Nuits appalaches

Couverture du livre « Nuits appalaches » de Chris Offut aux éditions Gallmeister
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallmeister
  • EAN : 9782351781920
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

À la fin de la guerre de Corée, Tucker, jeune vétéran de dix-huit ans, est de retour dans son Kentucky natal. En stop et à pied, il rentre chez lui à travers les collines, et la nuit noire des Appalaches apaise la violence de ses souvenirs. Sur son chemin, il croise Rhonda, quinze ans à peine,... Voir plus

À la fin de la guerre de Corée, Tucker, jeune vétéran de dix-huit ans, est de retour dans son Kentucky natal. En stop et à pied, il rentre chez lui à travers les collines, et la nuit noire des Appalaches apaise la violence de ses souvenirs. Sur son chemin, il croise Rhonda, quinze ans à peine, et la sauve des griffes de son oncle. Immédiatement amoureux, tous deux décident de se marier pour ne plus jamais se quitter. Tucker trouve un boulot auprès d'un trafiquant d'alcool de la région, et au cours des dix années qui suivent, malgré leur extrême précarité, les Tucker s'efforcent de construire un foyer heureux :
Leurs cinq enfants deviennent leur raison de vivre. Mais quand une enquête des services sociaux menace la famille, les réflexes de combattant de Tucker se réveillent. Acculé, il découvrira le prix à payer pour défendre les siens.
Nuit Appalaches, le nouveau roman de Chris Offutt, est une histoire amorale de détermination, de vengeance et de rédemption.

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  • Nous sommes dans les années cinquante. Tucker a dix-huit ans. Il rentre de la guerre de Corée et, des cauchemars plein la tête, s’apaise en retrouvant sa terre natale du Kentucky, un âpre bout de cambrousse au pied des Appalaches. Taiseux coriace et droit dans ses bottes, il entreprend sa...
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    Nous sommes dans les années cinquante. Tucker a dix-huit ans. Il rentre de la guerre de Corée et, des cauchemars plein la tête, s’apaise en retrouvant sa terre natale du Kentucky, un âpre bout de cambrousse au pied des Appalaches. Taiseux coriace et droit dans ses bottes, il entreprend sa nouvelle vie avec ténacité, fondant une famille tout en exerçant la dangereuse activité de bootlegger. Tout bascule quand, une dizaine d’années plus tard, les services sociaux menacent de lui retirer ses enfants, dont quatre sont nés handicapés. Tucker n’est pas du genre à subir sans réagir.

    Le livre est de la même trempe que son principal protagoniste, direct et sans bavardage : alors que transparaît l’attachement viscéral de l’auteur pour ce bout du monde propice à de sombres huis-clos, le récit enferme peu à peu le lecteur dans un récit noir, sans pathos ni complaisance, où le drame, implacable, s’installe silencieusement. Les dialogues sonnent avec une parfaite justesse et rendent extraordinairement vivants les personnages. Gens modestes et attachants que la vie malmène, ils sont de ceux qui ne comptent que sur eux-mêmes. Cachant leur souffrance derrière leur droiture et leur dignité muette, ils s’attachent avec énergie à défendre ce qu’ils ont de plus cher : la famille et l’honneur, selon un code moral qui n’a que faire de la loi.

    Western moderne, efficace et sobre, c’est aussi un livre empreint d’humanité et de poésie : un très beau roman.

