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Nuits appalaches

Couverture du livre « Nuits appalaches » de Chris Offutt aux éditions Gallmeister
Résumé:

À la fin de la guerre de Corée, Tucker, jeune vétéran de dix-huit ans, est de retour dans son Kentucky natal. En stop et à pied, il rentre chez lui à travers les collines, et la nuit noire des Appalaches apaise la violence de ses souvenirs. Sur son chemin, il croise Rhonda, quinze ans à peine,... Voir plus

À la fin de la guerre de Corée, Tucker, jeune vétéran de dix-huit ans, est de retour dans son Kentucky natal. En stop et à pied, il rentre chez lui à travers les collines, et la nuit noire des Appalaches apaise la violence de ses souvenirs. Sur son chemin, il croise Rhonda, quinze ans à peine, et la sauve des griffes de son oncle. Immédiatement amoureux, tous deux décident de se marier pour ne plus jamais se quitter. Tucker trouve un boulot auprès d'un trafiquant d'alcool de la région, et au cours des dix années qui suivent, malgré leur extrême précarité, les Tucker s'efforcent de construire un foyer heureux :
Leurs cinq enfants deviennent leur raison de vivre. Mais quand une enquête des services sociaux menace la famille, les réflexes de combattant de Tucker se réveillent. Acculé, il découvrira le prix à payer pour défendre les siens.
Nuit Appalaches, le nouveau roman de Chris Offutt, est une histoire amorale de détermination, de vengeance et de rédemption.

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Articles (2)

Avis (7)

  • Ce roman pourtant d'une extrême violence(le héros Tucker est un vétéran de 18 ans de la guerre de Corée) est un hymne à l'amour et à la nature!Le héros rentre quasi à pied dans son Kentucky natal;les notations descriptives dignes d'un botaniste s'enchaînent:précision,justesse du propos...
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    Ce roman pourtant d'une extrême violence(le héros Tucker est un vétéran de 18 ans de la guerre de Corée) est un hymne à l'amour et à la nature!Le héros rentre quasi à pied dans son Kentucky natal;les notations descriptives dignes d'un botaniste s'enchaînent:précision,justesse du propos "pacanier,locuste,asclépiade etc...L'amour prend la place majeure dans ce roman ,d'abord envers Rhonda,qu'il sauve des pattes odieuses de son oncle,puis pour ses 5 enfants dont Big Billy ,le plus handicapé.La hantise de Rhonda,c'est mettre à nouveau au monde encore un autre "hydrocéphale" alors qu'elle rêve de donner à son Tucker un beau garçon.Jo,la fille aînée l'aide du mieux possible ,car 10 ans après les services sociaux veulent lui enlever ses enfants!Tucker qui travaille pour un bootlegger trouvera d'abord une solution radicale ;mais il doit accepter un accord pour préserver sa famille ,il accepte d'aller en prison.5 années se rajoutent à sa condamnation initiale;on ne peut s'empêcher d'admirer cet homme,taiseux,qui résout ses problèmes de façon expéditive et efficace.Pas très moral tout cela ,mais ce couple,cette famille émeut.Un livre à lire d'une traite ,le souffle court!Un merci tout spécial à l'auteur qui spécifie dans l'épilogue ce que sont devenus les personnages,même secondaires.Violent mais terriblement prenant, dépaysant et original,ce roman construit en 3 époques !

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  • 1954, Tucker, à peine 18 ans, est un vétéran de Corée, après s'être engagé très jeune pour fuir la misère de ses collines du Kentucky.
    Après sa démobilisation, il retrouve cette région où il a grandi avec ses frères, au milieu d'une nature qu'il sait apprécier, écouter et lire comme un livre -...
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    1954, Tucker, à peine 18 ans, est un vétéran de Corée, après s'être engagé très jeune pour fuir la misère de ses collines du Kentucky.
    Après sa démobilisation, il retrouve cette région où il a grandi avec ses frères, au milieu d'une nature qu'il sait apprécier, écouter et lire comme un livre - il sait que l'orage approche quand les fourmis arrêtent le boulot et ferment les portes.
    Il s'en nourrit de cette nature, au sens propre comme au sens figuré.

    Au hasard de son cheminement sur les routes qui le rapprochent de chez lui, il rencontre Rhonda, 15 ans, qu'il sort des griffes d'un oncle lubrique.
    Il n'en faut pas plus pour sceller le destin de ces deux êtres.

