Orphelins 88

Couverture du livre « Orphelins 88 » de Sarah Cohen-Scali aux éditions R-jeunes Adultes
Résumé:

Qui est-il ? Quel âge a-t-il ? D'où vient-il ? Il n'en sait rien. Il a oublié jusqu'à son nom. Les Alliés le baptisent « Josh » et l'envoient dans un orphelinat où Ida, directrice dévouée, et Wally, jeune soldat noir américain en butte au racisme de ses supérieurs, vont l'aider à lever le voile... Voir plus

Qui est-il ? Quel âge a-t-il ? D'où vient-il ? Il n'en sait rien. Il a oublié jusqu'à son nom. Les Alliés le baptisent « Josh » et l'envoient dans un orphelinat où Ida, directrice dévouée, et Wally, jeune soldat noir américain en butte au racisme de ses supérieurs, vont l'aider à lever le voile de son amnésie.
Dans une Europe libérée mais toujours à feu et à sang, Josh et les nombreux autres orphelins de la guerre devront panser leurs blessures tout en empruntant le douloureux chemin des migrants.
Si ces adolescents sont des survivants, ils sont avant tout vivants, animés d'un espoir farouche et d'une intense rage de vivre.
Un roman saisissant qui éclaire un pan méconnu de l'après- Seconde Guerre mondiale et les drames liés au programme eugéniste des nazis, le Lebensborn.

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Avis(7)

  • Ma lecture de Max de Sarah Cohen-Scali a été une expérience intense et très éprouvante. Elle aborde le programme nazi du Lebensborn mis en place par Himmler en Allemagne et puis dans tous les pays d'Europe. Avec ce roman, l'auteure tape fort puisqu'on est dans la peau d'un enfant né de ce...
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    Ma lecture de Max de Sarah Cohen-Scali a été une expérience intense et très éprouvante. Elle aborde le programme nazi du Lebensborn mis en place par Himmler en Allemagne et puis dans tous les pays d'Europe. Avec ce roman, l'auteure tape fort puisqu'on est dans la peau d'un enfant né de ce programme. Malgré la dureté du roman, je l'ai adoré. J'ai adoré le personnage de Max et tout ce que l'auteure transmet à travers son histoire. À l'annonce de la parution d'Orphelins 88 chez la Collection R, je ne pouvais pas ne pas me jeter dessus lors de sa sortie. Dans ce roman cette fois-ci, Sarah Cohen-Scali parle de ces adolescents survivants, les orphelins du programme Lebensborn. Si avec Max on a le déroulement du programme, ici, elle nous montre l'après. Que sont devenus tous ces enfants victimes du Lebensborn ?

    « Josh » est un jeune garçon qui a dû fuir la Napola et le centre de Rufach où il était après que les instructeurs lui ont dit de fuir, à la fin de la guerre. Il est recueilli par les Alliés où il sera nommé Josh. Il n'a plus aucun souvenirs de son identité, ni de son âge. Les plus lointains remontent à la Napola. Le récit nous montre la quête d'identité de ce personnage, le chemin vers la « redécouverte » de soi. Comment se définir après la guerre ? Après l'horreur et les drames qu'on a vu et vécu ? Comment réveiller les souvenirs qui ne sont plus à portée de nous ? Josh est au centre du récit mais on fera connaissance de plusieurs autres orphelins ; les germanisés comme Josh, les juifs qui ont été dans les camps de concentration, les bébés abandonnés et autres victimes de cette tragédie. Certains se souviennent, d'autres non. Ils ont tous un point en commun ; ce sont des combattants.

    Tout cela est mené par une plume intelligence et d'une grande justesse. Comme pour son précédent roman, l'auteure ne tente pas de minimiser les dégâts. Elle montre les ravages de la guerre sur chacun des enfants : embrigadement, camp de concentration, la mort et ce qu'ils ont été poussés à faire ou à voir pour survivre. L'impact n'a pas été le même pour chacun et Sarah Cohen-Scali prend le temps de montrer les différentes réactions face à ce drame et les séquelles qu'ils gardent en eux.

    Nous sommes plongés dans les pensées de Josh, en même temps que lui nous allons retrouver la mémoire. Tout le long du récit, j'ai été poussée par cet envie de savoir. Je voulais découvrir qui était Josh. Nous suivons le personnage dans le présent mais aussi dans ses souvenirs. À l'orphelinat on fera aussi la connaissance de Halina, Wally, Ida et d'autres personnages.