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  • Il a tout juste seize ans, s’engage dans l’armée, part faire la guerre en Corée
    « Le colonel hocha la tête. Des gamins, pensa t-il. Trois ans de guerre et il se retrouvait avec des gamins. »
    Deux ans plus tard, les deux tiers de ses camarades y ont laissé la vie. Tucker rentre chez lui à pied...
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    Il a tout juste seize ans, s’engage dans l’armée, part faire la guerre en Corée
    « Le colonel hocha la tête. Des gamins, pensa t-il. Trois ans de guerre et il se retrouvait avec des gamins. »
    Deux ans plus tard, les deux tiers de ses camarades y ont laissé la vie. Tucker rentre chez lui à pied de Cincinnati. Il prend son temps, rêve de ses montagnes Appalaches, garde les réflexes appris à l’armée. Cela lui sauve la mise lorsqu’il rencontre un homme qui tente de violenter une gamine de quinze ans. Tucker veut sauver la jeune fille, ne tue pas le violeur et oncle de la gamine.
    Un coup de foudre entre les deux gamins. Rhonda et Tucker savent qu’ils ne se quitteront plus et se marient rapidement. Il vit grâce au transport frauduleux d’alcool organisé par Bainpole, bootlegger au bras long.
    Dix ans plus tard, ils ont cinq enfants dont quatre « anormaux » surveillés par les services sociaux. Bainpole lui met un marché entre les mains. Pour ne pas qu’il aille en prison et que son réseau soit démantelé, il propose à Tucker de se faire attraper par le shérif et prendre quelques mois de tôle contre argent sonnant et trébuchant plutôt, billets verts. Il n’a pas le choix,il le sait, un évènement réapparaît qui le force à accepter le marché.
    Un autre garçon naît juste avant qu’il ne parte en prison. Six mois se transforment en six années ; des motards voulaient lui faire la peau, mais c’est leurs peaux qu’il a eues avec, à la clé, un rallongement de peine et un nouveau centre pénitencier.
    Les services sociaux, revenus à la charge, ont emmené les quatre enfants dans des instituts où ils seront soignés. Rhonda ne s’en remet pas et sombre dans la mélancolie. Jo, la fille aînée est là, très présente et Shiny, le petit dernier s’avère sans tare.
    Le malheur fond sur eux comme une buse sur un pigeon, mais le bonheur d’être ensemble, d’être une famille unie, l’amour qu’ils portent à tous leurs enfants leur font supporter le reste.
    Comment dire, Tucker n’est pas un enfant de cœur et a plusieurs meurtres sur les bras, mais ce n’est jamais « gratuit ». Les « salauds » qui s’en prennent à SA famille ou à lui-même en sont pour leur dernier souffle.
    Chris Offutt, et c’est ce que j’aime, ne s‘embarrasse par de longues tournures, va droit au but, sans fioriture, avec quelques respirations lorsqu’il décrit la nature. Le Kentucky est une région délaissée, isolée, sans travail à proposer, les habitants sont des laissés-pour-compte de la société américaine. Rhonda et Tucker n’ont pas les moyens de faire de la psychologie de comptoir, s’arrangent avec la légalité, se moquent de l’avis des autres. Il faut vivre ou, plutôt, survivre, nourrir toute la famille et le prix à payer est très élevé. Le principal est que l’on ne touche pas à leur famille, c’est aussi simple que cela. Malheur à ceux qui leur cherchent des poux dans la tête.

    « Tucker est un homme droit qui a fait de mauvaises choses pour de bonnes raisons ». Ce n’est pas de moi, mais de l’auteur, Chris Offutt, qui était l’invité de la librairie Le Cyprès.
    J’ai assisté à cette rencontre et nous avons parlé de « Nuits appalaches », de son parcours. Thibault Gendron des éditions Gallmeister. a assuré, brillamment, la traduction. Chris Offutt a, galamment, ralenti son débit et j’ai pu comprendre en version originale ! Une belle soirée dans une petite bulle de plaisir.
    Un coup de cœur, âpre, percutant