    Quelques années et cinq enfants plus tard, Tucker et Rhonda vivent une vie difficile, marqués par le sort qui s'acharne à chaque naissance, sauf pour Jo, magnifique jeune fille pleine de vie et de courage qui aide ses parents à s'occuper de ses frères et soeurs moins chanceux.
    L'auteur nous offre des pages d'une grande puissance émotionnelle, pleines de tendresse, lors de conversations à sens ( presque ) unique entre Tucker et ses enfants.

    Quand les services sociaux menacent d'intervenir et de briser l'équilibre familial, les parents ne peuvent l'accepter. Tucker est prêt à tout pour défendre sa tribu, comme il l'a été auparavant pour se battre pour son pays et ses frères d'armes, et n'a aucune barrière morale quand il agit pour le bien des siens, quelles qu'en soient les conséquences.

    Un superbe roman qui mélange de belles descriptions de nature sauvage, des moments de grâce absolue et d'autres d'une profonde noirceur.
    Un style sobre et efficace, des dialogues d'une grande justesse.
    De la violence, mais surtout beaucoup d'amour.
    Un très gros coup de coeur.

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  • Avec Chris Offutt, tout est possible, à tout moment. L'imprévisible, le hasard, l'inattendu régissent le monde, pour le meilleur parfois, et souvent pour le pire.
    Vous pensiez que ces deux personnages avaient tout pour être heureux ? Ils vivent un cauchemar. Vous espérez passer un peu de temps...
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    Avec Chris Offutt, tout est possible, à tout moment. L'imprévisible, le hasard, l'inattendu régissent le monde, pour le meilleur parfois, et souvent pour le pire.
    Vous pensiez que ces deux personnages avaient tout pour être heureux ? Ils vivent un cauchemar. Vous espérez passer un peu de temps avec ce type haut en couleur et si minutieusement décrit ? Dommage pour vous, vous ne le reverrez jamais. Vous aimez la belle amitié qui se dégage de ces deux gars fort sympathiques ? Vlan, l'un descend l'autre. Un soleil radieux illumine toute la vallée ? Au tournant de la route, un arbre s'abat violemment sur le capot de la voiture.
    Chris Offutt n'écrit pas de feel-good.
    Pas de bons sentiments ici.
    Pas de vision manichéenne du monde.
    Pas de gentils. Pas de méchants.
    Mais des gens qui font ce qu'ils peuvent pour vivre pas trop mal. Des gens qui, face au pire, s'arrangent. Tant pis pour la morale. Tant pis pour ceux qui l'ont ouverte un peu trop ou qui ont voulu imposer leur loi bidon.
    Non, rien n'est joué d'avance, rien n'est tracé et la vie n'a vraiment rien d'un long fleuve tranquille.
    On se tient aux aguets quand on lit un texte de Chris Offutt et la tension est permanente. Parce que le pire rôde toujours dans cet univers violent, âpre et sauvage : la mort peut frapper à tout moment, n'importe qui, même les gens les plus sympathiques, même les coeurs purs, même les enfants.
    Chris Offutt met en scène des gens qu'on ne voit pas habituellement : des petites gens, ceux qui n'ont pas eu de chance, dès le départ. Des écorchés, des blessés, des meurtris.
    Ils sont là, bien présents, dans toute leur humanité, leur faiblesse, leur peur, leur générosité, leur honte, leurs mensonges, leur vie cabossée, leur corps cassé.
    Pas d'apitoiement, pas de pitié.
    Ils sont comme ils sont et ils assument leur malchance. Ils se débrouilleront avec ça, comme ils l'ont toujours fait.
    L'auteur sait par un détail les faire exister. Pas de longues descriptions inutiles, pas d'effets de manche : non, juste l'essentiel, une suggestion, un mot ou deux : un tremblement dans la voix, un silence, un regard et tout est dit.
    Tout en pudeur, en retenue.
    Et ils existent. Ils sont.
    Il suffit de quelques lignes à Chris Offutt pour faire surgir un personnage que l'on n'a dorénavant plus envie de quitter. Parce qu'il nous intrigue, parce qu'on nous laisse supposer un passé bien lourd. Mais l'on ne saura pas forcément lequel. Pas tout de suite en tout cas. Le lecteur est plongé in medias res, dans l'action, la rencontre, le mouvement. La pause permettra de comprendre.
    Et quand l'amour surgit, dans cet univers bien sombre, tout s'apaise.
    Tout devient tendresse.
    Enfin.
    La poésie se déploie sur le monde et un court moment, au moins, on souffle.
    Encore une chose : vous saurez toujours avec Chris Offutt quelle plante émet cette fragrance un peu envoûtante, à quelle essence d'arbre appartient l'ombre que vous devinez à peine dans le lointain d'une nuit étoilée, quels sont les oiseaux qui chantent en fin d'après-midi lorsque l'orage menace et que l'air se charge d'eau. La nature, omniprésente, essentielle, sert de refuge. Elle protège, cache, soigne. Parce que le monde est dur, brutal, violent, cruel même et qu'il faut se battre.
    Chaque jour, encore et encore.
    Une lutte que l'on sait infinie.
    Je vais vous laisser faire connaissance avec Tucker, découvrir d'où il vient et ce qu'il a fait avant de marcher, par cette matinée lumineuse de printemps, le long d'une route de l'Ohio.
    Il rentre chez lui, sur ses terres.
    Au loin, on aperçoit déjà les plaines vertes et ondoyantes du Kentucky.
    Ce qu'il fera après, il vous faudrait beaucoup d'imagination pour le deviner parce que Chris Offutt est un vrai conteur et qu'il ne vous laissera jamais rien prévoir à l'avance. (Ne lisez pas la quatrième de couv', ce serait tellement dommage!)
    En deux mots ou presque : je me suis régalée de ce chef-d'oeuvre.
    Sur une route écrasée de soleil, s'arrête une vieille voiture. L'homme qui sort sa tête s'appelle Freeman… Tout un programme.
    Tucker monte dans le pick-up, un Chevrolet 1949.
    Allez-y, montez avec lui...
    L'aventure, la vraie, peut commencer…