    Ce roman aborde l'après-guerre plus généralement. L'Europe est détruite, il faut reconstruire le pays, faire le deuil, vivre avec la perte et les horreurs subites. La guerre terminée, ce n'est pas pour autant qu'elle a éteinte avec elle toute la cruauté. Les viols, la famine, le vol, la prostitution sont présents. Le peuple se bat pour survivre. La mort plane sur la population. Le racisme est toujours là et certains s'adonnent encore à des pogroms. Sarah Cohen-Scali nous montre la vérité brute, sans fioritures, sans l'édulcorée.

    En conclusion, Orphelins 88 est un roman poignant, plein d'émotions. L'auteure y mêle fiction et faits historiques, tout en restant au plus proche de la réalité. Josh est un personnage touchant et authentique. Je n'ai pas pu faire autrement que de m'attacher à lui. La psychologie des personnages est bien travaillé. Encore une fois, Sarah Cohen-Scali m'a emporté dans son récit, malgré sa dureté. J'aime son écriture qui ne cherche pas à nous protéger et à minimiser. Elle relate les événements avec sincérité et son cœur, et cela se ressent. ​

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  • La seconde guerre mondiale est terminée, Siegfried a une douzaine d'années mais n'a plus aucun souvenir de qui il est, ni de ce qu'il a vécu. A l'orphelinat où il se retrouve, il est rebaptisé Josh en attendant d'en savoir plus à son sujet. Il est blond, a les yeux bleus, il est persuadé d'être...
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    La seconde guerre mondiale est terminée, Siegfried a une douzaine d'années mais n'a plus aucun souvenir de qui il est, ni de ce qu'il a vécu. A l'orphelinat où il se retrouve, il est rebaptisé Josh en attendant d'en savoir plus à son sujet. Il est blond, a les yeux bleus, il est persuadé d'être allemand, mais sur son gras gauche est tatoué le matricule de ceux qui ont été internés dans les camps de concentration . Une nuit, dans son sommeil il parle en polonais, le serait-il ? Est-il un de ces enfants polonais kidnappés et germanisés ? Mais alors pourquoi le matricule ?! Une autre nuit, c'est en allemand qu'il se met à parler et ce qu'il dit lui vaut l'animosité des enfants juifs du dortoir et d'être tabassés par eux.
    Josh ne sait plus trop où il en est mais il trouve du réconfort peu à peu auprès de certaines personnes dont Wally un GI noir, un américain. Ces américains dont il ne comprend pas bien pourquoi ils sont venus aider les juifs contre les allemands alors qu'eux mêmes pensent la même chose envers les noirs…
    Au milieu de l'Europe en plein chao d'après guerre Josh va peu à peu rassembler les morceaux du puzzle de son histoire…

    ***
    Comme dans «Max», Sarah Cohen Scali aborde à nouveau le thème des enfants des pays de l'Est kidnappés et germanisés pour être adoptés mais aussi celui des Lebensborn donc celui de tous ces enfants orphelins, ou pas, mais en tout cas isolés, séparés de leur famille à la fin de la guerre. On y suit le travail de fourmi des gens qui ont oeuvré à les réunir ou à les faire adopter malgré toutes les exigences ou normes en vigueur.
    Difficiles ses moments où elle nous explique ce que ces enfants ont vu et vécu. Tous ces enfants à qui les nazis ont volé l'enfance.
    «Orphelins 88» n'a pas la puissance de «Max», que j'ai préféré, mais c'est aussi une histoire forte pour laquelle elle s'est à nouveau inspirée de la véritable histoire de certaines personnes ayant existé (ici Josh est un mélange de 2 enfants).

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  • La guerre est finie. Mais si les combats cessent, pour certains se n'est que le début. Est arrivé le temps de la reconstruction pour tous, mais surtout pour ces enfants seuls, arrachés à leurs parents, parents vivants ou bien morts.
    Comment se reconstruire après ce qu'ils ont vécu, ce qu'ils...
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    La guerre est finie. Mais si les combats cessent, pour certains se n'est que le début. Est arrivé le temps de la reconstruction pour tous, mais surtout pour ces enfants seuls, arrachés à leurs parents, parents vivants ou bien morts.
    Comment se reconstruire après ce qu'ils ont vécu, ce qu'ils ont subi.. Certains ne se souviennent même pas qui ils sont. Alors se souvenir de sa propre histoire et de ses parents est encore plus compliqué.
    Ce livre révèle un pan de l'histoire souvent occulté. Il raconte la douloureuse après guerre de ces enfants à la recherche d'un membre de leur famille encore vivant ou qui seront parfois adoptés...
    L’écriture est fluide et nous entraine, sans temps mort, dans le sillage de ces enfants. Je le conseille à tous, ado comme adultes.