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  • Petit topo sur l’histoire : 1954, Ohio. Tucker un jeune homme d’à peine 18 ans rentre de la guerre de Corée où il a œuvré comme soldat au service de son pays, les Etats-Unis. Endurci, il ne rêve que d’une chose : retrouver sa famille au Kentucky. Sur la route, il fait la connaissance de Rhonda,...
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    Petit topo sur l’histoire : 1954, Ohio. Tucker un jeune homme d’à peine 18 ans rentre de la guerre de Corée où il a œuvré comme soldat au service de son pays, les Etats-Unis. Endurci, il ne rêve que d’une chose : retrouver sa famille au Kentucky. Sur la route, il fait la connaissance de Rhonda, une jeune femme d’à peine 15 ans qu’il sauve des griffes de son oncle, un homme qui lorgne depuis un moment sur les nouvelles rondeurs de sa nièce. Très vite Tucker va bâtir une relation stable et fusionnelle avec Rhonda. Conscient qu’il ne peut lui offrir « que » son amour et sa solidité, il va tout faire pour rendre sa vie aussi agréable que possible, même si ce « tout » inclut de se défendre coûte que coûte face aux injustices et à la violence du monde qui les entoure.

    Je ne connaissais Chris OFFUTT que de nom et c’est avec plaisir que je découvre sa plume que j’ai trouvé très investie. Au travers de son personnage principal (Tucker) il ouvre un débat sur la survie : jusqu’où pouvons-nous aller pour sauver les nôtres ? J’ai apprécié la façon d’écrire de l’auteur qui est rythmée et qui mêle aisément dialogues et phrases longues, laissant ainsi le temps à l’esprit de s’imaginer l’univers dans lequel évolue les personnages. On ressent une réelle humanité dans l’écriture et la relation qu’il narre entre le héros et ses enfants est touchante, je dirais même presque parfaitement construite.

    Au travers de l’histoire de Tucker se cache une forme de constat sur la différence entre les gens de la ville et les gens extérieurs à la ville, définis comme la population des collines dans le présent roman. Il ressort une certaine forme de liberté chez la population des collines, une certaine désinvolture face aux bien-pensants de la ville. Ils s’assument et assument leur différence, préférant les endroits reclus où ils pourront vivre tranquilles et libres. Cette disparité met en exergue l’évolution de cette Amérique post Guerre Froide, qui sépare à la fois le besoin de reconstruction et d’évolution d’une population qui a souffert des restrictions et le côté conservateur d’une population qui a besoin de se rassurer dans les valeurs d’antan.
    J’ai trouvé le personnage de Tucker très ambivalent. Ses actions ne sont pas ce qu’il y a de plus politiquement correctes, il renferme une violence froide et dangereuse et étrangement la violence dont il peut faire preuve semble justifiée, à la hauteur du personnage et de ce qu’il endure. On se rend compte qu’on l’apprécie, qu’on admire son courage et sa loyauté et on se sent aussi paradoxalement coupable de cautionner ses actes et de vouloir presque le rencontrer. Mais au final comment dissocier la violence physique dont il est capable de la violence de la vie en elle-même ? Qui est bourreau et qui est victime ?

    En revanche, j’ai trouvé qu’il y avait une certaine retenue de la part de l’auteur dans sa narration. Au cours de ma lecture et à la fermeture du roman, je suis un peu restée sur ma faim dans la mesure où je m’attendais toujours à « plus », je m’attendais toujours à des rebondissements encore plus puissants. Il y a de la violence dans ce roman, mais ce n’est pas une violence qui a pour but de nous en mettre plein la vue, avec des descriptions « gores », non c’est une « douce violence ». Il aurait été intéressant de voir un Tucker et une Rhonda encore plus combatifs, plus véhéments, qui se battent davantage contre une société qui pense connaître mieux qui quiconque les besoins des uns et des autres.

    En conclusion, j’ai apprécié ce polar qui propose une histoire simple mais plaisante, sans qu’elle soit trop morbide ou trop violente. Je déplore seulement l'absence d'un Tucker plus "dynamique" qui aurait donné encore plus d’entrain à ma lecture. Ce point négatif (si on peut l'appeler ainsi) est rapidement effacé au profit d’une histoire qui fait ressortir des valeurs essentielles : courage, honneur et fidélité.

    Merci à Lecteurs.com et aux éditions Gallmeister pour cette jolie découverte.

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