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  • Il est des livres qui vous touchent en plein cœur, profondément humains et dont la plume est un pur plaisir. Dans Nuits Appalaches nous allons suivre un personnage atypique d’une force incroyable. Tucker est un jeune vétéran de la guerre de Corée de retour au pays. Il a dix-huit ans lorsqu’il...
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    Il est des livres qui vous touchent en plein cœur, profondément humains et dont la plume est un pur plaisir. Dans Nuits Appalaches nous allons suivre un personnage atypique d’une force incroyable. Tucker est un jeune vétéran de la guerre de Corée de retour au pays. Il a dix-huit ans lorsqu’il rencontre Rhonda quinze ans à peine, entre eux c’est le coup de foudre, ils fondent une famille. Même s’ils ne possèdent pas grand-chose, leur foyer ne manque pas d’amour. Pourtant lorsque les services sociaux menace sa famille, Tucker va mettre le doigt dans un engrenage alors que ce qu’il voulait c’était simplement les protéger. Je ne suis pas certaine que ma chronique rende justice à la beauté de l’écriture. Ce roman est captivant, le choix des mots et les descriptions précises sont un plus dans une histoire authentique et touchante. Les dialogues sonnent justes et vous montrent un couple, un mode de vie tel que l’on a du mal à le concevoir. Tucker est un personnage auquel je me suis très vite attachée, il est complètement crédible et sa personnalité ne varie pas d’un iota au fil des années toujours droit dans ses bottes et surtout toujours amoureux. L’auteur nous propose une véritable étude de sa personnalité en profondeur, sa complexité, les choix qu’il est amené à faire rende le lecteur incapable de prendre position contre lui parce qu’il porte un amour si intense à sa famille. Cette histoire est merveilleuse avec des personnages forts qui ne se laissent pas abattre par l’adversité et Dieu sait qu’il y avait de quoi. Le passage où il parle à Big Billy son fils de tout ce qu’ils feront ensemble m’a littéralement soufflé. J’ai apprécié qu’il y est un épilogue en fin de livre c’était pour moi réconfortant, une façon de reprendre mon souffle l’esprit en paix. Bonne lecture.

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  • Nous sommes dans les années cinquante. Tucker a dix-huit ans. Il rentre de la guerre de Corée et, des cauchemars plein la tête, s’apaise en retrouvant sa terre natale du Kentucky, un âpre bout de cambrousse au pied des Appalaches. Taiseux coriace et droit dans ses bottes, il entreprend sa...
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    Nous sommes dans les années cinquante. Tucker a dix-huit ans. Il rentre de la guerre de Corée et, des cauchemars plein la tête, s’apaise en retrouvant sa terre natale du Kentucky, un âpre bout de cambrousse au pied des Appalaches. Taiseux coriace et droit dans ses bottes, il entreprend sa nouvelle vie avec ténacité, fondant une famille tout en exerçant la dangereuse activité de bootlegger. Tout bascule quand, une dizaine d’années plus tard, les services sociaux menacent de lui retirer ses enfants, dont quatre sont nés handicapés. Tucker n’est pas du genre à subir sans réagir.

