Ou vivre

Couverture du livre « Ou vivre » de Carole Zalberg aux éditions Grasset Et Fasquelle
Résumé:

" Peut-être que nous n'étions pas faits pour avoir un Etat à nous, après tout. Voilà ce que me confie, à voix basse, comme pour elle-même, ma tante assise sous la pergola devant sa maison inchangée depuis ma dernière visite, trente ans auparavant. Cette réflexion, la déception qu'elle révèle me... Voir plus

" Peut-être que nous n'étions pas faits pour avoir un Etat à nous, après tout. Voilà ce que me confie, à voix basse, comme pour elle-même, ma tante assise sous la pergola devant sa maison inchangée depuis ma dernière visite, trente ans auparavant. Cette réflexion, la déception qu'elle révèle me glacent mais que répondre ? Et qui suis-je pour avoir une opinion, moi qui n'ai pas remis les pieds ici depuis si longtemps ? C'est à peine croyable mais les décennies ont filé sans que j'y prenne garde, sans que j'affronte les contradictions et le malaise qui me tenaient éloignée de ce pays que je qualifiais de compliqué pour évacuer la question.
" A travers leurs voix recomposées par Marie, née en France dans les années 60, les membres d'une famille juive polonaise relatent leur installation en Israël après la guerre. Au long des décennies intranquilles, les générations nouvelles venues dans l'Etat juif puis celles qui y sont nées expriment leurs attentes et leurs déceptions, au fil d'un quotidien à jamais hanté par la Shoah. C'est cette fin d'un monde que les plus âgés ont voulu surmonter en construisant un lieu sûr.
C'est elle que les plus jeunes veulent empêcher de se reproduire en acceptant avec plus ou moins d'évidence les épreuves que leur pays ne cesse d'imposer. De l'après-guerre à nos jours, l'exil des uns et les questionnements de la famille restée en France se répondent, tissant des liens indéfectibles. Leurs voix se mêlent pour dire avec puissance une destinée familiale complexe et vitale qui est aussi une magnifique plongée dans les paradoxes de l'Etat d'Israël, autour de la question des pionniers, de leurs rêves, de leurs déceptions.

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  • De l’impression des mots sur le papier à l’empreinte gravée sur le mur de calcite de notre âme…
    Un accident gravissime est un bouleversement dans une famille qui remet chacun de ses membres face à la fragilité de la vie et les recadrent en son sein.
    C’est par cet évènement que l’auteur va...
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    De l’impression des mots sur le papier à l’empreinte gravée sur le mur de calcite de notre âme…
    Un accident gravissime est un bouleversement dans une famille qui remet chacun de ses membres face à la fragilité de la vie et les recadrent en son sein.
    C’est par cet évènement que l’auteur va construire le récit d’une vie décomposée par l’Histoire.
    La polyphonie familiale va s’élever après le « la » donné par Léna :
    « Nous arrivons de pays épuisés où notre jeunesse devait chaque jour s’arracher aux ruines. Les fantômes nous accompagnaient partout, s’agrippaient à nos chevilles, pesaient sur nos épaules, ne nous laissaient même pas rêver. Sans parler des morts, partout autour de nous, vivants mais morts là-bas, ne sachant ni revivre vraiment ni cesser, se taisant ou parlant trop et seulement de ça, de ce là-bas où une part d’eux-mêmes continuait d’être terrifiée, avait peur et froid et mal, à jamais. »
    Anna, la jeune sœur, maman de Marie/Carole, sera familière aux fidèles de l’auteur, qui ont lu « Chez eux », ils la retrouveront et comprendront son sentiment exprimé comme ceci : « Je suis toujours aussi fière de ma sœur courageuse et volontaire, mais le désir de la rejoindre s’est émoussé. »
    Autour de ces deux femmes il y a la génération du passé, les parents Saba et Satba, heureux grands-parents, mais porteurs de l’Histoire et Saba le résume ainsi : « Je ne m’autorisais que des semblants de sourire, un vague mouvement de la main dans leur direction, car c’est ainsi, je ne sais plus comment renoncer à la réserve digne qui me sert de masque et d’armure. En moi toutefois, de les voir, ça jubilait, ça riait aux éclats. »
    Joachim, le mari de Léna, c’est l’incarnation de la colère, de la révolte : « Mais la terre qu’il foule — il ne la travaille pas, il a un jardinier pour ça — n’est pas la sienne. Comment peut-il vivre avec la possibilité d’être chassé, lui qui avec moi, sa main et ses mots noués aux miens le temps de la longue fuite, a été jeté de notre ancien monde comme rien, comme os immangeable, la mauvaise herbe, les fruits pourris ? »
    Carole Zalberg en mots choisis sait nous faire partager les émotions de chacun, je vous laisse découvrir ceux de la jeune génération.
    Le titre n’est pas une interrogation et c’est une évidence à la lecture.
    Une analyse toute en finesse et en délicatesse, d’une profonde humanité qui touche sa cible en plein cœur et fait sentir au lecteur une appartenance à la grande famille des humains.
    Comme je le disais au début de cette recension, l’impression des mots sur le papier restera l’empreinte gravée sur le mur de calcite de notre âme…
    Carole Zalberg est une passeuse d’âmes dans le monde des vivants.
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 27 octobre 2018

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