mai 2018. La narratrice Oyana, installée depuis une vingtaine d'années à Montréal, apprend la dissolution de l'ETA,...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/03/oyana-deric-plamondon.html

    " S'il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d'expliquer sa vie" - Marguerite Yourcenar

    Mai 2018. La narratrice Oyana, installée depuis une vingtaine d'années à Montréal, apprend la dissolution de l'ETA, l'organisation terroriste basque. Cette information la plonge dans son passé qu’elle a caché à son compagnon Xavier qui partage sa vie depuis qu'elle l'a rencontré à Mexico en 1995. Incapable de lui parler, elle choisit de lui écrire pour lui révéler sa face cachée avant de s'enfuir. " Peut-être que cette lettre va te détruire mais ne pas l'écrire m'est impossible. J'ai décidé de te dire toute la vérité, juste la vérité. Ce ne sera facile ni pour toi ni pour moi. Me taire n'a plus lieu d'être."

    Oyana est née en 1973 au pays basque le jour où a eu lieu un attentat qui a coûté la vie d'un membre imminent de l'entourage de Franco. Oyana ne parle pas le basque et ne milite aucunement jusqu'au jour où son ami Manex se fait tuer dans un bar à l'occasion d'une intervention de la police pour interpeller des activistes. Manex était aussi pacifiste qu'elle. Peu après elle rencontre Mikel, un militant engagé et apprend par sa mère la vérité sur ses origines. Peu à peu elle se laisse gagner par la cause basque tout en refusant la violence. Jusqu'au jour où sa vie bascule à la suite d'un drame qui va la hanter toute sa vie...

    Oyana va avouer à Xavier ce drame et le secret de ses origines, lui avouer qu'elle vit sous une fausse identité avec un faux passé, avant de retourner en Europe sur les traces de son passé à la rencontre de ses parents qu’elle n'a pas vus depuis plus de vingt ans. Mais sera-t-elle la bienvenue dans son pays?

    Le récit est constitué de courts chapitres, l'auteur insère tout au long du texte des coupures de presse, des rappels de faits historiques sur l'ETA, des éléments sur la tradition de la chasse à la baleine au Canada, des informations sur l’industrie développée par les ancêtres basques d'Oyana au Canada. Il est aussi question de la traversée de l'Atlantique et de la remontée du Saint Laurent par les baleines ce qui nous vaut la magnifique couverture de ce roman. Eric Plamondon insère des documents comme la déclaration finale de l'ETA au peuple basque nous fournissant énormément d'informations sur l'histoire politique du pays Basque et la guerre d'Espagne. J'avoue que de retrouver la même construction que dans Taqawan m'a déçue mais peut-être est-ce la marque de fabrique de cet auteur... Cependant cette technique ne m'a pas donné l'impression de fouillis comme cela avait été le cas avec Taqawan. Identité, remords, culpabilité et désir de rédemption traversent ce court récit très instructif. Un beau moment de lecture qui entremêle l'histoire intime d'Oyana, héroïne émouvante, l'histoire du pays Basque et la splendeur de la nature. Cerise sur le gâteau : après une mise en tension bien maîtrisée et quelques rebondissements, le dénouement est complètement inattendu.

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  • Il y a un peu plus d'un an, je découvrais Eric Plamondon par la grâce de saumons qui remontent le cours des rivières pour rejoindre leur lieu de naissance et que l'on nomme alors Taqawan. Cette fois, il est question de baleines qui traversent l'Atlantique et remontent le Saint-Laurent. Ce qui...
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    Il y a un peu plus d'un an, je découvrais Eric Plamondon par la grâce de saumons qui remontent le cours des rivières pour rejoindre leur lieu de naissance et que l'on nomme alors Taqawan. Cette fois, il est question de baleines qui traversent l'Atlantique et remontent le Saint-Laurent. Ce qui nous vaut, en plus de textes forts et interpellant, un début de collection de poissons via les magnifiques illustrations des couvertures. Il serait néanmoins dommage de prendre ça pour un gadget. Tout comme dans Taqawan, le sort des indiens était lié à celui des saumons, il faut parfois se pencher sur les liens historiques entre deux continents pour essayer de comprendre le présent.

    "S'il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d'expliquer sa vie". Quel bel exergue, emprunté à Marguerite Yourcenar pour introduire la prise de parole de l'héroïne de ce roman, Oyana, alors qu'elle écrit une lettre à son mari, Xavier, qu'elle s'apprête à quitter. Car cela fait vingt-trois ans qu'elle vit sous une fausse identité, loin de chez elle, loin du Pays-Basque, loin des agissements de l'ETA dont elle vient d'apprendre la dissolution. Cela fait vingt-trois ans qu'elle vit à Montréal, respectable femme de médecin, sans parvenir à chasser le remord du creux de son ventre. Alors sous sa plume, nous allons, en même temps que son mari, découvrir son histoire, liée à des siècles d'histoire chahutée.

    On retrouve avec grand plaisir la mécanique exploratoire de l'auteur qui élargit le spectre pour mieux mettre en perspective la complexité des choix individuels dans des environnements qui offrent peu de marges de liberté. Avec au centre, la question de l'identité. Forgée par l'histoire, par nos ancêtres mais également cachée, transformée ou niée pour faire face aux aléas d'un destin pas toujours maîtrisé. On passe donc par la Guerre d'Espagne, l'ETA, mais également la tradition de la chasse à la baleine et la découverte de Terre Neuve. Par de courts chapitres qui viennent entrecouper le récit d'Oyana et apporter leur pierre à la nasse qui constitue le passif de chaque individu, pour peu que l'on remonte un peu le temps.

    Inutile de dire que l'on ne s'ennuie pas, l'auteur maitrisant parfaitement sa trame narrative, faisant monter la tension dramatique sans aucun temps mort. Passant de l'ombre à la lumière, de révélations en retournements de situations sans aucune pitié pour ses personnages. Se retourner sur le passé, en quête de pardon, de rédemption n'est pas forcément la meilleure idée, surtout quand on a bâti sa vie sur le mensonge. Les morts sont toujours morts et les vivants continuent d'interroger leurs choix.

    Constat implacable, mécanique efficace, lecteur K.O.

    (chronique publiée sur motspourmots.fr)

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