    Le livre est de la même trempe que son principal protagoniste, direct et sans bavardage : alors que transparaît l’attachement viscéral de l’auteur pour ce bout du monde propice à de sombres huis-clos, le récit enferme peu à peu le lecteur dans un récit noir, sans pathos ni complaisance, où le drame, implacable, s’installe silencieusement. Les dialogues sonnent avec une parfaite justesse et rendent extraordinairement vivants les personnages. Gens modestes et attachants que la vie malmène, ils sont de ceux qui ne comptent que sur eux-mêmes. Cachant leur souffrance derrière leur droiture et leur dignité muette, ils s’attachent avec énergie à défendre ce qu’ils ont de plus cher : la famille et l’honneur, selon un code moral qui n’a que faire de la loi.

    Western moderne, efficace et sobre, c’est aussi un livre empreint d’humanité et de poésie : un très beau roman.

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  • Il a tout juste seize ans, s’engage dans l’armée, part faire la guerre en Corée
    « Le colonel hocha la tête. Des gamins, pensa t-il. Trois ans de guerre et il se retrouvait avec des gamins. »
    Deux ans plus tard, les deux tiers de ses camarades y ont laissé la vie. Tucker rentre chez lui à pied...
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    Il a tout juste seize ans, s’engage dans l’armée, part faire la guerre en Corée
    « Le colonel hocha la tête. Des gamins, pensa t-il. Trois ans de guerre et il se retrouvait avec des gamins. »
    Deux ans plus tard, les deux tiers de ses camarades y ont laissé la vie. Tucker rentre chez lui à pied de Cincinnati. Il prend son temps, rêve de ses montagnes Appalaches, garde les réflexes appris à l’armée. Cela lui sauve la mise lorsqu’il rencontre un homme qui tente de violenter une gamine de quinze ans. Tucker veut sauver la jeune fille, ne tue pas le violeur et oncle de la gamine.
    Un coup de foudre entre les deux gamins. Rhonda et Tucker savent qu’ils ne se quitteront plus et se marient rapidement. Il vit grâce au transport frauduleux d’alcool organisé par Bainpole, bootlegger au bras long.
    Dix ans plus tard, ils ont cinq enfants dont quatre « anormaux » surveillés par les services sociaux. Bainpole lui met un marché entre les mains. Pour ne pas qu’il aille en prison et que son réseau soit démantelé, il propose à Tucker de se faire attraper par le shérif et prendre quelques mois de tôle contre argent sonnant et trébuchant plutôt, billets verts. Il n’a pas le choix,il le sait, un évènement réapparaît qui le force à accepter le marché.
    Un autre garçon naît juste avant qu’il ne parte en prison. Six mois se transforment en six années ; des motards voulaient lui faire la peau, mais c’est leurs peaux qu’il a eues avec, à la clé, un rallongement de peine et un nouveau centre pénitencier.
    Les services sociaux, revenus à la charge, ont emmené les quatre enfants dans des instituts où ils seront soignés. Rhonda ne s’en remet pas et sombre dans la mélancolie. Jo, la fille aînée est là, très présente et Shiny, le petit dernier s’avère sans tare.
    Le malheur fond sur eux comme une buse sur un pigeon, mais le bonheur d’être ensemble, d’être une famille unie, l’amour qu’ils portent à tous leurs enfants leur font supporter le reste.
    Comment dire, Tucker n’est pas un enfant de cœur et a plusieurs meurtres sur les bras, mais ce n’est jamais « gratuit ». Les « salauds » qui s’en prennent à SA famille ou à lui-même en sont pour leur dernier souffle.
    Chris Offutt, et c’est ce que j’aime, ne s‘embarrasse par de longues tournures, va droit au but, sans fioriture, avec quelques respirations lorsqu’il décrit la nature. Le Kentucky est une région délaissée, isolée, sans travail à proposer, les habitants sont des laissés-pour-compte de la société américaine. Rhonda et Tucker n’ont pas les moyens de faire de la psychologie de comptoir, s’arrangent avec la légalité, se moquent de l’avis des autres. Il faut vivre ou, plutôt, survivre, nourrir toute la famille et le prix à payer est très élevé. Le principal est que l’on ne touche pas à leur famille, c’est aussi simple que cela. Malheur à ceux qui leur cherchent des poux dans la tête.