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  • On a beau lire un grand nombre de livres sur le thème de la déportation, on a toujours cet atroce sentiment de redécouvrir à chaque fois l’horreur. Même si la guerre est belle et bien finie, que l’euphorie de la libération envahie les rues et la population, elle continue encore et toujours à...
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    On a beau lire un grand nombre de livres sur le thème de la déportation, on a toujours cet atroce sentiment de redécouvrir à chaque fois l’horreur. Même si la guerre est belle et bien finie, que l’euphorie de la libération envahie les rues et la population, elle continue encore et toujours à faire ses ravages et à laisser peser sur ses victimes, ses traces indélébiles.

    « Orphelins 88 » est l’histoire stupéfiante d’un enfant, qui se fera d’abord appeler Siegfried pour être rebaptisé Josh ; mais cette histoire n’est pas seulement la sienne, au fond, c’est aussi celle de milliers d’autres enfants, victimes, qui n’ont peut-être pas pu la raconter.

    « La guerre nous a tous transformés en Petits Poucets perdus dans la lugubre forêt qu’est devenue l’Europe. »

    Il erre dans les décombres, au beau milieu d’un paysage totalement dévasté par la guerre et la barbarie, qui, tel un ouragan, a tout détruit sur son passage. Il ne sait plus rien de lui : qui il est, quel âge il a, qui sont ses parents, ses origines, sa religion, ce qui lui est arrivé… Rien. Le néant obscur le plus complet. Est-il Juif ou Allemand ? Peut-être Polonais ?

    Ce dont il est sûr, c’est qu’il a été marqué, dans sa chair, d’un numéro de matricule, sur son bras. Bras qui d’ailleurs se lève, sans crier gare, comme un automate… sans lui laisser comprendre pourquoi…

    Il aime les livres, il les dévore, ils viennent même, au fond, à son secours ; la lecture est sa passion. Et cela n’est pas si anodin, lorsque plus tard, au fil de son histoire, on découvrira qu’une libraire aura joué un rôle déterminant dans son passé…

    « Je déteste les camions et j’aime les livres. Allez savoir pourquoi… C’est comme ça. Les camions me font peur, les livres m’apaisent, me font rêver. J’ai faim de mots presque autant que de nourriture. Je lis avec voracité. Je veux m’en fourrer plein la tête comme je m’en fourre plein la bouche pendant les repas. »

    Sur le chemin qu’il va emprunter en quête de son passé et de la vérité, Josh rencontrera beaucoup de personnages. A son arrivée dans un orphelinat, où il a été envoyé par les Alliés, il y fera la connaissance, entre autres de Ida, directrice, et Wally, jeune soldat noir américain. Tous deux mettront tout en œuvre pour que le voile du mystère de son histoire soit levé. Y parviendront-ils ?

    Il apprendra qu’il a été caché, pour être sauver.

    « J’ai été caché par une femme, une Polonaise, elle s’appelait Sofia. … Elle me cachait dans son arrière-boutique. Dans un carton de livres. Sa boutique, c’était une librairie. »

    La route sera longue, au sens propre comme figuré, la douleur et les blessures seront difficiles à panser. De nuit, des rêves cauchemardesques, de jour, la violence verbale et physique.

    « On dirait que la paix, c’est le temps du recyclage. Recyclage des matières premières. Des enfants, aussi ? L’adoption, l’émigration, c’est un peu ça, non ? »

    Il m’est très difficile de présenter davantage ce livre, sans avoir le sentiment de trop en dire. Il mérite tellement d’être lu par le plus grand nombre. Cette lecture stupéfiante m’a bouleversée à un tel point que j’ai dû attendre des semaines avant de pouvoir rédiger cette chronique. D’une justesse incroyable. D’un équilibre savamment dosé entre les faits réels historiques et le roman. Passionnant. Addictif. Un niveau de suspens finement géré. J’ai été happée, piégée…

    Ne laissez pas filer l’occasion de le découvrir, préparez-vous au coup de cœur !

    « Et voilà que tu me dis que mon mensonge n’en était pas un. Ce foutu Lebensborn, cette saloperie de Lebensborn ! Il t’aura finalement sauvé la vie ! »

    https://littelecture.wordpress.com/2018/10/24/orphelins-88-de-sarah-cohen-scali/

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