    « Tucker est un homme droit qui a fait de mauvaises choses pour de bonnes raisons ». Ce n’est pas de moi, mais de l’auteur, Chris Offutt, qui était l’invité de la librairie Le Cyprès.
    J’ai assisté à cette rencontre et nous avons parlé de « Nuits appalaches », de son parcours. Thibault Gendron des éditions Gallmeister. a assuré, brillamment, la traduction. Chris Offutt a, galamment, ralenti son débit et j’ai pu comprendre en version originale ! Une belle soirée dans une petite bulle de plaisir.
    Un coup de cœur, âpre, percutant

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  • Petit topo sur l’histoire : 1954, Ohio. Tucker un jeune homme d’à peine 18 ans rentre de la guerre de Corée où il a œuvré comme soldat au service de son pays, les Etats-Unis. Endurci, il ne rêve que d’une chose : retrouver sa famille au Kentucky. Sur la route, il fait la connaissance de Rhonda,...
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    Petit topo sur l’histoire : 1954, Ohio. Tucker un jeune homme d’à peine 18 ans rentre de la guerre de Corée où il a œuvré comme soldat au service de son pays, les Etats-Unis. Endurci, il ne rêve que d’une chose : retrouver sa famille au Kentucky. Sur la route, il fait la connaissance de Rhonda, une jeune femme d’à peine 15 ans qu’il sauve des griffes de son oncle, un homme qui lorgne depuis un moment sur les nouvelles rondeurs de sa nièce. Très vite Tucker va bâtir une relation stable et fusionnelle avec Rhonda. Conscient qu’il ne peut lui offrir « que » son amour et sa solidité, il va tout faire pour rendre sa vie aussi agréable que possible, même si ce « tout » inclut de se défendre coûte que coûte face aux injustices et à la violence du monde qui les entoure.

    Je ne connaissais Chris OFFUTT que de nom et c’est avec plaisir que je découvre sa plume que j’ai trouvé très investie. Au travers de son personnage principal (Tucker) il ouvre un débat sur la survie : jusqu’où pouvons-nous aller pour sauver les nôtres ? J’ai apprécié la façon d’écrire de l’auteur qui est rythmée et qui mêle aisément dialogues et phrases longues, laissant ainsi le temps à l’esprit de s’imaginer l’univers dans lequel évolue les personnages. On ressent une réelle humanité dans l’écriture et la relation qu’il narre entre le héros et ses enfants est touchante, je dirais même presque parfaitement construite.

    Au travers de l’histoire de Tucker se cache une forme de constat sur la différence entre les gens de la ville et les gens extérieurs à la ville, définis comme la population des collines dans le présent roman. Il ressort une certaine forme de liberté chez la population des collines, une certaine désinvolture face aux bien-pensants de la ville. Ils s’assument et assument leur différence, préférant les endroits reclus où ils pourront vivre tranquilles et libres. Cette disparité met en exergue l’évolution de cette Amérique post Guerre Froide, qui sépare à la fois le besoin de reconstruction et d’évolution d’une population qui a souffert des restrictions et le côté conservateur d’une population qui a besoin de se rassurer dans les valeurs d’antan.
    J’ai trouvé le personnage de Tucker très ambivalent. Ses actions ne sont pas ce qu’il y a de plus politiquement correctes, il renferme une violence froide et dangereuse et étrangement la violence dont il peut faire preuve semble justifiée, à la hauteur du personnage et de ce qu’il endure. On se rend compte qu’on l’apprécie, qu’on admire son courage et sa loyauté et on se sent aussi paradoxalement coupable de cautionner ses actes et de vouloir presque le rencontrer. Mais au final comment dissocier la violence physique dont il est capable de la violence de la vie en elle-même ? Qui est bourreau et qui est victime ?

    En revanche, j’ai trouvé qu’il y avait une certaine retenue de la part de l’auteur dans sa narration. Au cours de ma lecture et à la fermeture du roman, je suis un peu restée sur ma faim dans la mesure où je m’attendais toujours à « plus », je m’attendais toujours à des rebondissements encore plus puissants. Il y a de la violence dans ce roman, mais ce n’est pas une violence qui a pour but de nous en mettre plein la vue, avec des descriptions « gores », non c’est une « douce violence ». Il aurait été intéressant de voir un Tucker et une Rhonda encore plus combatifs, plus véhéments, qui se battent davantage contre une société qui pense connaître mieux qui quiconque les besoins des uns et des autres.

    En conclusion, j’ai apprécié ce polar qui propose une histoire simple mais plaisante, sans qu’elle soit trop morbide ou trop violente. Je déplore seulement l'absence d'un Tucker plus "dynamique" qui aurait donné encore plus d’entrain à ma lecture. Ce point négatif (si on peut l'appeler ainsi) est rapidement effacé au profit d’une histoire qui fait ressortir des valeurs essentielles : courage, honneur et fidélité.

    Merci à Lecteurs.com et aux éditions Gallmeister pour cette jolie découverte.

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